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naissance des projets criminels de Fieschi, et leurs dépositions, citées dans le cours de ce rapport, ont concouru i éclairer plusieurs points relatifs aux démarches de Fieschi. On s'est assuré que les hésitations du sieur Sa/mon , qui d'abord avaient fait paraître ses déclarations suspectes, devaient être attribuées i son grand âge.
Tons trois ont été mis en liberté.
Femme PÉRINET (Arsène Ledent), âgée de 24 ans, limonadière, boule-
vart du Temple, n" 50.
Les époux Périnet tiennent un café dans la maison portant , sur ie boulevard du Temple, le n° 50. Ce café est signalé depuis longtemps comme le rendez-vous d'individus hostiles au gouvernement du Roi ; et Fieschi a dé* claré que c'était un lieu de réunion des membres de la société des Droits de l'homme.
Voisin de Fieschi, Périnet le connaissait sous le nom d'Auguste; la porte de la maison de Fieschi se trouvait-elle fermée, celle du café de Permet s'ouvrait pour lui et les gens qui le fréquentaient.
Toutes les apparences annonçaient que ces deux individus avaient ensemble Je fréquentes relations.
Périnet et sa femme ont donc été arrêtés.
L'instruction ayant dégagé la femme Pcrinet des soupçons qui pesaient sur elle, elle a été rendue à la liberté.
Divers propos séditieux tenus publiquement par Périnet ont motive son renvoi devant la juridiction ordinaire.
LebÈCUE ( Acftiïïc-^apoléoo), âgé de 23 ans, né au May ( Oise ), garçon
limonadier, demeurant boulcvart du Temple, n* 50, chet le sieur Périnet.
Achille Lebègue a été arrêté, le 28 juillet, au café de Périnet et dans k demeure de celui-ci, au service duquel il se trouvait alors. Après un interrogatoire que lui a fait subir l'un de MM. les juges drastrudion et fobtention de quelques renseignements, Lebègue» été mis en liberté.
( «fl )
Le i7 juillet au soir, un individu du nom de Victor s'était présente à la demeure de Fiesehi pour le visiter: cet homme, que la portière de la maison déclarait alors ne pouvoir reconnaître, paraissait avoir été de ia connaissance de Lebègne, car celui-ci, s entretenant à ce sujet avec fa portière, avait assuré qu'il reconnaîtrait bien l'individu portant le nom de Victor, s'il se trouvait en sa présence. Lebègue, sommé de s'expliquer sur ce fait, a nié le propos articulé par la dame Sahnm.
La procédure a depuis établi que l'individu nommé Victor n'était autre que Boireau, et ia fille Salmon a dédaré, le 8 octobre, qu'eue reconnaissait Boireau pour l'individu qui venait visiter Fieschi.
Confronté lui-même avec Boireau, Lebègue a persisté à nier le propos qui fui était attribué, et a déclaré ne pas reconnaître cet inculpé.
Quelque doute que puisse laisser cette déclaration , aucun indice ne rattachant Lebègue à Boireau, il a été mis en liberté.
Barfcty ( Jean -Pierre), âgé de 33 ans, ne' en Savoie, limonadier, demeurant à Paris, boulevart du Temple , n* 52
Arrêté le 28 juillet, dans son café.
Barfety est propriétaire d'un café situé boulevart du Temple, n° 53, dans la maison contiguë à celle où demeurait Fieschi. Fiesehi venait presque tous les soirs au café Barfety, pour prendre un petit verre d'eau-de-vie; H restait à causer avec le nommé Charles Larcher, garçon de billard, qui demeurait, comme Fieschi , au n* 50. Larcher étant oblige de rester jusqu'après la fer» meture du café, avait reçu un passe-partout de la porte d'entrée de sa maison. Fieschi profitait de ce passe-partout, et rentrait avec lui.
Barfety a dédaré que, le 28 juiHet 1835, il avait vu Fieschi vers neuf heures du matin; que cet homme était entré un instant dans son. cale, et qu'un moment après, il lavait aperçu sur la terrasse de Pèrinct.
On fut informé, d'autre part, pendant le cours de l'instruction, que, le 28 juillet au matin, Barfety av»it été acheter des viandes froides chez. une dame Brun, marchande de comestibles, et que ces viandes avaient été portées par b domestique de la dame Brun nu café Barfety. Le document disait que là cette domestique avait été rencontrée par deux individus, par lesquels elfe avait été conduite au troisième étage, dans la maison n* 50 (c'était l'étage habité par Fiesehi dans cette maison), qu'on avait neftiso d'ouvrir, qu'alors elle était descendue et avait remis les viandes à Barfety. Cette circonstance paraissait être à charge contre Barfety. La domestique de la dame Brun n été appelée comme témoin : die a déclaré qu'en effet , en arrivant à ia demeure
Notices. 49
de Barfety , elle ne l'avait pas trouvé et avait été rencontrée à la porte du café par deux individus; que l'un d'eux lavait fait monter au troisième étage, mak que c'était dans la maison n* 52 que l'on avait frappé, et non dans la maison n" 50 ; que personne n'ayant répondu , elle était descendu?; qu'alors elle avait trouvé Barfety, auquel elle avait remis ce qu'elle apportait.
Barfety a déclaré qu'il n'avait pas donné ordre de porter les viandes ailleurs que chez lui, et qu'il les avait achetées pour les revendre aux gardes nationaux , pendant la revue.
Barfety a été mis en liberté.
Larcher (Pierre-Charles-Julien), âgé de 37 ans, né à Paris, garçon de billard chez le sieur Barfety , demeurant à Paris, boulevart du Temple, n* 50.
Arrêté le 29 juillet.
Après l'explosion de la machine de Fieschi, et lorsque la maison n* 50 et les maisons voisines furent cernées, on s'étonna de ne pas trouver le garçon de billard du café Barfety, le nommé Larcher; cétte absence fit naître des soupçons.
Le lendemain il fut arrêté. H a déclaré que le 28 juillet, lorsque l'explosion eut lieu , il était sur le boulevart pour voir passer le Roi , et tenait son enfant sur ses bras; qu'après l'événement, avant entendu qu'on demandait de l'eau, il rentra au café pour en prendre une carafe, et qu'ensuite on l'empêcha de passer; que le lendemain , ayant appris qu'on le cherchait , il s'était rendu de lui-même à la préfecture de police.
Larcher demeure depuis huit ans dans la maison boulevart du Temple, n*.50. Il dit avoir fait connaissance avec Fieschi, qui entrait quelquefois au café; que le soir, quand Fieschi se retirait tard, il venait causer au billard, et priait Larcher de le faire rentrer avec lui (celui-ci, comme on l'a vu, avait un passe-partout de la maison ) ; il n'avait pas cru devoir refuser ce service à un voisin.
Larcher a déclaré qu'il n'était entré qu'une seule fois dans la chambre de Fieschi, et que, dans les trois ou quatre soirées qui ont précédé l'attentat, il ne croyait pas être rentré en même temps que lui.
La fille Salmon , portière de la maison n" 50, entendue comme témoin j a déclaré que pendant les huit ou dix jours qui ont précédé le 28 juillet, Fieschi n'était pas rentré avec Larchtr, mais bien par le café Périnet.
Un sieur Galliat, pâtissier, entendu aussi comme témoin, a déclaré que le
28 juillet, au moment du passage du Roi sur le boulevart du Temple, il avait vu Larcher, en face du café Barfety, tenant sa petite fille sur les bras, et qu'il n'avait pu rentrer parce que les maisons avaient été cernées. Larçher a été mis en liberté.
MarILLŒ (Pierre), âgé de 48 ans, né en Savoie, garçon limonadier, demeurant à Paris, rue de Vendôme, n* /ô>
Arrête, le 28 juillet, dans le café Barfety.
Marillié avait été autrefois garçon de café chez Barfety , mais il en était sorti depuis six mois. Il y était ce jour-là employé accidentellement , à cau*e de la revue.
Il a déclaré ne pas connaître Fieschi. Une servait plus dans le café Barfety lorsque Fieschi est venu demeurer dans la maison voisine.
Marillié, interpellé de dire si , en plaçant la toile établie devant le café , quelqu'un ne lui a pas donné le conseil d'élever un peu cette toile près des arbres, disposition qui pouvait empêcher ceux qui étaient de ce côté du boulevart de reconnaître au premier moment la fenêtre d'où parlait la fumée, a dit que personne ne lui avait donné ce conseil , mais qu'un homme étranger au café était en effet venu l'aidera placer cette tente. Fieschi Iqi a été présente : Marillié a déclaré qu'il ne le connaissait pas, que ce n'était pas l'homme qui l'avait aidé dans le placement de la toile.
Aucune charge ne s'élevant contre Marillié, il a été mis en liberté.
Veudik (Thomas- A mbroise) , âgé de 20 ans, né à Paris, cordonnier, demeurant à Paris, rue Saint-Sébastien, n" 42.
A été arrêté, le 28 juillet dernier , dans le café Barfety, lorsque ce café fut envahi par la troupe aussitôt après l'explosion de la machine. Verdht, interrogé sur la question de savoir comment H se trouvait dans ce café au moment du crime, a répondu qu'il y était venu pour se rafraîchir et faire une partie de billard. II a nié connaître l'auteur de l'attentat , et rien dans l'instruction n'établit qu'il ait eu des rapports avec lui.
Il a été mis en liberté.
Besuchet (Charles), âgé de 32 ans, né à Balaigue, en Suisse, commis voyageur, demeurant à Paris, rue Saint-Sébastien , n* 34.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café Barfety.
II a déclaré qu'il connaissait Barfety et que , voyant qu'il était arrêté et que sa femme pleurait, il lesuivît et futarretcavec lui. Des soupçons s'étaient élevés, contre Barfety parce que Fieschi fréquentait son café; ces soupçons réagirent sur Besuchet; cependant des papiers avaient été saisis sur Besueket, ces papiers vinrent i l'appui de ce qu'il déclarait, et constatèrent qu'il était en effet voyajlbr; il expliqua f emploi de son temps; il • été mis en liberté.
CaNTSLOUP (Louis-Nicolas- Victor), âgé de 47 ans, né à Paris, doreur sur métaux, demeurant à Paris, rue Portefoin, a* 42.
Se trouvait dans le café Barfety, boulevart du Temple, n° 52, au moment de l'explosion de la machine infernale. II prit aussitôt la fuite, abandonnant dans ce café et son habit et son chapeau qu'on y retrouva plus tard.
Canieùntp fut arrêté le 30 juillet, et donna sur sa conduite dans la matinée du 28 des explications satisfaisantes. II se trouvait, a-*-iI dit, dans ce café par hasard. II avait ôté son habit et son chapeau par suite de la grande chaleur, et n'avait pris la fuite après l'explosion que par crainte de se voir arrêté quoique innocent.
II n'a été donné aucune suite aux renseignements pris à son égard.
Pajot (Joseph), âgé de 49 ans, né en Savoie, demeurant à Paris, boulevart du Temple, «• 52, chez Barfety.
Arrêté le 28 juillet, dans le café Barfety.
II est employé comme garçon dans ce café; sa présence y est -donc expliquée. II a déclaré qu'rl avait vu plusieurs bis Fieschi venir au calé de Barfety, le soir, au moment d'aller se coucher. Cet homme parlait avec le nommé Char/es , garçon de billard du café.
Pajot a dit que dans W matinée da 28 fuiilet H awrit été occupé àplacer des tables devant le calé, fur le UquIcvai tj qu'en plaçant la toile devant le café , il n'avait pas fait attention à la croisée de FiescAij qu'il n'avait jamais été chez ce dernier.
Le maire de Garches, près Saint-CIoud, écrivit au procureur du Roi de Versailles une lettre par laquelle il le prévenait qu'un neveu d'un sieur Pajot, ancien blanchisseur retiré à Garches, avait dit devant les sieurs Bernardon et Bessades, le 27 juillet, que Ton devait assassiner le Roi le lendemain. On pensa que ce pouvait être le nommé Pajot, du café Barfety; et ce propos n'eût pas été sans importance dans Ja bpuçbe d'un individu si voisin do Fieschi.
Les témoins confrontés avec Joseph Pajot ont déclaré ne pas le connaître, et qu'il n'était pas le Pajot neveu dont ils avaient parlé.
Bernardon a dit que, le 27 juillet , le jeune Pajot neveu était veau à Garches pour tourner (es chevaux de bois pendant les fêtes; qu'il lui avait demandé si la (été serait belle à Paris ; que ce jeune homme avait répondu que oui; mai* qtS on disait que le Roi serait assassine. Bessades n'a point entendu le jeune Pajot tenir ce propos , mais seulement Bernardon le rapporter au maire.
On n'a pas pensé qu'il y eût lieu de diriger des poursuites contre Pajot neveu, et Joseph Pajot a été mis en liberté.
FRAISIER (Jean-Marie- Adolphe), âgé de 22 ans, né à Paris , relieur, demeurant à Paris, rue Saint-Sébastien , n* 42 , en garni.
A été arrêté le 28 juillet dernier, pâle «t tremblant, dans le café Barfety, où il jouait au billard.
Interpellé sur les motifs de sa présence au café Barfety, lors de l'événement du 28 jnirlct, Fraisier a dit que, étant employé au théâtre des Funambules, il avait été, après la répétition , dans ce calé, pour y jouer au billard.
Aucun fait ne le rattachant à l'attentat, Fraisier a été mis en liberté»
Gauchereau (Jean-Baptiste-Marie ) , âgé de 54 ans, ne à Paris, peintre, demeurant è Paris, rue Phelipeaux, au coin de Ja rue de ta Crwix.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café Périnet.
U a déclaré qu'il était au cale , où il servait ce jour-là par extraordinaire, à-
saute de la revue; qu'il y était arrivé dès sept heures du matin; qu'au moment du passage du Roi H était sorti pour le voir; qu'alors H entendit la détonation, et rentra au café, où il fut arrêté comme toutes les personnes qui s'y trouvaient.
Aucun fait à la charge de Gauchereau n'ayant d'ailleurs été indiqué , il a été mis en liberté.
Viel (François-Narcisse), âgé de 34 ans , né à Paris, imprimeur sur étoffes, demeurant à Paris, rue des Deux-Ponts ( île Saint- Louis ) , n' 28.
A été arrêté le 28 juillet dernier dans le café Permet, boulevart du Temple, n° 50 , où il s'était réfugié avec sa femme et sa sœur, aussitôt après l'explosion.
Viel, interrogé sur l'attentat, a déclaré y être étranger. Cet individu a élé arrêté , en juillet 1 833 , pour coalition d'ouvriers; rien, dans l'instruction, ne le rattache au crime du 28 juillet.
II a été mis en liberté.
FOCRNIER (Jules), âgé de 21 ans, né à Bercy, ouvrier en fauteuils, demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint- Antoine , n' 231.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café PérineL.
II a déclaré qu'étant au nombre des personnes qui faisaient la haie pour voir passer le Roi, il avait entendu la détonation, et qu'alors voyant la troupe se porter vers la maison d'où le coup était parti, il s'était réîv^è dans le café, où il fut consigné, comme tous ceux qui s'y trouvaient.
Aucune charge n'est venue d'ailleurs peser sur Fournier. Un certificat de bonne conduite, signé d'un assez grand nombre de personnes établies, a été joint aux pièces.
Fournier a été mis en liberté.
SiGKY ( Louis» Anna-Nicolas), âge de 33 ans, né à Paris, cordonnier, demeurant à Paris, rue Ncuve-des- Petits-Champs , n* /S.
A été arrêté le 28 juillet, dans le café Permet, boulevart du Temple, n* 50 » lorsque ce café fut cerne par la troupe, aussitôt après l'explosion.
Interrogé sur la question de savoir comment il se trouvait dans ce café au moment du crime, Signy a répondu qu'il s'y était réfugié comme beau* coup d'autres personnes, et que c'était la première fois qu'il y entrait.
Il a été mis en liberté.
" - ... • - iv . 41. ■ .. • •
Duc HEM IN ( Pierre-Félix- Jacques), âgé de S 2 ans, né à Paris ^ émailleur en bijoux , demeurant à Paris, rue Saint-Eloi, impasse Saint-Martial, «• 7.
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Arrêté le 28 juillet, dans le café Périnet.
11 a déclaré qu'il était entré dans ce café, avec le nommé Chobil/on, environ dix minutes avant l'attentat; qu'ils interrompirent leur partie de billard pour aller voir passer le Roi, et qu'après l'explosion, ils rentrèrent dans le café, où Hs furent consignés, comme toutes les personnes qui s'y trouvaient.
Une liste de noms fut trouvée sur Duchemin; il a déclaré que cette liste contenait des noms cTémaifleurs avec leurs adresses; qu'H l'avait dans le but d'aller demander de l'ouvrage, lorsqu'il en manquait.
Un sieur Nocus, émailleur, pour lequel Duchemin travaille, a rendu de lui un bon témoignage , et comme d'ailleurs aucune charge n'a été produite contre lui , il a été mis en liberté.
Chobillon (Jean-Pierre), âgé de 26 ans, né à Paris, maître maçon, demeurant à Paris, rue Saint-Êloy, n° 23.
Arrêté le 28 juillet, dans le café Périnet.
II a déclaré qu'il était entré dans ce café avec le nommé Duchemin, environ dix minutes avant l'attentat, pour y faire une partie de billard ; qu'ils étaient sortis tous deux un peu avant l'explosion, pour voir le cortège du Roi, et que bientôt ils étaient rentrés, parce que les cavaliers de l'escorte se portèrent vers la maison ; qu'ils ne purent sortir ensuite , parce que toutes les personnes qui se trouvaient dans ce café avaient été consignées.
Chobition est un maître maçon qui occupe un certain nombre d'ouvriers;
aucune charge n'ayant d'ailleurs été produite contre fut, fl a été mis en liberté.
Camus (Jean-Baptiste), âgé de 55 ans, ne' à Nilsur-Tourne (Marne), homme de peine, demeurant à Paris, rue de Montreuil, n* 83 , faubourg Sain*- Antoine.
A été arrêté dans le café Pe'rinet, boulevart du Temple, n" 50 , lorsque ce café fut envahi par la troupe, aussitôt après l'explosion. Camus, interrogé sur le motif de sa présence dans ce lieu au moment du crime, a répondu qu'il y était entré pour s y rafraîchir , que c'était la première fois qu'il y venait; il a été ' - en liberté.
Dessin (Jacques), âgé de 52 ans, né à la Chapelle-Moche (Mayenne), ouvrier raffineur de sucre, demeurant à Paris, rue de la Roquette, n° 52.
LAVERNE (Nicolas), âgé de 33 ans, né à Marcheville (Meuse), ouvrier raffineur de sucre , demeurant à Paris, rue de la Roquette , n* 72.
Arrêtés le 28 juillet, dans le café Permet.
Tous deux ont déclaré être entrés dans ce café, après l'explosion , parce que la troupe venait alors vers les maisons , et qu'ils craignirent d'être blessés; Hs furent ensuite consignés, puis arrêtés comme toutes les personnes qui se trouvaient la.
Le sieur Bayvet, adjoint au maire du 8* arrondissement, et propriétaire d'une raffinerie de sucre, a envoyé, pour être joint aux pièces, un certificat constatant que Bessin et Laverne travaillent chez lui, Bessin depuis plus de quinze ans et Jjaverne depuis plus de six; que tous deux sont des ouvriers tranquilles, qui ne s'occupent en aucune façon de politique, et qu'ils travaillaient encore i la fabrique une heure avant leur arrestation.
Une perquisition fut faite tant chex Bessin que chez taverne, mais ers perquisitions furent sans résultat.
Aucune charge n'ayant d'ailleurs été indiquée contre eux, ils furent mis en liberté. '
Bhllinchen ( Auguste), âgé de 17 ans, né à Paris, corroyeur, demeurant à Paris, rue Mouffetard, n* 211.
Arrête, le 28 juillet, dans le café Périnet.
II a déclare s'être rendu sur le boulevart pour voir la revue, et après Texplosion s'être réfugié dans le café, pour n'être pas blessé par les chevaux des cavaliers qui se portaient vers les maisons.
Le sieur Vautier> marchand de laines et raégissier, pour lequel Bcllinglten travaillait, a été entendu et a donné de bons renseignements sur sa conduite.
Aucune charge n'a été produite contre Bcllinghen, autre que sa présence dans le café Périnet ; H a été mis en liberté.
Bbaudouw (Jules-Vincent), âgé de 16 ans, né à Paris, demeurant à Paris, rue Mouffetard, n* 223.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café Périnet.
A déclaré qu'il était sur le boulevart avec le nommé Bellinghen, pour voûta revue, au moment où ils entendirent l'explosion; qu'alors les cavaliers vinrent sur eux, et que, pour éviter d'être écrasés, ils se réfugièrent dans le café, où ils furent consignés et arrêtés comme tous ceux qui s'y trouvaient.
Aucune charge n'a été indiquée contre Bcaudoin; il a été mis en liberté.
Asseîat (Louis-Marie-Théodore), âgé de 28 ans, né à Paris, compositeur, demeurant à Paris, rue Saint-Victor, n* 76.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café Périnet.
H a expliqué sa présence dans ce café, en déclarant qu'il s'était arrêté sur le boulevart pour voir passer lè Roi; qu'après l'explosion, les cavaliers «'étant immédiatement portés vers la maison d'où le coup était parti, il s'était réfugié dans le café pour n'être pas blessé par les chevaux.
Atsezat a rendu compte de l'emploi de son temps d'une manière satisfaisante;
Notice». 43
il a été signalé comme un honnête ouvrier. Le témoin Frossart, garde national, déclare qu'Assezat lui avait ditqu'H irait le voir à la revue. Aucune charge n'ayant d'ailleurs été produite contre cet homme, il a été mis en liberté.
Ador (François), âgé de 23 ans, né à Saint'Martin-dc'Bellevuc, en Savoie, commissionnaire, demeurant à Paris, rue des Tournellcs, n" 10.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café Pc rinel.
A déclaré qu'il était monté sur un banc pour voir ïe Roi; qu'il avait entendu une décharge; que bientôt ayant été pressé par les cavaliers, il s'était réfugié dans le café, où il avait été consigné et ensuite arrêté.
Aucune charge n'a été produite contre lui; il a été mis en liberté.
Calbot (Jt an-François), âgé de 44 ans, ne à Douhns (Somme), c/ia/m/îer, demeurant à Paris, rue de Montreuil, n" 83, faubourg Saint- Antoine.
Acte arrêté, le 28 juillet dernier, dans le café des Mille -Colonnes, aussitôt a pri s l'explosion. Interrogé sur le motif de sa présence dans ce cafe au moment du crime, a répondu qu'il y était entré pour s'y rafraîchir. Il a été mis en liberté.
RKNAID (Joseph), âgé de 26 ans, né à Morlirof/c (Haute-Vienne) , menuisier, demeurant rue C'/iareulon , n° 60, à Paris.
A été arrêté dans le café Périnet. Interrogé s.ir le m.'-lif do s.i présence dans ce lieu, il r. répondu que si femme s'étant trouvée mal, il Tv av.iii fait entrer. Il a été mis en liberté.
PnKVOST (Frédéric), âgé de 2(i ans , né à Sainlc-Menchould Marne) , '/tajiclier, demeurant à Paris, rue du Faubourg Saint-Antoine, en face de la rue Charonne.
A été nrrêié, le 28 juillet dernier, dans le café Périnet , lorsque ce café a été
cerné par la troupe. Prévost, interrogé sur fe motif de sa présence dans ce café au moment du crime, a répondu qu'il y était entré pour s'y rafraîchir. II a été mis en liberté.
CKLARIK ( Louis), âgé de 27 ans, né à Saint-Serê (Lot), professeur de littérature française, demeurant A Paris, rue du Faubourg Soi ni- Antoine, n' 5.
A déjà été l'objet de poursuites judiciaires; il avait été mis en liberté depuis p«:u de temps, lorsqu'il fut de nouveau arrêté, le Î8 juillet dernier, dansle café Pi ri ne t.
Célarié, tout en déclarant qu'il est républicain , a prétendu qu'il ne s'était trouvé d;ins ce café que par hasard, qu'il ignorait les projets formés contre la vie <!u Roi, et qu'il y était tout à fait étranger.
Cet individu a fait partie de la société des Droits de Fhomme, dans laquelle il était chef de section; il a été arrêté lors des émeutes de la Porte Saint-
M Util).
Rien ne le rattachant à l'attentat, il a été mis en liberté.
Wachez Ernest), âgé de 13 ans , né à Paris, sans profession, demeurant à Paris, rue des Filles-durCalvaire , n" 4.
Arrêté, le 28 juillet, dans le café Périnet.
A déclaré qu'il prenait de la bière sur une table devant le café, lorsqu'il a entendu la détonation, et que la cavalerie étant venue sur le boulevart, il était rentré dans le café.
Aucun témoin n'a été indiqué, aucun fait de participation n'a été articulé contre Wachez.
Il a été mis en liberté.
Vicotneux (Antoine), âgé de 7/ ans, né à Paris, tabletier, demeurant à Paris, rue de Mcnilmonlant,n' 49.
Arrêté le 28 juillet, il a dit qu'il était sur le boulevart pour voir passer le Roi, et qu'après l'explosion il s'était réfugié dans le café Përinet, où h* a été arrêté; qu'on avait aussitôt cerné la maison, et qu'on lavait empêché de sortir.
Aucun fait à sa charge n'a été allégué. Il a été mis en liberté.
Gauchot (André-Edouard), âgé de S S ans, ne à Paris, brossier, demeurant à Paris, rue Mauconseil, n' 7.
Il a été arrêté, le 28 juillet, dans le café Pêrinet, et conduit pour ce seul fait à fa préfecture de police, où il devait être examiné.
Gauchot a déclaré être entré en ce lieu avec la nourrice de son enfant, pour y boire une bouteille de bière.
Il ne paraît faire partie d'aucune société politique.
II a été, après interrogatoire, remis en liberté.
Ta99IN (Amaury), âgé de .2/ ans , né à Lizieux ( Calvados) , bijoutier en cuivre , demeurant à Paris , cloître Saint-Méry , n' 14.
Au nombre des individus arrêtes dans le café des Mille-Colonnes , se trou* vatt le nommé Amaury Tassin, ouvrier bijoutier, demeurant cloître Saint-Méry, n° 24. Cet individu fut fouillé aussitôt après son arrivée à la préfecture de police, et on trouva sur lui une chanson intitulée : Ronde de la Conspiration, et un fragment d'une chanson républicaine adressée à Tannée; mais rien dans l'instruction n'établissant que Tassin aurait eu des rapports avec Fiesehi, H a été mis en liberté.
François (Victor), âge de 23 ans, né à Mclun (Seine-et-Marne), emballeur de verres , demeurant à la verrerie de Choisy-le-Roi.
Arrêté le 28 juillet dans on des cafés voisins de la maison du boulevart du Temple, n" 50.
Il a dit qu'il était venu de Choisy-le-Roi, pour voir la revue; qu'il s'est réfugié dans îe café où il a été arrêté après l'explosion, parce que la troupe s'avançait de ce côté.
Aucune charge d'ailleurs ne s'élevant contre François, H a été mis en liberté.
LefèVRE (Jacques-Alexandre), âgé de 30 ans, ne' à Paris, garçoti de bureau au ministère de F intérieur, demeurant à Paris, nie Fontainean-Roi, n' 2.
Arrêté le 28 juillet, dans fun des cafés voisins de la maison boulevart du Temple, n° 50.
II a déclaré qu'il était allé pour voir !a revue; qu'il était entré au café pour prendre une bouteille de bière; qu'étant sorti pour voir passer le Roi, il entendit l'explosion et rentra au café.
Il a été consigné et ensuite arrêté comme toutes les personnes qui étaient là.
Aucun fait à sa charge n'a été d'ailleurs indiqué ; il a été mis en liberté.
Gastriel (Louis), Age de 38 ans, né à Rouen (Seine-Inférieure) , perruquier, employé à ? hôpital Saint-Louis, demeurant à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, n* 4â.
Arrêté le 28 juillet, à midi et demi, dans la maison boulevart du Temple, n* 52.
Les faits qui le concernent ont été énoncés d'une manière contradictoire.
Suivant le procès-verba! de trois gardes municipaux qui l'ont arrêté, ii leur a paru suspect, parce qu'h* les suivait pas à pas dans la maison.
Il résulte du rapport d'un commissaire de police que Gastinel était dans une chambre au troisième étage. H avait prétendu qu'il y était venu voir une personne dont il n'avait pas pu dire le nom.
D'après l'instruction, c'était au premier étage, dans une chambre sur le devant, où se trouvaient une femme et deux enfants qui pleuraient, qu'il aurait été vu par un garde national, témoin entendu, qui du reste n'est pas d'accord avec un autre témoin, garde national comme lui, et qui dit que Gastinel aurait été rencontré par eux au même étage, mais sur l'escalier, comme ii montait dans la maison , entouré de gardes nationaux. ' .
Suivant ce dernier témoin, Gastinel aurait dit en montrant un |eunc homrue qui était sur l'escafier et demeure dans la maison : « Je vais chez Mon- « sieur. » Mai.-» ce jeune homme ne le connaissait pas.
(lasiiwl a subi deux interrogatoires. Selon les explications qu'il n données, i\ sV:ait réfugié dans la maison Iiarfettf, où se précipitait la foule. Il entendait des cris , il était troublé et avait C air d'un imbêcille, a dit un témoin. II serait, dit-il, monté tout en haut, dans la irainte qu'on ne fit main hasse sur lui.
Ii a été confronté avec les deux gardes nationaux , qui ne l'ont pas reconnu. Aucun fait ne le rattachant k l'attentat, il a été mis en liberté.
Raulet (Jean-Baptiste), àpe de 20 ans, ne à Paris, cL-niste , demeurant à Paris, rue de Renilly, n" 14.
Arrêté le 28 juillet, dans une chambre au deuxième étage de la maison boulcvart du Temple, n° 50.
Raulet a déclaré qu'il était sorti de chez lui vers huit heures du matin ; qu'U avait bu avec son frère, un de ses amis et la femme de ce dernier, d»ez un marchand de vin rue de Ménilmontant; qu'ensuite ils étaient venus sur le boulcvart, et étaient entrés pour boire chez un marchand de vin dans la maison où il a été arrêté. Us s'y trouvaient à peine, qu'on annonça l'arrivée du Ilot; Raulet revint sur le bouievart, mais arrivé aux premiers arbres, il entendit une fusillade; alors la troupe s'étant portée du côté des maisons, il se sauva de peur d'être blessé, rentra dans la maison , -et monta au second étage : là, il fut arrêté comme toutes les personnes qui étaient dans la maison.
Raulet avait dit qu'il travaillait pour un sieur Julie; celui-ci fut appelé : il a déclaré que Raulet était chez lui depuis plus de deux ans, et qu'il était
très-content de sa conduite; que, le 28 juillet, le sieur Prudhommc, sergent A la 8r légion, l'une des victimes de l'attentat, lui avait dit le matin, ainsi qu'à Raulet, de venir le rejoindre à k revue; qu'ils y étaient en effet venus, et que Raulet n'avait jamais fait partie de réunions politiques. Il a été mis en liberté.
Bedot ( Louis-Honoré ) , âge de 24 ans, né à Lanenvilte-Sirc Bernard (Somme), bonnetier, demeurant à Paris, rue Sainte-Marguerite- Saint-Anto/'ne , n" 9.
Arrêté, le 28 juillet, sur le boutevart du Temple.
Il a déclaré qu'il avait travaillé ce jour-là chez le sieur Boul»/ pendant toute la matinée, jusqu'à onze heures, et qu'il était sorti alors pour aller voir passer le Roi; qu'ayant appris la nouvelle de l'attentat, il avait eu la curiosité d'aller voir si cela était vrai , et avait été arrêté par un garde national, au moment où il s'approchait du lieu où étaient déposées les victimes.
Le sieur Bouly a été entendu comme témoin , et il n déclaré, qu'en effet Bedot avait travaillé chez lui pendant toute la matinée du 28 juillet.
Aucune charge n'ayant été produite contre Bedot, il a été mis en liberté.
Hilaire ( Je.m-Claudc ), âgé de 35 ans, ne à Nancy (Meurthe), marchand d'estampes, demeurant à Paris, rue Sain l-Êt t'en ne , n"7.
Femme Hilaire (Rosalie Lancf.au) , âgée de 29 ans, née à Mirecourt ( Vosges ) , modiste , demeurant à Mirecourt, avec son mari , fri re de Jean-Claude Hilaire.
Arrêtés tous deux, le 28 juillet, dans la maison boulevart du Temple,
Hilaire a déclaré que sa beile-sœur venait d'arriver à Paris; qu'il était allé avec vl.e cl son fuie pour voir la revue; qu'ils passaient sur le houlevart du Tttnpic au moment où l'explosion cul lieu; qu'ils étaient en fa a: de 1;» m.iis'm où ils furent arrêtés; que la femme Hilaire, effrayée, se pivcipiln dans une
allée; qu'il la suivit pour ne pas la laisser seule, et que bientôt, la maison ayant été cernée , ils ne purent sortir.
La femme Hilaire a fait une déclaration semblable ; elle a dit qu'elle s'était réfugiée dans l'allée de cette maison, croyant que c'était de la rue qu'on avait tiré.
Aucun autre fait n'étant à la charge du sieur Hilaire et de sa belle - soeur, ils ont été mis en liberté.
Duvallet (François-Louis), âgé de 25 ans, né à Paris, ciseleur, demeurant à Paris, rue de Berry, n* 18, au Marais.
Arrêté le 28 juillet.
Suivant la déclaration de Duvallet, son arrestation a eu lieu près du Jardin Turc, quelque temps après l'attentat; il a ajouté qu'ayant entendu dire qu'on avait tiré sur le Roi , H avait craint qu'il ne fût arrivé quelque accident, et élait sorti de chez lui pour aller trouver son père, qui fait partie de la 1" légion de la garde nationale de Paris; que s'y rendant, il se trouva au milieu de gardes nationaux qui emportaient un homme blessé, et fut arrêté.
Des certificats constatant la bonne conduite du nommé Duvallet, et attestant que son père fait, comme il l'a dit, le service dans la garde nationale, ont été joints aux pièces.
Aucun procès-verbal ne constate les causes et le lieu de l'arrestation <1« Duvallet; aucune charge n'a été produite contre lui : il a été mis en liberté.
EOTT ( Guillaume), âgé de 32 ans, né à Schlarst (Saxe ) , cordonniw, demeurant à Paris, rue de la Cordonnerie , n' 6".
Arrêté rue de Bondy , derrière l'Ambigu.
II resutte d'un rapport de chef de ronde, que Zoti était pale et déconcerté au moment de son arrestation.
