DE VUE
M«»o V., cinquante-sept ans, fermière, de bonne constitution, demeurant à Olsene (Flandre orientale), a été opérée par le bistouri il y a un an environ pour un squirrhe de la mamelle gauche ; récidive le cinquième mois. Au moment où elle s'est présentée chez moi, il y avait deux tumeurs assez volumineuses, l'une à la cicatrice de 10 centimètres de diamètre et de 7 centimètres d'épaisseur, adhérente, et ulcérée au sommet, l'autre dans le creux de l'aisselle de la grosseur d'un œuf de poule, encore mobile, douleurs lancinantes très vives. La santé générale n'est pas altérée. Deuxième période très avancée.
Le 10 juillet 1869, application des caustiques sur les deux tumeurs à la fois, dernière application le 19.
Chute de l'eschare le 28; à la partie adhérente de la tumeur principale, il reste une tranche de tissu malade d'un demi-centimètre. Dans l'aisselle, des ganglions récemment engorgés.
Réapplication du caustique le 5 août, sur les points malades seulement, en isolant les parties saines au moyen de plumasseaux de charpie.
Deux applications sur la cicatrice, cinq dans l'aisselle.
Le 18, élimination des eschares, tout le tissu malade est enlevé, la lame externe de deux côtes est cautérisée, dans l'aisselle la cautérisation a été bien près de l'articulation de l'épaule.
Le 20, réunion partielle, rapprochement les jours suivants. La malade ne souffre plus du tout.
Le 8 octobre, la cicatrisation marche très rapidement.
Le 16, la plaie est entièrement cicatrisée, cette dame retourne chez elle.
Dans la suite il m'a été impossible d'avoir de ses nouvelles; c'est ce qui m a empêché de placer cette observation dans la première série.
OBSERVATION XXVIII. — Cancer de la langue, emploi
DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
M. V. de L., soixante-cinq ans, de bonne constitution, réside à Gand. Il y a un an environ il avait une dent tranchante qui lui déchirait constamment la langue et qui finit par produire une véritable ulcération. Il fit limer la dent, mais la petite ulcération persista. Il fit extraire la dent, l'ulcère ne guérit pas, au contraire, il fit des progrès et revêtit les caractères de l'ulcère cancéreux. Depuis le mois d'octobre jusqu'au mois de juin, il prit l'iodure de potassium, sans profit ; puis il se livra à l'homœopathie sans plus de bénéfice.
En juin il se rendit à Saint-Pétersbourg, où les médecins qu'il consulta lui firent comprendre que l'ulcère était de nature maligne. A partir de cette époque l'ulcère augmenta rapidement, la salivation devint très abondante. L'ulcère grandit, en prenant de plus en plus les formes du cancer.
OBSERVATIONS
En repassant à Berlin, il consulta plusieurs chirurgiens célèbres qui, comme ceux de Saint-Pétersbourg, lui firent comprendre que l'affection était grave et lui conseillèrent l'opération par le bistouri, il s'y refusa.
Le 25 juillet, il vint me montrer sa langue : le bord droit était ulcéré sur une étendue de plus de 4 centimètres, l'induration des bords et du fond était superficielle.
Le 25 juillet 1869, application de la pâte caustique en protégeant les parties voisines au moyen de pelotes de charpie. Il laissait le caustique de deux à trois heures. Après sept applications, je laissai tomber l'eschare et vis que le tissu induré n'était pas entièrement détruit.
Du 4 au 8, quatre applications, chute de l'eschare le 12, il reste encore du tissu malade.
Du 16 août au 22, caustique.
Après l'élimination de l'eschare, la plaie laissait encore à désirer. En septembre, six applications, après la chute de l'eschare, la plaie me paraît très nette.
M. V. retourna chez lui.
Le 28 septembre je le revis, la plaie était cicatrisée et en bon état sauf un petit point à l'extrémité interne de la cicatrice où il y avait une induration qui pouvait avoir le volume d'un pois.
Je fis les plus vives instances pour le déterminer à laisser détruire cette petite induration, seul point suspect et compromettant de ce vaste cancer.
Le 4 octobre il m'informa qu'il renonçait à l'opération.
Je sus plus tard, par un de ses amis, que son médecin qui ne comprenait probablement pas la gravité de la situation, voyant seulement un petit point induré, et croyant qu'il allait remporter un succès facile avec un peu de cérat, lui conseilla de renoncer à toute opération. Funeste illusion, la petite induration grandit, deux mois après, la récidive n'était plus douteuse. Il est mort au bout de cinq mois, au milieu d'horribles souffrances, ayant la langue assez tuméfiée pour empêcher l'introduction des aliments.
OBSERVATION XXIX. — Cancer du sein gauche, trois ans de durée,
DEUXIÈME PÉRIODE, EMPLOI DU CAUSTIQUE, RÉCIDIVE
Mme D., de Bruxelles, soixante ans, concierge. Squirrhe du sein gauche. Il y a trois ans que ce mal a commencé. Le squirrhe avait la grosseur d'un œuf; il y a quatorze ou quinze mois, elle s'est adressée à un guérisseur de la quatrième page, lequel a appliqué sur la tumeur principale, car il y avait déjà un ganglion axillaire engorgé, deux fois par semaine pendant huit mois, des emplâtres caustiques, probablement, car ils la faisaient horriblement souffrir. Il a en effet détruit la tumeur principale, mais il a négligé le ganglion axillaire, de façon que lorsque le squirrhe fut détruit, le ganglion avait acquis le volume d'un gros œuf de poule, avec douleurs lancinantes, etc.
La généralisation du mal n'existait pas encore, mais on pouvait supposer qu'elle ne tarderait pas à se produire, vu l'ancienneté de l'affection. Fallait-il
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OBSERVATIONS
opérerf Il y avait peu de chances de succès, il est vrai, mais en l'abandonnant à elle-même, il n'y en avait plus du tout.
Donc le 25 août 1869, application des caustiques et continuation les. jours suivants.
Onze applications; à la chute de l'eschare, il reste des ganglions dans les profondeurs de l'aisselle, réapplication du caustique; à la chute de l'eschare, il reste encore un léger engorgement, mais il est impossible d'aller plus loin.
Néanmoins la plaie se cicatrisa, mais la dyscrasie s'établit bientôt et la malade succomba six mois après.
OBSERVATION XXX. — Cancer du sein droit, emploi des caustiques,