LE BISTOURI, RÉCIDIVE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, INFECTION GÉNÉRALE
MUo M., de Louvain, gouvernante, quarante-huit ans, de constitution forte, embonpoint excessif, a constaté, il y a plus d'un an, l'existence d'une tumeur de la grosseur d'une noix située au-dessus du sein droit. Cette tumeur se développa rapidement, la malade fut opérée par le bistouri il y a six mois. Trois mois après, récidive sur toute la longueur de la cicatrice, qui est longue de 14 centimètres. Le milieu de la cicatrice présente une tumeur grosse comme un œuf de poule. Il n'y a pas d'engorgement ganglionnaire.
OBSERVATIONS
Le 2 mai 1874, emploi des caustiques, huit applications très bien supportées; le 17 chute de l'eschare, réunion.
La cicatrisation se fit irrégulièrement et lentement, néanmoins elle se fit, mais la santé laissait à désirer; cependant la malade ne se plaignait que d'anorexie et d'un malaise général. Cet état m'inspira des soupçons, j'explorai de nouveau tous les organes et je découvris une tumeur au foie, tumeur qu'on n'avait pu reconnaître plus tôt, à cause de l'excessif embonpoint.
Dès lors tout espoir de guérison s'évanouissait. La malade succomba en octobre, à la suite d'infection générale.
OBSERVATION XC. — Cancer du sein droit, emploi
DES CAUSTIQUES, RECIDIVE.
MlI° M., soixante-douze ans, constitution robuste, n'a pas eu d'enfant, elle demeure à Bruxelles. Il y a six mois, elle remarqua qu'une petite tumeur s'était formée au côté interne de la mamelle droite. Quand elle s'est présentée chez moi le 4 mai 1874, la tumeur pouvait avoir le volume d'un gros œuf de poule, elle est dure, bosselée et le siège de douleurs lancinantes, il n'y a pas d'engorgement glandulaire. Toutefois, à en juger d'après la marche des affections carcinomateuses en général, l'origine de la tumeur doit remonter à une année au moins.
Le 5 mai 1874, application des caustiques, dix séances, chute de l'eschare le 20, réunion, cicatrisation facile et rapide.
La malade paraissait guérie, ne ressentait absolument rien, lorsque le 10 juin 1876, elle vint me dire qu'une tumeur s'était produite à la partie externe de la cicatrice vers l'aisselle. Puis je ne l'ai plus revue.
OBSERVATION XCI. — Cancer du sein droit, deuxième période.
Mma L., lavandière, cinquante-cinq ans, demeurant à Saint-Josse-ten-Noode, de constitution robuste, tempérament sanguin, a eu deux enfants sans accidents du côté du sein.
Depuis environ un an, elle voit se développer, à la partie externe du sein droit, une tumeur dure, bosselée et qui, depuis quelques mois, est le siège de douleurs lancinantes. Au moment de ma première visite cette tumeur a le volume d'un gros œuf de dinde, présentant tous les caractères du squirrhe. En outre quelques ganglions de l'aisselle sont fortement engorgés.
Le 27 avril 1874, emploi des caustiques, dix applications sont nécessaires. .L'élimination de l'eschare a lieu le i5 mai, la plaie du sein est très nette, mais il reste un ganglion qui s'est développé depuis la dernière cautérisation, réapplication du caustique. La cicatrisation marcha régulièrement.
J'ai revu cette opérée six mois après, elle était très bien. Depuis elle a changé de résidence et je l'ai perdue de vue. Dans l'incertitude où je me trouve, j'ai porté cette observation au passif des opérations pratiquées par les caustiques, bien que j'eusse autant de raisons pour la placer à l'actif.
OBSERVATIONS
OBSERVATION XCII. — Cancer du sein gauche, deuxième période,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mmo D., quarante-neuf ans, mère de huit enfants, le dernier a quatre ans, est forte et de bonne constitution. Elle n'a jamais eu d'abcès au sein, ni d'inflammation durable. Elle demeure à Sclaigneaux. Cette dame porte un squirrhe au sein gauche depuis quinze à seize mois, la tumeur a environ 7 centimètres de diamètre, il y a des nodosités et des cordons durs qui vont de la tumeur aux ganglions axillaires engorgés.
Application des caustiques le 6 septembre 1874, six applications, chute de l'eschare le 19, la plaie du sein est très nette, mais il reste deux ganglions engorgés dans l'aisselle, extraction par énucléation, réunion. Elle retourne chez elle le 6 octobre, la plaie étant presque cicatrisée. Néanmoins je m'attends à une récidive, vu que le mal est ancien et trop avancé.
Le 12 avril 1875, récidive, glandes volumineuses dans l'aisselle et quelques duretés au-dessus et au-dessous de la cicatrice. Les glandes axillaires ont nécessité six applications. La cicatrisation fut assez rapide.
Le 2 septembre 1875, deux petites indurations comme un haricot se produisirent aux extrémités de la cicatrice, je les cautérisai, la guérison ne se ht pas attendre.
Après ces opérations successives elle fut assez longtemps tranquille. Ce ne fut qu'en 1877 que le mal se manifesta avec une grande force dans les glandes de l'aisselle, du cou et de la poitrine, et elle succomba la même année.
OBSERVATION XCIII. — Cancer du sein gauche, a été opéré deux