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LES LAMPES

Une à une, pâles ou claires, doucement, dans l'ombre qui vient charmer l'effort quotidien, baigner les murs crépusculaires ;

lentes ou promptes, peu à peu, tour à tour ou simultanées, les lampes se sont allumées, beauté de l'ombre, fleurs de feu.

Magiques et multicolores, elles peuplent, soir après soir, de regret, de peine et d'espoir la brume qui les fait éclore.

Leur présence assiste, bénit, dans le cadre étroit des fenêtres, ce qui meurt et ce qui va naître, ce qui dure et ce qui finit.

O I prestige éternel des lampes !

Seuil du rêve et du souvenir I On en voit qui semblent languir; il en est qui doutent, qui tremblent.

Il en est dont la flamme a l'air d'être errante ou intimidée; d'autres, compagnes des idées, savent le but et brûlent clair.

Il en est qui s'obstinent, lasses, jusqu'à l'aube, jusqu'au matin ; il en est dont tout le destin n'a qu'un rayon qui bouge et passe.

Et ces lampes qui, peu à peu, font la nuit plus vaste, plus belle, enferment dans leur orbe frêle, l'infini du monde et des dieux.

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