‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 4 sur 59 · CENE PREMIERE · texte numérisé non relu

CENE PREMIERE

VIGILIUS, itfARCUS.

IIABCDS.

JDu plus puissant des rois Toici donc Thuttifale tente? Que la simpficité m'en parait insultante 1 Les chefs qui du tyran guident les légions Sont gorgés des trésors de trente nations :

Leurs immenses palais , dans leur magnificence , tlivalisent d'éclat arec Rome et Byzance ; Leur faste éblouissant fatigue tous les yeux ; Tandis qu'aux champs gaulois leur maltreimpériaux. Des monstres des forêts empruntant sa parure , Habite avec orgueil sous cette tente obscure , ■ £t prouve qu'Attila confond , dans son dédain , Et tout l'or de la terre, et tout le genre humain.

VIGILIUS.

t^ourquoi vpti^ç çoinroux , bouiUai]it.cpmme votre Ag^ ? N'est-<â iroSd et lauirt que pour mon prpprç ou4:r«ige?

Ami de Théodose , et son ambassadeur , A ce rang de mon nom j'ajoute la Splendeur; Et depuis plus d'un mois , refusant de m'entendre ^ Attila jusqu'à nous n a point daigné descendre. Ainsi 9 foulant aux pieds les plus augustes droits , Il me traite, mon fils, comme il traite les rois. Aujourd'hui cependant, las de son mépris mémCy M'honorant tout à coup d'une faveur suprême.

Dans sa tente Attila mande Yigilius ; J'accours , il est absent : c'est un affront de plus. Eh! que peut respecter un conquérant barbare. Qui d'un titre effroyable impudemment se pare ; Qui, dès qu'il Yoit briller une femme à sa cour^ Rugit , et sent du tigre et la rage et l'amour ; Qui croit, dans son coupable et sauvage délire, Jusqu'aux plaines du ciel étendre son empire ; Qui, le fev^à la main, moissonne les mortels; Insulte au Dieu vivant jusque sur ses autels; Aux rêves des devins prête une oreille avide; Quelquefois magnanime, et plus souvent perfide, Punit l'assassinat de son glaive assassin ; S'apprête à vous frapper quand il vous tend la main $ Pardonne, s'il méprise; immole, s'il estime; . Et , fratichissant d'un pas tous les degrés du crime , N'occupe seul un trône, autrefois partagé , Que tout couvert du sang 4e son frère égorge ?

MARCLS.

Oui , voilà le fléau que Dieu , dans sa colère

Du séjour de la foudre a jeté sur la terre.

Un immense désert suit 'ses pas dévorans; ,

Tout périrait sous lui, sans la valeur des Francs^

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