Zolt , qui parle à peine français, a dit qu'après l'explosion il retournait chez lui , lorsqu'il fut arrêté.
Une perquisition a été faite à son domicile ; elle n'a rien produit.
Confronté avec l'agent de police Lefèvre, qui ïe premier était entre dans la maison de Fieschi, Zott n'a point été' reconnu pour s'être trouvé dans cette
II a été mis en liberté.
Dbdia.vb Dupoujet ( Jean -Baptiste -Théodore), âgé de 37 ans, né à Clermont ( Puy-de-Dôme), démettront à Paris, rue du Faubourg-Sain '- Denis, n' 123.
Arrêté le 28 juillet, il a déclaré avoir été, peu de temps après l'attentat, sur le boule vart près du Château-d'Eau; comme il insistait pour traverser le boule vart, les gardes nationaux le mirent au poste, d'où il fut conduit à la préfecture de police.
Aucune charge n'ayant été indiquée contre lui, il a été mis en liberté.
Calméml ( Napoléon ) , âgé île 28 ans, ne à Bourncville ( Seine-Inférieure), imprimeur, demeurant à Paris, rue Grcnétaf, n' 50 bis.
LANGER ( Adrien), âgé de 41 ans, né à Manneville ( Eure ), lithographe , demeurant à Paris, rue de t Échiquier, n*31.
Ces deux ouvriers ont été arrêtés le 28 juillet , sur le boulevart du Temple , au moment de l'attentat et près de la maison où ii a été commis.
L'instruction n'ayant indiqué aucune charge contre eux, ils ont été mis en liberté immédiatement,
Billet (Victor), âgé de 30 ans, né à Fon tenon ( Jura), distillateur, demeurant à Paris, rue Mouffetard, n* 214.
Billet a déclaré qu'H avait été arrêté le 28 juillet, à trois heures après i , sur le boulevart, en face du poste du Cliâteau-cTEau, parce que les gard«* nationaux lui ayant dit de se reUrer, il ne le fit pas assez vite à leur gré. Aucun
Notices. 44
procès- verbal, aucune déposition ne constate les motifs de son arrestation; il n'existe à cet égard que sa déclaration.
Aucun fait à la charge de Billet n'ayant été produit, il a été mis en liberté.
MoaiN ( Adolphe-Fleuris-Louis-Benoît ) , âgé de 34 art», né à Précis ( Oise), passementier, demeurant à Paris , rue du VieuX'Marché-Saint-Martin , n*
Le 28 juillet, Adolphe Morin se trouvait sur le bouïevart du Temple au moment de l'explosion de la machine dirigée sur la personne du Roi. H avait cherché un refuge au café Barfety , où il a été arrêté. Aucune charge ne «étant élevée contre lui, il a été mis en liberté.
Faure ( Isidore ) , âgé de 37 ans, né à Sens (Yonne ), serrurier, demeurant à Paris , rue de Charenton , n' 41.
II a déclaré avoir été arrêté sur le bouïevart après l'attentat. Le matin , h* était allé déjeuner à la Courtille avec un sieur Protat, Ayant entendu dire qu'on avait tiré sur le Roi , il voulut voir si cela était vrai ; Protat et lui vinrent sur le bouïevart : s'étant approchés d'un groupe de monde , ils virent qu'on portait sur un brancard un homme blessé; Protat ayant été arrêté, Faure voulut le réclamer et fut arrêté lui-même.
Le sieur Gillet , coutelier et capitaine d'une compagnie de la garde nationale de Paris, a déclaré, dans un certificat joint aux pièces, que Faure travaille pour lui depuis huit ans, qu'il fait le service de fa garde nationale, et s'est trouvé dans les rangs toutes les fois qu'il y a eu nécessité de défendre l'ordre.
Aucune charge n'ayant d'ailleurs été indiquée contre Faure, il a été mis en liberté.
LBMARIÉ ( André), âgé de 40 ans , fabricant il 'étuis de lunettes, né à Parts , y demeurant , rite du Faubourg-Saint-Martin , n' 483.
A été arrêté le 28 juillet dernier, sur le bouïevart du Temple , par plusieurs
gardes nationaux. Interrogé par le juge d'instruction sur les faits motivant sa présence sur ces lieux, il a répondu qu'il y était venu pour voir le cortège. Ce fait paraissan t vraisemblable , il a été mis sur-le-champ en liberté.
lu
Canteau ( Jean-Baptiste- Alfred ) , âgé de 30 ans, ne â Paris, émailleur en bijoux, demeurant à Paris , rue Saint-Sauveur, ri> 12.
H a été arrêté le 29 juillet dernier, boulevart du Temple, n* 50, au moment où il venait y demander un nommé Robert, arrêté h veille. Conduit à la préfecture de police, il a été interrogé le même jour. H a été depuis remis en liberté, aucune charge ne s étant élevée contre lui.
VANCAMPENHOUD (Jean-Baptiste), âgé de 24 ans, né en Belgique, ébéniste, demeurant à Paris, rue de Charonne, n* 23.
Ha été arrêté sur le boulevart du Temple, le 28 juillet, a midi, près le café Permet, un instant après l'explosion.
Il est résulté de l'instruction que , le jour de son arrestation , Vanccrmpenhoud était de garde à la mairie du 8* arrondissement ; qu'H obtint , vers onze heures, la permission daller sur le boulevart pour y voir la revue; qu'à cet effet il avait laissé au poste le fourniment ordinaire confié aux gardes nationaux non habillés , et que le hasard l'amena dans l'endroit où il a été arrêté.
II a été mis en liberté.
Mullot (Jean-Baptiste), âgé de 26 ans, né à Lans (Pas-de-Calais), garçon boulanger, demeurant â Paris, rue du Faubourg-Montmartre, chez M. Vandrevel.
A été arrêté le 28 juillet dernier, boulevart du Temple, au-dessus du Chiteau-cTEau , comme prévenu d'avoir insulté un garde municipal. Interroge sur ce fait, il a répondu qu'étant sur le boulevart, deux bourgeois, sans le vouloir, lui ont donné un coup de pied; qu'aussitôt il leur a dit : Fontik leur embarras! Sur ce propos, il fut arrête. II n existe au dossier aucun
rapport, aucun procès-verbal constatant les insultes dont il s'agit; en conséquence Mullot a été mis en liberté.
Paris (André ) , âgé de 49 ans, né à Landrtcies {Nord), demeurant ohex M. Frison, maitre*lailleur, rue Saint-Honoré , tr* 364.
II a déclaré avoir été arrêté , entre midi et une heure, sur le boulevart Saint- Martin, en face le corps de garde du Chateau-d'Eau.
On ne retrouve dans ie dossier concernant cet individu aucune pièce qui constate son arrestation et en fasse connaître le motif.
Réclamé par le maître-ouvrier chez qui il travaillait, il a été mis en liberté.
Dorst (Philippe), âgé de 28 ans, ne' à Parts, cordonnier, demeurant à Paris, rue des Fossés-du-Temple , n*J6.
U a été arrêté un quart-d'heure après l'événement, dans (a rue même où il a son domicile, comme se trouvant rapproché de Fieschi, qui cherchait à fuir par cette rue; mais il a été mis en liberté sur une lettre signée de plusieurs de ses voisins, qui attestaient qu'il était entièrement étranger à l'attentat qui venait de se commettre.
Mitelle (Charles-Louis-François), âgé de 25 ans, né à Issigny-le-Grand (Aisne), marchand chapelier, demeurant à Flavy-lc-Martel , même département, demeurant à Paris, hôtel de Normandie , pris le Temple, au coin de la rue du Puits.
Arrivé à Paris le 24 juillet pour y (aire des achats de chapellerie, a été arrêté le 28. II se trouvait sur le boulevart du Temple, près le n* 50, au moment de févénement.
Des renseignements semblaient annoncer que cet individu était allé à la revue ayant dans ses poches deux paquets de cartouches; mais cette circonstance n'a pas été établie : on n'a rien trouvé en la possession de Mitelle au moment de son arrestation , et personne n'a vu sur lui ou chez lui les cartouches dont il s'agit
Mi telle passe pour ne s'occuper que de son commerce. Des certificats honorables joints aux pièces éloignent de lui toute présomption de complicité daus. l'attentat do 58 juillet.
Il a été mis eu liberté.
DoMVAL (Adolphe-Eugène) , âgé de 19 ans, né à Sarreguemincs, brossicr, demeurant à Paris , rue Vieille-du-Temple , n* 79.
Arrêté le 28 juillet, il a déclaré qu'il avah été arrêté i rentrée (Tune rue adjacente au bouïevart du Temple, près la maison du Cadran-Bleu. Aucun procès-verbal n'indique le lieu ni le motif de son arrestation. II a dit que le cheval d'un garde municipal f avait heurté plusieurs fois en faisant ranger le» curieux; que, sans le vouloir, il avait touché de sa canne le cheval de ce militaire; que celui-ci, croyant que Donval lavait frappé à dessein, s'avança sur lui en le menaçant ; qu'au même moment des gardes nationaux l'arrêtèrent.
Un certificat attestant que Donval est un jeune homme tranquille et rangé a été joint au dossier. Aucune charge n'étant d'ailleurs indiquée contre lui, il a été mis en liberté.
ROBERT (Ànselme-Joseph-Isidore), âgé de 29 ans, né à Paris, musicien, demeurant à Paris , rue du Faubourg-Saint-Martin , n' 90;
Robert ( Jean-Charlemagne ) , son frère, âgé de 23 ans, aussi né à Paris, répétiteur, demeurant à Paris , rue des Deux-Portes-Saint- Sauveur, n" 32.
Leur mère demeure dans la maison bouïevart du Temple , n° 50 , au premier, sur le devant : ils vont dîner chez elle tous les jours.
Jean Robert a été arrêté le premier, dans l'après-midi du 28 juillet, en vertu d'un mandat d'amener.
Une paire de pistolets, qu'il a dit provenir de son père, a été saisie dans sa chambre. Ces pistolets n'étaient pas chargés.
Le sieur Jean Robert a été rédamé par le sieur Chalamct , chez lequel il est employé.
Un mandat d'amener, en date du 29 juillet, fut décerné contre Anselme Robert.
Ayant à rendre compte de remploi de son temps dans ia journée du 2 8 jûillet, Anselme Robert a dit qu'il faisait partie d'une compagnie de la 5" légion de la garde nationale et qu'il était à la revue, ce qu'a certifié le capitaine commandant de sa compagnie, en ajoutant qu'il s'était toujours fait remarquer par sa régularité dans le service de la garde nationale et son zèle dans toute* les prises d'armes.
Les deux frères Robert ont été mis en liberté.
ROUSSIT, (François), âgé de 44 ans, cardcnr de matelas, demeurant à Paris, rue Jcan-Pain-Mollet, n" g. .
Le sieur Roussel a été atteint, au moment de l'explosion , par une balle qui ricocha et le Wcssa à îa téte. Il était alors placé sur le boulevartdw Temple, audessous de la maison n° 50. Il avait paru d'abord difficile à croire que cet homme eût été blessé sur le boulevart à l'endroit qu'il indiquait : des soupçons de même nature que ceux qui s'étaient élevés contre Baraton avaient donc motivé un commencement de poursuites.
Roussel, conduit à lHôtel-de-Vffle, a été réclamé par des habitans de son quartier.
L'instruction n'a produit aucune charge contre lui, ou plutôt, elle a établi qu'il n'avait été que victime de l'attentat du 28 juillet.
Vicomte de Bauky (Thibault-Marie-Eugène), âgé de 32 ans, ancien ojficier de la maison civile de Charles X, demeurant à Paris, place Vendôw, n* 19.
Sur des renseignements parvenus â Fautorité, un commissaire de police se transporta, le 1" août dernier, pour faire une perquisition, au domicile du vicomte de Bauny, ancien officier de la maison civile du roi Charles X. Le vicomte de Bauny déclara qu'il était prêt à obtempérer à la mesure dont H était l'objet, disant, quant au crime qui occupait si vivement l'opinion publique, qu'il n'était aucun honnête homme qui eût pu y prendre part, et que, s'il en avait eu connaissance, il aurait été le premier à en prévenir l'autorité.
On saisit parmi ses papiers diverses lettres ayant trait à la politique, et no ta m ment une lettre datée de Prague, le 27 mail835, signée Léopold Lotmel, qui lui ouvrait un crédit de 50,000 francs chez MM. dEicthal, banquiers à
Paris, et on état des sommes payées par lui au journal la France, et montant 144,065 fr.
Interrogé deux fois par le juge d'instruction, le vicomte de Bauny a déclaré qu'il avait (ait plusieurs voyages à Prague, mais tous étrangers à la politique. H * dit que le crédit dont il a été parlé n avait d'autre emploi que de soutenir le journal Ut France, et qu'il ne croyait pas pouvoir ni devoir nommer les personnes qui le lui avaient ouvert II a renouvelé ce qu'il avait dit au commissaire de police relativement à l'attentat du 98 juillet.
Aucune charge ne s élevant contre lui, il n'y avait pas d'autre suite à donner à l'information.
Baronne de Gerdy (Cornéîie-Antonine de Granot), âgée de 20 ans, demeurant à Paris, rue Saint-Lazare, n' 40.
Madame la baronne de Gerdy avait été signalée comme s occupant habituellement d'intrigues politiques et dans l'intérêt de l'ancienne dynastie. On a prétendu que, le 28 juillet dernier, elle avait, à diverses reprises, envoyé sur le boulevart un domestique, afin de savoir ce qui s'y passait. On a pensé dès-lors qu'elle avait pu, d'une manière indirecte, avoir quelque connaissance de ce qui devait arriver.
L'instruction a fait connaître que la dame de Gerdy était en correspondance avec les personnes qui approchent Charles X et avec madame la du- • chesse de Berryj toutefois elle n'établit contre elle aucune charge.
Quant à fenvoi sur le boulevart d'un domestique pour avoir connaissance des événements, il a été constaté que madame de Gerdy a un oncle capitaine dans la garde nationale (2* légion ); qu'apprenant l'assassinat de plusieurs gardes nationaux, cette dame avait, par un sentiment fort naturel, envoyé sur les lieux pour s'enquérir du nom et des qualités des victimes.
Un pareil fait n'était pas de nature à provoquer des poursuites judiciaires.
BERNIER (Pierre-François), âgé de 37 an», né à Ossouville (Eure-et-Loir) t prêtre, demeurant à Paris, rue de Varennes, »*<£?.
Une lettre anonyme a été adressée à M. Crignon de Montigny, député du Loiret, qui l'a transmise à M. le préfet de police. Cette lettre faisait connaître que M, l'abbé Bermer, précepteur des enfants de M. Sostkènes de la Rochefoucault, avait écrit, le 25 juillet dernier, à madame Du Cayla, qui voyage en
Allemagne, que tout était disposé pour l'intronisation de Henri V, «t qu« cette dame avait cent à M. Bernier que tout allait bien, que tout était préparé. Une instruction a été requise par M. le procureur-général. Une perquisition a été faite au domicile du sieur Bernier et n'a produit aucun résultat.
L'abbé Bernier, interrogé par M. le Président de la Cour, a déclare qu'il ignorait entièrement ce dont il s'agissait; qu'il n'avait pas écrit depuis longtemps à Mrac Du Cayta; qu'il ne lui écrivait que deux ou trois ibis dans Tannée, à l'occasion de sa féte et du jour de l'an, et qu'il lui adressait toujours ses lettres par la poste, à son véritable nom, et non sous ceux de Baron , Berton, Bourdon, ainsi qu'on le prétendait; qu'enfin il n'avait jamais exprimé dans ses lettres l'espoir d'un changement quelconque qui eût rapport à la politique.
II ne résulte pas en effet de l'instruction que l'abbé Bernier connût, en aucune fcçpn, l'attentat qui se préparait pour le 28 juillet, ni qu'il ait exprimé le désir d'une révolution en faveur du duc de Bordeaux,
L'abbé Bernier n'a pas été arrêté,
On avait annoncé que, pendant les jours qui ont précédé l'attentat d* 28 juillet les habitants de Sillé-Ie-Guillaume , département de la Sarthe, avaient remarqué un mouvement inaccoutumé parmi les personnes connues par leurs sentiments en faveur de l'ancienne dynastie, et que les anciens chouans se montraient plus fréquemment dans les rues; quon avait aussi remarqué qu'un sieur Dubard, intendant de madame la duchesse d Lsts, était venu le 28 juillet à Sillé, voyage extraordinaire dans cette saison, et quenarrivont H avait écrit un billet au vicomte de Breze et l'aurait envoyé par un exprès.
L'instruction faiteà Silfé n'a pas constaté qu'il y eût eu vers le 28 juillet, de mouvements extraordinaires parmi les habitants de ce pays et des environs II en est résulté que M. Dubard était en effet venu a Sille-le- Guillaume, mais que c'était pour voir les propriétés de la duchesse d Uzes, des affaires de laquelle il était chargé; qu'il avait écrit à M. de Breze pour le orévenir de son arrivée et lui demander un rendez-vous, mais qu ils ne s étaient pas vus- que d'ailleurs M. Dttbard n'avait vu que la famille d'un sieur Mar. Uncau homme d'affaires de la duchesse d'Uzès, et qu'il avait visité les propriétés
fcVCC lui
Un seul témoin, le sieur Bachelier, notoire à SiHé, a déclaré qu'un individu étranger au pays, sur l'observation faite par un habitant que les fêtes de juillet seraient brillnntrs à Parb, dit, en passant près du groupe d où par. taient ces paroles : « Elles ne seront pas aussi belles que vous le pense* . .
Le motif du voyage de M. Dubmrd ayant été parfaitement éclaire. , il ny avait lieu à aucune poursuite,
- Une commission rogatoire avait ^té «dressée au ju^fe <fro*truct on du Ma** pour faire une perquisition au cbfttcaude Sillé, mais f instruction n'ayant justifié aucun des documents transmis y ii a cru devoir s Abstenir de faire cette perquisition.
ScilURR (Auguste), âgé de 21 ans, né à Damhach (Bas-BJiin) , commis rajjineur, demeurant à Paris, rue de la Roquette , n*7&,
Schurr avait élu' signalé coirirae ayant tenu des propos sur le nommé Gérard , présume l'auteur de l'attentat du 28. Cet individu avait annoncé connaître Gérard, mshs ne vouloir pas en convenir, de peur d'attirer sur lui l'attention de l'autorité.
Frappé d'un mandat d'amener , le nommé Auguste Schurr a nié les propos qui lui étaient attribués. D'ailleurs , la.découvertedu véritable nom de l'inculpé principal a fait tomber le peu d'importance que méritaient ces propos.
Schurr a été mis en liberté.
Le carnet de Fieschi portait les noms et les adresses de la nommée Adèle et du sieur Ney. Un commissaire de police fut délégué pour prendre des renseignements sur ces individus; ces recherches n'ont rien produit, et n'ont donné lieu à aucune arrestation.
PEYEN (Auguste), âge de 38 ans, ne à Gonesse (Seine-et-Oise) , serrurier en bâtiments, demeurant, à Paris, rue de Bondy , n° 76.
Peyen avait été signalé au moment de l'attentat comme f un de ceux sur lesquels les soupçons pouvaient se porter, et comme faisant partie d'une bande de fanatiques qui , dtaait-on , devaient tirer sur le Roi le jour de la revue. Les antécédents et les opinions connues de Peyen étaient de nature à fortifier les soupçons élevés à son égard; il avait été commissaire de la société des Droits de l'homme, et l'un des chefs delasociétéde» Communautistes. En juillet 1S31, il avait été arrêté comme prévenu de complot contre la sûreté de ILtat.
A la date du 28 juillet dernier, un mandai fut décerné contre Peyen, Noticm. ' 45
par M. le préfet de police , i l'effet de ae transporter chez lui et d'y foire exacte perquisition, Cette perquisition n'a produit aucun résultat.
Peyen a été interrogé le 29 juillet. Aucun feit ne le rattachant au crime du 28, il a été mis en liberté.
VlVlMS (Louis-Théodore), âgé de 28' ans, fié à Paris (Seine), armurier, demeurant à Paris, rue des Vinaigriers, n* 29.-
Viuinis a été signalé comme ayant facilité la vente faite à Ficscki des canons de fusil de la machine infernale, et comme ayant eu connaissance de l'usage qui devait être fait de ces canons.
En conséquence, cet individu a été arrêté; une perquisition a été faite à son domicile , mais sans résultat.
Vivinis s'est entièrement disculpé; il a dit que s'il avait indiqué le sieur Dury comme étant celui qui devait avoir vendu les canons de fusil de la machine, c'était parce que ce marchand était connu pour acheter et revendre de vieux fusils et de vieilles armes.
En conséquence il n'a pas été donné d'autre suite à l'instruction commencée contre lui.
Bravaro (Toussaint-Jean-Jacques), âgé de 23 ans cl demi, né à Crislonr, (Puy-dc-Déme) , étudiant en médecine, demeurant à Paris, rue des Boucheries-Saint-Germain, n" 40.
Dravard avait été signalé comme s'occupant habituellement d'intrigues politiques. Déjà il avait été inculpé à raison de l'attentat du 19 novembre 1832 , et ses liaisons habituelles donnaient à penser qu'il pouvait bien n'être pas étranger à l'attentat du 28 juillet.
Bravard fut arrêté le 1" août; une perquisition fut faite à son domicile, elle n'a produit aucun résultat, et l'interrogatoire subi par cet individu Ta complètement disculpé.
11 a été mis en liberté le 2 août.
Tard (Honoré -Victor -Marcelin), directeur privilégie du Théâtre du Panthéon} demeurant à Paris, rue de Harlay, n* S.
Tard avait été signalé comme ayant des rapports avec les auteurs du crime commis le 28 juillet.
Une perquisition a été immédiatement effectuée à son domicile. Elle a été sans résultat.
Aucune charge ne s élevant , Tard n'a point été arrêté.
Femme Allabd (Catherine-Michel), âgée de 40 ans, née à Lenoneourt (Mrurthe), garde de femmes en couches, demeurant rue du Faubourg- Saint-Denis, n° 18.
Arrêtée à son domicile le 29 juillet, en vertu d'un mandat d'amener, comme pouvant avoir connaissance du complot tramé contre la personne du Roi.
Lue perquisition fut fuite chez elle au moment même de son arrestation. On y a trouvé différents papiers ayant rapport à la politique, mais étrangers à l'attentat du 28 juillet.
Cette femme a déclaré être restée près d'une femme en couches pendant la journée du 28 juillet, et n'être rentrée chez elle que le soir. Cette déclaration est appuyée d'un certificat de médecin, qui atteste que la femme Allant a gardé la dame Barbédienne, en couches depuis le 1 5 juillet.
La femme Allant a été mise en liberté.
Dugrosprê (Pierre-Eugène), âgé de 25 ans, né à Beauvais (Oise), ciseleur, demeurant à Paris, rue Sainte-Avoie, n' 40.
Dugrospréa été arrêté le 29 juillet. Cette arrestation fat accompagnée d'une visite domiciliaire sans* résultat. Cet homme était signalé comme chef de là section de f Abolition de la propriété, dans la société des Droits de l'homme; et de plus comme un des partisans les plus dangereux des opinions démagogiques. II avait, dit-on, cherché à réorganiser les associations secrètes, et se se-
rait, au mois de novembre 183^, exercé au tir du pistolet, dans le but de mettre à exécution l'exécrable projet d'attenter aux jours du Roi.
Dugrospré avait été condamné à trois mois de prison pour cris séditieux , le 30 mai 1824 ; on assurait qu'il s'était donné beaucoup de mouvement, afin d'embaucher des ,témoins à décharge pour le procès d'avril; qu'il devait luimême dans ce sens servir les intérêts de l'accusé Gmnger, et qu'il aurait conçu le projet d'incendier , lorsqu'ils étaient en construction , les bâtiments édifiés au Luxembourg pour le jugement de ce procès.
II est établi par les renseignements recueillis que Dugrospré était, le 28 juillet, au moment de l'explosion , sur le boulevart Saint-Martin, au-devant de la mairie du 5* arrondissement, en la compagnie de Ckenalle et de Lagrange, qui paraissent avoir appartenu à la société des Droits de l'homme.
Mais Dugrospré n'étant rattaché par aucun indice à l'attentat imputé à Ficschi, il a été remis en liberté.
Lacombe (Pierre-Joseph -Daniel), âgé de 28 ans, né à Niort (Drux- Sèvres ) , relieur, demeurant à Paris , cloître Saint-Méty, n* 12.
Lacombe, membre de la société de Droits de f homme , avait été arrêté trois fois. /
D'abord le 28 juillet 1833, pour complot; puis à quelque temps de là, pour la même cause : cette fois il avait été traduit aux assises et acquitté.
Arrêté de nouveau, le 18 avril 1834, comme prévenu d'avoir pris part aux événements d'avril, il fut renvoyé des poursuites , par ordonnance du conseil des mises en liberté delà Cour des Pairs, le 25 octobre 1834.
C'est par ces antécédents que Lacombe a été signalé à la justice. Le 29 juillet, il a été arrêté. Une perquisition a été faite à son domicile; mais celte opération n'a été suivie d'aucun résultat.
Lacombe a rendu compte, dans son interrogatoire, de l'emploi de son lemps pendant la journée du 26 juillet dernier. II avoue s'être trouvé ce jour* fa sur le boulevart du Temple; mais il prétend qu'il n'y a été qu'après Tévénement.
Aucune circonstance ne le rattachant à l'attentat de ce jour, H a été remis en liberté.
Lecœur ( Pierre-Louis- Alphonse), âgé de 25 ans, né à Saint-Denis (Seine), ébéniste, demeurant à Paris, rue Beaubourg, n* 12.
Lecœur, signalé comme ayant fait partie delà société des Droits de l'homme, fut aperçu, fe 28 juillet dernier, par des inspecteurs de la police municipale, sur les boulevarts de Paris, où il se promenait avec des soldats de la garnison
Lecœur a été, dès ce jour même, recherché et arrêté; une perquisition a été faite à son domicile; mais cette opération a été sans résultat Dans son interrogatoire , Lecœur est convenu de sa présence, au moment de l'attentat , sur le boulevart , à la hauteur de la porte Saint-Martin.
Aucune charge ne s'élevant contre cet homme, il a été remis en liberté.
Martinault (Étienne), âgé de 37 ans, homme de lettres, detneurant
Déjà plusieurs fois arrêté, comme prévenu de complots et d'intrigues politiques, le sieur Martinault avait été arrêté le 29 juillet, sur mandat de M. le préfet de police. Aucune charge ne s'élevant contre lui à raison de l'attentat, il fut mis en liberté quelques jours après ; mais bientôt on apprit qu'il avait passé une partie de la journée du 28 juillet avec Boireau, et Buireau lui-même en est convenu. Un nouveau mandat fut alors délivré contre lui ; de nouvelles recherches ont été laites pour le remettre sous la main de la justice, mais aussitôt après sa mise eu liberté, Martinault avait quitté son domicile, et depuis il a été impossible de le retrouver.
MoRlEN court ( Josepli-Placide ) , Agé de 22 ans, ne àSaint-Omer (Pastic- Calais ) , menuisier en bâtiments, demeurant à Paris, rue de Bondy, n" 70.
Moriencourtz été arrêté, le 30 juillet dernier, en vertu d'un mandat daroener dun de MM. les juges d'Instruction , mandat dont l'exécution a été accompagnée d'une perquisition faite à son domicile. Moriencourt a fait partie
de la société des Droits Je l'homme; il avait été déjà arrêté cinq fois pour voies de fait, rébellion ou complot.
Morieticourt a justifié de son éloignement du lieu du crime pendant la journée du 28 juillet dernier. Aucun fait ne le rattachant aux auteurs de l'attentat de ce jour, il a été remis en liberté.
Roger ( Alexis-Auguste), Agé de 30 ans, commis marchand sans emploi, demeurant à Paris, ouai de la Tournelle, n° 4J.
Roger se présenta, le 80 juillet dernier, boutevart du Temple, n* 50, devant M. Zangiacomi, juge d'instruction , pour lui donner, disait-H , des renseignements sur {'attentat du 28 juillet. II offrit de mettre la justice sur les traces de l'auteur du crime , et déclara que le sieur Ferton , ex-rédacteur du journal la Glaneuse, de Lyon, était le chef d'une société secrète qui tenait sis * séances en plein vent dans le clos Saint-Lazare, deux fois par semaine; il ajouta que cet individu pourrait bien n'être pas étranger à l'événement ; mais il ne donna pas d'autres détails. II promit seulement de prendre des renseignements , ce qu'il n'a pas fait.
Roger a été suivi par un agent de police pendant la journée du 30 juillet. Il fit ce jour- là de nombreuses démarches , accosta divers individus, entra dans différents cafés et restaurants; mais l'instruction n'a pojnt fait connaître le Lut qu'il se proposait en faisant ces démarches.
Dlclos (Charles), Age de 33 ans, né à Paris, marbrier, demeurant
rue Beautreillis, n* 20.
Tkemplibb (Bernard-Léon), Age de 23 ans, né à Mâcon (Sadne-et-Loive), commis voyageur, demeurant à Paris , boulevart du Temple, n* 9.
Macnan (Hubert), Agé de 19 ans, né à Paris, ouvrier horloger, demeurant à Paris, boulevart du Temple, n' 9.
Une lettre anonyme, en date du 30 juillet dernier, a signalé un jeune homme, habitant une maison du boulevart du Temple, portant le n* 9, comme ayant une connaissance complète de l'accusé et de sa machine infernale. Cette
noie n'a point fait connaître le nom de ce jeune homme, et n'a donné aucune indication pour le découvrir.
Quelques renseignements obtenus sur la localité ont Sut penser que cet avis concernait un nommé Charles Duclcs, marbrier, travaillant dans la susdite maison.
Les réponses de cet homme, les bons renseignements obtenus sur son compte, les perquisitions faites à son domicile, ont démontré bientôt l'erreur dont il venait d'être l'objet.
De nouvelles recherches ont dû être laites dans cette maison; la tenue d'un nommé Hubert Magnan, Fidentilé de son signalement avec le signalement d'un homme qu'un sieur I^efèvre, sergent de ville, prétend avoir vu sorti», quelques instants avant Fieschi, du logement où était établie la machine infernale, ont provoqué quelques recherches dans la chambre de Magnait. Ces perquisitions ont amené la saisie d'un pistolet de poche, arme prohibée. Magnan a été bientôt après représenté au témoin Le/ivre; celui-ci ne l'a point reconnu.
Magnan a déclaré n'avoir aucune relation avec Fieschi, et n'avoir eu aucune connaissance anticipée de l'événement du 28 juillet.
Un sieur Tremplier a été appelé aussi à s'expliquer sur la note anonyme dont il a été parlé, et il a été reconnu qu'il n'y avait pas lieû de donner plus de suite à cette information.
LaZARIGE (Jean -Baptiste), âgé de .35 ans, né à Saint- Élienne -en -Foret ( Loire), serrurier, demeurant à Paris, rue du Figuier-Saint-Paul, n° 15.
Un document qui semblait devoir mériter quelque confiance annonçait qu'un nommé Lafranee, membre de la société des Droits de fhomrae, et capitaine des légions révolutionnaires, mais dont la demeure n'a pu être, indiquée, avait convoqué le nommé Lazarige pour se trouver, le 28 juillet 1835, sur les boulevarts, et y soutenir au besoin la cause de Ta république. La même note annonçait que Lazarige, à son tour, avait convoqué, pour la même cause, le nommé Tipriant, demeurant rue du Itoi-de-Siciîe , n° 17, et que ces deux hommes avaient eu une rixe avec des gardes nationaux chez le marchand de vin, rue Saint- Antoine, n° 147, par suite de discussions politiques.
Le marchand de vin a été entendu ; il a déclaré qu'il ne connaissait personne du nom de Lazarige ou Tipriant, et qu'H ne se rappellait pas qu'il y eût eu chez lui de querelle pour opinions politiques.
On a du s'occuper de faire des perquisitions chez Lazarige et Tipriant,
( ne )
afin de s assumer « Ton y trouverait des lettres de convocation invitant à se rendre sur les boulevarts.
II en a été fait une ehez Lazarige; elle n'a produit aucun résultat.
II n'a pu être fait perquisition chez Tipriant, qui est iuconnu à l'adresse indiquée, et qui n'a point été découvert.
Lazarige a été interrogé; il a nié avoir reçu audune convocation. Il a été Gonstaté qu?i! était allé plusieurs fois, dans la matinée du 98 juillet , avec son tablier de travail, chez le marchand de vin de la rue des Nonandières, où 4 était resté toute Taprès-niidi avec sa femme et d'autres ouvriers.
Lazarige a dit ne connaître personne du nom de Tipriant.
Lazarige entendu, sous mandat de comparution, a été laissé en liberté.
Favre (Louis-Ferdinand-Maurice), dit Beauvais, âgé de ,f$ ans, ne à Bcauvais, ancien militaire, demeurant à Paris, rue du Faubourg-Montmartre, «• 66.
Le maire de la commune de Montmartre écrivit le l*r août 1 835, à M. le préfét , une lettre par laquelle il lui annonçait qu'une dame Manteau , marchande de vin, chaussée de Clignanxourt , lui avait déclaré qu'un individu qu'elle n'avait pas nommé avait dit chez elle, postérieurement au 28 juillet , qu'il connaissait Gérant, qu'il avait tiré au sort avec lui pour faire partir h machine, et s'était accusé d être son complice. Une instruction a été faite potir connaître cet individu : on a découvert que c'était un nommé Favre.
L'instruction a appris que ce Favre passait dans son quartier pour un homme d'une fort mauvaise conduite; que depuis trois ou quatre ans il fréquentait le cabaret de la dame Manteau , et qu'à l'époque des événements de juin 1832 et avril 1834, il disait dans le cabaret de cette femme qu'H y avait <lej réunions dans une chambre, à Saint-Ouen, pour conspirer, et qu'il faisait partie de ces réunions; qu'il parlait habituellement du Roi d'une manière inconvenante, et lui donnait des épithetes injurieuses, au point qu'il se Gt renvoyer de plusieurs maisons où il était reçu, et se fit plusieurs querelles à ce sujet; qu'il était ordinairement porteur d'un poignard.
