‹ Attentat du 28 juillet, 1835 (volume 2)Chapitre 1 sur 15 · Attentat du 28 juillet, 1835 · texte numérisé non relu

Attentat du 28 juillet, 1835

1*' Interrogatoire subi, sous le nom de Gérard, le 28 juillet 1835, aune heure un quart de relevée, dans la maison située boulevart du Temple. n° 50, devant M. Duret-d'Archiac, juge d'instruction. ^^'Ê-c^ «C« t Ct.it t4^e»^)

D. Quels sont vos nom , prénoms , âge , profession et demeure ? A répondu se nommer Gérard, demeurant dans cette maison, mécanicien.

D. Combien éticz-vous?

A plusieurs reprises il lève un seul doigt.

D. Quand aviez-vous commencé cette machine?

Il montre un, deux, trois, quatre, cinq doigts.

D. Est-ce des jours ou des semaines?

R. Cinq semaines.

D. Qui vous avait donne cette idée-là?

R. Moi-même.

D. On a apporté une malle chez vous?

Répond par un signe de tète affirmatif.

D. Faites connaître qui a apporté cette malle ? R. Un commissionnaire.

D. Qui l'a remportée?

R. Un cocher.

D. Quel est le numéro de la voiture ? R. Je n'en sais rien.

D. Que renfermait la malle ?

R. Mes effets.

D. Qui vous a commandé cet attentat ? R. En se frappant sur la poitrine : Moi-même. D. Vouliez-vous tuer le Roi?

Fait un siane affirmatif.

Ayant voulu continuer nos interpellations , il nous a été impossible d'en obtenir aucune parole ou aucun signe : nous avons fait appeler M. Bompart. docteur en médecine, demeurant à Paris, rue deBondy, n° 4 8, et nous avons supersédé à l'interrogatoire de l'individu dont il s'agit pendant que M. Bompart\uï administi'ait les soins nécessaires , et cependant nous l'avons fait fouiller et nous avons trouvé sur lui deux quittances de loyer et un petit morceau de papier portant le numéro 3 0,554, lesquelles pièces nous avons jointes au présent procès-verbal après les avoir paraphées.

Nous avons fait donner lecture du présent interrogatoire au nommé Gérard et lui avons demandé si ses réponses contiennent vérité. Il nous a répondu par un signe de tête affirmatif. Lui avons également demandé s'il voulait ou pouvait signer. A répondu par un signe négatif.

(Dossier Fiesclii, interrogatoires, pièce V .)

i^ Interrogatoire subi sous le nom do Girard, le 98 juillet 1835, ù six heures du soir, devant M. Gaschon, juge d'instruction.

D. N'avez-vous pas établi une machine composée de pi usieurs fusils, oui ou non ?

Par signe : oui.

D. N etait-elle pas dirigée contre la personne du Roi , oui ou non? Par signe , après un signe inintelligible , et sur la répétition de ia question : oui.

D. Pouvez-vous dire qui vous a engagé à cette action? Ne pourriez-vous pas mettre son nom par écrit? Point de réponse.

D. Je vous demande le nom de celui qui vous a engagé à cette action? Faites la première lettre de son nom. 3igne de refus.

D. Avez-vous vu votre maîtresse ce matin? Par signe : oui.

D. A quelle heure vous a-t-elle quitté? Pas de réponse.

D. Avez-vous couché avec elle cette nuit? »

Signe afTirmatif.

D. At-elle déjeuné avec vous ?

Signe négatif.

D. Avez-vous déjeuné seul ?

Signe afFirmatif.

D. Est-ce vous qui avez mis le feu à la machine ? Oui , par signe affirmatif.

D. Vous n'étiez pas seul ?

R. Non.

D. Combien étiez-vous?

Signe négatif, et puis il a annoncé par un signe qu'il était seuf.

D. Vous deviez être deux au moins? Vous ne pouviez pas ajuster la machine pendant que vous tiriez ie coup?

Pas de réponse.

D. Qui est-ce qui tenait la persienne pendant que le coup a été tire?

II fait signe que c'était lui.

D. Vous ne pouviez pas être à la fois à la détente et à la persienne? Pas de réponse intelligible.

D. Avez-vous fait tout seul cette machine? R. Oui.

D. Combien vous a-t-il fallu de jours pour la faire? Montrez-le-moi par vos doigts.

Il a fait signe qu'il lui a fallu deux jours.

D. Vous étes-vous procuré vous-même les canons de fusil? R. Non.

D. Ne les a-t-on pas apportés dans une malle? R. Non.

D. Est-ce vous qui êtes allé chercher les canons de fusil? Par signe : oui.

Les médecins ayant jugé à propos de saigner le prévenu , nous avons suspendu notre interrogatoire pendant trois quarts d'heure.

Nous l'avons repris à huit heures moins un quart.

D. Girard^ avez-vous des complices?

Par signe : Oui.

D. Vous dites oui, n'est-ce pas?

Réponse articulée : oui.

D. Voudriez-vous me nommer le principal auteur du complot , oui ou non? Il peut être de votre intérêt de me répondre. Ponvez-vons me le nommer?

