EMPLOI DES CAUSTIQUES, INFECTION GÉNÉRALE
Mme H., de Bruxelles, cinquante ans, de constitution robuste, embonpoint très prononcé, a eu trois enfants, sans accidents du côté des seins. Il y a environ un an, elle s'est aperçue qu'elle avait une tumeur au sein droit; elle ne se souvient pas d'avoir reçu un coup à cet endroit.
Le médecin qui l'a soignée pendant les six premiers mois, a méconnu la gravité du mal, il la rassurait ainsi que le mari.
OBSERVATIONS
Elle consulta un chirurgien qui déclara que le mal était déjà trop avancé et par conséquent incurable. C'est alors qu'elle fit usage du condurango à forte dose, il produisit une perturbation énorme des fonctions digestive.', sans bénéfice aucun du côté de la tumeur.
On consulta une sommité chirurgicale qui fut d'avis qu'il n'y avait pas lieu d'opérer, le mal étant trop avancé.
C'est alors qu'on eut recours à moi. Je constatai une tumeur de la grosseur du poing, avec prolongement et nodosités vers l'aisselle et un petit ganglion dans le creux sus-claviculaire. Il y a de légères douleurs lancinantes. Il n'y a pas d'engorgement ganglionnaire dans l'aisselle. Au reste la santé est assez bonne, le courage et l'énergie sont à la hauteur de la situation. Que faut-il faire ? Laisser périr cette pauvre femme sans tenter un moyen de salut. Le ganglion sus-claviculaire, gros comme un pois, est-il malade spécifiquement, ou n'e6t-ce pas un engorgement accidentel comme on en voit si fréquemment; ce qui le ferait supposer, c'est qu'il n'existe pas d'engorgement axillaire. J'expose mes doutes et mes hésitations au mari qui demande l'opération avec les plus vives instances.
Donc le 7 décembre 1871, emploi des caustiques, neuf applications de six heiues de durée sur la tumeur et le prolongement jusque dans l'aisselle. Après la chute de l'eschare, réunion immédiate, cicatrice linéaire.
Pendant deux mois cette dame jouit d'une santé parfaite, mais dans le cours du troisième mois après l'opération, des engorgements ganglionnaires se produisirent et se multiplièrent rapidement dans l'aisselle, au cou, dans la poitrine (le médiastin) et la malade succomba à la fin de juillet de 1872. La cicatrice est restée intacte.
OBSERVATION LVI. — Cancer du sein gauche, emploi des caustiques,