Le 2fr juillet , Favre alla comme de coutume chez la dame Manteau : il paraissait plus triste qu'à l'ordinaire ; il fit une partie de cartes , et après l'avoir finie, il se retira près d'un jeu de boules, en disant qu'il avait assez joué, qu'il n'avait pas la tète au jeu , et se mit à pleurer. II dit ensuite devant ta dame Manteau et plusieurs autres personnes, qu'il était un homme perdu , qu'avant trois jours il serait arrêté, qu'il connaissait Girard, ajoutante On •a tiré au sort, et c'est ce malheureux Gérard qui est tombé. < Il * écriait,
en «'arrachant le* cheveux : « Faut -il que je me sois mêle d'une pareille affaire! » et ajoutait ensuite, en s'adrcssant à la dame Manteau: « Si je suis arrêté, il fout « que vous empêchiez un malheur. On a miné des caves rues de Rivoli et Saint- « Honoré; on y a mis des barils de poudre pour faire sauter tout ce quarticr-Ià. »
Le lendemain 30 juillet, il répéta les mêmes propos, et se disait à luimême: » Ce malheureux Girard n'est pas mort; je pourrais bien être com- « promis. »
Sandrtt, garçon de b dame Manteau , a déclaré avoir entendu Favre dire , le 20 ou{e 30 juHfet, qu'il était compromis dans Fat tentât du 28 juillet, et s'exprimer à peu près en ces termes : « C'est bien malheureux que ce gueux-là ne « soit pas mort ! Dans son délire il m'a nommé , H m'a compromis. Je suis bien u malheureux de mètre mêlé de cela ! » En s'en allant , Favre prit la main de Sandre t et lui dit : « Adieu, nous ne nous verrons plus, car je serai arrêté ce « soir ou demain. »
Favre fut arrêté, et en même temps on fit une perquisition chez lui; on y saisit :
1° Un testament par lequel il lègue au Roi un poignard, en ajoutant : • car, depuis deux ans je n'ai pu le lui enfoncer dans le cœur; c'est pourquoi je « me donne la mort, par rage de n'avoir pas réussi?.. » II annonce ensuite dans la même pièce, qu'il avait le projet de poignarder les Princes; qu'il avait communiqué ce projet à sa société, qui, d'une voix unanime l'avait adopté.
Sur ce même testament on lit ces mots écrits après coup au crayon : « J étais prêt « à la mort, quand j'ai appris que mes amis carlistes-républicains m'ont dit que le « 2 8 juillet, que l'infâme Vretf ou Virey, cocher de la reine, soit exécuté. • Et sur la marge du même testament est écrit :« Un gouvernement où les magistrats sont « des sots de laisser des êtres exaltes comme jetais, sans le sou , de la rage et
« vengeance, quand on se moque de la vie ; oui , les affaires de juin sont à
« moi et les suites. Favre. »
2" Une noté de ce qu'il doit.
A la suite de cette note sont écrits au crayon les termes suivants : « Papa « Raillard, si je plaisante sur la vie, comme vous le voyez, c'est que je serai « vengé souspeu, la suite vous prouvera que, si l'on manque une fois, on manque u rarement deux; j'ai donné de trop bons détails pour l'exécution. »
3* Une lettre préparée pour M. le comte Jules de la Rochefoucauld signée L. Favre , sans date, et dans laquelle il est dit : Que, sans les bontés de son
■ père, il l'aurait descendu à Neuilly, il y a peu de jours : que des malheurs vont
■ bientôt arriver à la famille de l'infime Philippe ; que s'il avait été reçu par le « comte de la Rochefoucault, d ne lui aurait pas nommé les conjurés, mais auo rait pu lui parler des plans. •
4* Une autre lettre à son frère, dans laquelle Favre annonce : « Qu'il se
■ donne la mort de rage de n'avoir pas exécuté un plan qu'il désire que son frère
Notices. 4û
« ne connaisse pas; qu'A vaut mieux mourir parle charbon que sur Téchafaud; « il l'engage à ne jamais se mêler de politique; • 5e Enfin , une malle pleine de charbon.
Tous ces écrits coïncidant avec les déclarations des témoins , il a été nécessaire de turc des recherches plus exactes sur la conduite du sieur Favre.
Dans' le premier moment, Favre a nié les propos qui lui sont imputés par les témoins; il a déclaré qu'il était possible qu'il eût dit que Girard n'était pas mort, mais qu'il n'avait pas dit qu'il était personnellement compromis; que s'il avait dit qu'il était un homme perdu , c'était parce qu'il pariait d'une femme qu'il avait aimée , et disait que, s'il la rencontrait, il était un homme perdu, parce qu'elle périrait de sa main.
Un témoin , le sieur Dclamotle, marchand d'eau-de-vie , rue du Faubourg- Montmartre, a déclaré que, quelque temps après la tentative commise contre la vie du Roi sur la route deNeuilly, il avait entendu Favre dire que celui de la société si qui le sort était tombé était un lâche ; que si le sort F eût désigné, il ne l'aurait certainement pas manque. Mais il a ajouté que Favre n'avait pas dit positivement qu'il fût de cette société. Un autre témoin , le sieur Lejevre, portier, rue du Faubourg-Montmartre, n° 76, a déclaré que Favre avait dit, après l'événement de la route de Neuilly , que l'on avait manqué le Roi ; mais que, si c'eût été lui , il ne l'aurait ]>as manqué avec son poignard.
D'autres témoins du quartier qu'habitait Favre ont dit des dépositions desquelles il résulte que cet homme est querelleur et d'une assez mauvaise conduite; mais rien dans ces dépositions ne conduisait à fa découverte de relations avec Fieschi ou avec ses complices.
Cependant Favre, dans un second interrogatoire qu'il subit le 25 août dit que , dans les premiers jours de juillet , il était allé chez M. le duc de Frias, à l'ambassade d'Espagne, pour des enrôlements, et qu'en sortant il avait été accosté par un jeune homme de 27 ou 28 ans, qui l'avait appelé par son nom et était entré en conversation avec lui ; qu'il l'avait conduit du côté du bois de Boulogne , et qu'ayant appris qu'il voulait s'engager pour l'Espagne, • il fui avait dit qu'il avait tort, parce qu'avant tin mois il se passerait des événements dans lesquels on aurait besoin de lui ; que ce jeune homme lui demanda son adresse , parut satisfait qu'il n'y eût pas de portier dans la maison que Favre habitait, et lui donna 7 francs; que, le 8 juillet, ce même jeune homme vint le voir et lui dit que quelque chose allait se passer le jour de la revue, sans entrer dans aucun détail; qutf était fâché de ne l'avoir pas connu plus tôt, qu'on aurait pensé à lui ; que, le 1 0 du même mois, ce même jeune homme revint, qu'il lui donna un rendez-vous et l'aboucha avec deux autres personnes; Favre. ajouta que le jour de la revue il y avait conduit une djine Gaillet , et qu'étant sur le boulevart Montmartre avec elle, il avait été rencontré par le même jeune homme , qui lui avait serré la main d'un air de satisfaction, et que dix minutes après il avait entendu dire qu'on avait tiré
sur le Roi. Que le lendemain le jeune homme e ta h venu chez lui, et lui avait dit qu'on allait voir s'il avait du coeur; qu'il fallait louer une boutique dans une rue où la voiture du Roi passait souvent; qu'ils étaient allés à cet effet dans la rue du Faubourg-du-Roule; que, plus tard, H avait vu ce même jeune homme av ec ceux auxquels il avait donné rendez-vous précédemment ; qu'ils avaient parlé de quintaux de poudre, et qu'il avait pensé qu'il s'agissait de faire sauter le Roi; que, chaque fois qu'il le voyait, ce jeune homme lui donnait de l'argent.
Favre a déclaré que la lettre adressée au comte de la Rockefoucault avait été préparée pour lui être envoyée le 1 1 juillet , si fe jeune homme dont il parlait, et qui lui avait promis de venir le 10, ne tenait pas sa promesse, parce qu'alors H te serait asphixié ; il a dit qu'il avait eu en effet l'idée de tirer sur le comte de la Roche joucault , parce qu'il lui avait fait refuser sa porte en le traitant de canaille.
Un témoin, le sieur Perrier, marchand de vin, a fait connaître que Favre avait eu des relations avec un sieur de Boulhj, en 1 832 , époque à laquelle il se disait chargé d'embauchages pour la Hollande.
Deux détenus de la Conciergerie, !es nommés Savger et Guc'rin, mainte» nant condamnes tous deux , ont déclaré que Favre leur avait dit que quarante^ .deux personnes, du nombre desquelles il était, avaient formé un complot contre la vie du Roi , et que ces personnes venaient chez lui pour prendre le mot d'ordre, parce qu'il était leur chef; mais Favre a nié avoir tenu ces propos.
On n'a pu découvrir ni le jeune homme , ni les autres individus désignés par Favre; rien d'ailleurs n'est venu confirmer les récits fort peu vraisemblables qui viennnent d'être rapportés.
Fieschi, confronté avec Favre, a déclaré ne pas le connaître.
Différents renseignements font connaître qu'il existe un grand affaiblisse* ment dans l'intelligence de Favre.
En conséquence, H n'a été donné aucune autre suite à cette information, et Favre a été mis en liberté. v
M ABIDORT (Marcel), âgé de 24 ans et demi, né à Rouen (Seinc-Inferieurej, horloger, demeurant à Paris, rue Saint-Germain-l 'Auxerrois, n° 22.
Le sieur Maridort a été signalé comme faisant partie d'une société ayant pour but l'assassinat du Roi.
Interrogé sur mandat d'amener, Maridort a nié les faits qui fui étaient im» putés. Les renseignements obtenus sur cet individu ne lui sont pas défàvo* rables; il n'habite Paris que depuis le mois d'octobre 1834 > et gagne, dit-if, comme ouvrier lampiste, de 4 à 6 francs par jour.
Maridort a été laissé en liberté.
Ru INET (Fançois-Casimir), Agé de 41 ans , né à Troycs (Aube) , inspecteur de police au ministère de l 'intérieur, demeurant à Paris, rue de G rené/le, n" 162.
Ruinet fut signalé, par un renseignement particulier, comme ayant eu connaissance du projet d'attentat exécuté le 28 juillet dernier sur la personne du Roi.
Une perquisition a été faite en sa demeure : elle n'a rien produit
Un mandat d'amener avait été décerné contre sa personne.
Ruinet a été interpellé sur ses relations avec Périnet. II avait tenu un estaminet boulevart du Temple, près le café des Mille-Colonnes.
Périnet était alors connu de lui comme un bon voisin, mais H passait dans le quartier pour républicain.
Ruinet a été mis en liberté dans les vingt-quatre heures de son arrestation.
Un comte de Chamelle, Suisse d'origine, fut signalé comme ayant dans sa chambre la caisse des carlistes, et comme étant président d'un comité carliste, dont le siège aurait été chez une dame Charles et son fils, demeurant à Vaugirard. Le même document signalait en même temps le comte de Chamelle comme s'étant trouvé sur le boulevart du Temple au moment de l'explosion , et ayant disparu le soir même.
Des recherches ont été faites pour trouver, tant le comte de Chamelk, que le domicile de la dame Charles et de son fils, mais elles sont demeurées infructueuses, et tout porte à croire que ces individus sont des êtres imaginaires.
MANQUART (François-Joseph), âgé de 28 ans , né à Paris, mécanicien, demeurant à Belleville , impasse Saint-Laurent, n* 2.
Une lettre anonyme sans date, adressée à un juge d'instruction parla poste, et portant le timbre du 4 août, avait pour objet, d'après son contenu, d«« révélations qui auraient été fort importantes si elles eussent été vraies.
A la place de la signature delà lettre est h lettré M, supposée 5.1ns doUté Hnitiale de son auteur, qui s y déclare complice et victime de f attentat dit 28 juillet.
II annonce avoir été trompe , ainsi que son frère , sur [e but auquel on devait viser avec la machine infernale, qu'on leur avait dit devoir être seulement dirigée contre les ministres et les sergents de ville, après le passage du Roi.
II ajoute qu'il en a été fabriqué une autre, qui mettrait encore la vie du Roi en danger.
Au nombre des individus désignés comme complices, était Manquart, chez lequel a été faite une perquisition qui n'a eu d'autre résultat qué la saisie ; 1° d'un pistolet avec des balles, un moule pour en faire, et de la poudre; 2° d'une caricature qui représente la liberté mise en jugement et déclarée coupable. ' - ' ; '
Manquart, interrogé le même jour, a été mis de suite en liberté.
Il a déclaré que c'était pour s'exercer au tir qu'A avait les baHes trouvées chez lui.
Avec loi étaient dénoncés les nommés :
Baraton;
Beraud, marchand papetier, rue Samt-Victor-, n° 1H;
Rimlin, colporteur de liwes, roe$aint-Jacqwe*ï n* «5; 1 , • . \
Et la demoiselle Émilie Bourgeois, dont le domicile était indiqué rue de Tournon, n° 55. Girard aurait eu des relations avec elle.
La demoiselle Bourgeois est inconnue dans la maison où son domicile était indiqué. Les recherches faites pour la trouver ont été infructueuses, ainsi que les perquisitions auxquelles il a été procédé chez les sieurs Beraud et Rimlin.
Quant au sieur Baraton,\* Cour sait que, pris d'abord. pour complice de l'attentat, H en a été au contraire la victime.
Levaillart (Victor -Edouard), âgé de 3 S ans, fabricant de produits chimiques, demeurant à Paris, rue des Gravilliers, n' 23.
Manoin, demeurant à Paris, rue du Cimetière-Saint Nicolas, n* 26.
Une lettre, adressée à M. le Préfet de police, signalait l'auteur de l'attentat du 28 juillet comme se rendant souvent chez le sieur Mangin, et allant avec
lui le soir chez un sieur Lev aillant, rue des Gravilliers, n° 23 ou 25, qui lui donnait de Tangent.
Des perquisitions ont été faites tant chez Mangin que chez Levaillant; elles ont été sans résultat.
Ni Levaillant ni Mangin n'ont été arrêtés.
Bon fils ( Jean-Baptiste-Théodore) , âgé de 26 ans, né à la Queue-en-Bri* ( Seine-et-Oise), négociant en vins, demeurant à Paris, rue des Vinaigriers, n* 19 ter.
Le nommé Bonfils avait, par ses démarches, éveillé les soupçons de f autorité. II A été établi qu'il était parti de Paris, le 28 juillet au matin, pour se rendre à la Queue-en-Brie, chez son père. Bonfils a été interrogé, et des renseignements ont été pris sur les lieux. II en résulte que, s'il s'est rendu chez son père le jour de l'attentat, il n'avait d'autre but que de se livrer, avec ses amis, au plaisir de la dusse, et qu'il n'a appris l'événement que le soir, entre dix et onze heures, lorsqu'il revint à Paris. Une perquisition a été faite au domicile du père de Bonfils; elle n'a produit aucun résultat.
Bonfils, interrogé sur mandat de comparution, n'a pas été arrêté.
BOUSQUET (Émilc), âgé de 38 ans, né à Rhodez, ancien professeur, marchand de vins, demeurant à Paris, rue de la Harpe, n' 91.
Un document, signé seulement d'initiales, signalait le sieur Bousquet comme devant être fort lié avec Fieschi, dit Gérard, et comme son complice dans l'attentat du 28 juillet.
Bousquet, entendu sur mandat de comparution, a déclaré n'avoir jamais vu Fieschi. II a dit avoir été, le 28 juillet,, après l'attentat, voir le sieur Rsnard, employé à la préfecture de police, et lui avoir dit qu'il connaissait des Gérard, de Lodève, qui avaient été compromis dans les affaires de 1 8 15, et que, s'il avait su quelque chose avant fat tentât, il se serait empressé d'en prévenir l'autorité, et aurait évité de grands malheurs.
Le sieur Renard, entendu comme témoin, a confirmé cette déclaration.
Aucun témoin à charge n'ayant été indiqué contre lui, Bousquet n'a point été arrêté.
Une note du 1 1 août dernier, adressée au procureur-général, a motivé un ordre de perquisition et un mandat d'amener contre un individu du nom de Renard, signalé comme demeurant boulevart du Temple, n° 50.
Ce nom étant inconnu au domicile indiqué, il ni pas été donné suite à cette affaire.
Fourxier (Louis), âgé de 34 ans, né à Toulon, bijoutier, demeurant à
Pari», rue Mauconseil, ** 9» j .
Une lettre, adressée à M. le Préfet de police, signala Fournier comme ayant eu des relations avec Fieschi, et comme ayant, à son domicile ou à celui de sa maîtresse, des pièces établissant ces relations.
Une perquisition a été laite dans le domicile de ces deux personnes; elle n'a produit aucune pièce à charge contre Fournier, qui a été mis en liberté.
SllVA (Daniel), âgé de 46 ans, né à Bordeaux, bijoutier, demeurant
à Paris.
Silva fut dénoncé comme ayant reçu citez lui, pendant environ un moisi te nommé Fieschi , et comme ayant travaillé mystérieusement avec lui.
Une perquisition fut faite chez Silva, elle ne produisit aucun résultat.
Arrêté en vertu de mandat d'amener, Silva fut interrogé immédiatement. H nia avoir jamais connu Fieschi; il expliqua sa conduite dTune manière satisfaisante.
Aucun témoin n'ayant d'ailleurs été indiqué, Silva a été mis en liberté.
Cambibr (Pierre-François), âgé de 40 ans, né à Paris, ébéniste, demeurant à Paris, rue Moreau, n' 12.
Gambie r avait été signalé eomme ayant dit, le 47 juillet, à sa femme: « Je n'irai pas demain à la revue, parce qu'a doit y avoir un fameux trem-
« blement de terre sur le boulevart du Temple, et je ne veux pas m'y faire casser « la tête, n II aurait, le lendemain, dit encore à sa femme : a Tu ne te rappelles « donc pas ce que je t'ai dit hier? » et aurait, au même instant, jeté son habit de garde national par la fenêtre.
Cambier a été arrêté le 17 août et mis en liberté le lendemain , fa perquisition faite à son domicile n'ayant produit aucun résultat, et Tes propos qu'on lui attribuait n'ayant pas été confirmés. U existe au dossier un certificat signé par les gardes nationaux de la compagnie dont H fak partie» et une lettre de ragent de surveillance de l'hospice des Orphelins , qui donnent sur Gambie* les renseignements les plus honorables.
Clément (Marie- Victoire Longp&é), ètfée de JS an*., née à Corbeil ( Seineet-Marne j , rentière, demeurant à Paris, rue des Filles-du- Calvaire, n'6.
Harel ( Charles-Louis), âgé de 64 ans, né à Moncontour (Côtes-du-Nortl), négociant, demeurant à Paris, rue des Fillcs-durCaivairc , n° 6.
Baland.
Un commissaire de police ayant été requis de prêter son assistance à des employés des contributions indirectes pour faire une perquisition chez la dame Clément, à l'effet d'y rechercher des marchandises prohibées, découvrit» dans un placard, une forte quantité de balles et deux petits paquets de poudre.
La dame Clément, qui avait déjà éveillé l'attention de la justice, fut interrogée : les balles et la poudre appartenaient, suivant elle, au sieur Harel, avec lequel elle demeure; elle en ignorait fa destination. Néanmoins, tout en repoussant l'inculpation d'avoir, (Tune manière plus ou moins directe , pris part à l'attentat du 28 juillet, eHe convint avoir fait partie de sociétés politiques , et notamment d'une commission de secours pour les détenus politiques; ajoutant que, depuis deux ans, elle avait donné sa démission, motivée sur les fatigues et les ennuis d'une pareille mission , qui a été nombre de fois payée d'ingratitude.
Il ne s'est élevé du reste contre la dame Clément aucune charge relative à l'attentat.
Le sieur Harel a expliqué la possession des balles et de la poudre, en disant que les balles devaient lui servir pour faire le poids d'un nouveau tourne-broche dont i! est l'inventeur. En effet, le sieur Harel, qui est membre de plusieurs sociétés savantes, est connu pour de nombreuses inventions d'économie domestique. Quant à la poudre., il a prétendu non-seulement qu'il en avait fait ¥s»gp à. l'époque du choléra, mats encore qu'il avait été
oblige de la conserver pourra propre défense, ayant eïé en butte à la jalousie des habitants de Vaugirard, où H avait établi une blanchisserie à la vapeur.
Il n'a point été donné suite à son arrestation, aucune espèce de charges ne s élevant contre lui.
Une lettre signée d'un sieur Bourdel annonçait que des témoins, dont i( donnait les adresses, avaient dit qu'une dame veuve Clément recevait depuis quelque temps beaucoup d'hommes, qui étaient souvent accompagnés par sou ftk, et. qui entraient mystérieusement ; et qu'enfin, le 29 juillet, cette dame avait quitté Paris précipitamment.
Les témoins indiqués ont été entendus , et aucun des renseignements donnés par Bourdel n'ont été confirmés. La dame veuve Clément a en effet quitté Paris le 29 juillet, mais pour aller à la campagne, et elle est revenue quelques jours après.
Lt même lettre signée Bourdel présentait comme suspecte la conduite du nommé Balund; mais ta présence de cet individu à Paris pendant les fêtes de juillet a été expliquée par la déposition du frère de Bourde/ , qui a dit que Ba- /and roulait retourner dans son pays, et qu'il l'avait retenu dans l'espoir qu'if avait de lui procurer une place dans un établissement qui était sur le point de se former; que, le 28 juillet, pendant toute la matinée, Baland était resté avec la légion de la garde nationale de la banlieue de Paris dont Baurdel frèrr,, qui demeure à La Chapelle-Saint-Denis , fait partie, et qu'en apprenant l\t;tcntat commis contre la personne du Roi, il avait dit que c'était une abomination.
Aucun mandat n'a été décerné, soit contre la dame veuve Clément, soit contre Baland.
Barthélémy (Jean -Jacques), âgé de 39 ans, né à Metz {Moselle), corroyeur, demeurant à Paris, plaee Cambrai, n* C.
Lyox (Charles), âgé de 3 S ans, fermier, né à Paris, y demeurant, rue Neuve Sainte-Genevicvc , n" /7.
LAINE (Jean- Joseph), âgé de 50 ans, menuisier, né à Paris, y demeurant, rue Mouffetavd, n* 79;
Fieschi , dans un de ses interrogatoires, désigne, comme devant être surveillés, les nommés Barthélémy, corroyeur, place Cambrai; Lyon, formier, rue Neuve Sainte-Geneviève, n* 19; Lai né , rue Moulïetard, n" 79; «pi , a-t-il dit , s'occupaient habituellement d'intrigues politiques.
Noncw. *»
Des perquisitions ont trié faites sans résultat à leur domicile. Ces individus ont été interrogés, et l'instruction n'a établi contre eux aucun fait de nature a faire penser que réellement Hs s'occupassent de politique dans des intentions criminelles ; ils ont nié connaître Fieschi, avoir jamais eu de relations avec lui, et ont déclaré qu'ils ne s'occupaient absolument que de leurs affaires personnelles.
Néanmoins , des renseignements dignes de foi ayant fait connaître qu'effectivement lé nommé Lyon s'était trouvé imMé à des intrigues politiques, et qu'il avait éveillé plusieurs fois f attention de l'autorité, on a dû prendre, en ce qui te concernait, des informations plus précises; mais il a été reconnu que , depuis quelque temps, cet individu ne se mêle d'aucune intrigue, rien n'établit qa'il fréquentât habituellement Motey, qu'il l'ait vu à l'époque du 28 juillet, ni qu'il ait eu aucune connaissance de l'attentat qui devait se commettre.
H n'a pas été donné d'autre suite à cette partie de f instruction.
ArziAS (Simon), âgé de 33 ans, né à Trcsq (Gard), Itiilleur d'habits, demeurant à Paris, rue ctAusterlitz, n" 43.
ftlfDEL (Jacques), 'âgé de 33 ans , né à ^Saint-Maurice (Puy-de-Domc), marchand de vin, demeurant barrière de Fontainebleau, route de Choisy, n'3, commune d!lvrtj.
Valet (Jacques-Louis), âgé de 49 ans, chaudronnier, né à Paris, y demeurant, rue du Jardin-du-Roi , n' 4 fi.
A uzias fut signalé comme ayant eu des rapports d'intimité avec Morey.
Une perquisition faite chez lui n'a produit aucun résultat, flatté interrogé sous mandat de comparution, et a déclaré ne connaître ni Morey ni Fieschi.
Aucune charge h'a d'ailleurs été indiquée contre lui, et aucun témoin n'a été produit.
Rudel fut signalé comme ayant été chargé de recruter pour une société' dite des Jacobins, et comme ayant dit, le 28 juillet, qu'ils étaient au nombre de 3,000 hommes, qui, tous, avaient reçu de F argent , et étaient prêts à agir au premier signal.
Une perquisition faite chez Rudel a produit seulement la saisie U'un paquet de cartouches, dont l'enveloppe sale et usée paraît 1res ancienne^ avec une bande cachetée, aussi ancienne que le reste de l'enveloppe, 'et sur laquelle est
çette inscription, : échantillon de cartouches à fusi£ existant** dans les magasins fie t arsenal de Nantes,, au nombre de 44Q,787 cartouches, au 25 prairial.
Rudel, entendu sur mandat de comparution, a déclaré n'avoir jamais tenu les propos qu'on lui impute, et n'avoir jamais entendu parler d'une société de jacobins; aucun témoin n'a été indiqué au sujet des faits qui lui étaient imputés. II a déclaré que, le 28 juillet, il était sous les armes, à la revue, avec le bataillon de la garde nationale dont il fait partie, et avec l'uniforme de sapeur, qu'il s'est fait faire depuis quelque temps, à ia sollicitation de f adjudant-major.
Quant aux cartouches, il a dit quelles avaient été données à son neveu, à la révolution de juillet, au moment où l'on s'empara de l'arsenal. »
Valet avait été signalé, ainsi qu'Auiias, comme étant ami intime de
Une perquisition a été ordonnée et exécutée chei lui : eHe n a produit aucun résultat.
Valet a été interrogé sur mandat de comparution : il a déclaré ne connaître ni Morey ni Fieschi.
Aucun témoin n'ayant été indiqué, Valet , Rudel et Auziçu n'ont point été retenus.
IlURRIER (AJcindor), qgé de 36 ans, né à Cambras (Nord), tailleu* d'habits, demeurant à Paris, rtfe de h Calandre, n' Mâ.
De Saint-Çerjsn.
Un nommé Loire- Duc hemin écrivit le 20 août 1885 que Fattentat du 2d juillet n'était que fe prélude d'une conspiration qui s'organisait à Blankengtenn, près d'Anvers, dont le chef était un sieur de Saint- Ceran, impatiemment attendu à Paris avec un autre complice nommé Magnan . Il déclarait «voir été sollicité d'entier dans cette conspiration par un nommé Aicindor Burrier, ancien cuirassier, qui se trouvait, avec lui, malade à l'hospice de fa Pitié. Loire- Dttohemin a été cité en justice et a confirmé, dans sa déposition, les énoncia lions de sa lettre, kl a indiqué comme témoin un nomme Cresson, -qui était aussi à la Pitié au moment où Burrier aurait fait à Loire- Duché min la proposition dont ce dernier a parié.
Des mandats d'amener ont été décernés contre {es nommés de Saint-Ceran et Burrier,
Burrier, entendu le 8 ce mois, « nié tous les faits allégués par Loire- Du-
Le sieur Crssson, jCtté comme témoin, a également démenti, sur tous les points, le récit qui avait motivé un commencement d'information.
( 3ôâ ) •
Le domicile du sienr de Saint-Ceran étant inconnu, il n'a pas été donné d'autre suite à cette instruction sur une dénonciation dont l'invraisemblance est frappai! le.
BA7.1N (Napoléon), garçon de cuisine, demeurant à Paris, place de COdton, chez le sieur Risbec, restaurateur.
Bazin avait été signalé comme faisant partie d'assoçiauons illicites. Une perquisition fut ordonnée à son domicile.
Cette perquisition a été sans résultat, el le mandat d'amener décerné contre Bazin n'a pas été mis à exécution.
TE19SÈDRE (Jean-Théobald), âgé de /Sans, doreur sur bois, ne à Paris, y demeurant, rue de Bercy-Saint J~an, n" //.
Un sieur Charpentier, logeur, sç présenta chez le commissaire de police du quartier du marché Saint-Jean, et lui déclara qu'un nommé Tvisr.tdre, qui avait manifesté l'intention de se tuer, avait disparu le 5 août 1835, et qu'après sa disparition, on avait trouvé entre le» draps de son lit trois baMes, dont deux mâchées.
Quelques temps après, Tcisscdrc rentra dans le même logement garni, disant qu'il venait de Rouen.
Il a été interrogé, sous mandat de comparution, sur la possession des trois balles trouvées dans son lit et sur l'objet de son voyagea Rouen.
H a dit qu'il avait trouvé les balles près le pont Louis-Philippe, qu'elles étaient enveloppées dans un morceau de papier; el qu'il les avait ramassées, croyant que c'était de l'argent; que le 6 août, il était parti dans le dessein d'aller au Havre; (ru'arrivé a Rouen, il avait cherché de l'ouvrage chez les maîtres doreurs, el que, n'en trouvant pas, il était revenu à Pans.
H a dit qu'il avait travaillé, le 38 juillet, chez le sieur Poiivt, et le 5 août, chez le siéur Gagne, avec le nommé Demaranaif.
Le sieur Poirot a été entendu. II a déclaré que Teissèdre était encore chez lui pendant les trois jours des fêtes de juillet; qu'il n'avait pas, dans cet espace de temps, quitté ses habits de travail; mais qu'il n'avait pas constamment travaillé, ne faisant qu'aller et venir.
Aucune ctarge ne «'élevant contre Tcissèdre, il n'a point été donné de suite aux informations.
Laluyé ( Pierre -Prosper), âgé de S/ ans, ne' à Versailles, artiste dramatique, demeurant à Paris, rue de la Victoire, n° 4.
Une lettre anonyme, adressée à M. fe préfet de police, signale Laluyé comme étant initié dans fes faits relatifs à Fattentat du 2 S juillet. On disait que Laluyé avait eu des rapports mystérieux avec un nommé Robert, in- " culpé, et avec le nommé Travaalt, marchand devin, habitant la même maison que Fieschi : on n'indiquait aucun témoin.
Une perquisition fut faite chez Laluyé et l'on n'y trouva rien.
ImImjc* été interrogé sur mandat de comparution; il a déclaré ne connaître personne du nom de Robert et ne jamais s'occuper de politique.
Aucune charge n'existant contre Laluyé, il n'a pas été retenu.
BREVET (Jacques- Victor), âge de 24 ans, blanchisseur , né à Boulogne {Seine), y don eu ran t.
Breuet a été reçu, le 28 juillet, sur les quatre heures, à 1 Hôtel-Dieu. I[ était sans chapeau; il avait une fièvre ardente, mais point de blessure. Dan» la nuit, il tenta de s'évader, et fut trouvé le lendemain matin caché sur le ciel de son lit.
Ces circonstances avait fait naître des soupçons contre lui; on avait pensé qu'ayant participé à l'attentat, il avait été chercher un refuge après le crime dans l'hôpital où il était découvert; mais des renseignements pris sur cet individu et la nature de sa maladie ont dissipé ce que ces soupçons avaient de spécieux. D'ailleurs, un certificat signé de personnes honorables habitant Boulogne, constate qu'en revenant delà revue elles avaient trouvé, sur la rente de Boulogne, Brenet se rendant à Paris, circonstance qui fait tomber toutes les conjectures dont il avait été l'objet, puisqu'il est établi par là qu'il n'étoit point à Paris au moment de FattcnUL H n'a été donné aucune suite au» informations.
HCRÉ {LouU-Hubcrt),o^e</e 38 an», né à Vigny (Seine-etrO'ise) , instituteur, demeurant à Paris, rue des Lombards, ri* 37.
Macny (Antoiue-Éuenne-Louis), âgé de 44 ans, né à Ville-d* Avray (Seinect~Oisc), entrepreneur de plomberie, demeurant à Paris, rue des Moineaux, n* 28.
Les nommés Huré et Magny furent signalés comme ayant eu des relations avec Fieschi à l'époque où il était connu sous le nom de Girard, et par conséquent pendant qu'il se préparait a commettre son crime.
Fieschi avait, disait-on, été vu plusieurs fois chez Ifnré> 00 y avait vu aussi le sieur Raspail, avec lequel Hure allait souvent au Jardin Turc.
Quant à Magny, on annonçait qu'il avait établi une guinguette à NeuHIy, rue des Poissonniers; mais que cette guinguette n'était qu'un prétexte, et qu'en réalité, elle n'avait pour but que de réunir une société d'individus qui conspiraient la mort du Roi, et que c'était pour cela qu'il avait choisi un local à proximité du château de Neuilly.
L'instruction n'a pas confirmé les documents indiquant que Huré avait eu des relations avec Fieschi: elle a seulement établi que Huré recevait des républicains et qu'ils faisaient des caricatures où la personne du Roi était tournée en dérision.
Une perquisition faite chez Huré a produit seulement ia saisie «Tune carabine do calibre, modèle de guerre, et d'un fusil d'infanterie qui, d'après le dire de Huré lui-même et de sa femme, avait été réclamé par le tambour de la compagnie de la garde nationale par laquelle ce fusil lui avait été délivré.
L'instruction a l'égard de Magny n'a pas non plus confirmé qu'il fût en relation avec Fieschi. La dame Pommier, portière de lu maison où Magny a demeuré, a été confrontée avec Fieschi et a déclaré ne l'avoir jamais vu. Il résulte aussi des dépositions de témoins que les réunions qui avaient lieu a ton cabaret n'avaient rien de politique.
Toutefois, deux témoins, la femme Pommier et \c nommé Barreau, boucher à Courbevoie, ont déclaré que, le lendemain des événements du mois d'avril 1834, Barreau ayant dit, en parlant des événements qui avaient eu lieu à Paris ia veille : « Ces brigands de républicains ne nous laisseront donc • pas tranquilles ? » Magny lui avait répondu avec colère : - Ce ne sont pas des p brigands, ce sont d'honnêtes gens, j'en suis un. • Et qu'il aurait ensuit» ajouté : • Si on avait bien fait, on aurait mis le feu aux quatre coins de Paris, « vous auriez été obligée de revenir et nous vous aurions coupé les reins par » derrière. »
Une perquisition faite chez Magny n'a produit aucun résultai; il a été* interrogé* et a nië les propos que Barreau et la femme Pommier ont rapportés ; fl a même dit qu'il était loin de professer de pareils sentiments, qu'il faisait rui-même partie delà garde nationale, et qu'il était venu à Paris dans ses rangs pour combattre l'émeute ; que s'il n'y était pas allé en avril 1884, c'était parce qu'il se trouvait alors malade.
Le «ieur Ij: franc, capitaine de 1a compagnie de sapeurs-pompiers de Neuilly, a déclaré que Magny avait fait partie de cette compagnie, et qu'il avait été plusieurs fois avec clic, lorsqu'elle avait pris les armes contre les émeutes. À ignore pour que! trmùf Magny n'y est point allé en avril.
