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O FIER DESIR

O fier désir, je vous contemple près de moi, candide, intact et grave en face de ma vie ; je vous contemple, pur désir, et vous envie d'être ainsi dépourvu de tristesse et d'effroi !

Oui, mon désir, je vous admire, je vous aime, d'être beau comme un dieu plein d'intrépidité. Votre espoir absolu n'a pas encor douté, vos cheveux d'or léger vous font un diadème.

Vos larges yeux profonds regardent, fixement, passer l'amour fleuri, la force, la richesse ; vos calmes bras sont faits pour l'étreinte qui blesse, et votre cœur s'exalte à chaque battement.

Mais vous êtes si beau, fier désir, que je tremble de ne pas contenter votre divine ardeur, que je frémis devant ma vie et que j'ai peur de ne pas vous donner l'amour qui vous ressemble.

Vos pieds impatients, vos lèvres et vos mains, veulent des chemins clairs, des baisers, des parures, hélas! et je languis encor dans l'aube obscure, et j'ignore où mes pas vous porteront demain...

Voici passer la vie, avide et despotique. Votre regard ardent m'ordonne de partir... Ah ! si j'allais vous contrister, tendre désir ! Si j'allais décevoir vos rêves chimériques !

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