‹ Étude sur l'apprentissage à ToulouseChapitre 46 sur 50 · Dans ce sens, Paul Pic, op. cit., p. 909, note · texte numérisé non relu

Dans ce sens, Paul Pic, op. cit., p. 909, note

lilé, au contraire, beaucoup plus de bons ouvriers à mesure que la machine produit plus de travail brut. Et, d\autre part, dans la proportion où les industries mécaniques attirent, par Tappât d'un g'ain plus rapide, un nombre croissant d'enfants et aussi de femmes, ils doivent se sentir soutenus contre une baisse, toujours possible, des salaires, qui les laisserait sans secours au dehors, en raison de leur ig-norance d'un métier complet. Surtout, n'est-il pas nécessaire, dans la g-rande usine anonyme, qu'un contrôle corporatif soit exercé, au point de vue moral, sur la condition des apprentis? Du reste, en dehors même de la présence nécessaire, dans la plupart des g-randes industries, de quelques ouvriers achevés (sans parler évidemment des contremaîtres), par exemple — me disait le directeur d'une importante manufacture de chaussures — d'un a formier », d'un « patronier », que j'ai pu voira leur établi, combien de professions exigent encore et exig^eront vraisemblablement toujours le travail exclusivement manuel ! Entre de multiples exemples, nous pourrions citer l'un des métiers les plus indispensables et les plus répandus : celui de maçon^ surtout s'il devait s'employer à quelqu'un de ces chefs-d'œuvre, comme la Renaissance en a précisément laissés à Toulouse. C'est qu'en effet, même dans les professions où la machine a pris une importance considérable, telles que la ling*erie ou la menuiserie, la perfection du travail, de l'avis de bien des professionnels, ne peut s'obtenir qu'à la main. Ici encore interviennent la concurrence économique et la fièvre de la vie moderne qui, favorisées par le machinisme, le poussent en retour à absorber

tout le travail, ne laissant jamais aux ouvriers, comme aux artisans de l'ancienne France, le temps ni le g*o€it de finir et de parfaire amoureusement leur ouvrag-e^ D^ailleurs, n'y a-t-il pas une crise évidente de l'apprentissag-e sig-nalée non seulement à Toulouse mais dans toute l'industrie française? Le nombre des bons ouvriers diminue^. Et dès lors, nos observations ne sont pas uniquement relatives à quelque état particulier et passag-er. Encore une fois, malg-ré le machinisme, ou en raison même de son introduction, l'apprentissag-e proprement dit, comme l'état économique dont il subit l'influence, appelle des réformes g"énérales qui le dépassent.

Tels documents, qui fixent un moment, lune date, peuvent ne plus correspondre à la réalité de demain : l'induction qu'ils autorisent, leur conclusion est immuable. Relatifs à un point déterminé de la vie sociale, ils nous montrent sous un aspect particulier rhomme éternel. Leur observation nous révèle les nécessités suivant lesquelles chaque individu tend, dans sa fonction , vers le plus g-rand développement possible de ce qui le fait homme : nous voyons que nulle partie de la société ne peut être traitée en dehors des principes qui la doivent dirig-er ellemême tout entière, et nous connaissons ce que Le Play appelait « la constitution essentielle de l'huma-

Page 1