L'instruction n'ayant révélé, soit contre Hure , soit contre Magny, aucune charge tendant à établir une participation dansîaltentat du 28 juillet, Magny a été mis en liberté. Tlurr' n'avait point même été arrêté; il s'était présenté volontairement pour être interrogé.
OuVE (Jean-François* Augustin ), âgé de. 30 ans, né àBeaucamp4e~Vieux (Somme), brocanteur, demeurant à Paris, rue de la Harpe, n* 54.
Le 27 août dernier, un sieur Pardigon se présenta devant le commissaire J<police du quartier du Luxembourg, et lui déclara qu'une fdle Hélène, qui avait servi chez une dame Corée, rue de la Harpe, n° 5 4, avait dit à sa femme qu'Olive fréquentait souvent la dame Corée, à laquelle il avait dit qu'il avait inventé un pistolet à huit coups, et que s'il possédait 10,000 francs, il en fabriquerait un à trente coups; qu'd irait dans sou -pays, du côté d'Amiens, pour se procurer cette somme. La fille Hélène aurait ajouté que, quelques jours après, Olive était en effet parti pour son pays. Une autre fois, toujours suivant U même déclaration, cette fille aurait entendu dire au sieur Olive qu'il était allé sur le boulevart du Temple pour y louer une chambre; qu'il n'en avait pas trouvé de favorable, mais qu'il en avait une en vue, sur le même, boulevart, près du Jardin Turc; que lorsqu'il aurait loué celte chambre, il y établirait ce pistolet à trente coups; que personne n'y pénétrerait, parce qu'il fallait qu'il fût toujours seul, «que personne n'eût connaissance de ce qu'il faisait.
Une perquisition faite chez Olive a produit la saisie d'un assez grand nombre de lettres insignifiantes, de quelques brochures républicaines -qu'Olive a déclaré ne pas lui appartenir, et lui avoir été laissées par des locataires, lorsqu'il tenait un hôtel garni; d'un fusil de chasse et de débris de mauvais pistolets; d'un canon de fusil, d'un sabre ancien modelé, et enfin d'un modèle en bois de pistolet se chargeant par fa culasse, de l'invention d'Olive, ainsi que d'une assez grande quantité de morceaux de sureau vidés, et paraissant destinés à faire des modèles de pistolet se chargeant parla culasse. 1
Le sieur Pardigon a été entendu de nouveau comme témoin ; il n'a pu «tonner l'adresse actuelle de la fille Hélène, qui n'est plus au service de la dame Corée ; mais il a indiqué comme témoin un ancien portier de la maison où demeurait Olive. Ce portier a déclaré qu'il avait entendu Olive parler d'une arme à trente coups dont il était inventeur, et dire que c'était une arme de guerre; il a ajouté qu'Olive avait écrit à un banquier pour avoir des fonds, afin de mettre cette arme à exécution , mais il n'a jamais entendu dire qu' Olive fût cherché, un logement sur le boulevart du Temple.
La dame Corée a déclaré qu'Olive ne lui a jamais prié d'un pistolet à plusieurs coups, et que seulement il lui a dit qu'il désirait trouver des personnes qui lui fournissent de (argent pour exécuter des améliorations dans les armes, et qu'il voulait prendre un brevet d'invention.
Olive a soutenu qu'il n'avait pas inventé d'autre arme que le pistolet dont le modèle a été saisi citez lui; il a déclaré avoir cherché des capitalistes qui voulussent s'associer avec lui pour exécuter ce pistolet.
Un document de police est venu confirmer les déclarations d'Olive. II résulterait de ce document que cet homme, qui a fait de mauvaises affaires dans son commerce, a inventé un moyen de charger plus promptement une arme à feu; qu'il a écrit à Liège et à Saint- Etienne pour faire part de son invention, et qu'H a lait insérer une annonce à ce sujet dans [Indicateur Par sien.
Olive a été mis en liberté.
Oelord, professeur, demeurant à Paris, rue Quincampoix, n* tS.
Freyssikkt, traiteur, demeurant à Paris, rue Quincampoix, n' 77.
LETAMG, ouvrier ferblantier, demeurant à Paris, rue Quincampoix, n' 04.
PlTARD, cordonnier en chambre, demeurant à Paris, rue Quincampoix, n' 36.
Raverdy, maître serrurier, demeurant à Paris, rue QuincamjH>ix,n* Cf.
Un document transmis à M. le Procureur général signalait les nommés Dm lord, Letang, Pitard et Raverdy, comme se réunissant fréquemment, le soir à dix heures, chez Freyseinet, quelque temps avant l'attentat, et passant yne grande partie de la nuit a s'occuper d'affaires politiques. Ce document annonçait que Boireau faisait partie de ces réunions.
Des perquisitions ont été ordonnées chez ces individus; elles ont eu lieu fheu Freyssinet, Letang, Pitard et Raverdy, mais il n'a pas pu en être fait
chez Delord, dont r adresse était mal indiquée. Ces perquisitions n'ont produit aucun résultat.
Depuis, Delord lui-même a indiqué son adresse et a déposé un certificat signe par un député de la Dordogne, et constatant sa moralité.
De nouveaux documents, favorables à la conduite de Delord, Freyssinet, Jjetang, Pitard et Raverdy, ayant été transmis par la préfecture de police, les poursuites n'ont pas été continuées.
Boves( Charles- Antoine), âgé de €0 ans, né à Gargeuville (Seine-et-Oisé) scieur de pierres, demeurant à Sablonville {Seine).
BOVES ( Louis-Joseph ), âgé de 25 ans, né à Gusier^Seine-et-Oise), marchand de vins, marbrier, demeurant à Sablonville (Seine).
Les nommés Boves, père et fils, avaient été signalés comme pouvant avoir des rapports avec les auteurs de l'attentat
L'instruction n'ayant cependant rien fait connaître qui les rattachât aux auteurs du crime du 28 juillet , Boves père et fils ont été mis en liberté.
BoNOTlt, cordonnier, demeurant à Paris, rue des Fossés-Sain t-Mareel ,
SYMEDART, cordonnier, demeurant à Paris, rue Mouffc tard, n' 937.
Tous deux avaient été signalés comme ayant dit, quelque temps avant le 28 juillet, que Louis-Philippe allait la danser, et que, bon gré malgré, on allait lui faire faire le saut périlleux.
On disait que Bonnin avait réuni chez lui une douzaine de personnes pour se concerter sur les moyens à prendre pour arriver plus promptement à leurs fins.
Symedart avait été vu, disait-on , pendant quelques jours, avant le 2 8 juillet, allant et venant sur le boufevart du Temple.
Des perquisitions ont été faites, tant chez Bonnin que chez Symedart. Ce» perquisitions n'ont produit aucun résultat.
Aucun témoin n'ayant été indiqué et aucun fait n'étant établi à la charge de Bonnin et de Symedart, les mandats d'amener qui avaient été joints aux man dats de perquisition n'ont point été exécutés.
Notices. " 48
Callon (John), demeurant à Paris, rue Saint- Antoine, n* 455.
On avait signale le sieur Callon comme se mêlant <f intrigues poDtîques et nctant point étranger à l'évasion des détenus de Sainte-Pélagie.
Une perquisition eut lieu au logement dudit sieur Callon, en présence des deux demoiselles Laura et Élisa Callon, ses filles adoptîves. I! n'a été trouvé aucun papier se référant, soh à l'évasion des détenus à Sainte-Pélagie, soil à l'attentat du Î8 juillet.
Cette maison avait été signalée comme renfermant des valeurs importantes appartenant à un parti politique; il n'a été trouvé qu'une somme de 300 francs.
Les demoiselles Callon ont attribue à un sentiment de vengeance (a dénonciation dont leur père a été l'objet , et, à l'appui de leur conjecture, elles ont remis au juge d'instruction une lettre anonyme contenant des menaces récemment adressées à Tune dettes.
Interpellées sur le fieu de la retraite de leur père, les demoiselles Callon ont déclaré qu'il était en Belgique. Sommées de produire leur correspondance avec lui, elles ont prétendu avoir l'habitude de brûler les lettres qu'elles recevaient.
En l'absence de tout fait se rat tac liant au crime du 28 juHïet, il n'y avait aucune suite a donner àfo dénonciation.
Tamiet (Étienne), lampiste, àgê de 35 ans, né à Lyon (Rhdne), demeurant à Paris, rue des Fosse s-du-Tcmple, n* 43.
Étienne Tamiet avait été signalé comme ayant des rapports avec Fiesthi èt comme ayant été impliqué dan» les événements d'avril 1834.
Une perquisition a été laite à son domicile sans résultat. Quant au prévenu, dans son interrogatoire, il a prétendu n'avoir jamais connu Fieschi,et s'il a été traduit devant la cour d'assises, les poursuites se sont terminées par sou acquittement. ,
Par suite de ces explications, Tamiet a été mis en liberté.
Azum (Alexandre), perruquier, âgé de Jôans, ne' à Saint-Paul (Hautes' Pyrénées), demeurant à Paris, rue de la Roquette , n' JO,
A été signalé comme l'un des complices de l'attentat du 2 8 juillet.
Il se serait chargé, disait-on, de fournir, la veille de l'événement, delà pou dre, des balles et la mitraille nécessaire pour f exécution du crime.
Ces bits ont été démentis par rinatpuotion : Azum, arrêté le 5 septembre, a été interrogé le même jour et raïs immédiatement en liberté.
Noirpoudre (Paul-François), mécanicien, âgé de 30 ans, né à Saint- Gcrmain-en-Laue {Scine-et-Oise), demeurant à Paris, rue Saint- Christophe, n* /6.
Un renseignement portant la date du 31 juillet 1835, annonçait qu'un individu, disant se nommer Gérard, avait proposé au sieur Beaudouin , mécanicien, il y a environ deux uns, delà part d'un carliste, de lui construire une machine semblable à celle qui a éclaté le 28 juillet ; qu'il lui avait montré beau» coup d'or; ce Gérard était sigiialé comme ayant demeuré chez un sieur Jrandon , sous le nom de Noirpoudre,
Beaudouin et Jeandon ont été entendus. Le premier a dit qû'un nommé "Gérard vint en effet , il y a environ deux ans, fut demander le plan d'une machine infernale, disant qu'il l'exécuterait lui-même; qu'il lui offrit de l'or, et dit qu'il avait douze ou quinze cents francs sur lui , et que , s'il en fallait davantage , il saurait le trouver. Beaudouin ajouta que ce même homme, pour vaincre ses refus, lui avait dit qu'il avait été dans l'affaire de la rue des Prouvaires, et qu'il savait que déjà Beaudouin avait reçu de semblables propositions du parti carliste; qu'alors, sur le conseil que lui donna Jeandon, qui l'avait vu causer avec cet homme, il avait écrit au Préfet de police.
Jeandon a déclaré qu'il avait eu pour locataire en 1830, jusqu'au comcomtnencement de 1 83 1 , un nommé Noirpoudre qui était républicain ; que, ]>eu de jours après le coup de pistolet tiré contre le Roi sur le Pont-Royal, il avait rencontré cet homme au moment où il sortait d'un estaminet, et lui avait parié; que Beaudouin lui ayant demandé s'il le connaissait, sur sa réponse affirmative, Beaudoitin lui dit que cet individu venait de lui demander de lui (aire une certaine quantité de fusils à vent et d'autres machines, et qu'il lui avait dit •e nommer Gérard.
II a été constaté que le nommé Noirpoudre, auquel se rapportaient ces déclarations , était à Paris dès avant la révolution de 1830, tandis que Fiescki riy est arrivé qu'après cette époque ; ce qui a détruit le soupçon que Noirpoudre pouvait n'être autre que Fieschi.
On a toutefois fait rechercher Noirpoudre; son domicile a été découvert, et le 7 septembre, une perquisition a été faite chez lui : elle n'a rien produit. Noirpoudre a été arrêté et interrogé; il a nié avoir fait à Bcaudouin les propositions dont on l'accuse. II a été mis en liberté, aucun fait ne paraissant le rattacher à l'attentat.
DEFREY (François-Joseph), fabricant de pianos, âgé de 65 ans, né à Colmar (Haut -Rhin), demeurant à Paris, VieiUe-rue-du-Temple , n" Si.
Defrey avait été signalé comme pouvant n'être pas étranger au complot du 28 juillet dernier.
Une perquisition a été faite à son domicile et suivie de l'arrestation de l'inculpé.'
L'instruction a établi que Defrey ne se mêlait d'aucune intrigue politique , et qu'il consacrait son temps à des œuvres de bienfaisance et de charité. II a donc été remis en liberté.
RADIGUET (Jacques-Charles), marchand de mécaniques , âgé de 49 ans , né à Saint-Quentin-du-Chardonnet ( Ortie ) , demeurant à Paris, rue des Anglaises , n' 20.
Une lettre de M. le Préfet de police, du 19 août 1 835 , donna avis à M. le Procureur général qu'on signalait Radiguct comme étant intimement lié avec Fieschi.
Une perquisition fut faite chez Radiguct ; elle ne produisit d'autre résultat que la saisie de deux pistolets de calibre, un fusil de calibre avec sa baïonnette et une bouteille de poudre de chasse.
Ratlignet a été appelé par mandat de comparution; il a dit que Fieschi acheta chez lui un métier de tisserand, il y a environ deux ans et demi, et qu'il acheta ensuite différents objets pour servir à ce métier; il a ajouté qu'il avait vu Fieschi pour la dernière fois il y a environ un an , lorsqu'il quitta le quartier du Jardin-des-Plantes.
Radiguct a déclaré qu'il avait depuis longtemps les pistolets et ic fusil de calibre saisis chez lut.
II n'y avait pas d'autre suite à donner à cette partie de l'instruction.
PlBRAGGl (Jacques-Pierre), ag^'</c 49 ans , né à Cortc (Corse), officier démissionnaire , demeurant à Paris, rue Louis-lc-Grand, n" JJ.
Un renseignement transmis à la commission d'instruction signalait le sieur Pieraggi, né en Corse, comme ayant des relations avec Fieschi.
Aucun indice résultant de la procédure n'est venu confirmer ce renseignement.
. Une perquisition a été faite au domicile du sieur Pieraggi: elle n'a procuré la découverte d'aucun objet pouvant se rattacher à la politique.
Cet individu n'a pas été arrêté.
BOXODET (Éticnne), mécanicien, âgé de 29 ans, né à Rochefort (Charente-Inférieure. ) ,demeurant à Lyon , rue Saint-Dominique ;
Chabeat (Jean), bijoutier, âgé de 21 ans, né à Lyon (Rhône ), demeurant à Paris, rue Montmartre, n' 5 ;
Montagnon, bottier, demeurant à Lyon , rue Saint-Joseph, n* /.
Une lettre de M. ïePréfetde police, en date du 6 août 1835, annonçait que M. le Préfet du Rhône avait été averti que Chabert, ouvrier horloger ou bijoutier, avait écrit à Bonodct , à Lyon, une lettre en chiffres, annonçant que le coup tenté sur le Roi avait malheureusement manqtté; que plus tard on prendrait la revanche; que lui-même H faisait partie d'une association à laquelle appartenait Girard; qu'ils étaient 80 et qu'Us s'étaient engagés à se succéder, jusqu'à ce que tous les membres de fa famille royale eussent péri.
Le même document annonçait aussi que, le 20 mai 1835, Chabert et un nommé Montagnon, avaient écrit au même Bonodct: «Nos héros se « couvrent de gloire : Louis-Philippe et tous ses brigands de Pairs sont rn- « foncés; du courage, de la patience et de la prudence : l'heure approche <lc u venger les infortunées victimes d'avril. »
Pendant qu'on cherchait à Paris le nommé Chabert, dont le domicile n'était pas indique, on faisait une perquisition, k Lyon, d'abord chez Bonodct , et ensuite chez Montagnon. Aucune pièce qui annonçât une correspondance
quelconque avec Chabert ne fut trouvée chez eux. Us ont soutenu n'avoir pas reçu de lettre de Chabert, pendant son séjour à Paris.
La demeure de Chabert, à Paris, ayant été découverte, une perquisition fut faite chez lui: on n'y trouva qu'une lettre insignifiante qui ne lui est même pas adressée.
Iï nia avoir jamais écrit à Bonodct, et déclara être entièrement étranger à l'attentat.
Aucun témoin n'ayant pu être indiqué, Chabert a été mis en liberté.
Perrin (AJpbonse-Jules-françois), âgé de 23 ans, né à Ponuin (Ain) , étudiant en médecine, demeurant à Lyon.
Perrin quitta Lyon en 1834 pour se rendre à Paris, afin d'y subir ses examens de droit; pendant son séjour à Paris, il vit quelquefois les sieurs Bichal et Saint-Oycn, et le nommé Chabert, dont il vient d'être question dans ïa notice précédente.
Perrin arriva à Lyon après l'événement du 38 juillet, et on apprit qu'il avait quitte Paris le 28 juillet même, dans l'après-midi; il fut arrêté à Lyon. Des recherches ont été faites sur sa conduite à Paris; l'instruction a établi que, depuis le mois de janvier 1835, il avait pris des leçons d'un sieur Perrard, avocat, pour le baccalauréat ès-lettres, et que, pendant ce temps, il avait tenu tene conduite régulière; que pou de temps avant ies fêtes de juillet, il avait passé son examéh, et que, depuis ce moment, il était décide a quitter Paris; qu'il n'avait enfin retardé son départ jusqu'au 38 que pour attendre un ami qui devait retourner à Lyon avec lui.
Aucun indice ne résulte d'ailleurs contre lui de l'instruction.
Patey (Adolphe), ancien militaire, demeurant à Rouen.
Une lettre adressée de Rouen, annonçait qu'un sieur Patey, désigné comme président de la Société des Droits de l'homme de cette viUe, en était parti le 24 juillet 1835, pour se rendre à Paris, et était revenu à Rouen le 38 au matin ; qu'après l'attentat , cette démarche de Patey, avait paru suspecte ; qu'il avait été arrêté et avait dit s'être rendu à Paris pour traiter d\m cabinet d\uTàires, avec un sieur Poigny,
Pûégnyxêté entendu; 3 a dit que Patey, qui est le beau-frère de son gendre, s'était rendu à Paris dans le courant de juillet 1835, non pour traiter dun cabinet dat&ires , mais parce que son beau-frère lui avait écrit de venir régîer des aflàlres d'intérêt privé.
H n'y avait aucune suite à donner à cette partie de l'instruction.
Mixgels (Pierre-Joseph), âgé de 38 ans, se disant militaire an set-vice de ht Belgique, ne à Saint- Nicolas, province des Deux-Flandre» ( Belgique).
Mingels se présenta, dan» fa nuit du 30 au 31 juihet dernier, au poste de la garde nationale de Péronne (département de la Somme) , pour demander qu'on lui fit ouvrir la porte de la ville, disant que, n'ayant pas d'argent pour payer sa place à la diligence etaHer plus loin, i! voulait gagner Lille à pied. II fut arrêté comme vagabond et retenu comme tel, faute de papiers. II se (lisait militaire an service de la Belgique. Il déclara qu'il était arrivé à Paris le 13 ou le 1 4 juillet; qu'il s'était occupé à faire des achats de marchandises pour la maison de commerce que, disait-il, sa femme tient à Gand. II indiqua plusieurs négociants chez lesquels il disait avoir fait des achats à Paris. Il déclara en outre qu'il était allé àMeaux pour y voir un ami; que là, il avait été arrêté quoique porteur de son congé, et n'avait été mis en liberté que le 26 juillet; qu'il était ensuite retourné à Paris, et avait quitté cette dernière ville le 20 du même mois de juillet. • '
Comme Mingels ne rendait pas compte de remploi de sa journée du 28 juillet, et que d'ailleurs on avait remarqué des érosions à l'intérieur de ses mains et uue autre au bras gauche, on pensiit qu'il pouvait être un des individus qu'on présumait avoir été avec Ficschi dans sa chambre, le 28, an moment de l'explosion , et s'être évadés au moyen de la corde dont Fieschi s'est lui-même servi pour descendre dans la cour de la maison voisine. Il Alt, en conséquence, arrêté à Péronne et envoyé à Paris.
L'instruction a fait connaître que Mingels s'était effectivement présenté ù Paris chez plusieurs négociants auxquels il avait acheté des marchandises, en se recommandant de son père, marchand à Malines, mais que ces marchandises ne lui avaient point été livrées, parce qu'on ne le connaissait pas, et qu'il ne pouvait ni payer comptant, ni donner des garanties.
U a été constaté, par la déclaration d'un témoin, que, dès le 20 juillet, Mingels avait aux mains les érosions qui ont été remarquées plus tard à Péronne. II disait alors s'être blessé à Meaux , dans une prison où on l'avait dé posé.
Les renseignements pris à Meaux ont justifié cette déclaration. Mmgel* avait été arrêté dans cette ville faute de papiers ; on avait écrit pour avoir des renseignements sur sa personne, mais cet homme, dont l'esprit est dérangé, impatiente de ce que les réponses n'arrivaient pas assez tôt, chercha à s'évader au moyen d'une corde à puits, et se fît alors les blessures qui, plus tard, motivèrent son arrestation à Péronne et son transfèrement à Paris.
Les renseignements reçus de Gand et de Malines constatent que Mingefs est frappé d'aliénation mentale. II a été mis en liberté et a dû être renvoyé en Belgique, avec itinéraire obligé sur sa feuille de route.
Usse (Jean-Joseph- Arsène), âgé de 42 ani, né à Aurillqc {Cantal), membre du conseil municipal d'Aurillac, y demeurant.
II a été signalé comme ayant eu connaissance, avant le 28 juillet, de l'attentat contre la vie du Roi. De plus, il aurait dit à un sieur Lapeyre, pharmacien a Aurillac : « Je vous donnerai cinquante louis si vous me (ailes con- « naître un secret constitutifd'un poison qui opère son effet étant répandu surune « lettre ou des habits, » annonçant qu'il voulait en faire usage contre le Roi.
Sur lehruitdece propos, et connaissant l'exaltation des opinions républicaines du sieur Usse, le préfet du Cantal crut devoir le faire arrêter à l'instant, faire apposer les scellés sur ses papiers et l'envoyer à Paris, à la disposition de M. le Procureur général près la Cour des Pairs.
Le sieur Usse arriva à Paris la 1 0 août et fut immédiatement interrogé; il nia toute participation dans l'attentat du 28 juillet; nia également le propos qui lui était imputé, demanda à être confronté avec les témoins qui en déposaient, et prétendit que son arrestation devait être attribuée à la mésintelligence qui régnait entre lui et le préfet.
La proposition faite par le sieur Usse au sieur Lapeyre, en supposant qu'dle ait eu lieu, serait étrangère à l'attentat du 28 juillet. Cet individu ayant été réclamé par la justice ordinaire, et frappé d'un mandat d'amener de M. le juge d instruction d'AurilJac, il a été renvoyé dans cette dernière ville.
Guicnard (Eugène-Charles), âgé de 24 ans, officier de santé, ne à Nantes, demeurant à Montigné,
Les autorités judiciaires de l'arrondissement de Beaupréau, département de
Maine-et-Loire , avaient eu avis qu'un sieur Eugène Guignard, officier Je santé, connu par l'exaltation de ses opinions légitimistes, et signale comme l'un des combattants de la Penissière en 1832, était parti furtivement de Montigné pour Paris, le 20 juillet, sans passe-port, et qu'avant son départ il avait menacé un citoyen, partisan du gouvernement actuel, de se venger bientôt de lui; qu'il était ensuite revenu subitement à Montigné, et que depuis son retour il faisait habituellement une dépense plus considérable que ne le comporte Tétat de sa fortune.
Une instruction a été faite sur les lieux. A la suite d'une visite domiciliaire qui n'a produit aucun résultat, le sieur Guignard a été interrogé; divers témoins ont été entendus; il est résulté de leurs dépositions et des réponses du sieur Guignard que les menaces qu'il aurait faites à un habitant de Montigné seraient entièrement étrangères à la politique; qu'il était parti le 20 juillet de Montigné pour Nantes, et de là pour Paris, après avoir fait connaître d'avance «plusieurs personnes ses projets de voyage; qu'il avait pris un passe-port à Nantes, le 22 juillet; que ce passe-port, régulier dans la forme, avait été visé à Paris, par le préfet de police le 25 du même mois; que le sieur Guignard était à la vérité reparti de Paris pour Montigné dès le 1er août, mais qu'il avait annoncé en partant de Montigné que son absence serait de très-courte durée; enfin rien n'a constaté que depuis son retour le sieur Guignatd ait fiiit plus de dépense qu'à l'ordinaire.
Dans ces circonstances, il ne pouvait y avoir lieu à suivre contre le sieur Guignard.
MaNSY (Simon), âgé tic 30 ans, ne à Villenox (Eure), tailleur de pierres,
demeurant à Chantilly (Oise).
Le 30 juillet au soir, le nommé Mansxj était à Louvres, se rendant à Chantilly, au moment du passage de la diligence des Messageries royales. Cet homme demanda à monter dans la voiture. Il se disait blessé au bras par l'explosion de la machine infernale. Il dit, devant un voyageur, à l'aubergiste qui lui demandait ce qui se passait à Paris : ■ II s'en est fait de belles, et voilà ce « que je rapporte à mon maître (montrant son bras qu'il portait en écharpe). J'ai u été blessé devant le Jardin Turc. » Cet homme qui se disait blessé près du Jardin Turc par la machine infernale, et qui fuyait Paris, parut suspect; il fut arrêté et conduit à Paris; mais l'instruction a constaté que Mansy n'a pas été
Notices. «
llessé, qu'il a travainé à Goncsse pendant les journées des 48 et 29 juillet 1335, et que, s'il s'est dit blessé, celait par pure fanfaronnade.
11 s été mis en liberté.
DorssE-n'AtiMANON (Picrre-Marie-Dominiquc-Édouard), Agé de 24 ans, m- à Bordeaux, employé dans une compagnie d'assurances maritime* à tendres, domicilie en ladite ville.
Un nommé Edounrif Donsse, prenant le nom de d'Artnanon, et s'alfribuant sans droit le tilrc de vicomte, a demeuré, pendant le mois de juin dernier dans un logement du la maison portant sur le boulevart du Temple le n" 50, logement dont la dame Gomcz est locataire. Cet homme, aux allures s-.ispectes, arrivait d'Angleterre; il avait successivement logé dans deux mais ms garnies de lu rue du Tcrnpic et de lu rue du faubourg de ce nom. Véritable chevalier d'indnsuic, suivant l'expression d'un témoin, Edouard Doussc avait eu antérieurement quelques démêlés avec la justice comme complice d'une escroquerie , imputée ù un nommé Jacques Pelies, condamné par le U i- Luiul de police correctionnelle de la Seine en 183 f, à six mois de prison. Edouard Doussc , signalé par ses opinions légitimistes, s'était mis en rapport, p. îïl!:'.-)» son séjour sur le boulevart du Temple, avec un sieur Renaud, layeu'cr eolfi-eiier, auquel il avait aclieté une malle et donné en échange deux autres ui.uies.
Edouard Doussc, en donnant son adresse à la dame Renaud, avait déclaré ' Appeler d' Arlineourt , il avuit protendu avoir le titre de vicomte, et lorsque !«; sieur Renaud se présenta le lendemain h sa demeure pour lui livrer «a malle et recevoir l'échange proposé, Edouard Doussc n'avait pas les fonds nécessaires pour lui payer une somme de 35 francs qu'il lui devait en retour du marché. Toutefois, il ne fut pas embarrassé de trouver cette somme qu'il alb demander a une dame Xonvs, marchande de rubans, boulevart Saint-Martin, et qui lut fut comptée à la demande du fils de ectre dame. Le signalement de ce jeune homme, ses habitudes cxlrnordinaines, l'état de gêne et d'opulence dans lequel il se tronvait successivement, ses voyages sans motifs pL lisibles, son séjour dons la maison habitée par lue.udtia une époque voisine de l'événement, provoquèrent des recherches sur sa conduite. Il fnt trouvé à Chartres et arrêté; ses effets furent visités; ils contenaient deux lettres suspectes. Les personnes- de la maison qui pouvaient connaître ses habitudes, sa réputation, furent interrogées : ses liabitudes, sa réputation à Chartres étaient équivoques. Il parut utile de rechercher s'il ne faisait pas partie du complot
du 28 juillet, et s'il n'était pas notamment l'un de ceux qui ont été aperçus fuyant, dans différentes directions, au moment de l'attentat.
Dans ce but, et sur les renseignements obtenus, différentes perquisitions ont été ordonnées. L'instruction a démontré la présence d'Edouard housse à Chartres, pendant la journée du 28 juillet. Les autres mesures ont été sans résultat, quant à l'inculpation dirigée contre lui. N •
Des aflàires de commerce ont seules, s'il fout l'en croire, appelé Edouard Dousse en France; car il se prétend attaché, en qualité de témoin, à une compagnie anglaise d'assurances. Cette circonstance n'a pu être vérifiée. La source des moyens d'existence de cet homme est suspecte; il faudrait la chercher, suivant quelques renseignements confidentiels, dans son immoralité. Dans son système, Edouard Dousse se dirigeait vers Bordeaux au moment où il a été arrêté; il allait, s'il faut l'en croire, y visiter sa famille : il est vrai de dire que ses père et mère habitent cette ville.
Néanmoins, comme aucun fait n'est venu rattacher Edouard Dousse à l'événement du 23 judlet et aux auteurs de l'attentat, il a dû être remis en liberté.
Martison-Saixt-Fêiiêol ( Amédce), avocat au barreau de Brioudc.
Signalé pour l'ardeur de ses opinions républicaines, le sieur Martinon- Saint -Fe'rcol se présenta, le 27 juillet, chez la dame Cariai, marchande à Briuude, pour lui commander des cocardes, dont les couleurs devaient être disposées dans l'ordre affecté par le parti républicain (le blanc au centre). Cette commande n'a pas été exécutée ; mais la proposition faite à la dame Cariai, le 27 juillet, fit penser que Martinon-Saint-Fcre'ol avait connaissance de l'attentat qui devait être commis le 28. Cependant, une perquisition faite au domicile de cet individu n'ayant produit aucun résultat, les poursuites ne furent pas poussées plus loin.
Bei.likgbr (Henri), demeurant à Paris, chez M. Linck, mécanicien,
rue du Rocher, n' /<?.
Le 29 juillet, un portefeuille, tronvé dans les environs de Meaux, fut déposé entre les mains du maire de Charmentray. Ce portefeuille contenait
diverses lettres écrites en allemand, dont cinq non cachetées, signées par un sieur Bcllinger. Ce portefeuille paraissait appartenir à un nommé Ranke- Conradc. Cependant un individu nommé Tetterchen, arrêté faute de papiers à Briey, ayant dit qu'il avait perdu son portefeuille le 28 juillet, en allant de Paris à Meaux, ce portefeuille trouvé fut envoyé à Briey, mais H fut reconnu que ce n'était pas celui du sieur Tetterchen. On le renvoya à M. ie Procureur général près la Cour des Pairs , parce qu'une lettre du préfet de la Moselle annonçait qu'une des lettres signées Bcllinger contenait des phrases mystiques, qui, en raison de sa date (25 juillet 1835 ), pouvaient ennonoer une participation à l'attentat du 28 juillet. Les cinq lettres signées Bellingcr ont été traduites; l'une d'elles, adressée à un nommé Frédéric Kuidrim, contenait les phrases suivantes: Différents coups sont partis, mais non le Roi. Im cause est parce que je n'y étais pas. Je jette mon encrier après le phosphore pensant que c'était le Roi. Le bonnet rouge est tombé. Au premier balo-
tage la première boule sera pour moi. Bonsoir, Messieurs Mon cher
Frédéric, parce que tu as bien joué à la boule, encore quelques mots entre nous. Bcllinger parle ensuite, dans cette lettre, de son travail, pour apprendre à fond son état, et pour acquérir des connaissances utiles, de manière à pouvoir faire honneur à ses parents. Les autres lettres ne parlent que des projets de mariage formés par Bcllinger, du zèle avec lequel iJ s'occupe de travailler pour devenir un bon ouvrier; de ses projets de retourner dans son pays pour s'y établir. Celte correspondance, en un mot, anoonce un ouvrier attaché à ses travaux, et qui en fait sa seule occupation : elle détruit ainsi les doutes qu'auraient pu faire naître le mysticisme de b lettre à Frédéric.
Dans le cours de l'instruction , on apprit que, le 23 ou le 2<f avril dernier, deux individus s'étaient présentés chez le sieur Guillaume Schioerdtféger, mécanicien, rue des Trois-Bornes, n° 15, pour lui commander un obusier d'une portée de soixante à quatre-vingts pas.
Le sieur Guillaume leur ayant demandé quel usage ils voulaient en faire, ils lui répondirent que leur intention était d'établir des jeux.
Ils promirent, au surplus, de revenir le lendemain, mais le sieur Guillaume ne les a pas revus.
Confrontation a été faite des nommés Fieschi et Morcy avec le sieur Guillaume; il ne les a pas reconnus pour être les deux individus dont il Vagit.
Rien d'ailleurs ne tend à faire penser qu'on voulut faire un mauvais usage de Tanne commandée à cel armurier.
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Le sieur Valpè(re, médecin, demeurant avenue des Champs-Elysées, n° 20, trouva, dans un fossé de favenue de Ncuilly, une lettre dont l'écriture est visiblement déguisée, et Fadresse est effacée, et qui contient des offres considérables d'argent, faites à des inconnus, pour tenter un nouvel assassinat sur la personne du Roi, au moyen d'une machine composée de trois petits canons.
Cette lettre , envoyée par le sieur Vaîpêtre à M. le Ministre de l'intérieur, fut transmise à M. Je procureur général, comme pouvant se rattacher à l'attentat du 28 juillet.
Le sieur Valpêtre a été entendu; il a déclaré avoir vu l'individu qui a déposé cette lettre dans le fossé où elle a été trouvée; mais il n'a pu donner le signalement de cet homme que d'une manière si imparfaite, qu'à a été impossible de le rechercher.
Il n'y avait donc aucune suite à donner à cette lettre dont l'authenticité est peu vraisemblable.
Une lettre anonyme, sans date, fut adressée au ministre de la justice, qui fa transmit à M. le Procureur général.
Cette lettre, écrite par un Corse, signalait un individu de son pays qui avait travaillé chez le sieur Gotteri, et qui était connu sous le nom de Jattruuse.
Il a été reconnu que ces renseignements n'avaient aucunement rapport à des relations de Ficschi.
Le 10 août dernier, M. le préfet de police transmit k M. Zangiacomi, juge d'instruction, une lettre sans signature, qui avait été trouvée sur le boulevart
Cette pièce, dont l'écriture est déguisée, parle des projets criminels qui ont été rois> exécution,, le 28 juillet dernier, sur la personne du Roi.
