JE NE VEUX PAS COMPRENDRE
Je ne veux pas comprendre et ne veux, dans ma peine, d'autre appui que ma force et d'autre ami que moi. Portez ailleurs le bruit de vos paroles vaines, et laissez-moi souffrir sans vous dire pourquoi.
Je n'ai que faire ici de langueur ou de larmes,
et la pitié me blesse en vos regards navrés.
C'est en moi seul, toujours, que je trouve mes armes
contre l'inévitable et pour l'inespéré.
Partager mon chagrin serait le rendre pire, plus rebelle à céder, plus importun, plus long. Croyez-moi : l'amitié qui tremble, qui soupire, est funeste à qui porte un deuil sans horizon.
Quittez-moi. Je ne veux ni pleurs ni confidences. Mon sourire crispé sera mon seul aveu : J'ai gardé la pudeur farouche du silence, où tout s'apaise un jour et cesse peu à peu.