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LAFORGUE

J'ai vu Laforgue dans les rues, qui s'en allait, ne sachant où, par un soir calme, terne et doux, tout peuplé d'ombres disparues.

Il avait un front qui se penche pour comprendre, pour mieux savoir, un front pâle à jamais d'avoir trop médité la lune blanche...

O ritournelles imprécises, ressouvenirs des casinos, plainte vaine des pianos où tant de vierges sont assises 1...

Il s'en allait, de porte en porte, fou d'attendre, sachant, hélas !

que les unes sont trop là-bas, tandis que les autres sont mortes ;

et que l'amour est impossible

pour tout cœur ivre d'absolu,

et que nulle ne voudra plus

laisser choir son masque impassible...

Et j'ai trouvé sur son visage tant de tendresse, tant d'effroi, que, soudain, j'ai compris pourquoi il était en deuil comme un sage.

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