Il a été impossible de connaître Fauteur de cet écrk.
î);;ns ! ■ nuit du 24 au 25 avril 1834 , un inconnu vinl frapper à fa po?te du sieur Boyau, ancien oflicier de gendarmerie à Privas, et lui remit une lettre anonyme , par laquelle on annonçait qu'une machine infernale de la plus limite dimension se construisait en ce moment, et était sur le point d cire achevée ; (juelle devttit servir à un bouquet de fête pour d-e barrasse r la France des tijrans qui lopprimuit.nl. On engageait le sieur Hoyau à se tenir pré: à cnlivlenir le véritable amour de la patrie.
Il paraît que, quelques jours avant le débarquement en Frnrlcc de fa duchesse de lie ni , le sieur Hoyau aurait reçu une semblable dépêche, lui annonçant que le jour n'était pas éloigné où Henri V monterait sur sort tronc.
Diverses commissions rogatoires ont été expédiées pour rechercher la source de semblables avis.
Aucun indice n'a mis sur la trace de leurs auteurs.
Le sieur Boyau s'était empressé de remettre à ses supérieurs militaires copie des deux lettres anonymes dont il vient d'être parlé.
Le 28 jurîtet dernier, la dame Lallouettc, fer hlanlière, demeurant l>milevart du Temple, u° 44 , était à la fenêtre de sa boutique, lorsqu'un instant après la détonation de la machine infernale un grand nombre de personnes pénétrèrent chez elle, et notamment trois jeunes gens, qui lui parurent armés de bâtons, d'un fus.il et de pistolets; elie alla avertir le commissaire de police, qui vint dure une perquisition, laquelle fut sans résultat. Le procèsverbal constate que l'arrière- boutique de cette dame est éclairée par une fenclre, à environ huit pieds du sol, et que les jeunes gens dont il s'agit ont pu profiter de l'absence de la dame Lallouettc pour s'évader par celte fenêtre, qui était fermée d'abord, et qu'elle trouva ouverte. -
La perquisition fit découvrir un petit calepin qni'appartenait à Tun des jeunes gens dont il s'agit; mais ce calepin n'a pu fournir à l'instruction les renseignements nécessaires pour faire connaître qui t'avait perdu. La dame Lallouettc, qui était tivs-effrayée , n'a pas assez remarqué ces- jeunes gen» pour les reconnaître, dans le cas où on aurait pu les lui représenter.
Un rapport, en date du 3 1 juillet dernier, fut connaître qu'un individu qui fiivaii p;rr h rue du Hiubourg-du-Tcmple s'arrêta un instant près de h ru.iison dune fruitière, même rue, n° 7, et changea de vêtements avec une promptitude extrême ou du moins se débarrassa d'une blouse et d'un pantalon de toile qui recouvraient ses vêtements.
Il était dit, en outre , dans cette note, que l'individu en question éî:iit porteur d'une paire de pistolets, et qu'interpellé sur l'usage qu'il voulait faire de ces armes , H avait répondu : « Qu'est-ce que cela vous f....? » La note en question signalait aussi une marchande de couleurs, demeurant rue du Faubourg-du- Tcmple, n° 5 , comme ayant dit , en parlant de l'attentat : Plût à Dieu que le coup n'eût pas manque!
Plusieurs témoins ont été entendus ; ils ont tous confirmé Ta première partie du rapport dont il s'agit , mais iîs n'ont pu f. ire connaître d'une manière positive le signalement de l'individu en question, ni indiquer positivement de q u-l endroit il veiu.it, ni par où il a fui. Aucun d'eux n'a déclaré avoir vu de pistolets en sa possession : on a bien remarqué quelque chose de gros dans l'une de ses poches; mais tout en pensant que ce pourrait être des armes, on n'en a |>as acquis lu certitude.
Quant au propos attribué à la marchande de couleurs, cette femme qui se nomme Delà tasse a été interrogée par le juge d'instruction; elle a nié Ses paroles qu'on lui imputait, et aucun témoin ne dépose !.s avoir entendues.
Richard Gibbons se trouvait sur rebotdevart du Temple, pour voir passer la revue : il était adossé contre fa maison n" î»0 , et avait , par conséquent, en face de lui le Jardin Turc. Au moment du passage du Hoi, une espèce de sifflement frappa son oreille; il se retourna avec vivacité, et vit à ses côtés un homme qui cachait précipitamment, soirs une ample redingote, un fusil à vent qu'il aperçut très-distinctement. Au même instant, l'explosion de la batterie de Fieschi détourna son attention et lui fit perdre de vue cet éiumge incident. Le témoin est étranger; if s'exprime avec beaucoup de difficulté en français : ccLte circonstance accrut son embarras , et la vue de ce qui se passait fui fit. prendre subitement b fuite, sans là ire arrêter l' rot on nu portcovdu fusil ;t veni,. : . • ; • .•
II croit qu il pourrait le reconnaître s'il lui était représenté, mais le signalement qu'il en donne ne s'applique à aucun des individus arrêtés.
Le 28 juillet, les sieurs Achard et Massard, surveillants des Tuilerie;., s'étaient rendus sur le boulevart pour assister à la revue. Ayant appris l'attentat, ils voulurent aller sur les lieux où il avait été commis : trouvant trop d'embarras sur les boule varts, ils suivirent la rue des Jeûneurs, pour gagner la rue Poissonnière. Ils étaient à peine entrés dans la rue des Jeûneurs, qu'ils virent deux jeunes gens , dont l'un tenait à la main un pistolet à deux coups ou une paire de pistolets, et remit ce pistolet ou ces pistolets dans sa poche, après avoir souillé dedans. Ce fait engagea les sieurs Achard et Massard à suivre ces jeunes gens jusque sur les boulevarts, près la rue Poissonnière : là, ils les virent s'arrêter, et causer avec plusieurs individus : puis ensuite ces deux jeunes gens, se voyant suivis, traversèrent le boulevart, évitant de passer devant le poste de Bonne-Nouvelle , et gagnèrent le faubourg Saint-Denis, où ils rejoignirent quinze ou vingt individus. Les sieurs Achard et Massard ne purent faire arrêter ces jeunes gens à démarches suspectes, n'ayant pas trouvé en ce dernier endroit d'agents ni de gardes municipaux. «
Le cocher de fiacre Baulot était indiqué comme ayant entendu, environ trois semaines avant l'attentat, l'explosion d'une arme à feu, tirée de la maison qu'habitait Fieschi, boulevart du Temple, n° 50.
II a expliqué devant le Juge d'instruction que, passant sur la chaussée du boulevart, près la rue Chariot, huit jours avant l'attentat, vers minuit et demie, il avait entendu, du coté du café Pcrinet, l'explosion d'un coup de feu qui avait fait le bruit d'un pétard : mais h* n'a pu dire, ce qui était le plus important , si ce coup de feu ou ce pétard était parti de la maison même où se trouve le café Pcrinet ou de quelque maison voisine.
Une lettre du 5 août 1835 dénonça deux faits graves : le premier, que le 28 juillet précédent, à peu près au moment où se commettait 1 attentat contre
le vie du Roi, un cocher avait été arrêté par une bande d'individus qui voulaient commencer une barricade avec sa voiture; î° qu'à peu près au même instant, plusieurs coups de fusil avaient été tirés, sur le quai des Célcstins, sur un hussard qui conduisait un cheval en lesse.
Sur le premier (ail , un assez grand nombre de témoins ont été entendus. Un sieur Le spi nasse a déclaré qu étant à la revue , dans les rangs de la 12' légion, dont il fait partie, il rencontra un de ses amis, le sieur Vérioi, avec lequel il entra chez un marchand de vin, à l'entrée de la rue Sainte-Appoline, près la rue Saint- Martin ; que, pendant qu'ils étaient en cet endroit, ils entendirent des cris ; qu'alors ils sortirent et virent une foule de gens qui venaient de la rue Meslay en poussant des cris ; que ces gens étant arrivés près d'un fiacre qui était arrêté au coin de la rue Sainte-Appoline, plusieurs d'entre eus cherchèrent à déboucler les traits des chevaux et que te cocher les frappait avec son fouet. Le sieur Lcspinassc voulut alors rejoindre sa compagnie, mais un homme de cette foule se porta sur lui et chercha à lui arracher son fusil, en disant : canaille, vous assassinez le peuple. Le témoin se débarrassa de cet assaillant et rentra dans les rangs de sa légion. Le jour même, il raconta toutes ces circonstances au sieur Jubé , commandant de son bataillon.
Vcriot a déclaréque la foule qui descendait la rue Meslay criait: Vengeance! qu'il n'a pas observé si on cherchait à déboucler les traits des chevaux d'un nacre, mais qu'il a vu une foule de gens autour de ce fiacre, qui était en travers de la rue Sainte-Appoline et la barrait, et qu'il s'est aussitôt retiré parce qu'il avait sa femme avec lui. Le marchand de vin de la rue Sainte- Appoline dit n'avoir rien vu d'extraordinaire. Les garçons marchands de vin des deux coins de la rue Meslay, qui seuls tenaient les boutiques ce jour-là , leurs maîtres étant à la revue, ont dit qu'ils avaient vu beaucoup de monde descendre la rue Meslay, mais qu'ils n 'avaient pas entendu de cris et n'avaient pas" vu qu'on cherchât à dételer les chevaux d'un fiacre. L'un de ces derniers témoins a déclaré que plusieurs personnes étaient montées sur des fiacres au coin de la rue Meslay.
Sur le deuxième fait, le nommé Guth, soldat au 5' régiment de hussards et ordonnance ordinaire du lieutcnant-colonéi Combes, a déclaré que le 28 juillet, pendant la revue, il ramenait deux chevaux appartenant à M. Combes; qu'il était monte sur l'un et tenait l'autre en ïesse, qu'en arrivant sur le quai des Célestins, il entendit tirer d'abord trois coups de feu, et ensuite quelques autres, et entendit alors une balle siffler près de lui. Les chevaux qu'il conduisait étant très-vifs, l'un d'eux se cabra, et H fut trop occupé de les retenir pour remarquer d'où partaient les coups de feu. L'instruction a constaté que ce même jour, et avant que fattentat commis contre la personne du Roi fût connu dans la maison où demeure M. Combes, Guth, en rentrant, avait dit aux domestiques de son maître qu'il avait manqué d'être tué ; qu'on avait tiré sur lui des coups de pistolet ; qu'une balle avait passé
Notices. 50
près de fui ; qu'il t'avait entendu siffler, et que ses chevaux s'étaient cabres. . Lorsque Gut/i apprit l'attentat, il dit : Ç 'est bien à peu près au même moment qu'on a tiré sur moi.
On a vainement cherche à connaître cToù étaient partis les coups de fusil ou de pistolet, on n'a pu rien découvrir sur ce fait, en supposant même qu'il ait existe, et que les détonations entendues par Gutk, ne provinssent pas de pétards tirés par des enfants dans un jour de réjouissance comme l'était le 28 juillet, ce qui a eu lieu dans plusieurs autres endroits,
Le sieur Papillon , cocher de voiture de remise, a déclaré que, le 2 8 juillet, étant allé sur le boulcvart pour voir le, Roi , il se trouva près du théâtre de la Gaieté, à côté d'un groupe de jeunes gens qui disaient entre eux : Voilà qu'il va passer, il ne faut pas le manquer; qu'alors il se retourna et dit: Pourquoi cela? qu'aussitôt ces jeunes gens s'écrièrent : Voilà un philippiste ; se jetèrent sur lui et le frappèrent. Mais il n'a pu d'ailleurs les faire connaître.
Une lettre, datée du 1 août 1835, annonçait qu'une personne restée inconnue avait été frappée d'un coup de couteau, sur le boulevart du Temple, le 28 juillet, au moment où elle s'écriait : « Quel bonheur que le Roi ne soit " pas blessé! n On indiquait comme k 'moins les sieurs Chailhj et Grcquiard.
La même lettre annonçait aussi qu'un négociant de Boulogne-sur-Mer, dont le nom n'était pas signalé, avait dit, à un cocher de cabriolet de remise, que le 28 juillet il avait été happé sur le boulevart du Temple, parce qu'il manifestait sa joie de ce que le Roi n'avait éprouvé aucun mal.
Les sieur et dame Ckailly et leur commis, témoins indiqués pour le premier fait , ont dit qu'ils avaient vu un groupe se former devant leur boutique; et qu'une femme leur avait dit qu'il y avait dans ce groupe un monsieur âgé, lequel racontait qu'il était près du Jardin Turc au moment de l'explosion, qu'il avait dit alors : Ceux qui ont fait cela sont des scélérats, et qu'aussitôt il s'était senti frapper; qu'on voyait, en effet, que son habit et son gilet avaient été percés, mais qu'il n'était pas blessé.
Quant au négociant de Boulogne, l'instruction a fait connaître qu'il se nomme Roger. Un cocher de cabriolet, nommé Masson, et un sieur M a lues, ont rapporté ainsi le récit que ce négociant leur aurait fait. Le 28 juillet, au moment de l'attentat, le sieur Roger se trouvait près du Jardin Turc; il se serait écrié : C'est abominable ; il est bien heureux que le Roi n'ait pus été atteint. A ces mots , plusieurs jeunes gens se seraient jetés sur lui et l'auraient frappé. Le sieur Mahins a vu des écorchurcs à la figure du sieur Roger. Celui-ci a été lui-même entendu à Boulogne; il a déclaré qu'il ne se
trouvait pas sur le boulevart au moment de l'explosion; mais que le soir il était assis à une table d'un café situé sur les bouievarts, qu'il n'a pu désigner d'une manière précise ; qu'il y avait à une table voisine deux individus qui causaient de l'événement; qu'il leur adressa la parole en disant : « Cest un bien grand malheur ! » que l'un des individus répondit : « Cela n'est pas fini. » Qu'alors le sieur Roger dit : « Comment ! cela n'est pas fini? Est-ce qu'il n'y en a pas assez? « Que ce même individu ayant répliqué a Non, cela n'est pas fini ; » le sieur Roger lui dit : « Vous êtes un polisson; » et qu'aussitôt cet homme lui donna un coup de canne, et s'écliappa dans la foule.
Le sieur Boeatte, garçon de service à la prison de la Conciergerie, passant le 28 juillet, à six heures, sur le quai situe entre le pont d'Arcole et le pont Louis-Philippe^u moment où un coup de canon était tiré de l'hôtel de ville, fut apostrophe par un individu qui venait du côté opposé, et qui lui dit: Dis donc , crois-tu que c'est le coup de canon qui doit tuer Louis- Philippe ?
A la suite d'une réponse insignifiante, cet individu leva la main pour frapper le sieur Boeatte; celui-ci renversa l'assaillant d'un coup de poing, mais deux autres individus sortis d'une rue voisine setant jetés sur le sieur Boeatte, il prit la fuite.
Aucun renseignement n'a mis sur la trace de ces trois inconnus.
Gelée ( Laurent )r, ouvrier tapissier, demeurant rue de la BarHlerie, n° 3 1 , se trouvait, le 28 juillet, Sur le boulevart Saint - Martin, pour y voir passer la revue. Lorsqu'il apprit la nouvelle de l'attentat qui avait été commis sur la personne du Roi , il s'écria hautement : Cest un grand bonheur que le Roi n'ait pas été tué! Près de lui se trouvait un individu qui, l'entendant parler ainsi , le regarda de travers et lui lança un violent coup de coude qui faillit le renverser et lui fit vomir le sang. L'individu dont il s'agit , d'après le signalement qui a été donné par Gelée, avait environ 36 ans et une barbe de bouc, mais toutes les recherches faites pour le découvrir sont restées sans résultat.
Le 28 juillet, quelques instants après l'explosion, un individu, âgé d'environ 30 ans, de forte corpulence, vêtu d'une veste de velours, se présenta en courant devant la maison sise boulevart du Temple, n° 15, et.se frayant un passage à travers diverses personnes qui se trouvaient là, il pénétra dans cette maison et ressortit, toujours en courant, par la porte qui donne sur la rue
Meslay. Comme on lai avait demandé le motif de cette fuite, il avait répondu qu'on se battait par là, en désignant , disent quelques témoins, le bouievart du Temple. Cet individu, dont le signalement n'a pas été donné d'une manière exacte, n'a pu être arrêté, ni par conséquent confronté avec les témoins qui , du reste, ont déclaré qu'ils ne pourraient le reconnaître.
Le témoin Alphonse Tris tant, entendu dans la procédure instruite contre Fieschi, a déclaré , qu'étant dans son atelier, sis rue du Faubourg du Temple, n° 33, le 28 juillet, il avait vu, un instant après avoir entendu la détonation de la machine infernale, un individu qu'il a signalé, escalader la palissade de clôture d'un atelier qui donne sur le bouievart et se sauver par la porte de la rue.
. Interpellé s'il reconnaîtrait cet individu , il a répondu négativement.
On sut que le 28 juillet, dans la journée et après rat tentât, un inconnu s'était présenté chez le sieur Nayet, perruquier , rue Montmartre, pour se là ire couper les moustaches : il avait paru , disait la note, inquiet et agité, lorsqu'on vint annoncer la nouvelle de l'attentat : une instruction a été faite sans qu'on ait pu parvenir à découvrir cet individu. L'instruction a seulement constate que le 28 juillet, un instant après que le Roi eut passé sur le bouievart Montmartre , en retournant vers la rue de la Paix, un homme portant la barbe en collier, des moustaches et une mouche, entra précipitamment dans la boutique du sieur Nayet, où se trouvait le nommé1 Croizet, garçon perruquier; que cet homme avait chaud et paraissait agité ; qu'il se fît raser par Croizet, et que , pendant cette opération , quelqu'un vint annoncer l'attentat commis sur la personne du Roi ; qu'alors l'inconnu demanda à changer de place et se mit derrière un carreau dépoli, de manière à n'être pas vu, et que, dès que sa barbe et sa mouche furent coupées, il dit: eu voilà assez! tira précipitamment quatre sous de sa poche, prit sa redingote sous son bras, sans se donner le temps de s'en vêtir et sans permettre qu'on lui essuyât la figure, sortit précipitamment et se mit à courir, disparaissant au milieu de la foule et des' voitures.
Croizet a été confronté avec plusieurs personnes alors arrêtées et notamment avec Boireau , mais il n'a reconnu personne.
Dans les premiers moments qui suivirent rat tentât, on recueillait des ren<
seignemcnts sur les moindres faits, qui paraissaient «lors suspects et qui depuis ont été reconnus insignifiants.
Ce fut alors qu'on reçut la déclaration du nommé Dtmont dit Jocko, qui prétendit, que le 27 juillet, à onze heures du soir, ii avait rencontré dans fa rue des Fossés-du-Teinple, au bord d'une allée, un individu qui faisait chauffer quelque chose dans un chaudron; que lui , Jocko, avait renversé ce chaudron et ce qu'il contenait , et que l'inconnu lui aurait dit d'un air fâché : J'avais quelque chose de pressé à faire; ce sera pour demain.
Du reste, Dumonl n'a pas su ce que contenait ce chaudron , et Findividu dont il a parlé est demeuré tout à fait inconnu.
II existait à Poses, arrondissement de Louviers, en la possession d'un sieur Guérard dit Laroquc, une machine composée de quinze petits canons, placés parallèlement et assujettis entre deux pièces de bois, et dont les lumières étaient disposées de manière à être mises en communication par une rainure destinée à recevoir une traînée de poudre, afin de les faire partir simultanément. On savait que Guérard avait trouvé cette machine dans le canal de la Villettc, pendant un de ses voyages à Paris.
Apres l'attentat du 28 juillet, cette machine éveilla l'attention de l'autorité. On pensait que sa construction pouvait avoir quelque connexité avec l'attentat, et que la recherche de son origine pourrait être utile à l'instruction et à la découverte des complices.
L'instruction faite à ce sujet a démontré que b machine dont la possession paraissait suspecte n'est autre chose qu'une pièce d'artifice que Guérard a trouvée, il y a environ quatre ans et demi, dans le bassin de ia Villette qui alimente le canal Saint-Martin.
Le sieur Zhendrc, qui était maire de la Villette en 1 830, et le sieur Aubin, artificier, ont déclaré qu'un feu d'artifice avait été préparé pour être tiré le dernier jour des fêtes de la Villette, en juillet 1830; que ce feu d'artifice devait être tiré sur le bassin du canal et représenter l'attaque d'un fort par une flottille; que la révolution de juillet ayant eu lieu à cette époque, on avait jeté les pièces d'artifice dans le bassin , à la sollicitation des habitants qui craignaient quelque accident, si on venait à s'emparer des poudres.
La pièce transportée à Poses par Guérard n'est autre chose qu'une des batteries de ce feu d'artifice.
Une lettre annonçait qu'un nommé Berlin, détenu à la Conciergerie, avait déclaré avoir entendu annoncer dans la prison, le 28 juillet au matin, les assassinats commis dans la journée.
Berlin a été cité en justice : il a déclaré n'avoir pas entendu parler, le 18 juillet, d'assassinats qui devaient avoir lieu; mais il a dit que dans cette journée on avait, en sa présence, annoncé qu'il y aurait du bruit. Pareil propos avait été entendu par lui le jour de la fête du Roi.
La dame Hanier, demeurant a Paris, rue MiclieMe-Comte, n° 8, se trouvait près du Jardin Turc, sur le boufevart du Temple, pour y voir passer la revue, le 28 juillet dernier. Lorsqu'elle entendit dire que le Roi approchait, elle s'écria : Voilà le Roi. Plusieurs jeunes gens, qui se trouvaient près d'elle, dirent alors : // peut bien venir, car il n'en a pas pour longtemps; il n'en a pas pour une demi-heure. Ce fut peu d'instants après que l'explosion eut lieu.
Le lendemain de l'événement, fa dame Hanier se présenta volontairement devant M. le juge d'instruction pour lui faire sa déclaration, et elle -ajouta qu'il lui serait impossible de signaler et de reconnaître les jeunes gens dont il s'agit. • .
Un nommé Âgncl, serrurier, rue Mouflfetard, n° 193, se présenta le 1" août dernier devant le commissaire de police du quartier Saint-Marcel, et lui déclara que le 28 juillet il avait suivi avec son fils, âgé de 11 ans, une légion de la garde nationale qui s'était assemblée aux greniers d'abondance; que parvenu vers le poste de la Galiote, il s'était assis sur un banc sur le boulev.trt, auprès de deux individus de lui inconnus qui causaient, et que t'un de ces individus avait dit à l'autre, en parlant de la garde nationale qui passait : Ils vont bien gaiement, ils reviendront bien tristement.
Agnel a été cité; il a renouvelé sa déclaration à peu près dans les mêmes termes. Il a dit avoir entendu : « Ils vont bien gaiement, mais je t'assure qu'ils « s'en iront bien tristement. »
Une lettre du sieur Piedana annonçait que la nommée Annette Gauthiès, sa domestique, avait entendu, le 28 juillet au matin, des jeunes gens dire: // est certain qu'aujourd'hui il ne l'échappera pas. Cette fille, entendue comme léaioin, a déclaré que le jour de l'attentat , au matin , en passant près du marché Saint- Joseph pour aller à la boucherie, elle avait vu quatre ou cinq
jeunes gens qui causaient entre eux, et qu'elle avait entendu l'un d'eux dire aux autres : C est sûr qu'aujourd'hui il sautera le pas; mais l'auteur du propos n'avait nommé personne; et ce n'est qu'après l'événement du 28 juillet que la fille Gauthier a pensé qu'il s'agissait du Roi.
Une note annonçait qu'un tambour de la garde nationale avait dit à une portière que le Roi y passerait bientôt, s'il n'était pas mort. On a cherché à remonter à la source de ce propos. L'instruction a constaté que, le 28 juillet, la femme Médirait, domestique, boulevart Beaumarchais, n° 83, étant descendue pour chercher de l'eau, se mit un instant sur la porte pour voir si le Roi passait, et dit : S'il ne vient pas bientôt, je vais remonter. Alors un garde national lui dit: « Ne vous impatientez pas, il va passer dans un quart d'heure, » et un instant après, il ajouta : « s'il n'est pas tué. » Ce fut exaclcmcnt un quart d'heure après qu'elle apprit l'attentat commis contre le Roi.
Il n'a été donné aucun indice qui pût faire connaitre le garde national, auteur de ce propos.
Un sieur Dclpont annonça qu'il avait des révélations à faire. Assigne connue témoin, il a déclare que, le 28 juillet, il se trouvait sur le boulevart Poissonnière, lorsqu'il entendit des individus qui disaient : Ce sont drs malheureux d'avoir tue quatorze personnes, il n'en jallait tuer qu'une ; un autre ajouta : // eût mieux valu en tuer deux autres avec ; ces individus dirent ensuite que l'endroit le plus convcnahfe était la vieille roule de Neuilly, sur laquelle le Roi passait isolément.
On n'a pu remonter à la source de ces propos.
Suivant une note transmise à M. le Président, un charretier conduisant du vin , et passant sur le pont de Grenelle, aurait eu, le 27 juillet, une altercation avec le receveur de ce pont, et aurait laissé échapper des menaces pour la revue du lendemain 28.
Le receveur du pont de Grenelle, entendu comme témoin, a déclaré qu'un charretier conduisant du vin était, en effet, passé sur ce pont le 27 juillet, et que sommé de produire ses lettres d'expédition , il les avait d'abord remises, puis les avait arrachées des mains du préposé, en refusant de payer les droits, et en disant :
Je tue f. ••• de toi; voue êtes un tas fie cauaiilss ; demain c'est la revue et vous sera tous pendus ou fusilles. Cet homme fut arrête uo instant par les gendarmes qui le laissèrent ensuite partir. On n'a pu indiquer que son prénom de Jean. Des recherches infructueuses ont été faites pour le découvrir.
Une lettre signée tXffe'von annonçait qu'on jeune commis libraire avait été arrête, quelques jours avant te 48 juillet, par des individus inconnus qui lui avaient dit : Avertissez, votre libraire d'avoir des fusils tout prêts pour le jour de la revue: le Roi sera assassiné; il faut se tenir prêts.
Le nom du libraire n'était pas donné, ni l'adresse du commis. L'instruction a fait connaître qu'on voulait parler du jeune Piquet, commis chez le sieur Grimprclle. II a été cité, eta déclaré que, cinq ou six jours avant le Î8 juillet, passant rue Beauregard, il avait été accosté par trois individus dont nn, qui était ivre, lui avait demandé s'il avait un fusil; et comme il répondit que non, en disant pourquoi? le même individu lui répondit : Pour tuer le Roi.
L'ivresse de l'interlocuteur a paru ôter à ce propos toute importance.
Le sieur Morlot de Vingxj a déclaré que, îe 5 août dernier, une dame qu'il n'a pas nommée raconta devant lui qu'elle venait du marché aux Fleurs de la Madeleine; qu'elle avait été suivie par deux jeunes gens dont l'un portait des éperons; que fun d'eux s'était approché (Telle au point de mettre sa tête sous son chapeau, et lui avait dit : Grenelle, paraissant attendre qu'on lui donnât un autre mot en réponse; qu'alors elle avait pressé le pas; que ce jeune homme revint près de son camarade qui lui dit : C'est elle, c'est elle. Qu'alors ce même jeune homme s'approcha de nouveau de cette dame, et lui dit encore : Grenelle, tira quelque chose de sa poche et le fui montra, mais qu'elle ne distingua pas ce que c'était; que ces jeunes gens parurent contrariés de leur méprise; et néanmoins suivirent cette dame jusqu'à sa demeure.
Aucune autre suite n'a dû être donnée à cette déclaration dont on ne parie ici que pour montrer avec quel scrupule les moindres faits ont été recueillis.
Le nommé Pierre Duguet, domestique de M. Marcellot, membre du conseil générai de la Seine, a déclaré que le 28 juillet, il était ailé voir la revue;
qu'il se trouvait près de la Madeleine an moment oh fe 4* régiment de hussards passait pour défiler; qu ri le suivit jusqu'à la rue des Capucines; que, lorsqu'il fut arrivé près de cette rue, des gardes municipaux lui dirent qu'on ne passait pas; qu'on ie fit reculer jusqu'au trottoir, où il se heurta et manqua de tomber; qu'en cherchant à se retenir il prit ta bride du cheval d'un garde municipal qui , le croyant sans doute mal intentionné, dit : // faut conduire cet homme au poste; que plusieurs personnes le dégagèrent en lui disant : Allez-vous-en; qu'il se retira en effet; qu'a quelques pas de là H rencontra un individu qui lui dit : Vous avez bien manqué d'être arrêté, et ajouta ensuite quelques mots. Duguet ajouta qu'il ne se rappelait pas bien ces mots, mais qu'il croyait que cet individu iui avait dit : Que ce n'était pas le bon moment, ou que ce n'était pas le bon endroit.
Une demoiselle Raffine, demeurant rue des Deux- Portes- Saint-Sauveur, n° 30, a (kit une déclaration de laquelle il résulte que dans la nuit du 2 au 3 août 1835, s étant mise à la fenêtre, elle entendit plusieurs personnes qui causaient ensemble, et ne put saisir de leur conversation que les phrases détachées qui suivent : Nous en avons trente mille comme ça; il faut nous emparer de ce jeune homme-là; au lieu d'employer des clous celte fois, nous emploierons des cosses de pois; je connais mon affaire; au premier mouvement, je serai prêt; que, lorsqu'ils se quittèrent, l'un d'eux dit : Adieu, bonne chance.
Elle disait avoir vu, après que ces individus se furent séparés, de la lumière dans une maison qu'elle croit être ceDe qui porte le n° 31. Le portier de cette maison a été cité comme témoin. II a déclaré n'avoir entendu personne rentrer tard dans la nuit du 2 au 3 août. Aucun individu n'a pu être désigné, et les propos rapportés n'ayant pas un rapport assez direct à l'attentat pour motiver de plus amples recherches, l'instruction est restée à ce point.
Un sieur Bergette, cité comme témoin, a déclaré que, le 28 juillet, vers onze heures du matin , il était sous les arcades de la rue de Rivoli, en face le pavillon des Tuileries habité par S. A. R. le duc d'Orléans; qu'il remarqua un jeune homme de 18 à 20 ans qui était avec une dame d'environ 40 ans et un enfant de 1 4 ans , et qui disait des choses fort inconvenantes en parlant du Roi; que quelques instants après, il entendit ce jeune homme dire, au sujet des personnes qui attendaient le passage de Sa Majesté : Voilà bien des curieux
Notices. s
qui se pressent pour voir le Roi; qu'ils se hâtent: peut-être, un peu plus tard; il ne sera plus temps : il aurait ajouté : c'est au moins ce qu'affirment plusiettrs personnes.
Un sieur Delahaye, demeurant à Paris, rue des Lombards, n* 10, avait transmis une note par laquelle il promettait certaines révélations relatives à l'attentat de 28 juillet dernier.
Cité en témoignage, cet homme a fait une déposition tout à fait dénuée d'importance.
Une note qui n'est pas signée, annonce que son auteur avait entendu deux individus dire avant l'attentat, en finissant une conversation: Une machine comme celle-là ne peut manquer de réussir. Cette note ne cite aucun témoin et ne nomme pas l'auteur du propos. Aucune recherche n'a pm être faite.
Une lettre, en date du 1" août dernier, et signée d'un sieur Chapuis , a fait connaître quelques propos, tenus le |our de l'attentat, en présence du fi)* dudit sieur Chapuis, par plusieurs (eunes gens à barbes longues.
Le sieur Chapuis n'ayant pas fait connaître son adresse, ou celle de son fils, et ne citant aucun nom propre dans son récit, il n'a pas été possible de donner suite aux renseignements qu'il adressait.
D'après un renseignement en date du Ier août 1835, un perruquier aurait dit, deux ou trois jours avant l'attentat, qu'il savait qu'il y aurait du noif veau à la revue , que le coup était si bien monté qu'il ne pouvait «matquer.
Des recherches on tété faites; elles ontfait connaître qnc ce perruquier, qui étak désigne comme rasant le curé de Saint-Nicolas-des-Champs, demeurait, à Paris, rue de laTixéranderie, n° 4 1 . Il a été cité devant un juge d'instruction et mter-
pellé sur les propos dont i! s'agit. II a déclare* qu'il ne connaissait pas l?s ait* teurs del'attentotdu 28 juillet, mais qu'ilavoit entendu dire, dan* sa boutique, quelques jours auparavant, par des ouvriers qu'il ne pou i désigner, qu'il y aurait quelque chose a la revue. Il a ajoute que, s'il avait appris quelque hit particulier, il se serait empressé d'en faire part à l'autorité.
Peut portières de (a cour Saint Hilnire furent mdiquées comme ayant eu connaissance à l'avance de l'attentat «lu 28 juillet. Elles ont été entendues et ont déclaré n'en avoir eu aucune con naissance.
Un sieur Gavavd , commissionnaire, s'est présenté le 1 1 août dernier devant le commissaire de police du quartier Montmartre, pour signaler quelques propos se référant à l'événement du 28 juillet dernier, qu'il aurait entendu proférer par un inconnu dans un cabaret du quai de Bercy.
\je sieur fîavard a été cité en témoignage; il a persisté dans les déclarations qu'il avait faites devant le commissaire de police du quartier précité. Le sieur Ravat , cabaretier, chez lequel les propos signalés auraient été tenus, a été appelé à s'eipliquer ù ce sujet : H a contredit b déposition du sieur Gavard, souten tnt qu'il n'avait aucune connaissance de pareils propos.
Une dame Ifuei était signalée comme ayant dit que son frotteur avait tenu, quelques jours avant le 28 juillet, le propos suivant : Vous verrez comme le$ //wm jour* se passeront.
L'instruction a établi que ce frotteur avait dit, en eftVt, à la sœur de ta dame Hurt, non de lui-même , mais comme rapportant un ouï-dire : qu'on ferait sauter Je Roi pendant les fêtes de juillet. La soeur de la dame Huet a déclaré que ce propos lui avait paru sans importance dans la bouche d un homme connu pour ses bavardages.
Le sieur Poignant, indiqué comme témoin des projets de complot existant pour le 28 juillet 1 835 , a déclaré que la veille de f attentat un individu qu'il ne connaît pas, le voyant occupé à nettoyer son sabre pour la revue, lui dit : Vous voilà bien occupé, vous aurez besoin de vous en servir demain à la revue.
Une femme Humbert et un nommé Ratier avaient été aussi indiqués comme ayant connaissance de bits relatifs à l'attentat; mais ils ont déclaré n'en avoir entendu parler qu'après l'événement.
