PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉSULTAT INCONNU
M™8 C, trente-cinq ans, ménagère, mère de quatre enfants, demeurant à Bassevelde. Après le décès d'un de ses enfants, il y a deux ans, le mamelon du sein droit s'ulcéra, puis la glande se tuméfia et s'indura. On lui fit de nom-
OBSERVATIONS
breuses cautérisations avec le nitrate d'argent, en môme temps, elle faisait des onctions avec une pommade résolutive.
Deux chirurgiens de Bruxelles furent consultés et ont, à différentes reprises, ajourné l'opération.
Pourquoi ces ajournements quand il s'agit d'une affection qui conduit infailliblement à la mort, où chaque jour de retard compromet l'existence de la malade? S'il était permis de méconnaître la nature d'une affection comme celle que nous avons sous les yeux, je dirais qu'ils ont conçu des doutes sur sa malignité, mais non, le doute n'était pas possible, c'est pourquoi je ne puis comprendre ces ajournements si compromettants. Pendant ce temps, les ganglions de l'aisselle s'affectèrent et voilà la maladie passée à la période d'extension, quand sans nul doute le devoir du chirurgien était d'opérer pendant la période de localisation.
Le 8 décembre 1869, application des caustiques et continuation les jours suivants.
Sept applications suffirent, la malade est maigre. Le 21, chute de l'eschare, réunion.
Le 27, adhérence, les lèvres de la plaie restent écartées de 2 centimètres, pansement à la charpie sèche.
La malade retourne chez elle, la cicatrisation sera surveillée par le médecin de l'endroit.
Je n'ai plus eu de ses nouvelles, c'est pourquoi je n'ai pas placé cette observation dans la première série.
OBSERVATION XXXIV. — Cancer du sein droit, emploi
DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mme C, quarante-sept ans, grande, forte, beaucoup d'embonpoint, demeurant à Ternath.
La glande mammaire s'est tuméfiée uniformément, sans bosselures, sans douleurs. Toutes les apparences de l'adénome. Je conseillai la compression (Récamier); elle fut pratiquée méthodiquement pendant deux mois par M. le docteur Verbruggen de Ternath. La compression fut nuisible. Les résolutifs à l'intérieur et à l'extérieur ne produisirent aucun effet avantageux, les douleurs lancinantes commencèrent.
Voyant l'impuissance absolue de ces moyens, je conseillai l'opération.
En conséquence, emploi des caustiques, douze applications à partir du 5 janvier 1870, chute de l'eschare huit jours après, la plaie est belle et pure. Réunion au moyen d'emplâtres collodionnées. La cicatrisation marcha régulièrement, elle était achevée le ier mars.
Deux mois après, récidive et envahissement de l'autre sein et de toute la poitrine, marche très rapide ; on aurait dit que tous les tissus se convertissaient en cancer.
Morte fin octobre 1870.
OBSERVATION XXXV. — Ostéo- sarcome de la mâchoire inférieure,
EMPLOI DES CAUSTIQUES; LE MALADE, TRÈS VERSATILE, n'a PAS CONTINUÉ.
M. P., cinquante-cinq ans, constitution lymphatique, demeurant à Saint- Josse-ten-Noode, est atteint d'ostéo-sarcome de la mâchoire inférieure, bord alvéolaire, côté gauche vers les grosses molaires. Le corps de la mâchoire n'est pas tuméfié, de sorte qu'en cautérisant la partie malade, on peut espérer la guérison. Mais il fallait compter avec les caprices du malade. Il se montrait très pétulent, impatient, irascible, il ne laissait le caustique que très peu de temps.
Après six applications, il ne voulut pas continuer et s'adressa à l'homœopathie dont on lui promettait des merveilles. Il mourut six mois après.
OBSERVATION XXXVI. — Cancer du sein droit depuis trois ans,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RECIDIVE
Mlle B., quarante ans, brune, forte, de bonne constitution, demeurant à Saint-Josse-ten-Noode, porte depuis trois ans une tumeur cancéreuse au sein droit. Elle a employé tous les résolutifs possibles. Elle a été opérée incomplètement il y a quinze mois par le caustique de Canquoin, on n'a pu obtenir la cicatrisation de la plaie, elle s'est ulcérée. Une partie de la tumeur reste.
Le 27 janvier 1870, application des caustiques avec M. le docteur Vaes. Douze applications.
Chute de l'eschare le 12 février, réunion. La plaie est nette, le pectoral est parfaitement disséqué. La cicatrisation marche régulièrement. Le 20 mars elle est à peu près terminée.
En mai 1871, récidive, une petite tumeur s'est développée dans la cicatrice vers l'aisselle, un ganglion axillaire s'est également tuméfié.
Je détruisis la tumeur et le ganglion.
La malade eut encore quelques mois de répit, puis la dyscrasie s'établit, de nouveaux ganglions axillaires se tuméfièrent rapidement, l'estomac et le foie devinrent cancéreux, la teinte jaune de la peau s'établit et la malade succomba en mars 1872.
Nous pouvons dire de ce fait ce qui peut également s'appliquer à la plupart de ceux que nous relatons dans cette troisième série : arrivé trop tard. Le cancer qui dépasse une année d'existence est difficilement curable.
OBSERVATION XXXVII. — Cancer de la langue, emploi des caustiques,