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LA CHANSON

Elle est née un matin bleu, dans le taillis qui chuchote; en cherchant un peu ses notes, elle a grandi, peu à peu.

C'est un mot qui se répète,

un rythme encore incertain...

Elle est née un bleu matin ; c'est le ruisseau qui Ta faite.

Elle a pris au courant vif sa candeur et son mystère, quand il fuit de pierre en pierre, ou flâne, un instant captif.

Elle a pris sa confidence à l'eau qui s'attarde au bord ; à Tonde elle a pris encor sa rumeur et sa cadence.

Puis, tremblante encore un peu, toute neuve, ivre et contente, elle a quitté l'eau trop lente...

Elle est née un matin bleu.

L'OXDINE

On n'en parle pas, mais quelqu'un l'a vue,

au bord du fleuve, un matin bleu.

Elle se levait dans Feau, peu à peu... Il n'en parle pas car elle était nue.

Ce furent, d'abord, ses cheveux épars,

en ruisseaux d'or flottant sur l'onde, son visage pur au calme regard, son cou paré d'ambre et sa gorge ronde...

Ah ! ses yeux lointains, violets et froids,

sa bouche comme une églantine!

Il voyait son cou, sa gorge, ses doigts... Son cœur se mourait dedans sa poitrine.

Elle regardait, lentement, longtemps,

les arbres, le ciel et la rive; une main parmi ses cheveux flottants, elle regardait, paisible et pensive...

Une truite alors a fait un grand saut,

et, rapide, elle est disparue...

Il n'est rien resté qu'un remous sur l'eau... On n'en parle pas, mais quelqu'un l'a vue.

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