Une note, adressée à M. le Procureur général, taisait connaître que, le 28 juillet, des individus se trouvant au café Vistel, situé boulevart Poissonnière, n° 6, avaient tenu des propos de nature à faire croire qu'ils avaient connaissance de l'attentat avant qu'il eut été commis. Un sieur Chevalier était indiqué comme ayant tenu ces propos.
La propriétaire du café Vistel a été entendue; elle connaît bien un sieur Chevalier, qui vient habituellement chez elle, et qui s'y trouvait le 28 juillet; mais elle assure qu'il est incapable d'avoir tenu les propos rapportés, et elle affirme que les faits signalés sont controuvés.
Il a été impossible de pousser plus loin l'instruction.
Une lettre anonyme, écrite de manière qu'on ne pût pas facilement reconnaître la main de son auteur, signalait un Corse comme ayant tenu des propos suspects dans un estaminet de la rue du Faubourg-Poissonnière.
La dame Strong, maîtresse de l'estaminet indiqué, a été appelée en témoignage; elle a dit qu'en effet un homme qui se donnait pour Corse fréquentait son estaminet; qu'il parlait beaucoup de vengeance; que le jour de la revue ( le 28 juillet) il vint à l'estaminet et dit qu'il n'allait pas voir ces choses-là; que plus tard il parla de l'attentat; mais la dame Strong n'a pas pu se rappeler en quels termes. rr^
Des recherches ont été faites pour connaître le nom de cet homme et sa demeure; mais elles ont été infructueuses.
II résulte d'un renseignement transmis à la commission que, le 28 juillet, deux jeunes gens se sont présentes dam le café tenu par la dame Bossy , boulevart Beaumarchais, en disant qu'ils attendaient des amis. Ils laissèrent une canne noire comme signe de reconnaissance pour ceux qui devaient venir. En effet, deux autres jeunes gens vinrent au même café une heure après et dirent , en voyant la canne : « On ne nous a pas attendus. » Ces derniers remirent en partant, au garçon de café, un écrit portant ces mots :
« Philippe, nous avons attendu jusqu'à deux heures; voyant que vous ne « veniez pas , nous vous donnons rendez-vous au café en face le fort où vous • prenez de la poudre , à Vincennes. Je vous salue : signé Lctefiicr, » et pour adresse : M. Lemolle.
On n'a pu obtenir aucune information sur les jeunes gens dont M'était question dans cet avis.
Suivant un rapport de gendarmerie, deux individus, en costume de garçons boulangers, seraient entrés, le 27 juillet dernier, chez le sieur Delagticpierrc, marchand de vin à Vincennes, avec un artilleur nommé Cùrraire,e\ auraient tenu à ce dernier les propos suivants : <« Vous paraîtrez à la revue de demain « avec des pièces non chargées ; il n'en sera pas de même de notre machine in- « fernale : il y aura une grande affaire qui changera le Gouvernement. »
Les sieurs Dclaguepicrre et Carraire ont été entendus comme témoins.
Le premier a déclaré qu'aucun individu en costume de boulanger ne s'était présenté, le 27 juillet, dans sa boutique.
Le second a fait connaître que ce jour- là il était de garde à la salle de police, et n'était pas sorti du château.
Tous deux ont affirmé qu'ils n'avaient jamais entendu tenir de propos semblable à celui qui vient d'être rapporté.
Un billet sans signature, adressé à M. le Procureur général, fit connaître que, le 29 juillet, le sieur Aclocque, revenant de conduire son fils en pension , à Chàtiltoa, serait monté dans un cabriolet de remise, dont le cocher, a propos de l'attentat, lui aurait dit qua quelques jours de là il avait conduit dans son cabriolet un serrurier mécanicien,, de la rue du Bac, qui s'était
... u avoir conslniit une machine pour tuerie Roi et m famille, et (fui paraissait être sûr de réussir dans son infâme projet.
Le cocher dont il était parle dans cette note n'a pu dire trouvé.
Le commissaire de police du quartier du Marché-Saint-Jtan fit savoir qu'un cocher du sieur Lachicke, loueur de cabriolets, avait conduit deux ou trois individus à longue barbe, qui avaient parlé de circonstances paraissant se rapporter à Patientai du 28 juillet.
Ce cocher, nommé Jean-Baptiste Bcrlhcau, a été entendu : il a déclaré que, trois ou quatre jours avant le 28 juillet, revenant de conduire quelqu'un à la Chambre des Paire , il descendait la rue de TOdéou, lorsqu'il fut appelé par un individu, ayant une longue barbe et portant un chapeau pointu , qui monta dans son cabriolet et le fit retourner place de TOdéon; que (à cet individu descendit ; qu'il ne vit pas dans quelle maison il entra , mais qu'il croit que ce fut à l'hôtel Corneille; que quelques instants après, cet individu revint avec un autre, portant aussi une longue barbe; qu'ils montèrent tous deux et lui dirent de les conduire rue Dauphine ; qu'en partant, ils se mirent à causer entre eux, et que l'un d'eux dit : Il ne f échappera pas, le coup est monte' pour cela; qu'ils firent arrêter le cabriolet rue du Ponl-de-Lodi; que là ils descendirent; le témoin ajoute qu'il ne vit pas où ils allaient, mais que peu de temps après ils revinrent avec un troisième individu, aussi à longue barbe, qui les quitta lorsqu'ils furent montés en cabriolet , et leur dit en s'en allant : Je pars ce soir pour Orléans; de l'exactitude ; que ces deux individus se firent ensuite conduire à la place de la Concorde et revinrent au Pont-Neuf, où ils quittèrent le cabriolet.
Le 28 jui lot, peu d'instants après l'explosion de la machine infernale, le sieur Lamort, ancien limonadier, se trouvait sur le boulevart, près la porte Siint-Marlin, devant le café de Malthe, lorsqu'il entendit très-distinctement un homme assez bien vêtu, de 40 à 50 ans, dire à deux individus qu'A appelait par leur nom: L'affaire est faite, nous n'avons plus rien à faire ici; vite à notre poste.
Ce lait, dont vos commissaires n'ont eu connaissance que fort tard, a motivé l'audition du sieur Lamort; mais ce témoin, en rapportant le propos cité plus haut, n'a pu se rappeler en aucune manière les noms prononces par l'inconnu dont il a parlé. II >a expliqué sort défaut de mémoire parle trouble
dans lequel il se trouvait en apprenant l'attentat : cette circonstance n'a pas permis à vos commissaires de donner suite à ce renseignement, qu'ils ont du néanmoins consigner dans leur travail.
Le 8 août dernier, M. le préfet de police transmit à M. le Procureur général la copie d'une déclaration faite, le 7 août 1835, par un sieur Hommel, propriétaire et cocher d'un cabriolet de remise portant le n* 1 283. De cette déclaration il résulte que, le mardi 28 juillet, à midi et demi, Hommel fut pris à l'heure, rue Vivienne, près de la Place de la Bourse, par deux jeunes gens d'environ 20 ans, qui se firent conduire du côté du Marais, par les rues Neuve-Sain t-Eustache, Bourbon-Villeneuve, Sainte-Appoliue, Meslay et de Vendôme; que, pendant ce trajet, ces deux jeunes gens parlaient d'une machine ; que l'un d'eux disait qu'elle avait besoin d'être bien dirigée ; que l'autre répondit : Oh! c'est un fort gas, qui est résigne et qui manœuvre cela comme il faut; que lorsqu'ils furent arrivés rue de Vendôme, l'un deux descendit, s'absenta quelques minutes, se dirigea vers le boulevart et revint, en disant : Tout est en ordre, ça ira bien; ajoutant que ce serait malheureux si ça ne marchait pas bien d'après l'argent que ça coûtait; qu'aussitôt que ce jeune homme fut remonté en cabriolet, on entendit crier ' Le Roi arrive ; qu'alors ces deux jeunes gens lui dirent de faire demi-tour et de retourner sur ses pas; que, près de la porte du Temple , ils mirent pied à terre, en lui donnant cinq francs et disparurent, et qu'un instant après il entendit l'explosion de la machine; que depuis il trouva dans son cabriolet une baguette de pistolet et trois balles, qu'il jeta dans la hotte d'un chiffonnier, au coin de la rue du Pas-de-la- Mule.
Hommel a été appelé et entendu comme témoin. Ha reproduit à peu près la même déclaration , fixant toujours le fait au 28 juillet.
Un procès-verbal du commissaire de police du quartier Saint-Jean, en date du 31 juillet 18 35, annonçait qu'une personne digne de confiance avait déclaré que le cocher du cabriolet de remise portant le n° 1283 (celui de Hommel) , lui avait raconté les mêmes choses qui se trouvent dans la déclaration de Hommel; mais ce procès-verbal reportait les faits à la date du 5 juillet.
MM. Boulaml, avoué, à Paris, et Fiot, président du tribunal de Mantes, qui avaient employé le cabriolet de Hommel, le 31 juillet, et auxquels H avait raconté ce qui lui était arrivé, ont été entendus. Leur déclaration est semblable à celle de Hommel, mais elle en diffère sur la date, que MM. Botilandei Fiot portent au 5 juillet.
Les deux jeunes gens indiqués par Hommel n'ont pu être découverts.
Le 25 septembre dernier, un sieur Mislcy , demeurant liabituelîement en Angleterre, se présenta pour faire des révélations relativement à un nommé Ferrari, qui fui avait été signalé comme un absolutiste exalté, s' occupant rie projets qui compromettaient la sûreté du Roi des Français, et qui pouvaient se rapporter à l'attentat du 28 juiHet.
II déclara que la dame Ferrari lui avait annoncé, à Londres, longtemps avant I*at tentât, que le Gouvernement français allait bientôt tomber; qu'un jour cette dame, en l'absence de son mari, lui montra plusieurs machines construites de manière à pouvoir être introduites dans un bonnet à poH de grenadier, ou même à se cacher dans la main , et dont il devait être fait usage contre le Roi.
Le sieur Misley déclara également que, dans le commencement de mars, un de ses correspondants de Londres lui écrivit, à Madrid, où il se trouvait alors, que Ferrari venait de se rendre à Paris, et qu'il avait expédié des machines pour la France. Enfin, H déclara que, depuis l'attentat, il avait reçu une lettre de Londres, dans laquelle on lui disait que l'on pensait que c'était Ferrari qui en était l'auteur.
Le sieur Misley n'ayant pas cru pouvoir nommer les correspondants qui lui avaient donné ces renseignements, aucun autre document n'étant d'ailleurs venu les confirmer, il n'a été fait aucun acte d'instruction contre le sieur Ferrari.
Bernard (Jean-Baptiste), âgé de 53 ans, né à Benoisey (Cdte-d'OrJ, marchand de vin traiteur, demeurant à Paris, barrière du Maine, n' 5.
Le sieur Motard, surveillant du jardin du Palais-Royal, a déclaré que, le 29 mai 1835, Bernard lui avait dit : Tu portes moustaches, t'est
séditieux Mais tu es gardien du Roi..... Toi, tous les tiens et ton Roi,
vous serez tous écorchés le 27.. ,
Ces derniers mots, quoique le mois ne fût pas indiqué, pouvaient paraître un indice que Bernard avait connu l'attentat projeté pour le 28 juillet. Une perquisition fut faite à son domicile, et un mandat d'amener fut décerné contre lui et exécuté. La perquisition ne produisit aucun résultat, et pendant que
Bernard subissait son interrogatoire, le capitaine de h compagnie de garde nationale dont il fait partie et le commandant du bataillon envoyèrent un certificat constatant qu'il avait toujours fait son service avec exactitude, que, quand ses infirmités l'empêchaient, H se faisait suppléer par son fils, et que ses sentiments patriotiques se sont manifestes chaque fois qu'il s'est agi de défendre les lois et le trâne de juillet.
Bernard et Mo/lard ont autrefois servi dans le même régiment ; peut-être Mollard aura-t-il mal compris des termes échappés à Bernard dans une discussion personnelle entre eux. Aucune autre charge n'ayant été indiquée contre Bernard, il a été mis en liberté.
Bosnie (Pierre), né à Lodeve, chirurgien, demeurant à Paris, au
Gros-Caillou.
Une lettre datée du 30 juillet dernier, et adressée à M. le procureur général pat le sieur Mothet, sergent- fourrier dans la garde nationale et propriétaire, signala le docteur Bonnie comme ayant affirmé, une dizaine de jours avant le 28 juillet, devant trois personnes de la connaissance du sieur Mothet, que le Gouvernement tomberait avant un mois, qu'on pouvait fen croire sur parole, et comme ayant ajouté que, dans cette intime conviction, il partait pour Prague avec plusieurs personnes, pour aller au-devant de Henri V.
Le sieur Mothet, entendu comme témoin , a confirmé les énonciations de sa lettre.
Le docteur Bonnie , interrogé sous' mandat d'amener, a formellement dénié les propos qui lui étaient imputés. Il a déclaré, à la vérité, qu'il avait fait un voyage au mois du juillet dernier; mais H a ajouté qu'il n'avait pas dépassé la ville de Bade, et qu'il n'avait jamais été à Prague.
D'après ces explications, et le sieur Mothet n'ayant rapporté que sur des ouï-dire les propos cités plus haut, il n'a pas été donné d'autre suite à cette partie de l'instruction.
David ( Louis-Auguste ) , âgé de 20 ans , ne' à Verneuil-le-Hautier (Haute- Vienne), clerc d'avoué, demeurant à Paris, rue Fromenleau, n° 3.
David a été arrêté à son domicile le 3 1 juillet , sur mandat de M. le préfet «le police. It a été saisi chez lui quelques papiers insignifiants.
Il a justifié d'une manière satisfaisante de l'emploi de son temps le 28 juillet.
Notices. 5 a
Aucune charge n'existant contre lui, et ses papiers n'ayant aucun rapport à l'attentat, il a été rois en liberté et ses papiers lui ont été rendus.
Doyennat (Jacques-François), âgé de 33 ans, serrurier en voitures, demeurant à Paris, rue de Menilmontant , n' 6.
Suivant un renseignement transmis à M. le Président, un sieur Ihtmcquin aurait dit qu'un nomme Doyennat, ouvrier serrurier, avait déclare uvoir eu connaissance de l'attentat du 28 juillet.
Dotjcnnal a soutenu n'avoir eu aucune connaissance de l'attentat avant qu'il fût commis, et rien n'est venu infirmer sa déclaration à cet égjid.
Une dénonciation anonyme a signalé un sieur Auguste Dussautoy comme ayant parlé , en juin dernier, d'une machine à peu près semblable à celle de Ficschi, machine qui aurait été dressée déjà une fois dans un rez-de-chaussée de la place Vendôme , dans le but d'attenter à la vie du Roi.
A Iadnte du 8 août, un mandat d'amener fut décerné contre Dussauloij , et le même jour il fut donné avis de cette communication à M. le préfet de police , pour qu'il eût à ordonner des recherches à l'eflêt de découvrir le lieu sur lequel cette machine aurait été dressée. Ces recherches ont été faites avec soin et ont démontré rinvraissemblance du document qui avait été adressé à la Cour.
L'impossibilité de trouver Dussautoy , dont l'adresse n'était pas indiquée , en supposant même l'existence de cet individu, n'a pas permis, jusqu'à ce jour, de mettre a exécution le mandat d'amener.
Un nommé Nicolas Blanche est aujourd'hui détenu pour complicité de vol , sur la déclaration d'un sieur Gazon , avec lequel il paraît avoir été en relation.
Blanche, par une lettre du 13 septembre dernier, a demandé à être conduit devant Tun de MM. les juges d'instruction, pour lui faire, disait-il, des révélations de la plus haute importance.
II a été fait droit à cette demande : Blanche a été entendu par M. Legonidec.
La révélation qu'il a faite devant ce magistrat est peu précise. Elle se résumerait dans ce peu de roots , savoir : que Gazon lui aurait annoncé à l'avance Fattentat du 28 juillet, en l'invitant à ne point se rendre à la revue.
Une perquisition rigoureuse a été opérée au domicile de Gazon.
Elle a été infructueuse.
Peu de jours auparavant , le domicile de Gazon avait déjà été fouillé par ordre de la justice, au sujet d'une autre a (Ta ire, on y avait opéré la saisie djuite espingoïe, d'un sabre turc, d'une paire de pistolets et d'un couteau de
Les rapports actuels de Blanche et de Gazon ne permettent pas d'ajouter aucune loi à la prétendue révélation du premier.
Femme GfiUSON (Joséphine-Julienne JoH*),âgce de 56 ans, portière, née à Long-Pont près Montlhe'ry, (Seine-et-Oisc), demeurant à Paris, rue de f Université, n° 82.
Une note indiquait la femme Gruson, portière chez madame la marquise de Montaigu , demeurant rue de l'Université, n" 82, comme ayant dit, avant fattentat, qu'il ne fallait pas aller sur le boulevart le 28 , qu'il y aurait «pjelque chose.
Une perquisition fut faite chez cette femme; on y trouva, 1° une brochure ayant pour titre : Almanach du peuple pour f&JJ; 2° une feuille ayant pour titre : Odieuse machination de Louis-Philippe contre F honneur de S. A. R. MADAME; 3° une chanson intitulée : La Parisienne de 1832 ; 4* une gravure au bas de laquelle se trouvent écrits ces mots : Arrivée en Bretagne de S. A. R. M' Régente de France, et de son fils Henri V Dieudonné.
Ces pièces faisaient assez connaître les opinions de la femme Gntson , qui fut arrêtée et interrogée le lendemain 1 0 août.
Elle nia avoir connu d'avance l'attentat qui a été commis le 28 juillet; elle assura qu'elle u'avait pas tenu le propos qu'on lui imputait.
Ce propos n'étant confirmé par la déposition d'aucun témoin , la femme jGruson a été mise en liberté.
si
LAFARGUE (Jacques- Pierre) , âgé de 67 ans, régisseur du théâtre des Funambules, demeurant à Paris, rue des Fossés-du-Templa , n" 37 bis.
Une lettre anonyme annonçait qué le nommé Lafar^ue connaissait les complices de l'attentat du 28 juillet, et qu'il avait conseille à un sieur Tonchard de ne pas aller à la revue.
Laforgue a été cité; il a soutenu qu'il n'avait pas entendu parler de l'attentat avant qu'il fût commis, et qu'A n'avait conseille à personne de ne pas a lier, à la revue.
Touchard, entendu comme témoin, a déclaré que Ijif argue ne l'avait pas engagé à ne pas aller à la revue.
PoiRET (Charles), âgé de 42 ans, marchand bonnetier, demeurant à Paris, rue Saint-Denis, n' 292.
M. Queneau, propriétaire, demeurant rue de Tracy, n* G, t déclaré, qu'étant à la revue, comme garde national, il avait pris part à une conversation dans laquelle il avait entendu un chasseur de la 6e légion qui disait : « // «y a six semaines environ , on m'a dit qu'il s'établissait une machine « infernale contre le Roi. »
Ce chasseur était le sieur Poiret : appelé en témoignage , celui-ci a déclaré qu'il n'avait pas prononcé les paroles rapportées par je sieur Queneau; qu'il avait seulement dit avoir entendu parler en voyage, il y avait trois semaines ou un mois, d'un complot qui avait eu ou devait avoir lieu; if a ajouté ne pas se rappeler si on le lui avait dit, ou s'il l'avait lu dans les journaux.
V ALERIUS ( Philippe ), âgé de 40 ans, bandagisle, demeurant à Paris, rue du Coq-Saint Honoré , n" 7.
Une note envoyée à la commission d'instruction annonçait que, le 1 0 août dernier, la femme Faure ayant conduit son dis à Saint-Êustache , pour
sa première commnoion, y avait été accostée, -pris de k chapelle de f» Vierge, par un iuconnu qui lui avait demandé ce qu'elle pensait de l'archevêque , et qui avait fini par lui dire :
u Je .suis Valerius, le bandagiste ; je vous garantis que d'ici à peu de temps , « il y aura une catastrophe , et que Henri V montera sur le trône. »
Dans la note, il était ajoute què la dame Faure avait rapporté le propos à son mari, qoi n'y fit pas grande attention, mais qui se Test rappelé après l'attentat du 28 juillet.
La dame Faure, dans une déposition circonstanciée ; a rapporté d'une manière différente ce qui lui avait été dit par le sieur Valerius. Leur conversation avait roulé sur certaines difficidtés qui existeraient entre le clergé de Saint-Eustache et celui de Saint-Germain-l'Auxcnois. La déposition de la dame Fmire se termine ainsi : « Cest désagréable que l'église de Saint Ger- « roain-l'Auxerroîs ne soit point rouverte. Il m'a dit: Cet état de choses ne peut « pas durer ; avant peu il y aura un changement; je croirais qu'il a dit : un grand «changement, je n'en suis pas sûre. II n'a parlé ni de catastrophe, ni de • Henri V. *
La déclaration du sieur Valerius s'est trouvée conforme à celle de la dame Faure. Il a annoncé avoir dit, au sujet de difficultés qui au: aient existé entre les deux curés, que c'était une calamité, et que cela ne pouvait pas durer longtemps.
Un document avait annoncé que le sieur f^epelletier de Saint-Fargeau aurait dit, avant le 28 juillet, que dam peu (le jours le Roi serait assassiné, etqu il y avait un comité composé de trois membres organisé à cet effet.
Le domicile du sieur Lepelletier de • Saint-Fargeau avait été indiqué aux Batignolles, rue des Carrières, n°4. II a été recherché à ce domicile ; il n'y était pas connu du portier. Mais un locataire de la maison fit connaître que depuis plus d'un an le sieur Lepelletier de Saint-Fargeau avait quitté les Batignolles pour aller demeurer à Saint-Germain-en«Laye.
Une perquisition a été faite à Saint-Gcrmain-en-Laye au domicile du sieur Lepelletier de Saint-Fargeau , et n'a produit aucun résultat.
Aucun témoin n'étant indiqué qui pùt s'expliquer sur les propos attribués au sieur Lepelletier de Saint-Fargeau, les recherches n'ont point été poussées plus loin.
On avait signalé un sieur Rodez , que Ton disait être portier de la maison
n* 1 2 , rue de Vendôme, comme ayant dit, quinze jours environ avant lattentat , quV/ connaissait un mécanicien qui tuerait plutôt trois cents personnes que de manquer le Roi.
Le portier du n* 12, rue de Vendôme, ne se nomme pas Rodez; ri porte le nom de Etihen ; il nie avoir tenu ce propos ; H n'existe point d'ailleurs de portier du nom de Rodez dans cette rue, et tout se réunit pour ôter toute importance à ce renseignement anonyme.
Fagnow , graveur sur bois, demeurant à Paris , place Dauphine,
Le sieur Fagnon avait été signalé comme ayant dit, quelques jours avant Fait entât du 28 juillet: // est impossible qu'il échappe cette fois. Aucun témoin n'était indiqué comme ayant entendu ce propos.
Une perquisition a été faite chez Fagnon ; elle a été sans résultat. L'instruction a constaté que cet individu était souvent absent de chez lui ; que sa conduite paraissait peu régulière : mais elle n'a pas confirmé que Fagnon eût tenu le propos qu'on lui avait imputé,
Fagnon est maintenant absent de Paris ; il n'a donc pu être interrogé.
MaWJ (I^ouise), âgée de 23 ans, née à Maursovilliers {Eure), journalicre, demeurant à Paris, rue des Carmes, n" 14.
Le 28 juillet la fille Maku aurait dit au marché de fa Vallée, que le Roi serait assassiné pendant les fêtes de juillet.
Ce propos fît penser que cette fille, connue du reste par ses opinions anarchiques, pouvait avoir eu quelques rapports avec les complices de Ficschi.
Perquisition fut faite à son domicile, mais sans résultat; la fille Maku fut interrogée, le 2 août dernier.
Elle nia le propos qui lui était imputé. L'inspecteur des marchés, entendu
comme témoin, a fait perdre à ce propos de sa gravité. Cette fille aurait dit : C'est bien de hasard si le Roi n'est pas assassine' , propos de même nature que bien d'antres qui ont été prononcés a ia même époque, et qui cependant n'etabliasent aucune participation à t'attentât de la part de ceux qui les ont tenus.
MaesNER (Paul), âgé de 18 ans, ébéniste, demeurant à Paris, rue du faubourg Saint-Antoine , n" S6.
Un sieur Stréby, ébéniste, a pour ouvrier depuis quatre ans Paul H facetter : le dimanche 26 juillet dernier, il l'envoya près la dame Ferrer is, demeurant aux Batignolles-Monceaux, pour faire quelques réparations aux meubles de cette dame. Ce jeune homme, tout en s'y livrant à ses travaux, tint quelques propos qui plus tard semblèrent annoncer qu'il avait connaissance de l'événement alors en projet. Paul Maesner a été appelé comme témoin , dans le but de faire connaître à la justice la source des propos tenus par lui. II n'a pas nié une partie de ces propos, il les a expliqués; il a prétendu qu'il n'avait fait que répéter ce qu'il avait entendu dire à des individus qu'il n'a pu signaler.
Méteyer, dit Normand ( Albcrt-Guillaume-François), âgé de 33 ans, menuisier, demeurant à Paris, passage Popincourt, n' 3.
Une déclaration faite le 9 août dernier, devant le commissaire de police du quartier Bonne-Nouvelle, avait signalé le sieur Méteyer, ouvrier menuisier, comme ayant eu une connaissance anticipée de l'événement du 28 juillet.
Une perquisition fut faite immédiatement au domicile de cet homme. Cette perquisition a été sans résultat, et de bons renseignements furent obtenus sur
Méteyer.
Interrogé sur les propos qui lui étaient imputés, le sieur Méteyer a déclaré ne les avoir point tenus.
Ponsin (Jules-Nicolas), Agé de 47 an* et demi, cuisinier, né à Sienay (Même) , demeurant à Paris, rue de Lille, n° 75.
Meymac (Jean- Jules), âge de 34 ans, restaurateur, né à Sainte-Foi* (Gironde), demeurant à Paris, rue, Croix-des Petits-Champs , n* 38.
Ponsin fut arrêté, le 28 juillet , en vertu d'un mandat de M. ïc préfet de police.
II avait dit, le 27 juillet, qu'on avait manque a" assassiner le Roi, à Neuilly, mais qu'on ne le manquerait pas à la revue du 28. Il avait dit le même jour, en parlant devant le sieur Halot , à une femme Tranclumt, qui annonçait le projet de remettre une pétition au Roi, à la revue : -Si vous voulez remettre une pétition au Roi, il faudra vous y prendre de bonne heure; on lui fera son affaire ce jour-là: on Fa manqué sur le chemin de Neuilly, mais on ne le manquera pas à la revue.
Ponsin ajoutait qu'il y avait quarante personnes qui venaient chez le sieur Meymac, son maître; qu'on ne parlait que de cela; que quatorze avaient été arrêtées, que trois étaient évadées et que les autres seraient aussi bientôt évadées; que son maître était de fa garde nationale à cheval, que ce serait lui qui ferait le coup, qu'il en était le chef.
Ponsin a déclaré qu'il avait entendu dire tout cela chez le sieur Meymac, peut-être par lui, peut-être par d'autres; que la plupart des individus qui fré- ' quentaient son maître étaient républicains.
Une perquisition a été faite chez Meymac; elle n'a rien produit.
Meymac, qui fait partie d'une compagnie à' infanterie de la garde nationale, a été interrogé sur mandat de comparution ; il a nié tous les propos qui lui ont été imputés par Ponsin, dont le témoignage est loin d'inspirer une entière confiance ; les antécédents de Meymac éloignaient d ailleurs l'idée qu'il ait eu aucun rapport avec les auteurs de l'attentat du 28 juillet.
Meymac et Ponsin ont été mis en liberté.
Martin (Jean), âgé de 27 ans, tailleur, né à Toulonsur-Aroux (Saéne- +et-Ij>irc) , demeurant à Paris, rue des PctiU-ChampsSaint Martin.
Martin fotsignaïé comme ayant dit, le 27 juillet, à une domestique, nommée Hortense, que le lendemain il y aurait des coups de fusil tirés et du sang répandu du coté de la porte Saint-Martin, et que l'on ferait des barricade» sur tous les boulevarts.
Le 1*r août, un mandat d'amener et de perquisition fut décerné contre lui.
Cette perquisition donna lieu à la saisie d'un livret contenant les statuts de la société des Droits de l'homme, et les portraits des accusés Kcrsausie, Détente et Jmbert.
L'instruction a fait connaître que Martin a travaillé, pendant trois ans, chez (e sieur Marais, tailleur, qui ne Ta renvoyé que parce qu'il ne gardait plus d'ouvriers chez lui , et qui alors la adressé au sieur Fouetter, chez qui Martin travaillait depuis trois mois, au moment de son arrestation. Tous deux ont rendu de lui un bon témoignage.
La nommée Hortense a été appelée; confrontée avec Martin, elle Ta reconnu, et a déclaré que, le 27 juillet, il lui avait demandé si elle irait à la revue; qu'elle lui avait répondu que oui, et qu'alors il lui aurait dit : // y aura peut-être des barricades à ta porte Saint- Martin et du bruit à ta revue; mais, en même temps, elle a ajouté qu'au ton dont il disait cela , elle avait pcusë qu'il plaisantait.
Martin a décîaré ne pas se rappeler avoir tenu ce propos. Interrogé sur la possession du livret trouvé chez lui , il a dit qu'il lui avait été donné à l'époque ou l'on voulait former une société pour l'augmentation des salaires. Mais 0 a déclaré, en même temps, n'avoir fait partie d'aucune société.
Martin a été mis en liberté.
Femme Mazeau (Rosine Rouglmat), âgée de 29 ans, chapeliire, tue à BeaurartUe- Jeune, près Aurnal ( Somme), demeurant à Paris, rue du Fuubourg-du-Tetuptc , n' 14.
Des renseignements firent connaître que la femme Mazeau avait, dans les derniers jours de juillet, annoncé qui'/ y aurait du bruit à la revue , et avait engagé le sieur Laforest, son voisin, à ne point y aller; qu'dle avait ajouté que, quant à elle, elfe était tranquille, parce que son mari était déterminé à ne point sortir. Elle fat arrêtée et interrogée; elle nia d'abord le propos qui lui était imputé; elle prétendit qu'elle n'avait rien dit de semblable; mais bientôt, mise en présence de la dame Laforest, elle finit par convenir que diverses personnes, qu'elle ne pouvait indiquer, lui avaient dit qu'il y aurait du bruit à la revue, et qu'on craignait qu'on n'attentât à la vie du Roi. Ces craintes, ajouta la dame Mazeau étaient motivée* sur l'attentat de Ncuilly, dont il était
Notices. 53
question journeflement dans les journaux : on en concluait, disait-elle, que, peut-être, les complices de cet attentat pourraient essayer de le mettre à exécution dans la journée du 28 juillet. Au surplus , il n'est pas établi que fa dame Mazc.au ait eu personnellement connaissance de ce qui devait se passer dans cette fatale journée.
JOSSET, tourneur, demeurant à Paris, rue de Chabrol, n' 4.
Une note transmise à M. le Président signalait Jouet comme ayant dit , la veille de l'attentat, que les fêtes de juillet étaient les dernières que verrait Lou is-Ph ilippe.
ÏAi sieur Chappe et le perruquier Lebrun ont été cités comme témoins.
Chappc a déclaré qu'il tenait de sa femme que Lebrun, perruquier, avait rapporté que Jossel avait dit, la veille de la revue, que cette revue serait la dernière que verrait Louis~Philippc.
Lebrun a déclaré que, le 27 juillet, il rasait le sieur Jossct : comme le temps était nébuleux, il lui dit que ce serait fâcheux qu'il plût pour ies fêtes, Jossel répondit : « II faut espérer qu'il n'arrivera pas de ma! ce jour-là. ■
Le propos est si vaguement rapporté , qu'il n'a pas paru qu'il y eût lieu d'interroger Josset.
Femme OtiDART ( Françoise- Augustine Bigot), âgée de 48 ans, sans projession, demeurant à Paris, rue des Martyrs, n" /6.
La dame Oudart était signalée comme ayant dit, le 28 juillet, à l'hôtel des finances, que le Roi serait assassine à la revue. Le même renseignement indiquait le sieur Desnoyers, employé de ce ministère, comme ayant répliqué : il faut bien que cela finisse, on a trahi la révolution de juillet.
Un juge d'instruction a entendu madame Oudart.
Elle a déclaré qu'elle se trouvait, le 28 juillet, au ministère des finances, pour voir passer la revue, mais qu'elle n'a tenu aucun propos de la nature de celui qui lui était imputé, et que le sieur Desnoyers n'a pu par conséquent lui faire aucune réponse à ce sujet.
PHESLEUR (Jcan-Michel-Charles), âgé de 45 ans , ferblantier-lampiste, né à Paris, y demeurant, rue des Fossé s-du-Temple, «' 20.
Le sieur Forge, appelé comme témoin, a déclaré que, le 28 juillet, 3
avait rencontre Prcsleur sur le boulevart , et que celui-ci lui avait dît : Cest aujourd'hui le coup de bas de Louis-Philippe.
Une perquisition a été faite chez Presleur: elle a produit la saisie de chansons et gravures légitimiates, mais on n'a trouvé aucune pièce ayant rapport à l'attentat du 28 juillet.
Presleur a nié avoir tenu le propos à lui imputé par le sieur Forge ; aucun autre témoin n'étant d'ailleurs indiqué, il a été mis en liberté.
RlVERT, âgé de 7 S à 78 ans.
Le sieur Cosson, perruquier, rue Mouffetard,a déclare que, le 28 juillet dernier, un sieur Rivert serait venu fe trouver, pour se faire raser, vers sept heures du matin, et qu'il l'aurait, à cette occasion, entretenu de la revue projetée pour le même jour. Le sieur Cosson a ajouté qu'il avait cru , dans la conversation de cet homme, apercevoir quelques connaissances prématurées de l'événement alors en projet.
Un mandat d'amener a été décerné contre Rivert, qui paraît inconnu dans la maison où, suivant Cosson, il aurait été logé à cette époque.
L'information n'a pas eu d'autre suite.
Sauvicnon (Jean -Baptiste -François -David), âgé de 17 ans, papetier, né à Bordeaux ( Gironde J, demeurant à Paris, rue Simon-Lefranr , n' 18.
Une lettre signée Duhamel signalait le nommé Sauvignon comme s'étant promené, le 28 juillet, sur le boulevart, en tenant de mauvais propos sur le Roi, et ayant dit, notamment: Pourvu que cet imbccillc ne le manque pas, c'est notre affaire.
Une perquisition faite chez Sauvignon donna lieu à la saisie, 1° d'une lettre écrite par un nommé Lecomte, datée de Bordeaux, le 13 avril 1835 , dans laquelle se trouvaient quelques lignes en chiffres; 2° d'une autre lettre entièrement écrite en chiffres.
