‹ Attila: tragédie en cinq actesChapitre 5 sur 59 · ACTE i, SCENE t · texte numérisé non relu

ACTE i, SCENE t

Ce peuple voyageur , qu'arrête ici sa gloire,

Que poussa vers ces bofds le flot de la victoire ,

Arhonneur seul pour maître^, et pour gu ide un gran d r oi ,

Mérovée ; à ce nom la terre est sans eflFroi. -

Son bras ,' cher aux humains ^ à leur cause fidèle ^

Suffît pour raffermir le monde qui chancelle^. .

Quand j'admirai ce prince au palais des César» ^

Sur lui Roiiie surprise attachait ses regards.

Son air majestueux ^ sa superbe jeunesse^

Dans ses mœurs 4 je ne sais quelle noble rudesse ^

Tout , par une flattefusê et douce illusion ,

Semblait rendre à nos vœux César ou Scipion ; En sauvant l'univers, son heureuse vaiUance : Saura bient mieux encpr prouver la ressemblance^ 11 vaincra^ '

ViGÏLIUS.

Cependant, s'il ne triomphait pas?

Ce jour doit éclairer le plus grand des combats; Il faut que tout périsse ou que l'oppresseur tombe. Mon fils , et le poignard peut seul ouvrir sa tombe

ttARGUS/

Les Français le Vaincront : croyez-én leurs explorts,

VIGILIUS.

Les Romains d'Orient l'ont essayé trois fois ;

Et trois foisV menaçant l'empire du Bosphore,

Attila nous vendit là paix qui nous dévore. . ,

De la Chine, il s'élance aux bords du Tanaïs ;

"Vingt peuples sous ses pieds courbent leurs fronts Son mis ;

11 les armie', il s'avance, il foule avec audace

Les champs de l'Illyrie, ef les plaines du Dtico,

£t le sol des béros , encore empmDt des pat

D'Achille^ d'Alexandre et de Léonidas.

he Danube le Yoit vain({ueur des Thermopyles ;

Le Rhin, à son aspect, rouie des flots dociles;

Le Germain suit ses lois; tout cède^ et devant lui

Peut-être >que César, César mdme aurait fuL

Qui donc nous sauvera^ si le (er des batailles

Doit seul hdter pour lui le jour des funérailles?

Serait-ce Mérovéc et son peuple naissant,

De Rome en son déclin allié menaçant ^

Dont la valeur me platt , dont le pouvoir me blesse ;

Lui qui ne s'éleva que sur notre faiblesse?

De Yalentinien scrai€at-<:e les soldats ^

Alors que l'ai^ pèse à leurs débUes bras?

^tius , leur consul , est seul digne de Rome ,

Mais,pour vaincre Attila,c'e5t trop peu d'un grandhommc

Théodose le sait ; des murs de Constantin

Il commande ; et son ordre est celui du destin..

Je vais faire parler et l'Empire et le Monde ;

Il faut que le tyran m'entende et me réponde.

S'il refuse la paix à la menace , à l'or ;

Si vers Rome ou Lutèoe il fait un pas encor ,

Je le suis , sous l'armure et le nom d'un Gépide^

Dans ce même combat où son malheur le guide.

Comme une tour superbe, au plus fort du danger,

Je le vois qui domine, et fier de l'assiéger.

Vengeur impétueux du Bosphore et du Tibre ,

Je le beurte, il s'écroule ^ et l'Univers est libre !

MARCUS

Retenez, retenez ces transports et ces cris : Vn geste , un mot noHs perd.

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