Réponse articulée : Non.

D. Q.ui vous a proposé de faire la machine? Dites-moi son nom. Dites-moi la première lettre de son nom. Pas de réponse.

D. Où étaient les canoiis de fusil?

Pas de réponse.

D. Etaient-ils loin de chez vous , oui ou non ?

Pas de réponse.

D. Comment s'appelle votre maîtresse? Voilà une piume, écrivez son nom.

R. Pourquoi faire?

D. Sont-ce les répubhcains qui avaient fait le complot? Après des réponses par signes équivoques, Réponse articulée : Oui.

Nous observons que le prévenu est dans un état de mafaise qui ne nous permet pas d'être parfaitement certain du sens de ses réponses.

D. Seraient-ce des légitimistes qui auraient fait le complot? Pas de réponse.

D. Vous a-t-il été donné de l'argent? Faites-moi un signe : oui ou non.

Pas de réponse.

Le prévenu est dans un état qui ne nous permet pas de continuer immédiatement nos questions.

Nous envoyons avertir un médecin qui est dans la prison.

Le médecin lui demande s'il souffre, il n'en reçoit pas de réponse.

Il est huit heures un quart.

A neuf heures et demie :

D. Comment vous appelez-vous? Quel est votre prénom?

Pas de réponse.

M Bompart, médecin, i'a questionné sur sOn nom et son prénom; il a dit qu'il s'appelait Jacques Girard.

Sur d'autres questions que le même médecin a faites et que nous avons laissé faire parce qui! nous a paru qr^e le prévenu v répondait

plus volontiers qu'aux nôtres, il a dit qu'il était du Midi , qu'il était de Lodève, que sa femme et son fils y étaient.

De l'avis des médecins nous avons continué notre interrogatoire à demain matin à neuf heures, les médecins ayant déclaré que la prolongation actuelle de l'interrogatoire pouvi^J fatiguer îe malade, et qu'il n'y avait point de péril en la demeure.

D. Voulez-vous entendre la lecture de votre interrogatoire?

R. Je le veux bien.

L'interrogatoire a été lu au prévenu.

D. Avez-vous quelques observations à faire?

Pas de réponse.

D. Persistez-vous dans vos réponses?

R. Oui.

D. Pouvez-vous signer votre interrogatoire?

Pas de réponse.

D. Vous ne pouvez pas le signer?

Signe négatif.

Le présent interrogatoire a été clos à dix heures moins dix minutes et signé tant par nous que par ie greffier.

( Dossier Fieschi , interrogatoires, pièce 5*. )

Confrontation de Fieschi, sous le nom de Girard, avec l'inculpe' Boireau, ie 29 juillet 1835, à 2 heures du matin, devant M. Gaschon, juge d'instruction.

Et cejourd'hui vingt-neuf juillet, deux heures du matin ,

Vu la nécessité de confronter immédiatement le nommé Boireau avec Girard^

Nous nous sommes transporté auprès de ce dernier, auquel un surveillant a demandé s'il voulait voir Boireau qui était là et demandait à le voir; il a répondu en notre présence : Faites-le entrer.

De nouvelles questions ayant été adressées au prévenu par fe même surveillant, il a dit ne pas connaître Boinaut ni Boireau.

Nous avons fait introduire Boireau dans la chambre du prévenu Girard.

D. Voici Bouleau; voulez-vous qu'il vous parle ?

R. Je ne le connais pas.

D. A Boireau. Connaissez-vous le nommé Girard qui est sous vos yeux? "^

R. Non, Monsieur.

D. Ne i'avez-vous jamais vu?

R. Jamais.

D. Connaissez-vous son nom ?

D, A Girard. Persistez-vous à dire que vous ne connaissez pas Boiî'eau?

R. Oui, Monsieur.

D. Regardez-le.

Girard a regardé Boireau ; il a dit :

«Je ne connais pas cet homme. ii

Lecture faite , chacun a persisté.

Girard ne peut signer à cause de son état. Boireau a signé avec nous et le greffier.

(Dossier Fieschi, interrogatoires, pièce 5^. )

3* Interrogatoire subi par Fieschi, sous le nom de Joseph-François Gérard , le 29 juillet 1835, à huit heures du matin , devant le même magistrat.

A huit heures du matin :

Le prévenu est mieux , il parle librement. D. Voulez-vous me dire aujourd'hui vos nom et prénoms? R. Je vous les ai dits hier.

D. Comment vous appelez-vous ?

R. Joseph-François Gérard, âgé de 3 9 ans, né à Lodève, mécanicien, demeurant à Paris, boulevart du Temple, n" 50. D. Travailiiez-vous pour un maître ?

R. Non, Monsieur; depuis quelques jours je m'étais mis chez moi.

D. Comment s'appelle votre maître?

R. Ici(i)?

(t) Cette réponse est une question adresse'e par Fieschi au magistrat interrogateur et la demande suivante contient la réponse à cette question.

s INTERROGATOIRES

D. Oui.

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