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GUÉRISON DE I.'ULCÈRE, ENGORGEMENT GANGLIONNAIRE, DÉCÈS

M. M., d'Ixelles, soixante-cinq ans, de constitution délabrée par des excès, est atteint de cancer de la langue, côté droit, à peu de distance du frein. Ulcération de 3 centimètres de long sur 2 de large, à bords indurés, taillés à pic, douleurs lancinantes.

OBSERVATIONS

Le 9 février 1870, application de la pâte caustique, le malade l'&tc au bout d'une heure; le lendemain et les jours suivants même manœuvre. Néanmoins après quelques applications, la plaie se rétrécit, les bords diminuèrent, le gonflement s'effaça; la dureté disparut. Continuation du caustique. Le malade c:it d'une indocilité sans égale, la raison n'a aucune prise sur son esprit, nous sommes obligés de faire de longues interruptions.

A la fin de mars, il ne reste qu'une petite ulcération à bords mous, de 1 centimètre de long sur 3 millimètres de large.

Continuation du caustique, la plaie se rétrécit de plus en plus, et fut entièrement cicatrisée au commencement de juin.

Cet homme faisait de longues promenades; dans ces derniers temps, il se rendit à Boitsfort à pied par un temps froid et pluvieux, il fut mouillé par une averse, rentra chez lui en grelottant, le lendemain il constata avec effroi un commencement de tuméfaction de deux ganglions sous-maxillaires. Ces ganglions augmentèrent de volume, d'autres ganglions devinrent malades. Voyant que les remèdes que je lui prescrivais n'arrêtaient pas les progrès du mal, il s'adressa à l'homceopathie qui ne réussit pas mieux, il mourut en avril 1872, la guérison de l'ulcère de la langue s'est maintenue.

J'aurais pu placer cette observation dans la première série, puisque l'ulcère cancéreux est resté guéri, mais je n'ai pas voulu porter comme guéri un malade mort des suites de la maladie primitive.

OBSERVATION XXXVIII. — Cancer du sein gauche, emploi

DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE

Mme T., soixante-dix ans, rentière, demeurant à Saint-Josse-ten-Noode, constata, il y a seize mois, l'existence d'une petite tumeur dure, bosselée, située immédiatement au-dessus du sein gauche. Elle consulta et fit usage de tous les résolutifs employés en pareil cas. Cela n'y fit absolument rien, ce sont ses expressions. La tumeur alla sans cesse en augmentant, l'affection envahit la glande mammaire, les douleurs lancinantes se déclarèrent, les ganglions axillaires s'engorgèrent.

Elle vint me consulter le 8 avril 1870. La tumeur était très volumineuse, toute la glande mammaire était cancéreuse et se confondait avec la tumeur primitive; les ganglions axillaires étaient également assez volumineux.

Je ne dissimulai pas au mari la gravité de cette affection, je lui dis que je la croyais au-dessus des ressources de l'art. Il répondit : s'il y a encore une chance de guérison, je vous supplie de la tenter, ne fût-ce que pour prolonger un peu son existence.

Le g avril 1870, application des caustiques avec le concours de M. le docteur Leclerc, médecin traitant. Quinze applications très facilement supportées. L'appétit et le sommeil sont conservés.

Le 3o, chute de l'eschare, les ganglions de l'aisselle ne sont pas complètement cautérisés, ce qui nécessite encore deux applications de caustique.

Le 8 mai, tout le néoplasme paraît enlevé. Je procède à la réunion.

OBSERVATIONS

Le i5 juin, la cicatrisation était achevée. Elle paraissait guérie.

En 1872, récidive, c'est-à-dire engorgement des ganglions axillaires profonds et d'un certain nombre de glandes du creux sus-claviculaire ; bientôt la dy;;crasie s'établit. Il ne nous restait plus d'espoir, nous nous bornâmes à calmer les douleurs.

Morte en juin 1872.

Nous croyons avoir prolongé sa vie de deux ans environ.

OBSERVATION XXXIX. — Cancer du sein droit, emploi

DES CAUSTIQUES, n'a PAS CONTINUÉ.

Mme D., rentière, quarante-cinq ans, maigre, noire, essentiellement nerveuse, demeure à Ceroux-Mousty. Cancer du sein droit, avec engorgement ganglionnaire sous le bord du pectoral à la partie antérieure de l'aisselle. Six ans de durée, large ulcération fongeuse. Hémorrhagies abondantes qui ont mis ses jours en danger. L'ulcère était à peu près aussi large que la tumeur, et l'avait en partie rongée, de sorte que le tissu malade n'avait que 2 à 3 centimètres d'épaisseur; l'ulcère présentait une surface bosselée, irrégulière avec de profondes anfractuosités.

La santé et les forces s'étaient bien conservées, mais depuis deux mois les hémorrhagies l'avaient affaiblie.

Le 12 mai, application de la pâte caustique. Dès lors toute hémorrhagie cessa. Je n'appliquais le caustique que tous les deux ou trois jours, afin de laisser à la malade le temps de réparer ses forces.

Je fis ainsi cinq applications. La tumeur était presque entièrement enlevée, il ne fallait plus qu'une application pour en finir, mais la malade opposa un refus catégorique, rien ne put vaincre son obstination. Le mari, le curé de l'endroit, les proches parents intervinrent successivement, rien n'y fit, il fallut y renoncer.

Elle mourut l'année suivante.

OBSERVATION XL. — Cancer du sein gauche depuis quarante-huit ans,

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