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IL EUT SUFFI

Il eût suffi, pourtant, d'un geste, d'un sourire

ou d'un mot spontané pour vous unir à moi,

tant je vous sentais lasse et rétive à la fois,

tant j'étais las moi-même au point de tout vous dire 1

Il eût suffi, sans doute, et vous le savez bien, d'un regard vrai parmi nos regards hypocrites, pour me promettre à vous que mon regard évite, frôle en secret dans l'ombre ou néglige à dessein.

Mais quoi ? Tout renier de ce qui fut, naguère, notre sagesse, hélas I notre courage aussi ? Pour un instant d'amour, nous mettre à la merci d'un reproche éternel, d'un tourment nécessaire ?

Sans doute, il eût suffi d'un geste ; il eût fallu, peut-être, et par pitié pour nous, cette faiblesse... Mais, comment supporter le blâme, la détresse de qui vous aime encor et que vous n'aimez plus ?

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