Le chiffre étant fort simple, ces lettres ont pu facilement être lues. Lecomte, dans un passage en chiffres, dit à Sauvignon de lui écrire de cette manière. La seconde lettre est de Sauvignon, il annonce à son camarade qu'il est malade en ce moment.
On a aussi saisi chez Sauvignon une petite gravure représentant Danton à la tribune , et un dessin au crayon d'un bonnet de liberté avec des inscriptions analogues.
Sauvignon a été arrêté au moment de la perquisition; il a été interroge et a déclare qu'il s'était en effet promené le 28 juillet sur tes bouievarts, depuis neuf ou dix heures du matin , jusqu'à la revue, mais il a nié avoir tenu Je propos que lui impute la lettre signée Duhamel. Le signataire de cette lettre n'ayant point donné son adresse, il a été impossible de le faire entendre, et comme il n'avait d'ailleurs indiqué aucun témoin, le fait n'a pu être vérifié.
Sauvignon a été mis en liberté.
Bar (Auguste), âgé de 3£ ans , journalier, demeurant à Paris, rut de*
Guillemittes , n* 2.
A Tcpoque des fêtes de juillet, Auguste Bar était ouvrier chez le sieur Marteau, artificier, faubourg Poissonnière, qni, je 27, avait établi, par ordre de l'administration, sur la place du Marché des Innocents, des feux de couleur auprès des tombes de juillet : Bar avait été envoyé le soir pour porter rie l'esprit de vin à l'ouvrier chargé de l'entretien de ces feux. Tous les deux sont restés ensemble jusqu'à minuit.
Le 29 juillet au matin, dans la boutique d'un épicier de la rue du Faubourg-Saint-Denis, et dans l'atelier du sieur Marteau, Bar a tenu des discours fort extraordinaires qui ont eu quelque retentissement dans Paris. Cest en effet dans la rue Dauphine qu'en a été recueilli le premier bruit
A six heures et demie , d'après un témoin , a sept ou huit heures selon un autre, un individu qui était Auguste Zfar avait dit que lundi soir, vers minuit, il avait été arrêté et conduit par force dans une maison où on lui avait fait faire des cartouefies jusqu'au lendemain à midi. Il disait : Sous étions au moins soixante; une personne présente ayant dit ; Mais pas flans la même pihoc? il avait répliqué : // y en avait quatre li avait ensuite annoncé qu'rl connaissait particulièrement quelques-uns des individus qui l'avaient arrêté; qu'on loi avait promis de forgent si le coup ne réussissait pas, et, dan» je cas <où le coup réussirait , une place s'il savait écrire.
Cétait rue Aubry-lè-Boucher, au rapport de l'épicier , et rue Transnonain , suivant une autre déposition, que Bar avait dit avoir été arrêté. Un troisième témoin a déclaré lui avoir entendu dire que ces fripons ( c'est ainsi qu'il s'était exprimé) l'avaient forcé de les suivre boule va rt du Tcusplo , à f endroit même on était la machine; qu'il fy avait vue; qu'il y avait beaucoup de monde; qu'ils étaient dans trois chambres au nombre de plus de soixante; qu'ils avaient lait
des cartouches et des balles; qu'ils ne s'étaient retirés qu'après l'affaire mauquée ; que la porte leur avait été ouverte , et qu'ils s'étaient sauvés tous. . Les témoins se sont accordés à dire, en rapportant ces discours, que riiomme qui les tenait avait i'airde ne pus avoir la teie à lui.
Cest vers sept heures du malin , d'après leconlre-rnaîtrcdu sieur Marteau, que, dans son atelier , Auguste Bar a (bit un récit à peu près semblable.
Le contre-maître lui a demandé pourquoi il n'était pas venu la veille. H a répondu que ce n'était pas sa faute, qu'après avoir quille l'ouvrier auquel il avait apporté de l'esprit de vin au marclié des Innocents, il avait été abordé par deux ou trois individus qui l'avaient forcé à les suivre dans une maison de 1 1 rue Aubry-Ie-Boucher, au quatrième ( à .ce que croit le contre-maître), où s'étaient trouvés une cinquantaine d'autres individus; qu'il avait passé la nuit à boire avec eux , et qu'on ne f avait laissé sortir qu'à deux heures après midi. H a ajouté qu'on lui avait pris dans cette maison ses souliers et une cravate. Au. moment où il fil ce récit, il avait aux pieds des souliers neufs. Il a dit qu'il venait de les acheter.
Des explications lui ayant été demandées, il a exposé que, le 27 juillet , étant parti à minuit du marché des Innocents pour rentrer-chez lui , il avait rencontré dans la rue Aubry-Ie-Bo«cher, des ivrognes qui l'avaient insulté et frappé; qu'il avait continué son chemin ; qu'il était courbé à minuit un quart.
Interrogé sur les discours qu'd avait tenus , il a dit avoir fuit cette histoire pour s'excuser de n'avoir pas travaillé le mardi. Mais il n'avait pas besoin d'une telle excuse dans la boutique de l'épicier.
Toutefois, indépendamment de l'invraisemblance du récit d'Auguste Bar, il résulte de l'instruction qu'H n'a pas acheté, le 29 juillet, les souliers neufs qu'il a montrés au contre-maître; qu'en eflet il les avait commandés à un cordonnier qui est son voisin, qui les lui avait livré* la veille, dans l'après-midi ; que ce même jour, 96 juillet , dès huit ou neuf heures du matin , il était alk: chez le cordonnier les Jui demander; qu'il avait passé presque toute la journée à boire dans la boutique d'un marchand de liqueurs, rue VieiI!e-du-TempIe , n" 68. Cétait dans son quartier- H a fait une dépense assez considérable , qu'il n'a pas payée. II a déclare (rue le lendemain , 29 juillet, avant de se rendre dans le faubourg Poissonnière, il avait bu pour sept à huit sous d'eau-dc-vie chez le même marchand de liqueurs.
II n'y avait pas d'autre suite à donner à ces inibimaticns.
CfSTOT (Jacques-Octave), âgé ris 24 au» , m ù Gaffa, pris Nitplïs, eonunis négociant, tlcmeurauià Parts, rue Ço<jjti{l>irr , n" 28,
Le sieur CustpL quitta Marseille, où sa famille est établie, pour venir à
( -fis )
Paris , où il arriva dans les derniers jours de juillet dernier, et alla demeurer rue CoquHlière, n°28.
Custot fut signalé comme professant habituellement des opinions répubbV caines et comme sciant rendu à Paris dans l'intention d'y assassiner le Roi.
En passant à Lyon, il avait, disait-on, assisté à un repas républicain où on l'aurait coiffé d'un bonnet rouge.
A Paris, quelques jours après l'attentat, Custot aurait dit au Palais-Royal que Girard était un maladroit parce qu'il avait tué beaucoup de monde sans tuer le Roi ; que pour lui il ne l'aurait pas manqué et ne le manquerait pas lors* que son parti le lui commanderait.
Une perquisition fut faite le 4 août au domicile de cet individu; on y saisit diverses lettres sans importance, de la poudre, une balle, du plomb et notamment un bonnet rouge dit phrygien.
Le mandat d'amener décerné contre Custot fut mis à exécution.
Dans son interrogatoire, cet individu repoussa l'inculpation qui lui était faite; il prétendit n'avoir jamais tenu le propos qu'on lui impute; affirma que le jour indiqué il n'était pas au Palais-Royal, mais à Cbarenton, en compagnie de diverses personnes.
Quant au bonnet dit phrygien , il a déclaré l'avoir depuis le carnaval dernier.
Tous les renseignements donnes sur cet individu échappaient au contrôle de l'instruction; aucun témoin n'avait été indiqué. En cet état, Custot a été mis en Jiberté.
Faucheux (Pierre) , âge de 42 ans, menuisier, ne à Paris, y demeurant, rue Saint-André-Popincourt , n* /7.
DES JEUX (Louis-François), âge' de 3 S ans, ébéniste, né à Paris, y demeurant, rue Aloyau, n* //.
Un nommé Faucheux , républicain connu du quartier Popincourt; et membre de l'ancienne société des Droits de l'homme , prétendit le 28 juillet dernier, en apprenant l'attentat du même jour, avoir eu connaissance depuis la veille du projet conçu contre la personne du Roi. Ce propos, proféré en présence de témoins, provoqua l'arrestation de cet homme. U prétendit tenir la nouvelle de l'événement encore en projet du nommé François Desjeux, son beau-frère. Celui-ci fut alors recherché et arrêté. II n'a pas nié la circonstance du propos qui lui est imputé. U l'aurait, suivant lui, entendu rapporter vaguement et en aurait parle de même à sa sœur. H n'a pu nommer les per-
sonnes par l'intermédiaire desquelles cette annonce serait venue frapper ses oreilles.
Une perquisition a été faite aux domiciles des susnommés : Faucheux a été trouve nanti d'une arme de guerre appartenant à l'État et dont il était dépositaire comme garde national : cette arme, sur la demande du colonel de la 8e légion , a été rétablie à la mairie du 8e arrondissement.
li a été placé en outre sous la main de justice quelques écrits qui ne peuvent être l'objet d'aucune inculpation.
Quant aux perquisitions laites chez Desjeux , elles n'ont été suivies d'aucun résultat.
Galland (Victor- Jules), âgé- (le 25 ans, ouvrier en châles, ne à Paris, y demeurant, rue de Paradis-Poissonnicre , n°39.
Galland a été signalé comme ayant dit qu'il s'était trouvé sur le bouîevart au moment de l'attentat , parce qu'il savait qu'il devait se commettre, et qu'il en connaissait les auteurs.
Une perquisition a été faite au domicile de cet individu ; on n'y a rien trouvé qui eût rapport à l'attentat du 28 juillet.
On fut informé que, le 28 juillet, un homme était venu louer, moyennant dix francs, un cabriolet de place, sur le boulevart des Italiens, à dix heures du soir; qu'il f avait conduit devant une porte de la rue de Grammont; que là, un ndividu, se disant fds de la portière, était monté dans le cabriolet, et s'était fait conduire à Sceaux pour y porter le journal du soir. On voulut savoir quel motif pouvait faire porter un journal à si grands frais. L'instruction a établi que le journal avait été porté à M. Jutcau , agent de change, qui était alors à Sceaux ; que son caissier, ayant ordre depuis longtemps de lui porter le journal du soir à la campagne, toutes les fois qu'il était arrivé quelque événement important, avait pensé que l'attentat en était un assez grave pour qu'il fit la dépense d'une course de cabriolet, même à 10 fraucs, pour porter le journal qui l'annonçait.
CcrXAS, coiffeur employé par F Opéra, démentant à Paris, rue Srvre-det
Mathurins, n* 54.
Un sieur Collas, coiffeur, avait été désigné comme ayant annoncé, le jour Ht- l'attentat , que, */ Lonis-Philippc F avait échappé, il n'échapperait pas ut us doute à une mort plus cruelle qui lui était réservée.
, On n'a pu indiquer le lieu où ce propos aurait été tenu , et il n'a été désigné aucun témoin qu'on pût Élire entendre. On n'a pas cru que l'instruction dût être poussée plus loin.
Un procès-verbal du commissaire de police du quartier du Marche- S.-Jcan annonçait qu'un nommé Enard avait dédarc avoir des révélations fort importantes
à faire.
Suivant le même procès-verbal, cet homme aurait raconté que le 28 juillet, une demi-heure ou trois quartsd'heure après l'attentat, un individu, ayant son habit cl son pantalon fraîchement déchirés, serait venu acheter des hottes chez I.i dame Mansaud, pour laquelle il travaille, et que cet individu avait dit qu'il avait sauté par une croisée.
Enard a été cité : il a déclaré que le 28 juillet, en revenant (Tune course, il vit un jeune homme qui venait d'acheter des bottes chez la dame Mansaud; que cette dame l'avait chargé de porter les bottes et d'accompagner le jeune homme; que chemin faisant celui ci lui aurait dit qu'on avait tâché de tirer sur le Koi ; mais que malheureusement on l'avait manqué, et qu'on avait tué le fils d'un mauvais général; qu'il avait accompagné ce jeune homme jusqu'à son hôtel, rue Guénégnud , n" 1 6, et lui avait proposé de cirer les bottes qu'il avait apportées; mais que le jeune homme lui avait répondu : « Non , non , H faut que je retourne t. là-bas , pour savoir ce qui se passe ; » qu'il lui avait demandé ensuite si s» redingote notait pas déchirée, et qu'alors il avait reconnu une déchirure à f épaule droite , et une en dedans du genou gauche du pantalon.
Enard, qui parait tTun esprit borné, a dit n'avoir pas beaucoup de mémoire.
La dame Mansaud a été appelée comme témoin : elle a dit que le 28 juillet un jeune homme était venu chez elle pour acheter des bottes; qu'A avait demandé qu'on les lui portât, disant demeurer près du Pont-Neuf; que son ouvrier Enard venant à rentrer en ce moment , elle l'avait envoyé avec ce jeune homme; unis qu'elle n'avait pas fait attention si celui-ci avait ou non son pantalon d«:ohiré. H n'a pas été question que ce j< une homme eût dit qu'il avait passé par une croisée.
Eard avait déclaré que ce jeune homme occupait , dans un hôtel garni, un cabinet portant le n° 5 : le maître de rhôlel n été cité, et a dit que ce cabinet était occupé par un sieur Vigneron, avocat à Angouléme, qui sortait toujours avec des papiers, et s'occupait d'écrire sur la mythologie.
Depuis (Xavier), âgé de 38 uns, démolisseur, demeurant à Paris, place
Saint- Jean, n' 7.
Par suite d'un rapport du 31 juillet dernier, le sieur Dnpuis aurait déclaré connaître le nommé Girard, avec qui il aurait même bu plusieurs fois dans le café Périnet. Dupuis a été entendu , et a déclaré qu'il connaissait en effet un nommé Girard, mais que ce n'était point l'auteur de l'attentat, et que , depuis cette époque , il avait vu plusieurs fois le sieur Girard dont il avait voulu parler.
LaîTDRY ( Via la t' , âge tic 42 ans, homme de peine de la maison du Roi, demeurant à Paris, rue T/ie'venot, n" 30.
Le sieur Landry fut rencontré, dans fa nuit du 1" au 2 août dernier, ivre et à moitié endormi au coin d'une borne de la rue Sainte -Foi; arrêté par la patrouille, il demanda à être reconduit à son domicile, ce qui eut lieu. Lorsqu'il y arriva, le chef de patrouille s'adressa à la femme Landry, qui excusa son mari, et dit : « Depuis cette affaire (de l'attentat), il est tout dérangé; il a « vu quelque chose ; mais que voulez-vous? on ne peut rien dire, on ne veut « pas se mêler de ces affaires. »
Le rapport du chef de patrouille ayant été transmis à M. le Procureur général , Landry a été interrogé ; mais on n'a pu tirer de lui aucun éclaircissement. Savait- il quelque chose de ce qui se tramait? connaissait il un des inculpés? c'est ce qu'on n'a pu édaircir. Il a prétendu avou vu entrer dans une maison , rue Basse-du-TetnpIe, quelques jours avant Tattenlat, un homme portant une barbe de bouc; il a ajouté qu'il pensait continuellement à cet homme, et jsue ce souvenir le tourmentait.
Notice*. 34
Defokestieh (Joseph-Henri), âgé, de 50 ans, né à Saint-Domingue, peintre, demeurant à Paris, rue Mcs/ay , n" ùo.
Cet homme fut signalé comme ayant, le 27 juillet 1 835 , pendant le service funèbre pour les victimes de juillet 1830, auquel H assistait comme garde national, tenu le propos suivant : « Celui à qui on aurait enlevé tous ses moyens u d existence et qui tuerait le Roi ne commettrait pas un crime : ce serait un « acte de courage ; il faudrait seulement qu'il fît le sacrifice de sa vie. d
Deux témoins ont été entendus. D'après l'un , Dcforcsticr aurait dit : Une personne à qui le Roi aurait retiré ses moyens d'existence pourrait l'assassiner : ce ne serait point un crime; ce serait un acte de courage; mais il faudrait faire te sacrifice de sa vie. D'après l'autre, il se serait exprimé ainsi : " Une personne qui aurait perdu ses moyens d'existence parla <• faute <îu Gouvernement, et qui n'aurait plus de ressources, pourrait assassiner •< le iloi : ce ne serait point un crime; mais il faudrait avoir fait le sacrifice de * sa vie. >»
De forestier, appelé par mandat de comparution, a soutenu n'avoir pas tenu ce propos. Il a dit qu'on parlait d'un individu qui , poursuivi pour un lait politique dont il était innocent, se cadrait et avait ainsi perdu ses moyens d existence, et qu'alors il avait dit qu'un homme était toujours maître de la vu: d'un autre ; que le système du Gouvernement relativement à quelques individus était de nature à pouvoir susciter un Séide, qui pourrait attenter aux jours du lloi.
Les témoins entendus, en rapportant le propos comme ils déclarent l'avoir entendu , ont ajouté que le sieur Dcforcsticr, qui fait assidûment son service comme garde national, est de mœurs douces et incapable de prêter le* nuins à un crime.
Carton ( Louis-Christ ian-Pierre-Francois ) , âge de 26 ans, tailleur d' habits , ne' à Brest , domicilié en ladite ville.
OlDl* fils, domicilié à Brest.
\je sous-préfet de Brest donna avis qu'on lui avait rapporté qu'un rieur Oudin, jeune homme connu à Brest par son exaltation républicaine, et Iwbitmt depuis le milieu du mois de mars 18 35 la capitale, où il est venu inutilement chercher fortune , avait écrit à Brest qu'il était toujours dans une position précaire, niais que cette position allait changer et que, sous quinze
jours, îî serait nommé préfet ; que cette espérance aurait été manifestée .-u nommé Carton, et que ce dernier aurait pris, le 17 juillet 1835, un passeport pour aller à Paris et y serait aljé.
Le 12 août dernier, des mandats d'amener furent décernés contre Gudin et Curlon. Dca commissions n:g noires pour faire perquisition chez eux fut ci. t expédiées en même temps.
Une commission regatoire fut envoyée à Brest, pour entendre les témoins qui auraient connaissance de ces faite; niais cette commission rogatoire est restée vins effet , le sous-préfet n'ayant pu indiquer comme témoin que le maire de Brest, qui lui-même a déclaré qu'il avait seulement dit au sous-pré fut qu'on rapportait, comme bicit de ville, (\uOudin avait dû écrire qu'il était ton joins dans une position précaire, mais que sa position allait changer, et que sous trois semaines il serait nommé préfet; mais il n'a pu se rappeler qui lui avait rapporté ce bruit.
On recherchait pendant ce temps à Parts la demeure de Carton et de Oudui ; mais déjà ils étaient retournés à Brest.
Aucun témoin n'ayant été indiqué contre eux, l'instruction n'a pas été poussée plus loin.
CHARLOT ( André), âge'tle ô9 ans, maître tfliàtcl, demeurant à Abbeville.
Le 25 juillet dernier, le colonel de Bauconrt passait par Abbeville pour se rendre à Paris où son service l'appelait, il était sur le point de monter en toiture, lorsqu'un skur Chariot, aubcigislc, voulut le dissuader de continuer son voyage , sur le motif quï/ devait y avoir du bruit à Paris, et même une. révolution dans celle ville, à l'époque des journées de juillet.
Le sieur Chariot ajoutait tenir ce fait d'un Anglais qui aurait reçu de Paris une lettre qui lui annonçait tes étranges nouvelles.
Appelé , le 3 août, devant le juge d'instruction , le colonel de Bauconrt a confirmé ces détails; et en conséquence, commission rogatoire fut décernée par M. le Président de la Cour, pour entendre le sieur Chariot et rechercher l'Anglais qui disait avoir reçu la lettre dont il s'agit.
Interrogé par le juge d'instruction, le sieur Chariot a déclaré avoir efTcclivemcntdit au colonel de fiaucourt qu'il y aurait peut-être des troubles à Paris, à l'époque des anniversaires; mais qu'd avait énoncé ce fait, ou piutùt celte présomption, sur un bruit qui en avait couru à Abbeville. Il a ajouté que ce bruit avait même circulé en Angleterre, et quune dame anglaise avait rapporté qu'on craignait un mouvement à Paris pour cette époque; mats il a allume n'avoir rien dit, rien annoncé de positif, et seire exprimé vis-à-vis du colonel
dans des termes qui annonçaient le peu d'importance qu'if attachait i ces propos.
Rien, en effet , dans l'instruction , n'est venu donner de consistance à cette conversation, résultant, comme tant d'autres, de l'inquiétude que des articles de journaux et un complot récent avaient jetée dans les esprits.
Dupahc (Yves), âgé de 37 ans, né à Tollé, près Morlaix (Finistère), marin de deuxième classe, de la 45' compagnie des équipages de Hgnc, étant à bord de la corvette la Dordogne.
M. le procureur du Roi de Brest fut informé qu'un marin de la Dordogne, corvette de l'Etat, alors en rade de Brest, nommé Yves Duparc, avait dit, dans les environs de Morlaix, le 28 juillet dernier, étant en état d'ivresse: Une révolution est près déclalcr; je le tiens du Préfr.t. M. le procureur du Roi, après s'être concerné avec le préfet maritime, interrogea Duparc, le 3 septembre. Ce marin a déclaré qu'il était à bord de la Dordogne depuis le 27 juillet 1834; qu'il avait obtenu un congé pour aller dans sa famille ; qu'il n'avait aucun souvenir des propos qu'on lui imputait; qu'il se rappelait seulement qu'étanl ivre, il passait dans un petit bourg; qu'il crut qu'on le prenait pour un déserteur; qu'il peut avoir dit qu'il était informé confidentiellement, par M. le Préfet, qu'une révolution allait éclater incessamment dans le pays; qu'il le croyait, puisque des personnes dignes de loi l'attestent, mais que son ivresse suffit pour expliquer de tels propos, parce que dans cet état il dit tout ce qui lui passe par la tête.
Une instruction a eu lieu : il en est résulté que, quelques jours avant les journées de juillet , Duparc passait devant la maison d'un sieur Lescuyer, au hameau de Quinqucs, commune de Saint-Sève, arrondissement de Morlaix, et qu'il dit aux personnes qui étaient dans cette maison d'avertir les maîtres de la maison d'en sortir cette nuit là même, parce qu'il y avait grande révolution; ajoutant qu'il était venu de la part du sous-préfet, qu'il avait rempli son devoir, et dit, en regardant un calepin et ensuite la tourelle de la maison: « Cest bien
• ici; c'est la tourelle sur laquelle il y a un coq; c'est bien celle qu'on m'a dé-
• signée », et ensuite il s'en alla à travers champs.
Deux quartiers -rouitres de manoeuvres ont été entendus; tous deux ont uY-cfaré n'avoir pas su les propos imputés à Duparc, et ne lui en avoir entendu tenir aucun semblable. L'un d'eux est cousin de Duparc, par alliance; l'autre appartient à l'équipage de la Dordogne : suivant ce dernier, Duparc n'est qu'un bavard, qui ne parie ni breton ni français.
Duparc u'a pu être interrogé une seconde fois, en exécution de la cotn-
mission rogatoire envoyée à Brest, parce que la Dordogno avait quitté la rade de Brest, pour se rendre au Havre, d'où elle a dû partir immédiatement pour les Antilles.
Foucault (Augustin-René), cultivateur à la ferme de Bois-IJenault , commune de Cernay, arrondissement de Chartres (Eure-et-Loir).
Foucault avait été dénoncé comme ayant dit, du 22 au 24 juillet : « Votre s gouvernement n'est rien; il louche à sa fin , car il va tomber d'ici à quelques ■ jours; je vois les journaux, et quelque chose de plus; je viens de recevoir, « tout récemment, une lettre particulière de Paris, qui m'annonce que le Roi • est sur le bord de la rivière, et d'ici à quelques jours vous entendrez parler « de quelque chose. »
L'instruction a démontré que ces propos n'avaient pas été tenus par Foucault, et tout concourt à prouver que la dénonciation dont il a été l'objet n'est qu'une vengeance exercée contre lui.
FOHESTIEH (Biaise), âgé de 5/ ans, marchand de vins aubergiste , demeurant à Billancourt, commune d'Auteuill
Une lettre anonyme adressée à M. fe préfet de police, le 2 août dernier, a signalé l'auLerge du sieur Forestier, marchand de vin à Billancourt, comme un des lieux où , dans la matinée du 26 juillet dernier, des propos auraient été tenus sur l'horrible attentat du même jour.
Le sieur Forestier a été cité et entendu; H a déclaré n'avoir aucune connaissance desdits propos.
Fille ARDOUIM (Éléonore), âgée de 27 ans, culotière, née à Êtouy (Oise), demeurant à Paris, rue du Mail, n* 45.
La fille Ardouin demeure avec le nommé Margara, âgé de 20 ans, ouvrier tailleur, né à Doio-Aqua, rivière de Gènes.
Elle est partie le 4 juillet pour son pays, où eUe est restée jusqu'au 25 du même mois.
M. Ic procureur du Roi près le tribunal de première instance de C?er> monta écrit le 1 1 août, à M. le Procureur du Roi près le tribunal de première instance du département de la Seine, pour lui faire connaître qu'liléonore Ardouin avait dit à plusieurs personnes du village d'Éiouy, qu'on tuerait Louis- Philippe dans les fêtes de juillet; qu'on avait déjà voulu le tuer, il y avait quinze jours, et qu'il y avait vwgt-cinq personnes d'arrêtées.
Par suite de cette lettre, M. le Président delà Cour des Pairs a décerné une commission en venu de laquelle le juge d'instruction de Clcimout a entendu plusieurs témoins.
Deux de ces témoins seulement ont déposé d'une manière un peu explicite des propos dont il s'agit.
Clarisse Bourdon, couturière, a déclaré qu'un jour, qu'elle croit être le 2i juillet, elle était allée chez le sieur Carivyer ou se trouvait Éléonore, qui avait parlé des fêles de juillet; qu'elle avait annoncé avoir entendu dire qu'on tuerait Philippe à cette époque; qu'on avait voulu le tuer il y avait quinte jours, mais sans y avoir réussi; qu'il y avait eu vingt -cinq personnes arrêtées à l'occasion de cette tentative.
Carroyer a rapporté qu'ÉIéonore Ardouin avait dit chez lui, devant Clarisse Bourdon , en parlant des fêtes de juillet : « Ça sera beau, on tuer» «Philippe. »
Ce témoin a ajouté que, l'ayant interrompue pour lut représenter qu'elle avait tort de dire de telles choses, elle lui avait répondu : « Tu verras; déjà il « y a quinze jours, on a encore voulu le tuer; il y en a vingt-cinq de pris a pour cela.»
Éléonore Ardouin, appelée devant le juge d'instruction a nié les propos qui lui étaient attribués; elle a déclaré avoir entendu dire dans son pays qu'on avait voulu tuerie Roi; que l'homme qui devait le tuet s'était endormi ; que c elait dans le journal.
L.AMOTHE (Guillaume), âge de 45 ans, ne à Monsc'gur ( Basses- Ptftvnées), marchand, demeurant à Bordeaux, rue Notre- Dame- aux- Chartrons, n" 99.
Un sieur Lamothe, marchand de tuiles à Bordeaux, fut signalé comme ayant, avant l'attentat, tenu des propos qui semblaient annoncer le crime, ou au moins faisaient présumer qu'il était informé de son exécution projetée. Cet individu, entendu à Bordeaux par commission rogaloire, a nié les propos qui lui étaient imputés, et rien, dans t instruction, n'est venu les confirmer.
l/iic perquisition faite à son domicile n'a produit aucun résultat. -
LapEHTOT (Pierre-François-Ferdinand), âgé de 2/ ans, né à Soutien (Coted'Or), étudiant eft pharmacie, demeurant chez son pire, à Moulins- . en-Gilbert ( Nièvre ).
Le sieur Ixiprrlol a cjé signalé comme ayant annoncé plusieurs jours avant l'attentat que le Roi devait être assassiné le 28 juillet.
M. le Président de la Cour des Pairs a cru devoir, sur Favis de ce propos, commettre M. le président de la chambre des mises en accusation de la cour royale de Bourges, pour rechercher la source de la connaissance acquise à l'avance par Laperlot du susdit événement.
L'instruction parait avoir démontré l'exactitude des renseignemens donnés, quant à l'existence du propos tenu par Laperlot.
Un mandat d'amener a donc été décerné contre ce dernier.
Laperlot a pic tendu n'avoir point annoncé pour le 28 juillet l'attentat projeté ou la mort du Roi ; ii a déclaré qu'en parlant de ce jour il s'était tenu daut les généralités; qu'il avait prononcé peut-être les mots de bruits et d'émeutes, tels que la voix publique les avait amenés à sou oreille.
Laperlot a été remis en liberté.
LEQUEUX (Louis-Philippe), âge' de 26 ans , militaire au 53* <lc ligne , en congé' illimité, né à Deuuarde ( Aisne ) , y demeurant.
Leuue.Hx avait été signalé à la gendarmerie de Cliàteau-Thierry comme soupçonné d'avoir eu des relations avec Paris, relativement à la machine in feinale. On avait l'ait prendre des renseignements, et il en était résulté que, depuis quatre mois que Lequeux était en congé à Château-Thierry, il faisait souvent le voyage de Paris; qu'il disait qu'il attendait avec impatience les journées de juillet, et que le Roi ne la ferait pas longue; qu'il disait aussi qu'il avait beaucoup d'argent; que c'était M. le curé de Château-Thierry qui lui en donnait; qu'il avatt une ll< ur-de-lis sur le côté gauche; .qu'il se faisait connaître pour un dévoué républicain; qu'il était arrivé de Paris peu de jours avant les journées de juillet, et était reparti de suite. D'après ces documents, Lequeux fut arrêté le 30 août dernier.
Une instruction fut faite à Château-Thierry, par suite d'une commission rogatoire de M. le Pi évident de b Cour «les Pairs. JI est résulté des dépositions îles
témoins entendus que Lequeux allait souvent à Paris; mais un seul de ces témoins, la femme Davoust, marchande de vins à Château-Thierry, a parlé des propos qu'il aurait tenus. Cette femme a dit que Lequeux venait boire chez elle avec les personnes qui lui achetaient des formes, et qu'il l'avait chargée de lui procurer des acheteurs; que Lequeux faisait de fréquents voyages à Paris et disait qu'il y allait pour voir une femme avec laquelle ii devait se marier, et que c'était cette femme qui faisait les frais des voyages; que son père lui donnerait 10,000 francs pour son mariage; qu'au retour d'un de ses premiers voyages à Paris, Lrqueux lui avait montré de l'argent; qu'à son dernier départ pour Paris il était venu chez la femme Davoust avec sa sœur et un petit enfant; qu'ils demandèrent è dîner; que Lequeux sortit un instant et rapporta 40 francs en sous et de l'argent blanc; que, la femme Davoust lui ayant demandé ou il avait eu cet argent, il répondit : « C«t M. le curé qui me fa donné, « et j'en aurai quand je voudrai; »que Lequeux disait qu'il attendait avec impatience les journées de juillet; qu'il y aurait du nouveau; que le Roi la danserait parce que les républicains le jetteraient à bas; qu'il disait qu'il avait de grands projets, qu'il ferait un grand voyage, qu'il tenterait la fortune et qu'il viendrait un jour tres-riche; qu'il dit un jour qu'il avait une fleur-de-lis sur le côlé gauche, et qu'il était tatoué sur un bras ; qu'il parlait sans cesse de république, et disait qu'on serait plus heureux sous un gouvernement républicain, et que la république qu'on donnerait ne serait pas comme celle d'autrefois. La femme Davoust n'a pas indiqué le lieu où ces propos auraient été tenus.
Lequeux a été interrogé à Cliâteau-Thierry : il a nié tous les propos à lui imputés par la femme Davoust. Il a dit n'avoir rapporté, à son premier voyage, qu'une somme dfe 45 francs, dont 20 francs en une pièce d'or et une pièce de 5 francs; qu'une autre fois il avait eu 18 francs en sous, et non 40 francs, comme le dit la femme Davoust, et qu'il avait rec,u cette somme d'un sieur Massé.
Le sieur Camus, formier, demeurant à Paris, a déclaré que Lequeux avait travaillé un jour chez lui et qu'il lui avait plusieurs fois donné des embouchoirs pour les vendre; qu'une première fois il lui en avait donné pour 20 francs et une autre fois pour 32 francs; que Lequeux lui avait remboursé seulement les 20 francs.
Il est résulté des dépositions des témoins entendus à Paris que Lequeux ne s'occupait pas de politique; qu'il ne voyait que ses frères, sa tante, le sieur Camus et le sieur Rossignol, dont il avait ramené l'enfant de Château-Thierry à Paris, aux approches des fêtes de juillet ; qu'il avait logé chez le sieur Rossignol, eu juillet et août 1 835 ; qu'il s'occupait dans la maison dudit sieur Rossignol, et sortait très-peu; que, le 28 juillet 1835, jour de l'attentat, il avait passe toute la journée à travailler dans la maison avec les domestiques de Rossignol,
Lequeux, qui avait été arrêté, a été mis eu liberté.
MOROSI ^Antoine), âgé de 33 ans , réfugié italien, né à Brescia (Ijymbardie), marchand de savon et de cristaux, ayant déclaré demeurer ordinairement à Paris, rue Saint-Honoré , n' /S2.
Un réfugié italien, le sieur Negro, dont la résidence est à Tours, a écrit le 15 août dernier, au préfet d'Indre-et-Loire , pour f informer de propos qui auraient été tenus par Morosi, relativement à l'attentat du 28 juillet. Le sieur Negro déclare que Morosi ]ui a dit avoir connu Fiesehi, mats de vue seulement, et savoir qu'il devait y avoir deux machines infernales-. Negro déclare, en outre, que Morosi lui a dit de plus avoir été informé de l'attentat avant qu'il eût lieu. Enfin, Morosi aurait ajouté que, s'il n'avait pas quitté Paris, H aurait été peut-être arrêté.
Par une commission de M. le Président, du 24 août, le juge d'instruction de l'arrondissement de Tours a été délégué pour entendre comme témoins les sieurs Negro et Morosi, ainsi que toute autre personne dont la déclaration pourrait être utile.
Le juge d'instruction de Tours n'a pu recevoir que la déposition du sieur Negro. Le sieur Morosi était parti pour la foire de Blois.
La déposition du sieur Negro, quoique fort étendue, n'est toutefois, en ce qu'elle offre d'essentiel, que la répétition du contenu delà lettre du 15 août.
En vertu d'une nouvelle commission de M. le Président, adressée au juge d'instruction de Blois, ce magistrat a reçu la déclaration fie Morosi, qui a nié les propos , et l'a confronté à Negro, qui a soutenu en sa présence qu'il les avait tenus.
