TOI
Toi que je chercherai pour être mon amie, quand mon orgueil sera brisé, quand je serai docile et, pour toujours, paisible et rassuré, toi que je choisirai pour achever ma vie,
je ne sais d'où tu viens, ni vers quel avenir tu portes les secrets d'un trouble que j'ignore, ni si tes nuits d'amour sont désertes encore, ou si tu as, le soir, un cœur où t'endormir.
Qui es-tu ? Je présage, auprès de ma fatigue, ta calme gravité qui s'éclaire, parfois, d'un sourire aussi grave qu'elle, et je te vois suggérant la mesure à mon esprit prodigue.
Qui serons-nous ? L'espoir de vivre et cet effort qui brave la contrainte et la borne assignées, auront-ils délaissé nos âmes résignées ? Quel sera notre rêve ou quel notre remords ?
Je songe à toi... Voici, je te connais peut-être, et peut-être attends-tu que je paraisse enfin ; mais qu'il est encor pâle et qu'il est incertain, ce jour de nous rejoindre et de nous reconnaître !
Que de jours passeront, hélas, et que de nuits I Ne faut-il point, pourtant, que j'attende mon heure, et que ma force enfin me trahisse, et que meure cet orgueil révolté qui m'inspire aujourd'hui ?