LES BRUITS DU CARREFOUR
Les bruits du carrefour s'éloignent, d'heure en heure les bruits du soir, chocs obsédants, rythmes cruels. Dans l'ombre enveloppante au geste maternel, tout s'apaise ; et toi seule en ta chambre, tu pleures.
Tu pleures, gémissante et le front sur tes bras, faible enfant sans amour dont les plaintes sanglotent Parfois tu crois entendre enfin tourner la porte... Mais non, le jour a fui, l'ami ne viendra pas.
Pour lui, pâle d'espoir et fébrile d'attendre, tu as paré ton corps et lustré tes cheveux ; puis l'après-midi lourd a glissé, peu à peu, jusqu'à l'heure où le soir est entré dans ta chambre.
Où est-il, parmi l'ombre ardente de l'été, lui, son désir muet, sa fougue et son haleine ? La nuit gagne et les trains de la gare prochaine poussent en s'enfuyant des cris désespérés.