JE MENTAIS
Je mentais : Cet amour dont je narguais Pétreinte,
et dont je conjurais le charme renaissant,
votre amour m'est entré dans l'âme, dans le sang,
et possède en entier mon cœur sous mes mains jointes.
Oui, j'ai menti. L'orgueil dont je m'étais vêtu, s'est détaché de moi, tel un manteau vulgaire. Voyez, je foule aux pieds mon orgueil de naguère, inhabile à parer mon tourment combattu.
Je sais que tout est vain dans l'amour qui m'agite,
et qu'il est défendu, réprouvé, puéril.
Je vais le condamner à l'éternel exil
en relevant bientôt mon orgueil hypocrite.
Mais ce soir, pour une heure, ou mieux pour un instant, sans travestir mon cœur ni me leurrer moi-même, laissez que je vous dise, et de loin : je vous aime, dans la sincérité de mon cœur sanglotant.