BEL AUTOMNE
Bel automne au front brun, paré de feuilles rousses, au seuil du bois secret tu m'apparus hier, et tandis que le vent, dont le vol se courrouce, cueillait aux rameaux las des parures d'or clair.
Tu m'apparus. grave, pensif et sans rien dire, bel automne, et j'ai vu s'animer dans tes yeux le sombre émoi de tes désirs mystérieux, et sur ta lèvre ardente un languissant sourire...
Tu es beau, bel automne, et triste et défaillant de toutes les splendeurs que Juillet t'a promises; et le cruel été te laisse en s'en allant, comme un air de farouche et d'âpre convoitise.
Et, sachant que ton règne ambigu sera court, tu mets en nous la hâte et la ferveur extrêmes, ô dieu multiple î ô tendre automne I Aussi je t'aime de tout l'amour d'un cœur qui n'a pas d'autre amoa
ATTENDRE %Ti
Automne au nom fané, confus et légendaire, soupir des cors, sanglot désespéré des nuits, je t'apporte mon cœur, à jamais solitaire, mon cœur pesant d'angoisse étouffante et d'ennui.
Daigne accueillir ce cœur trop débile, si tendre qu'il redoute l'espoir et craint le souvenir, et qu'il n'est que souffrance, et qu'il a cru mourir, jadis, d'avoir tenté de vivre et de comprendre.
Contre ton cœur fervent prends ce cœur trop humain, ce cœur dont nul ne veut sur les routes du monde, et fais battre mon cœur à l'unisson du tien, bel automne au front brun paré de feuilles blondes.
Alors, guéri par toi de mon doute obstiné, m'endormant du sommeil des bêtes et des choses, je subirai ta mort et tes métamorphoses, pour fleurir en avril, naïf et spontané !