DES CAUSTIQUES, «QUATRE ANNÉES DE GUÉRISON, PUIS RÉCIDIVE
Mme R., cinquante-huit ans, ménagère, a eu trois enfants qu'elle a nourris; bonne constitution, nature énergique. Elle demeure à Bruxelles. Il y a trois ans qu'elle porte un squirrhe fibreux au sein gauche. Elle n'en connaît pas la cause. Il y a quatre mois la partie la plus saillante s'est ulcérée, cancer bien caractérisé. Il y a un ganglion très dur sous le bord du pectoral près de l'aisselle, de la grosseur d'un œuf de pigeon.
Affection ancienne, période d'extension très avancée, il y a peu de chances de succès. Néanmoins je consens à l'opérer dans le seul but de prolonger son existence. M. le docteur Simon, médecin de cette dame, a bien voulu me prêter son aide.
Le ier mai 1869, application des caustiques, sept applications, cette personne les supporte très facilement.
Chute de l'eschare le i5, réunion.
La santé s'est parfaitement rétablie.
Mars 1872, un ganglion axillaire est devenu squirrheux. Je le détruisis au moyen des caustiques.
Septembre 1872, la guérison se maintient.
Février 1873, d'autres ganglions plus profonds se développèrent autour du plexus, la main et l'avant- bras s'cedématièrent, il n'est plus possible d'opérer. Cette malade mourut en décembre 1873, à la suite de l'infection générale.
Nous lui avions prolongé la vie de plus de quatre ans.
ODSERVATIONS.
OBSERVATION XXV. — Cancer du sein droit, opéré par le bistouri,
RÉCIDIVÉ L'ANNÉE SUIVANTE, ATTENTE DE QUATRE ANS, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE.
M 11,8 B., cinquante-quatre ans, fermière, demeurant à Thuin, forte constitution, a été opérée par le bistouri il y a cinq ans; il y eut récidive l'année suivante, puis on appliqua des caustiques : caustique de Vienne, pâte de Canquoin. Tout cela n'aboutit pas, ou plutôt cela aboutit à un large ulcère cancéreux avec un ganglion de la grosseur d'une noix sous le bord du grand pectoral à l'entrée de l'aisselle.
La santé générale a considérablement souffert.
Il restait peu d'espoir de la sauver, cependant la troisième période ne se manifestait pas encore d'une manière apparente. Le 28 mai 186g, application de la pâte caustique. Les 29 et 3o, continuation sur toute la surface malade. Les 3i mai, ier, 2 et 3 juin, continuation sur le ganglion. Élimination totale de l'eschare le 10 juin.
Pansement simple avec la charpie sèche. La cicatrisation marcha régulièrement et fut achevée vers le i5 juillet.
La malade jouit d'un repos complet pendant un an et demi; au mois de mars 1871, elle me revint avec une multitude de petits tubercules à la peau, au-dessus et au-dessous de la cicatrice, et allant depuis le sternum jusqu'au milieu du dos. C'est une manifestation du cancer de la peau annonçant l'infection générale. Il était impossible d'opérer encore.
La femme succomba le 7 août 1871.
OBSERVATION XXVI. — Cancer des petites et des grandes lèvres,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mma P., soixante ans, tempérament nerveux, sanguin, position aisée, demeurant à Saint-Josse-ten-Noode.
Cancer des petites et des grandes lèvres, six mois de durée, dit-elle, les ganglions de l'aine sont engorgés.
Peu d'espoir de guérison.
Le 23 juin 1869, application de la pâte caustique.
Cette femme accuse de violentes douleurs et elle ne supporte pas les opiacés ; elle se montre d'une indocilité extrême, elle interrompt les applications, ne laisse le caustique qu'une ou deux heures. Enfin elle fait tout ce qu'elle peut pour empêcher sa guérison.
Je parvins néanmoins à détruire tout le néoplasme et à obtenir une bonne cicatrisation, mais il y eut récidive six mois après. Elle ne me fit pas appeler.
Elle est décédée en juillet 1870.
OBSERVATION XXVII. — Cancer adhérent du sein gauche, opéré par