M. le juge d'instruction a cru devoir faire arrêter provisoirement le sieur Morosi, qui, sans domicile fixe, possédait seulement quelques marchandises de là plus mince valeur, et n'avait même pu louer pour son compte l'emplacement où il étalait su".- le champ de foire.
Morosi déclarait qu'il avait quitté Paris au mois de mai, s'était rendu dans le mois de juin à Nantes, y était resté jusqu'au 10 août, jour de son départ pour Tours.
Il était, en effet, porteur d'un passe-port délivré à la préfecture de police, le 1 9 mai , et sur lequel existent plusieurs visas qui paraissent justifier ses allégations.
Il est aussi résulté de la déposition d'une femme, qui habite la même maison que lui à Paris, et dont la chambre était voisine de la sienne, qu'il était parti plus de deux mois avant le 28 juillet.
II a été mis en liberté.
Noticbs. 55
PARENT, ouvrier, demeurant à Ozouer-la-Fcrrière.
Le sieur Parent avait été signalé comme ayani dit, en présence de témoins, plusieurs jours avant l'attentat, que le Roi avait déjà été manqué , mais' qu'il était bien sur qu'il ne serait pat manqué à la revue.
Les sieurs Gaidan et Poterlot, témoins indiqués dans la note, ont été entendus, et il résulte de leurs dépositions qu'ils ont entendu parler à l'avance de l'attentat; mais on ne pourrait attribuer ces propos à Parent, qui n'est connu ni du sieur Gaidan, ni du sieur Poterlot, ainsi qu'ils le déclarent.
Parent a été recherché à Ozouer-b-Ferrière , mais il est totalement inconnu. Il n'a donc pu être interrogé.
Popp (Jean-Baptiste-UIric) , commis négociant, âgé de 45 ans, né à Strasbourg , domicilié en cette ville.
Popp avait été signalé comme ayant dit à Altkirch, à la fin de juin ou au commencement de juillet 1835, qu'il venait de Paris, qu'il y aurait ■du changement, une révolution, aux fêtes de juillet, il fut arrêté à Colmar; une instruction fut faite à Altkirch, où le propos aurait été tenu : deux témoins seulement, les sieurs Wagner et Betlwiller ont déclaré que Popp leur avait dit : au premier, qu'il venait de Paris, et ensuite mystérieusement que, le 27 ou 28 juillet, il y aurait à Paris un événement extraordinaire et de grands changements , et qu'on ne voulait plus des anciens ; au second : qu'il avait demandé un emploi, mais qu'il n'en avait pas trouvé; que sous le Gouvernement on ne pouvait rien obtenir; que bientôt cela changerait; qu'une révolution éclaterait aux fêtes de juillet.
Popp s'était présenté chez les deux témoins en feur demandant des secours; il s'était présenté pour le même motif chez un grand nombre d'autres personnes; ses vêtements annonçaient la misère. Tous les autres témoins ont déclaré qu'il ne leur avait pas parlé de politique. Le voyage de Popp à Paris n'est pas établi ; tout au contraire , il paraît qu'il n'y était pas allé. Probablement il avait' imaginé cette fable pour intéresser d'autant plus ceux chez qui il se présentait pou/ demander des secours.
-Vannieh (François-Charles- Jacques), prêtre, âgé de 44 ans, né à Viljré, demeurant ci-devant à Saint - Christophe , maintenant à Chàlons {Marne).
On avait-été informé à Chàlons que Vannier avait tenu, avant ie S 1 juillet, des propos qui pouvaient faire supposer qu'il avait eu connaissance de l'attentat dirigé contre la personne du Roi , avant qu'il eût été commis. H était arrivé à Chàlons, venant de Paris, quelques {ours avant l'attentat, et avait fait, depuis, un voyage dont il était revenu le 31 juillet. On supposait qu'il était allé de nouveau à Paris.
Une perquisition fut faite dans ses effets. On y trouva un cachet fait avec un bouton à fleurs de lys, une liste de députés légitimistes, une parodie de fa Parisienne , dans le sens de l'opinion légitimiste; une chanson contre ie Gouvernement; une iettre datée des environs de Clisson, 1832, sans signature, et par laquelle on recommande quelqu'un à Vannier, en termes mystiques ; des notes intitulées : Quelques réfiexions sur la légitimité, et qui paraissent destinées aux journaux; une autre note intitulée: De F espérance d'un retour aux véritables principes; une lettre datée du 27 avril 1835, et signée de Tévéque de La Rochelle, qui, dans cette lettre, rappelle à Vannier les désagréments qu'il a éprouvés dans une précédente paroisse, lui dit qu'il avait espéré que ses avis f éloigneraient désormais de tout reproche, lui déclare que les derniers événements arrivés à Saint-Christophe, et qui l'ont conduit devant les tribunaux, ont détruit son espoir et rendu nécessaire la retraite de Vannier; que déjà on a été obligé de le faire sortir de la Saintonge.
Vannier, interrogé à Chàlons, a déclaré qu'il était parti de Paris le 19 juillet 1835, et que, depuis, il n'y était pas retourné; qu'à son second voyage il n'était allé qu'à Montmirail, dans le but de voir la duchesse de Doudeauville. Des renseignements ont été pris et ont justifié cette assertion.
Une instruction a été faite à Chàlons sur-Marne, plusieurs témoins ont été entendus; deux d'entre eux, les nommés Braun et Jacquez, ont déclaré qu'ils étaient partis le 19 judlet de Paris, par la voiture d'un sieur Vidal; qu'ils étaient dans l'intérieur avec une femme et le sieur Vannier, qu'ils ne connaissaient pas alors; qu'en sortant des faubourgs de Paris, Vannier parla des affaires d'Espagne, et dit qu'il n'y avait que des Anglais dans la Péninsule; que c'était défendu à Louis- Philippe d'y envoyer des Français, parce que la Russie l'en empêchait; qu'on voulait faire tomber le commerce; que la Russie empêchait les vaisseaux français de débarquer en Turquie; qu'à Meaux Vannier demanda à descendre, disant qu'il avait mal aux dents; qu'un des voyageurs lui ayant conseillé de la faire arracher, Vannier répondit : J'ai besoin
de mes dents pour mordre plus tard ceux qui sont plus gros que moi; que , vers deux ou trois heures du matin , Vannier parla de Henri V, et qu'un voyageur ayant dit qu'il était empoisonné, Vannier répondit que cela n'était pas, et que Henri V était aussi gros et gras que lui, et qu'il se portait bien; que dans le moment où on disait que Henri V était empoisonné on répandait le bruit qu'on voulait assassiner Louis-Philippe , mais que Ton ne disait cela que pour sonder les partis et pour savoir quels seraient les plus forts; qu'il ajouta : Voilà plusieurs fois qu'on a cherché à assassitier Louis-Philippe; mais un de ces quatre matins, lui et toute sa famille sauteront d'un seul coup; qu'il disait que Henri V descendrait en France par les Hautes- Pyrénées, la duchesse de Bernj en Vendée, et le duc d'Angoulême dans le midi ; que tous ces pays ne faisaient qu'un , et que tout cela éclaterait en même temps.
Vannier n'a pas nié d'une manière absolue tous ces propos; il a dit qu'H avaitété mai entendu. II a déclaré qu'H avait dit à l'un des voyageurs, qui parlait toujours de guerre, que Louis-Philippe était la meilleure tétede son conseil; qu'il était pacifique, et voyaitec qu'il y avait de bon à faire; que l'état de paix ne compromettait jamais le bonheur de la France, et que l'état de guerre mettait son autorité en problème; que les journaux avaient dit que, si on intervenait en ' Espagne, la Russie avait menacé de faire débarquer le duc d'Angoulême dans le midi et le duc de Bordeaux dans la Bretagne; et qu'ainsi Louis-Philippe, placé plus haut que nous, voyait mieux que nous ce qu'il y avait à faire. Que , comme on parlait politique, il dit qu'il ne fallait pas baser son opinion sur les journaux; et, à propos de cela, il avait cité comme exemple qu'on avait vu annoncer par les journaux la mort de Henri V et l'assassinat projeté de Louis- Philippe.
Vannier a déclaré avoir fait le cachet à fleur de lys sous le règne de Louis XVIII, et ne s'en être servi que sous la restauration.
Des renseignements ont été .transmis par M. le procureur du Roi de La Rochelle. Il en résulte que Vannier a été desservant de la paroisse de Saint-Christophe; qu'en mars 1815, il porta plainte contre un nommé Benat , charpentier, à l'occasion de troubles apportés à l'exercice du culte; que Benat, traduit en police carrectionnelle, fut condamné à quinze jours d'emprisonnement; que Vannier, étant en mauvaise intelligence avec ses paroissiens, avait oublié son caractère de prêtre au point décrire une lettre remplie d'injures grossières à un membre du conseil municipal de sa commune, et qu'il allait être traduit devant les tribunaux, lorsque l'évêque l'obligea à reconnaître ses torts, et se décida à lui retirer son emploi.
Vannier avait dit avoir logé, à Paris, chee les sieurs Boniface et Maeder, maîtres d'hôtels garnis. Ces deux individus ont été entendus : il est résulté de leurs livres et de leurs dépositions que Vannier a été à Paris du 27 mai au 1 1 juin 1835, chez Boniface; du 12 juin au 1" juillet 1835 , et du 9 au
16 juillet de fa même année, chez Maeder; qu'il ne voyait personne, paraissait tranquille , et ne parlait pas de politique.
Le sieur Desvarennes , receveur des contributions indirectes à Valençai (Loir-et-Cher), a adressé au préfet du département une lettre, en date du 4 août, par laquelle il annonce que, dans une tournée qu'il vient de faire , étant le 3 à Lys, chez un débitant de tabac, il y a rencontré le maire de la commune de Goufly, lequel, dans une conversation qui se tenait à table entre eux trois, a dit qu'il savait , depuis une époque remontant au 19 juillet, d'un de ses voisins qui est son parent, quête Roi devait recevoir vingt-cinq coups de fusil. D'après la lettre du sieur Desvarennes , le débitant de tabac aurait ajouté : « Je suis à peu près fixé sur la personne qui a dû faire cette confidence « à mon parent ; je n'en répondrais pas cependant : mais comme celui qui « m'a confié cela existe encore, il vous le dirait tout comme à moi, et, je vous « le répète, je savais, quinze jours avant l'événement, que notre Roi devait <• recevoir vingt-cinq coups de fusil le 28 juillet. »
M. le préfet s'est empressé de transmettre cette lettre à M. le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Bïois, qui aussitôt a requis le juge d'instruction de se transporter, sans délai, à Gouffy, pour entendre le maire de la commune et toute autre personne dont la déclaration pouvait être utile à la manifestation de la vérité.
Le président du tribunal , faisant les fonctions de juge d'instruction , s'y est rendu de suite avec le substitut du procureur du Roi
Le maire de Gouffy , M. Brun, a déclaré que, le 1 2 juillet, dans la soirée, Jean Sicault, son cousin, lui dit qu'il revenait de Saint-Aignan, où il avait appris qu'on avait tiré sur le Roi, ajoutant : u Vous devez le savoir. » M. Brun lui a répondu qu'il ne savait rien. Alors Sicault a encore ajouté : <• On dit u même qu'on lui a tiré vingt-cinq ou trente coups de fusil. »
Voilà, scion la déclaration de M. Brun, le propos qu'il a tout simplement répété à Lys , en présence du sieur Desvarennes.
Quant au sieur Sicault, il a déclaré que, chez le nomme Morcau , cabaretier à Saint-Aignan, des gens qu'il ne connaît point avaient dit : « On a tiré « sur le Roi un grand nombre de coups de fusil. »
Suivant Sicault, le nombre des coups de fusil n'a pas été déterminé ; luimême ne l'a pas non plus énoncé dans sa conversation avec son cousin.
Les magistrats se sont transportés à Saint-Aignan ; mais lecabaretier Morcau était dans un état d'ivresse qui n'a pas. permis de l'entendre.
La déclaration de M. Brun et celle du sieur Sicault n'avaient pas été prises d'abord sous la foi du serment. Ils ont été appelés depuis comme témoins à Bïois , ainsi que les sieurs Desvarennes et M or eau. Il a été procédé à leur audition , le 14 août.
Le sieur Desvarennes a fait une déposition conforme à sa lettre , et M. Brun a seulement renouvelé sa déclaration ,. avec cette addition peu importante, que Sicault s'était adressé à lui en sa qualité de maire, lorsqu après avoir annoncé qu'on avait tiré sur le Roi , il avait ajouté : « Vous devez le savoir. »
MM. Brun et Desvarennes ayant été confrontés ensemble , chacun a persisté dans 6a déposition.
Quant au sieur Sicault , en énonçant le propoStenu à Saint-Aignan , 3 s'est mis d'accord avec son parent sur ce qu'rl lui avait rapporté du nombre des coups de fusil. Cette fois, il a déclaré que, placé près d'une table où étaient des jeunes gens habHIés en ouvriers, il avait entendu l'un d'eux dire : ■ On « a tiré sur le Roi vingt-cinq à trente coups de fusil ; mais le Roi n'a pas été u blessé. »
Le cabaretier a prétendu ne rien savoir.
Un sieur Vassal, marchand tapissier, avait été indiqué comme ayant entendu tenir, par un cx-gardedu corps, des propos qui pouvaient avoir rapport à l'attentat du 28 juillet II a été cité comme témoin, et a déclaré que, le 30 juillet dernier, un ancien garde du corps de la compagnie de Gramont, dont il ne sait pas le nom , était venu chez lui et lui avait demandé pourquoi on faisait un mur autour du château de Saint -Germain; qu'il lui avait répondu que c'était pour en faire une maison d'arrêt militaire, et qu'alors cet ancien garde du corps répondit : Vous ne savez donc pas qu'avant six semaines ce mur sera renverse', et nos compagnies rentreront dans leurs quartiers , qu'il dit aussi que la Bretagne était en insurrection, et que Ton ne voulait pas payer les impôts; qu'il en arrivait.
Le nom de cet ex-garde du corps n'a pu être connu. II paraît seulement, d'après la déposition du sieur Gasse, qu'il est neveu d'une dame de Gclin, qui habitait autrefois Saint-Germain, mais qui a quitté cette ville.
GAULTIER (Isidore), né à Combourg, arrondissement de Saint-Mai j (llle-et-Vilaine), ouvrier chapelier.
Le nommé Gaultier se rendit, dans le cours du mois de juin dernier, àChàteau-Gontier pour y chercher de l'ouvrage. Cet individu s'y faisait remarquer par l'exaltation de ses opinions politiques; il pariait sans cesse de la république, dont il vantait les avantages.
Cinq ou six jours avant les fêtes de juillet, il affirma qu'il se passerait quelque chose d'extraordinaire pendant ces fêtes; et voyant devant lui le portrait du Roi, il proféra contre Sa Majesté les plus dégoûtantes injures, ajoutant que s'il avait un pistolet, il lui brûlerait la cervelle. Pendant les fêtes, Gaultier pensait que Ton se battait à Paris; et lorsque la nouvelle de fat tentât contre le
Roi fat coniraey il voulait parier de nouveau qoefc Roi serait mort, dans six semaines.
En raison de ces faits, Gaultier a été traduit aux assises de la Mayenne et condamné à six mois d'emprisonnement. Les débats ont atténué la gravité des propos imputés à Gaultier. Il ne paraît pas qu'il existe aucune relation entre le délit qui a motivé sa condamnation et l'attentat de Fieschi.
Maraninchi (Pierre^, »«' «* Carte, faisant partie d'un détachement partout pour t Espagne.
Maranincki fut signalé à M. le lieutenant général commandant la 20* division militaire comme ayant , dans la journée du 1 8 août dernier, frappé plusieurs hommes du détachement, et fait avec une canne un trou à la téte de l'un d'eux. Sur lès représentations qui lui furent faites par ses chefs, Maraninehi exprima le désir qu'il avait de se porter à de pareilles violences envers tous ses camarades, ajoutant que si on ne le laissait pas tranquille, il les assassinerait tous pendant leur sommeil. Cet individu était de plus signalé pour avoir dit, en présence des sieurs Michaille, Léotaud, Roussin et Borgazzy , ses camarades, que Fieschi avait mal fait de diriger sa machine de manière a atteindre plusieurs personnes , et que , si la duchesse de Berrtj hii donnait cinquante mille francs, avec mission d 'assassiner le Roi , il exécuterait ce crime en huit jours. Léotaud et Michaille lui reprochèrent f atrocité de ce propos; mais Maraninchi répondit par des menaces, et, s'adressant à Léotaud, lui dit: «Si je savais que tu fusses philippiste, je te f..... mon couteau dans le « ventre, au moment où tu y penserais le moins. » Depuis cette époque, Maraninchi a passé en Espagne. L'instruction qui a eu lieu a motivé un envoi devant le tribunal correctionnel d'Oloron, mais n'a pas établi qu'il y ait eu aucune sorte de complicité entre Fieschi et cet individu, pour l'attentat du 38 juillet dernier.
Un nommé Julien Devaux avait été signalé comme ayant été arrêté à la suite de l'attentat du 28 juillet; on indiqua un sieur Rouget comme témoin pouvant déposer de faits à charge contre cet homme.
Vérification faite, il a été reconnu qu'aucun individu du nom de Julien Devaux n'a été arrêté.
Le sieur Rouget a été entendu ; il a déclaré que le nommé Julien Devaux a été à son service comme garçon limonadier; qu'il l'a renvoyé, il y a deux ans, parce qu'il parlait toujours politique, et tenait des propos contre le Gouvernement; que cet homme lui avait souvent dit : * Vous avez, quelque chose, .> il faudra un jour que nous le partagions. ... Si je tenais le Roi, je Tétrana gierais. »
Aucun fait spécial, tendant à établir une participation à l'attentat du 2$ jn& let, n'ayant été indiqué contre Julien Devaux, il n'a pas été recherché.
Une lettre adressée, le 20 août dernier, à M. le préfet de police, et signée des initiales L. P. M., signalait le nommé Gaudy comme ayant dit chez une marchande de vin , la dame Gosselct, vers le 1 6 ou le 1 7 août : « Que Louis- « Philippe était un avare qui ne dépensait rien que pour lui et -sa famille ; « que toute sa race , élevée à l'école de l'avarice etxle t'amour des trésors, serait «de même, et ne serait contente que lorsqu'elle aurait arraché le dernier sou «provenant des sueurs du peuple. Gaudy aurait même ajouté : // est bien « malheureux que Ficschi n'ait pas réussi, car nous en serions débarrassés, « ainsi que de sa clique. — 11 est bien malheureux que Fieschi n'ait pu se » sauver, car il n'aurait pas compromis de bons enfans, tels que Morey , Rp- « naudin et autres que je connais très-bien... Pourvu qu'il ne me compromette « pas;., mais non, il ne me connaît pas par mon nom. S'il mourait, nous reste- « rions tranquilles. Pourvu qu'il ne parle pas... mais non, il a du caractère et « de la fermeté. »
L'auteur de cette lettre disait que, si on avait besoin de le connaître, on n'avait qu'à insérer la note suivante dans le Journal de Paris : « M. L. P. M. est « invité à passer A LA P. D. P. » Cette insertion a été faite sans succès. Néanmoins , comme les propos annoncés étaient graves, une perquisition a été faite chez Gaudy ; mais elle n'a rien produit. La dame Gosselct a déclaré n'avoir entendu aucun des propos qu'on impute à Gaudy.
La même lettre signalait un nommé Buscb comme pouvant n'être pas étranger à l'attentat du 28 juillet; car, dit la lettre, dès le 23 juillet il faisait ses préparatifs de départ, et en eflet , il est allé à Saint-Ouen, chez un de ses amis tenant restaurant, y est arrivé le 28 au soir, y est resté plusieurs jours, cl n'est rentré à Paris que lorsque tout a été calme.
Ce document n'était pas assez précis pour motiver une instruction : on a du attendre que l'auteur de la lettre fut connu, et il ne l'est pas encore.
Une lettrede M. le procureur du Roi d'Avaïon, en date du 5 août, signalait le nommé Oddoul fils comme étant au nombre de ceux qui manifestaient à toute occasion de la sympathie pour les agitateurs et les séditieux. II annonçait qu'un ébéniste avait dit que la veille de l'attentat Oddoul était informé de ce qui devait arriver; que depuis Pâques il savait que le Roi devait être assassine; qu'à cette époque l'ébéniste dont il s'agit avait été livrer une commode chez Oddoul; que celui-ci l'avait retenu à déjeuner; qu'alors il lui parla mal du Gouvernement, et dit : «Votre Roi n'a pas dix mois a vivre; » que le 27 juillet 1835, Oddoul fils lui avait eucorc dit : Votre Roi n'a pas long-
temps a vivre. Je suis en correspondance avec Paris, et j'en sais long; qu'enfin, le 28 juillet, Oddoul et d'autres républicains au nombre desquels était le nommé Rolland-, étaient allés à Lisle; qu'ils avaient assisté à un banquet républicain, où ils avaient bu à la mort actuelle du Roi.
Une instruction fut faite dans 1 arrondissement d'Aval on. Le sieur Macdonnet, ébéniste, a déclaré qu'à f époque des fêtes de Pâques 1835 H avait été livrer un secrétaire à un cordonnier nommé Roblin, qu'il trouva déjeunant avec Oddoul fils; qu'ils rengagèrent à se mettre à table avec eux, et que pendant le repas Oddoul Ail que le Gouvernement n'avait pas six mois à vivre. Ce même ébenisteaditquele 27 juillet il était à Lisle chez le sieur Toumier, aubergiste; qu'il y vit le sieur Oddoul (ils, qui lui dit qu'H était venu là pour célébrer les fêtes de juillet; qu'un des jours suivants, ii était au café au moment où on lisait le journal qui annonçait l'événement du 28 juillet; qu'il y avait dans le café, à ce moment, trois peintres de Paris, quelques Italiens et d'autres personnes inconnues, et qu'une de ces dernières personnes dit : « Cest «un maladroit de n'avoir pas mieux ajusté. Au surplus, le Gouvernement ■ ne durera pas longtemps; » mais il a déclaré ne pas savoir ce qui s'est passé au repas que les sieurs Oddoul fils, Rolland et autres ont (ait à Lisle le 28 juillet.
Un assez grand nombre de témoins ont été appelés, et aucun n'a entendu qu'on eût bu, pendant ce repas, à la mort du Roi, ni qu'il eut été tenu aucun propos contre le Gouvernement.
Le premier acte d'instruction fait à Avalon fut une perquisition, tant chez Oddoul fds que chez Rolland: chez ce dernier on ne trouva rien; chez Oddoul on saisit vingt-Une pièces , parmi lesquelles se trou veut une Adresse* de Cavaignac aux républicains d' Avalon , une lettre de Granier, de Lyon , écrite de sa prison , et une proclamation des patriotes d'Avalon aux Parisiens , qui parait appartenir à la fin de 1833, proclamation dont les termes appellent à
Ces pièces, qui peuvent avoir quelque rapport avec les affaires d'avril 1834, ne contiennent aucun indice d'une part prise dans l'attentat du 28 juillet. Aucune charge de complicité dans cet attentat ne résultant d'ailleurs de Tinstraction contre Oddoul fils et Rolland, les poursuites n'ont pas été poussées plus loin.
Une lettre de M. le préfet de l'Isère annonçait qu'il était informé que, peu de jours avant le 28 juillet, un des colonels de la brigade de Savoie, un officier piémontais, et le fils du général Bourmont, se trouvaient réunis à f hôtel de la Bonne-Femme, à Turin , lorsqu'un voyageur, connu du sieur Bourmont , arriva en poste; et, interpellé sur ce qu'il y avait de nouveau» répondit:
Notices. 56
Pour le moment il n'y a rien, maté il y aura bientôt des événements : nous avons monté, pour û 28 juillet, un coup tpti ne peut manquer.
Une commission rogaton* * été adressée a Turin, le 8 septembre 1835, •tour instruire sur. ce lait.
li est résulté de l'enquête Que ce n'est pas à l'hôtel de la Bonne- Femme, mais à ('hôtel tenu par le sieur Feder que M. le comte Louis de Bourmont a logé a Turin.
Le maître de l'hôtel a donné sur son séjour les détails attirants :
Armé 4 Turin , par la diligence de Gènes , dans la journée du 1 7 juillet . M. de Bourmont demeura seul dans une chambre jusqu'au 22 du même mois, à cette époque, H partit pour les eaux de Courmayeur, dans la vallée d'Aoste, revint à Turin le 7 août, et en repartit le 29 du même mois, toujours sans aucun compagnon de voyage.
Le maître de l'hôtel ajouta que, pendant son séjour à Turin, M. de Bourmont n'était fréquenté par personne; qu'il ignorait si quelqu'un de sa connaissance venait le voir, mais qu'A pouvait affirmer qu'aucun voyageur, arrivant en poste, ne s'était informé de M. de Bourmont, qui du reste s'entretenait et mangeait avec les autres étrangers.
Enfin , le sieur Feder assure que jamais il n'avait entendu parler, dans son auberge, de l'attentat du 16 juillet, avant qu'il eût été comme.
Les informations recueillies par la voie diplomatique, pour compléter cette enquête, ont d'ailleurs fait connaître qu'à l'époque du passage de M. de Bourmont par Turin, du 17 an 22 juillet, H ne se trouvait, dans cette capitale, aucun colonel de la brigade de Savoie.
Kabouin (Napoléon-Narcisse), âgé de 27 ans, né à Clairet (Atome*/- Loire), agent d'affaires, demeurant à Paris t rue de Miromesnil, n' 48.
Bardon (Gilbert-Simèon) , âgé de 36 ans, né à Sainl-Yriex {Haute- Vienne), négociant , demeurant à Paris , rue de Ponthieu, n' 9.
Un nommé Rabouin , ancien chef de section dans la société des Droits de l'homme, fut signalé, dans les derniers jours du mois de juillet, connue ayant annoncé, avant le 28 juillet , qu'un attentat serait commis à la revue, et comme ayant écrit au sieur Bardon , avec lequel il entretient des relations fort intimes, et qui était alors absent de Paris, de ne pas y revenir le 28, parce qu'il y aurait un mouvement ce jour-là , et qu'il s'exposerait à être arrêté. Rabouin était encore signalé comme étant l'agent des sieurs Kersausie et Raspail, et comme ayant accompagné Bardon dans une tournée que cehn-
ci aurait laite an mois de février dernier dans les départements de ia Meurthe et de la Moselle. Ce voyage, entrepris sous prétexte de s'occuper de remplacements militaires j aurait eu en realité pour but des essais de propagande républicaine et d'embauchage sur les troupes tenant garnison dans l'est de la France.
Rabouin fut en conséquence arrête le 2 août : une perquisition faite le même jour à son domicile ne produisit aucun résultat ; mais l'autorité ayant été avertie que Rabouin cachait dans sa cave les papiers et autres objets qu'A voulait dérober aux regards de la justice, uno nouvelle perquisition fut ordonnée, et l'on trouva en effet dans la cave de Rabouin un grand nombre de lettres relatives à la politique , et qui témoignent de l'exaltation républicaine de ceux qui les ont écrites et de celui qui les a reçues. On y trouva aussi plusieurs exemplaires lithographies d'une proclamation adressée à l'armée, et contenant des provocations h la désobéissance aux lois et à la révolte.
Interrogé à diverses reprises , le sieur Rabouin avoua qu'il était allé une fois dans le département de la Meurthe ; mais il déclara qu'il était de retour depuis le mois d'août 1834, de ce voyage, entrepris seulement pour racheter des créances de jeunes soldats, et que , pour ce genre d'industrie, il était associé avec Bardon , qui devait être en ce moment à Sarreguemines ou à Nancy. 11 protesta d'ailleurs ne s'occuper nullement de politique ; il ajouta qu'il n'avait aucune connaissance de l'attentat du 28 juillet avant qu'il eût eu lieu ; qu'il n'avait pu, par conséquent , f annoncer à qui que ce fût.
H importait de vérifier f exactitude de ces assertions. Des commissions rogatoires furent envoyées à Sarreguemines et à Nancy, à Fetfèt de reconnaître a quelle époque et pendant combien de temps les sieurs Bardon et Rabouin y avaient séjourné, et quelles avaient été leurs relations dans Tune et l'autre de ces deux villes. L'instruction faite sur les lieux a établi que les allées et venues des sieurs Bardon et Rabouin dans les provinces de l'est pouvaient bien avoir le but que celui-ci leur a assigné; que ces deux individus se livraient en outre sur ia frontière à une industrie moins honorable , mais qu'ils ne paraissaient pas s'occuper d'intrigues politiques.
Cependant un mandat d'amener avait été décerné contre Bartion , qui était alors en Prusse. Ce mandat n'avait pu être mis à exécution; mais Bardon avait été arrêté à Saarbruck, parce que son passe-port n'était pas en règle : son extradition fut demandée et accordée. Interrogé d'abord à Sarreguemines et ensuite à Paris, Bardon convint qu'H avait fait plusieurs tournées dans les départements de l'est , et même qu'au mois de février dernier il était allé à Sarreguemines , en compagnie de Rabouin ; mais H ajouta qu'il ne s'occupait dans ses voyages que d'affaires de commerce ou de contrebande, et que, fatigué de la surveillance dont H était l'objet , il avait quitté la société des Droits de l'homme, dont il avait fait autrefois partie , et avait entièrement renoncé à la
politique. II nia avoir reçu de Rabouin aucun avis relatif à l'attentat du 28 juillet.
Une perquisition faite à son domicile amena la saisie d'un certain nombre d'écrits républicains , des Œuvre* de Robespierre, par Laponneraye, et des portraits de Camille Desmoulins, de Saint-Just et de Robespierre. Hardon déclara que ces écrits et ces portraits appartenaient au sieur Vielbanc, avocat, signataire de la plupart des lettres saisies chez Rabouin, et dont il a été question plus* haut.
Dans ces circonstances, Bardon et Rabouin , qu'aucun indice ne rattachait à l'attentat du 28 juillet, ont été mis en liberté.
VlLLlERS DE l'Ile-Adam ( Joseph-Gabriel ) , âgé d'environ 40 ans, homme de lettres, ne' à Nogent-te-Rotrou (département d'Ettre-et'Loir) , san* domicile Jixe.
Le 8 octobre 1 835, un sieur Villiers de F Ile- Adam se présenta devant le lieutenant de gendarmerie à la résidence de Mauriac, prétendant qu'un mandat (farrét avait été décerné contre lui, sous le nom de Joseph Laporte, par la Commission chargée de l'instruction relative à l'attentat du 28 juillet, et qu'en se constituant prisonnier, il voulait obéir à ce mandat. Cet individu, assez mal vétu , manifestait hautement une haine profonde contre le Rot; il disait qu'il était en correspondance avec la femme Petit. On trouva sur lui un passe-port délivré àLibourne le 29 septembre 1835, quelques livres , divers manuscrits, et un projet de lettre écrite de Libourne, le 26 juillet 1 835 , à une amie; celui qui avait écrit cette lettre parlait de l'auteur de l'attentat du 28 juillet comme d'un homme aux projets duquel il serait initié ; il l'appelait par son véritable nom ; il exprimait l'espoir que le crime qui devait ensanglanter la capitale, pendant la revue du 28 , serait couronné d'un plein succès. Dans un post-scriptum sans date, on lisait : J'avais raison,' on a été maladroit; le tyran
a gagné son procès et les innocents vont lui faire un pour payer sa
peur. Cette lettre ne partira pas.
Interrogé le jour même de son arrestation par le juge d'instruction près le tribunal de Mauriac, le sieur Villiers de t lie- Adam déclara qu'il avait connu la femme Petit à Embrun, où il était lui-même détenu ; que là il s'était lié avec elle et avec Fieschi; qu'à l'époque des événements du mois de juin 1 832 il avait écrit à la femme Petit de conseillera ses amis politiques de combiner un assemblage de canons qui pût, dans les mains d'un seul homme, produire l'effet d'un feu de peloton; que, sous le règne de Charles X, la femme Petit et lui avaient décide que la maison d'Orléans ne monterait pas impunément
sur le trône; que celte prophétie se réaliserait tôt ou tard; que Fieschi n avait été qu'un instrument; que, d'ailleurs, il n'était pas seul dans sa chambre au moment de f explosion ; que ce n'était pas lui qui avait mis le feu à la machine, et qu'il ne manquait pas de gens armés qui devaient s'élancer sur le Roi, de la maison où logeait Fieschi, si l'attentat avait réussi. Villiers de file- Adam ajouta qu'il tenait ces détails de l'un de ses amis , qu'il refusa de nommer. Il refusa également de nommer la personne à laquelle était adressée la lettre dont le brouillon avait été saisi sur lui, et qu'A a reconnue comme étant écrite tout au long de sa main. Enfin, Villiers de l 'lie- Adam avoua qu'il avait dit à qui voulait l'entendre, qu'il avait résolu de faire au Roi tout le mal qu'il pourrait. Un mandat de dépôt fut immédiatemnt décerné contre lui par le magistrat qui f avait interrogé.
Cependant des renseignements avaient été recueillis de toutes parts sur le compte de ce personnage, qui montrait un empressement si extraordinaire â se dénoncer lui-même ; il est résulté de ces renseignements que Villiers de F Ile- Adam , né de parents honorables dont il a causé le désespoir par son inconduite, après avoir subi plusieurs, condamnations pour des délits malheureusement trop avérés, s'était souvent accusé de crimes imaginaires; que cette conduite était de sa part le résultat d'une habitude et d'un système ; que dès son jeune âge il avait montré un esprit d'intrigue très -remarquable; qu'en 1810, à peine âgé de* 1 5 ans , il avait commencé le cours de ses révélations, en dénonçant de prétendus complices de Georges Çadoudal ; et, que toutes les fois qu'il avait épuisé ses modiques ressources , u\ ne manquait pas d'inventer une conjuration dont il se disait, suivant l'occurrence, le confident ou même le complice, dans l'espoir, sans doute , d'intéresser à son sort le pouvoir préservé d'un grand danger par ses avertissements officieux. Des antécédents si peu honorables ne pouvaient inspirer de confiance , et il était probable que cette fois encore, Villiers de tllc-d Adam avait imaginé une fable et qu'il voulait imposer à la justice : en effet , aucun mandat .n'avait été décerné contre lui, ainsi qu'il l'avait prétendu, par la Commission d'instruction de la Cour des Pairs, et depuis son arrestation, aucun indice ne l'a rattaché directement ou indirectement à f attentat du 28 juillet
Dans ces circonstances, le procureur général du Roi a requis, et la Commission nommée par l'arrêt du 29 juillet a ordonné la mise en liberté de Villiers de t Ile- Adam.