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RODENBACH

Inquiet d'être, comme en deuil sans le savoir, le poète, immobile aux portes du mystère, contemple s'éloigner sur l'eau crépusculaire, les cygnes indolents dans la brume du soir.

Le silence, la brume errante, font escorte

au poète déjà blessé par le destin ;

un rêve triste habite son regard éteint,

ses cheveux sont couleur, hélas! de feuilles mortes.

Et quelques jours viendront encore, quelques nuits, quelques heures d'angoisse ou de mélancolie, puis, la mort le prenant dans son ombre, la vie poursuivra son labeur impassible sans lui.

Mais si grave est le soir où s'éloignent les cygnes, si calme le brouillard sur le canal qui dort, que le songeur, sans amertume, sans eflfort, et sentant que son œuvre est faite, se résigne.

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