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TOUS NOS ENFANTS

Tous nos enfants sont endormis dans leur berceau que l'ombre noie; et le vol des rêves amis sur leur front s'anime et tournoie.

Ils ont clos leurs yeux bien-aimés, leurs yeux pieux et nostalgiques, et leurs petits poings sont fermés sur de bleus jouets chimériques.

Tous nos enfants, tout notre orgueil, notre souci, notre espérance, nos enfants qui, deuil après deuil, doivent connaître la souffrance !...

Ah ! tout petits, qui serez grands, pour notre amour, pour notre peine, au milieu des indifférents, seuls parmi la rumeur humaine.

un soir, soudain, souvenez-vous :

Le grand char criait sous les gerbes; Toiseau planait, l'air était doux, le bon soleil jouait sur l'herbe.

Le ruisseau vif disait, tout bas, les chansons de l'heure indécise ; votre mère guidait vos pas craintifs de surprise en surprise...

Où sont-ils, ces grillons confus des matins bleus, des couchants roses, quand votre mère, à mots menus, vous expliquait toutes les choses ?

Dieu vous aide, petits enfants, qui dormez, si loin de la terre, doux petits que nous aimons tant, pour avoir tant chéri vos mères I

Votre mère î... Le temps est court, et tous nos bonheurs sont d'argile...

Ah ! que Dieu vous épargne un jour le tourment des regrets stériles î

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