ADIEU
Ce soir, j'ai regardé tes yeux. Je m'y suis vu pareil à l'attardé qui se trompe de route, et qui tressaille en hésitant, puis qui écoute son destin le reprendre au fond du soir confus.
Je me suis vu pareil à celui qui regrette les chemins d'autrefois vers d'anciens espoirs, les élans d'un jadis encor proche, et, ce soir, en regardant tes yeux j'ai détourné la tète.
Oui, mon cœur était las quand tu m'as vu venir, et mes pas étaient lourds aux confins de ta vie ; près de toi ma fatigue errante s'est blottie... Mais aujourd'hui le soir m'ordonne de partir.
L'amour est loin d'ici : Quittons-nous sans nous plaindre. Nos chemins, un instant confondus, sont div^ers... Ce soir j'ai regardé tes yeux, mais, au travers, mon destin m'a fait signe et je cours le rejoindre.