ALTERNATIVES
La paix nocturne des jardins, le silence étonné des choses, la brise où se bercent les roses, l'éveil imprévu des matins ;
le ciel mobile aux beaux nuages, l'onde errante et ses jeux secrets, puis tout cela, cœur inquiet, rythmes, parfums et paysages ;
tant de plaisirs, ô pauvre cœur, devraient suffîr à ton ardeur, et te combler jusqu'à l'ivresse.
Pourquoi donc ces pleurs, ces courroux ? Oui, pourquoi réclamer sans cesse, Tamour frénétique et jaloux ?
Langueur des baisers qui s'attardent sur l'émoi des lèvres humides, quand, de tout près, les yeux avides, les yeux obstinés se regardent ;
douceur des baisers qu'on appuie sur des bras frais, sur des mains lentes, tandis que l'extase démente se prolonge, se pacifie ;
délire des corps qui se pâment, vertige des corps et des âmes, sanglots d attente ou de plaisir;
ah î que tout cela te délivre, mon cœur, de l'effroi de mourir et de l'esclavage de vivre !