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DERNIER REFUGE

Si je dois être, un jour, pauvre, vieux, las et triste, avec un cœur débile et des regards éteints, ne plus me plaire à tout ce qui cède ou résiste, et n'aimer plus les jeux du soir et du matin ;

si je dois, délaissé par l'ardeur et l'envie, un jour me résigner à sentir dans mon corps décroître et me trahir les forces de ma vie, n'exister plus qu'en songe et pourtant vivre encor ;

et si je dois, supplice et châtiment, peut-être, captif désespéré d'une abjecte prison, assister à ma mort avant de disparaître, et porter en pleurant le deuil de ma raison ;

alors, suprême honneur d'un destin qui s'achève, je garderai l'orgueil, intact et puéril, d'avoir, jeune et jadis, vécu selon vos rêves, comme un chevalier clair dans un jardin d'avril !

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