‹ AttendreChapitre 38 sur 103 · COMME IL FAUDRA · texte numérisé non relu

COMME IL FAUDRA

Comme il faudra t'aimer, sans trêve, ô pauvre âme, après tout ceci !

L'aube, il est vrai, naît et s'élève, dans le ciel encore obscurci.

Loin de ces nuits d'ombre, d'orage, voici rayonner l'orient, et l'heure approuve ton passage, et l'accueille en te souriant.

Mais demain, mais aujourd'hui même, qui peut prédire quel sera le deuil ou l'inquiet problème, pauvre âme, qui te blessera ?

Ta destinée est lourde encore de malheurs mornes et brutaux.

Quand surgiront-ils? Tu l'ignores, ou tu veux l'ignorer plutôt.

Car, joignant les mains sans murmure, stoïque, pour toujours en deuil, tu présages d^autres tortures et le départ d'autres cercueils...

Jour après jour, àme meurtrie, *

pour guérir ou pour compenser tout le mal que te fait la vie, comment faimer, t'aimer assez ?

Page 1