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FOIS SANS SUCCÈS, EMPLOI DES CAUSTIQUES, NOUVELLE RÉCIDIVE

Mme veuve S., soixante ans, fermière, demeurant 0 Isenberghe, faible de constitution, atteinte de squirrhe du sein gauche, a été opérée deux fois par les caustiques, mais incomplètement. Le sein a été enlevé presque en entier, mais la cautérisation n'a pas été portée assez profondément, il reste une couche de tissu malade d'environ un demi-centimètre; aussi y a-t-il un large ulcère cancéreux qui n'a aucune tendance à la cicatrisation. De plus, il y a un engorgement glandulaire sous le bord du grand pectoral de la grosseur d'un œuf et prolongement jusqu'au fond de l'aisselle; à cet engorgement les opérateurs n'ont pas touché; on comprend du reste que dans de telles conditions il est presque impossible d'obtenir un succès durable.

Le 3o août 1874, application des caustiques sur tous les points occupés, sept applications. Après la chute de l'eschare, il reste deux petits ganglions au fond de l'aisselle, je réapplique trois fois le caustique.

La cicatrisation marcha régulièrement, sans entraves.

Le 14 octobre elle retourne chez elle, la plaie est presque cicatrisée. Après six mois il y eut récidive, et elle a succombé quelques mois après.

OBSERVATIONS

OBSERVATION XCIV. — Cancer du sein droit, emploi

DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE

MUI° C, de Bruxelles, hôtelière, âgée de quarante-cinq ans, mère d'une demoiselle de dix-huit ans, est grande, robuste, courageuse et de constitution très forte. Cette dame, très affectueuse, a éprouvé de grands chagrins. Il y a environ quatorze mois qu'elle s'est aperçue qu'elle avait une tumeur au sein droit, laquelle augmenta progressivement de volume jusqu'à ce jour, c'est-à-dire qu'elle a la grosseur d'une tête d'enfant; elle est dure, bosselée, irrégulière et le siège de douleurs lancinantes assez vives et fréquentes pour l'empêcher de dormir; il y a en outre des traînées de nodosités jusqu'au creux axillaire. Ce squirrhe est conséquemment arrivé à la période d'extension bien avancée; c'est un cas où la récidive est inévitable.

Le 5 octobre 1874, application des caustiques avec l'aide de M. le docteur Demarteau.

Il a fallu quinze applications pour détruire cette énorme tumeur et les nodosités jusqu'au milieu de l'aisselle.

Après la chute de l'eschare, la plaie était très nette; il n'y avait plus de trace de tissu malade; la cicatrisation se fit rapidement.

Néanmoins un an après il y eut récidive au-dessus et au-dessous de la cicatrice.

J'opérai immédiatement quand les tumeurs n'avaient que la grosseur d'un haricot.

De nouveau elle parut guérie; mais il y eut une nouvelle récidive sept mois après, cette fois à l'extrémité externe de la cicatrice, avec quelques ganglions engorgés dans l'aisselle et une altération profonde de la santé.

J'opérai de nouveau les petites tumeurs; mais le mal continua ses ravages, l'appétit se perdit, et la malade périt dans le marasme en septembre 1876, deux ans après la première opération.

OBSERVATION XCV. — Ostéo-sarcome du maxillaire inférieur, arcade

DENTAIRE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE, CAUTÉRISATIONS NOUVELLES, RÉSULTAT INCONNU.

Mme V., de Schaerbeek, quarante-cinq ans, a eu trois enfants; sa constitution n'est pas très robuste. Elle porte une tumeur encéphaloïde à la mâchoire supérieure gauche, à la place de deux grosses molaires; cette tumeur a le volume d'une noix, elle saigne facilement et exhale une odeur caractéristique (ostéo-sarcome).

Le 16 novembre 1874 nous posâmes une ligature à la base de la tumeur avec M. le docteur Watteau. Chute de la tumeur le 23; application de la pâte caustique; six séances. Chute de l'eschare le 29; la plaie se cicatrise en quelques jours.

En 1876 récidive, emploi des caustiques, cicatrisation de la plaie. Puis j'ai perdu de vue la malade.

OBSERVATIONS

OBSERVATION XCVI. — Cancer du sein gauche, emploi

DES CAUSTIQUES, RECIDIVE.

Mme s., de Hal, cinquante-cinq ans, très forte, beaucoup d'embonpoint, n'a pas eu d'enfant. Il y a deux ans que cette dame porte une tumeur au sein gauche, squirrhe; douleurs lancinantes depuis trois mois.

Je la vis pour la première fois le 2 janvier 1873; je constatai l'existence d'un squirre volumineux du sein gauche, avec ulcération et destruction du mamelon. La tumeur a à peu près 12 centimètres de diamètre.

