POURVU QU'ELLE SOIT LAIDE
Pourvu qu'elle soit laide, morne et que son corps, dès longtemps, soit vénal et toujours impassible, qu'elle m'accueille avec un sourire cupide, et que sa chair vaincue ait le goût de la mort;
ah I pourvu que sa voix n'ait rien qui m'épouvante, pourvu que son regard ne me rappelle rien, joyeux je vautrerai mon corps auprès du sien, je l'aimerai selon des étreintes ferventes !
Car puisque mon amour, éloigné par mes vœux, me condamne aujourd'hui, me réprouve et m'exile, dans un dépit brutal aux larmes puériles, ce soir je renierai mes rêves et mes dieux.
Rien ne sera pour moi trop vil dans ma colère, mais rien n'apaisera mon chagrin sanglotant... Ah I que viennent les jours pour me conduire au temp qui me rendra l'amour par moi maudit naguère I