ACTE m, SCÈNE V
Trop de joie est funeate au sortir d'un revers ; D'ailleurs songe au captif que je garde ^u mes fera l. .
ELPHÈGE
Prince , nç souille point ta gloire par un crime. Tout à rheure, à nos veux, ton dédain magnanin^p Loin de ton assassin écarta les bourreaux:
C'est plus qu'agir en roi , c'est punir en héros. Voudras-tu, ternissant une action si belle, Retenir mon époux qu'une troupe rebelle En tes puissantes mains a lâchement jeté?
Non, tu ne le veux pas; rends-lui la liberté; Permets qu'en t'admirant son peuple le revoie.
Pour sortir de mon camp il lui reste une voie, Une seule , il le sait
ELPHEGE.
Pour mon époux, seigneur.
Il n'en est qu'une aussi : c'est cdle de l'honneur. S'il venait réclamer sa liberté ravie; S'il disait : Attila , je t'ai sauvé la vie , Tes fers chargent mon bras, tu ne m'as point vaincu; Brise-les, tu le dois! que lui répondrais-tu?
Malheur à ton époux , s'il tenait ce langage l D'un vain reste d'estime une insulte dégage; Et je saurais punir eh vainqueur irrité , Un esclave insolent , un captif révolté.
ELPHÈGE
n n'est pas ton captif, M n'est pas ton esclave.
Qu'importe ce qu'il est : je punis qui me brave,
ELPHÈGE
Et tu punis aussi qui conserva tes jours; Impitoyable roi, tu punis donc toujours?
Toujours lorsque jehais , touj ours lorsqu'on m'offense * Pourquoi de Mérovée embrasser la défense?
Quels peuples sont â lui , quel palais est le sien? Il dépouilla son frère.
ELPHÈGE
Et qu'as-tu fait du tien?...
Tu ne partiras plus.
ELPHÈGE
Peux-tu me le défendre ?
Tu resteras , te dis-je , et tu dois me comprendre.
ELPHÈGE
Noble héros, que j'aime autant que mon pays, Toi qui m'ornas d'un sceptre, et m'enrichis d'un fils, La mort seule éteindra notre flamme si pure , C'est devant Attila que ma foi te le jure l
Ton cœur lui reste encor.
ELPHEGE.
Toi seul peux en douter!