‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 38 sur 59 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

Les mêmes, MARCOMIR, foule de rois barbaees et

CiXERRIERS HUN^; ATTU.A.

, Intrépides soldats , Vainqueurs de tant de rois , et sous tant de climats ; Yandales , dont rarmure et le sombre visage Sont encor tout couverts des cendres de Garthag^; Héruleç , Marcomans ^ Scythes , nobles rivaux , Qui n'avez qu'un seul maître , et n'avez plus d'égaux, Tous me connaissez tous , et je sais qui vous êtes ! Les périls sont vos jeux; les combats sont vos fêtes ; Vos plaisirs, la carnage; et vos trésors , du fer: Lui seul peut aujourd'hui payer l'affront d'hier. Dans le palais d'Odin , quinze mille Gépides Ont soif de la vengeance , et leurs coupes sont videy^ Les Francs , que protégeaient les ombres de la nuit, Les égorgèrent tous. Mais enfin le jour luit l Le soleil avec nous marche d'intelligence , Nous savons où frapper : braves amis, vengeance! Dès deux peuples rivaux réunis contre nous , Un seul , hélas ! un seul est digne de vos coups. Ces Romains, à la honte incessamment fidèles , Voyez-les; la terreur leur a pvété des ailes. Pour éviter la mort qui s'attache à nos traits , Des monts vierges encor ils vout tenter l'accès ; Et cherchant vers le ciel des routes inconnues , pour mieux nous échapper, se cacher dans les XJ^ues^

Aux rivages gaulois, comme aux champs byzantins ,

Partout je les vainquis , sans les avoir atteints;

Et de la gloire encor s'ils tentaient la carrière >

Pour fuir, ils attendraient à peine la poussière ,.

Qu'au signal du combat , nos coursiers belliqueux

D'un pied impatient font voler devant eux.

C'est à toi, Marcomir, à toi que je confie

La garde de ce camp , ta seconde patrie ;

Et le sort du captif dont le front criminel

Osa priver lè tien du bandeau paternel.

Qu'il porte au moins tes fers , s'il portait ta couronDe;

( A- voix basse. )

Et si ce n'est asse^ ^ tu peux vouloir : Ordonne.

( Aux HuQs. )

Pour nous ^ vôiei le jour qui , vingt ans souhaité ^ Donne au vainqueur le monde et rimmortalité.

C'était pour triompher de ces Francs intrépides ^ Que nous avons franchi les Palus-Méotides»

De nos frères surpris rappelons-nous le sort ; Le sang venge le sang y la mort pimit la mort.. Armqns-nous de fureur. Meure dans. l'infamie Qui ne me suivra point sur la rive ennemie l Périsse l'imprudent , qui, rebelle à ma loi L Oserait y paraître un moment avant moi.

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