AUX JOURS DÉCOURAGES
Aux jours découragés de fatigue, de crainte, où la vie est pesante et le but incertain, je vous évoque, malgré moi joignant les mains, car vous m'apparaissez alors comme une sainte.
Je vous évoque et vous invoque, pâle sœur, fragile et cependant si stoïque, si forte, que votre souvenir surnaturel m'apporte un message inspiré de courage et d'ardeur.
La mort qui vous a prise en son ombre infinie, loin de voiler d'oubli votre image d'un jour, la mort, magnifiant votre destin si court, vous rend plus belle et plus vivante que la vie I
Je me souviens... Votre regard était si doux, que nul n'en soupçonnait la vérité tragique, et que nul ne voyait, compagnes despotiques, la douleur et la mort marchant auprès de vous.
Je me souviens... Nulle épouvante, nul blasphème, n'habitait votre cœur, malgré tout confiant, et c'est, ne contristant personne, en souriant que vous sentiez venir la minute suprême.
Et sur la route brève où nos pas sont comptés, vous saviez être bonne encor, sans défaillance... Aux jours découragés d'épreuve et de souffrance, je vous évoque, ô sœur, en votre éternité I