‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 13 sur 59 · ARDA RIO · texte numérisé non relu

ARDA RIO

Mais à le renverser devant toi l'autre aspire ;

Les Francs vaincus par Rome ont-ils donc à présent.. ••

ATTIIA.

Si Rome en triompha , c'est en les divisant.

Tâchons ^ en imitant sa prudence élevée ^

De rendre Marcomir fatal à Mérovée ;

Ces frères réunis deviendraient dangereux :

Je m'arme de leur force , et là tourne contre eux.

A leur aspect, sans moi, l'Europe eût vu ses maîtres;

Les Romains ne sont plus ce qu'étaient leurs ancêtres:

Vieillis , ils n'ont gardé de leurs mœurs d'autrefois

Qu'une coupable audace à détrôner leurs rois.

Ce délassement seul les distrait de l'étude

Qu'ils font de la bassesse et de la servitude.

La couronne s'égare , et tombe sur les fronts

Que l'encens des Romains souilla de plus d'affronts.

Le soldat , qui la vend à qui se déshonore ,

Egorge l'acheteur pour la revendre encore;

Et, grâce au vil trafic de ce trône à l'encan,

On marchande au forum le titre de tyran.

Pour je ne sais quel dieu , quel culte, quelle église ,

Byzance , avec fureur , combat et se divise ;

i8 ATTILA.

Le fanatisme seul y règne ; et ces Romains , Si jaloux autrefois d'opprimer les humains , Dressent quelques auitels, et sapent leurs murailles , * Gagnent une relique , 'et perdent des batailles ; *** Voilà l'empire! il fut Teffroi de lunivers, *** n en est la risée, et croule sous ses fers.

A]u>Amc.

» Mais la chute de Rome, et celle de Byzance,

» Des Francs, restés debout, accroîtront la puissance;

Et leur roi Marcomir pourra....

Je le trompais.

Si Rome a mes dédains, «lahatfie è9t auk Français. Et juge si co®tr€ eux cette haine est profonde : Ils osent conspirer la lil^erlé du monde!

Avec ses vieux soldats , Rome imposante encor De ce peuple au berceau , crut arrêter l'essor ; Mais, tel Tarbre émondé plu^ fièrement s'élève, Telsgrandissaientles Francs sou« le trancfiàntduglaîve. De leur religion le magique pouvmr Leur fit présent d'un Dieu , qu'au moin s îlspëuvent voir : Ils le trouvent partout; dans les eaux murmurantes , Dans les âpres rocht?rs , dans les lueurs errantes , Dans les astres roulans , dans les chênes des bois ; L'aquilon est son souffle , et la foudre sa voix. Sur le front du soleil ils découvrent sa gloire ; Leur ten>ple est l'uTiivers ; leur culte , la victoire ; Et de la vie enfin ce peuple impatient Combat, le front terrible , et meurt en souriant. Il est digne de nous. Cette grande journée ' Du monde chancelant fix^ la destinée.

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