Il y a un engorgement ganglionnaire dans l'aisselle.du volume d'une noix.

Le 2 janvier 1875, application des caustiques; rien de particulier.

Le 22, chute de l'eschare, rapprochement des bords; la réunion fut immédiate. Cette dame a déclaré qu'elle n'avait presque pas souffert du caustique. Le fait est qu'elle a parfaitement mangé, bu et dormi pendant la durée de l'opération.

Récidive le 14 juin 1876. Opération par les caustiques. La tumeur était peu volumineuse; la guérison fut rapide.

Le 7 juillet 1877, nouvelle récidive; la tumeur présente 3 centimètres de longueur, 2 de largeur et 1 d'épaisseur.

Quatre applications suffirent; la cicatrisation fut rapide; la malade conserve toujours sa bonne santé et tout son embonpoint.

Elle mourut en 1879 ^es suites de la maladie.

OBSERVATION XCVII. — Cancer du rectum, pour laisser appliquer

LE CAUSTIQUE, LE MALADE VOULAIT ÊTRE CHLOROFORMISÉ, DÉCÈS CAUSÉ PAR LE CHLOROFORME.

M. de C, trente-cinq ans, demeurant à Paris. Forte constitution, beaucoup d'embonpoint, souffre depuis longtemps.

Cet homme se livrait à un travail de cabinet très assidu et menait une vie très sédentaire.

Il y a un an et demi il eut une perte de sang assez considérable par l'anus. Cette hémorrhagie se reproduisait de temps en temps; il avait des hémorrhoïdes, croyait-il; cela s'expliquait.

Depuis six mois les douleurs étaient devenues plus intenses et augmentaient progressivement.

Il subit un traitement antisyphilitique très sévère qui resta sans effet, puisqu'il n'avait pas été infecté.

Il y a trois mois, les douleurs devenant plus vives, on voulut explorer le rectum, mais on ne put introduire le spéculum, tellement les douleurs étaient vives. Il fallut le soumettre au chloroforme.

On découvrit un ulcère cancéreux de la grandeur d'une pièce de cinq francs. Depuis lors il fut chloroformisé un grand nombre de fois.

La famille réunit six ou sept des principaux médecins de Paris qui déclarèrent que le malade était atteint d'un ulcère cancéreux incurable.

La famille me fit demander; j'allai à Paris, où je me rencontrai avec M. Demarquay et un autre médecin.

Ces messieurs exposèrent la situation. Nous explorâmes les organes; je leur proposai l'emploi des caustiques; ils y consentirent, puisque le cas était désespéré.

Le malade vint à Bruxelles le 2.5 avril 1875. MM. les docteurs Félix et Demarteau voulurent bien se joindre à moi pour l'opérer.

Nous commençâmes dès le lendemain. Il fut soumis au chloroforme avec l'appareil de M. Demarquay, qu'il avait apporté de Paris.

Après quelques cautérisations, le malade alla mieux : le 8 mai, il put se lever et s'asseoir, ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps.

Les jours suivants, il allait de mieux en mieux ; il se promenait dans l'appartement ; les douleurs avaient cessé.

Le 1 2 mai, pendant que je préparais les instruments nécessaires, mes collègues chloroformisaient le malade; tout à coup il se renverse en arrière : il était mort.

Nous fîmes tout ce qu'il était possible de faire pour le rappeler à la vie : ce fut en vain.

Il avait été chloroformisé plus de cinquante fois à Paris, par le même procédé. OBSERVATION XCVIII. — • Cancer du sein gauche, deuxième période

TRÈS AVANCÉE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE

Mme veuve D., soixante-deux ans, demeurant à Bruxelles, de constitution chétive, affaiblie par la misère, porte un squirrhe au sein gauche dont elle fait remonter le début à plus de deux ans; il y a plusieurs ganglions axillaires également squirrheux. Deuxième période très avancée, très peu de chances de succès.

Le 22 mai 1 875, application des caustiques au sein et aux ganglions. Dix applications; à la chute de l'eschare, la plaie du sein est nette, mais de nouveaux ganglions se sont engorgés; réapplication du caustique sur ceux-ci; à la chute de l'eschare, il ne s'en présente plus. Les plaies étaient cicatrisées à la fin de juin.

En décembre, récidive ; la malade n'a pas voulu se soumettre à une nouvelle opération, bien qu'il n'y eût que trois petites indurations. Le mal a pris une extension rapide; elle est décédée à la fin de juin 1876.

OBSERVATION XCIX. — Cancer du sein gauche, deuxième période,

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