PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, ENVAHISSEMENTS SUCCESSIFS
M. B., quatre-vingt-quatre ans, scieur de long, demeurant à Carnières, est atteint de cancroïde végétant à la lèvre inférieure, comprenant toute la lèvre jusqu'au pli du menton. Il existe un petit ganglion sous-maxillaire près de la ligne médiane. Il y a un peu plus de trois ans que le mal a commencé; la santé en est un peu altérée, néanmoins, pour son âge, cet homme est encore fort et robuste.
Il y a peu d'espoir de réussir par une opération quelconque, les chances contraires étant infiniment plus nombreuses. Le mal est à la période d'extension très avancée, les tissus voisins sont infectés et il est probable que beaucoup de ganglions sous-maxillaires sont déjà malades. Selon moi le mal est au-dessus des ressources de l'art ; j'exprime cet avis aux parents, néanmoins je cède à leurs instances.
Le 29 novembre 1871, emploi de la pâte caustique, six applications détruisent toute la lèvre et une partie du menton, je portai la cautérisation 1 centimètre au delà des limites apparentes du mal.
Après la chute de l'eschare il y eut une amélioration considérable, la cicatrisation marcha rapidement, les parents le crurent guéri et s'en réjouissaient, mais je ne partageai pas leur allégresse. En effet, le milieu de la plaie ne se cicatrisa pas, il y eut récidive et les ganglions sous-maxillaires continuèrent à se développer.
La mort survint le 3o décembre 1872.
OBSERVATION LV. — Cancer du sein droit, deuxième période,