‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 76 sur 158 · DU SEIN GAUCHE, PUIS DE L'AISSELLE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUERISON · texte numérisé non relu

DU SEIN GAUCHE, PUIS DE L'AISSELLE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUERISON

Mm« D. C, trente-quatre ans, mère de deux enfants qu'elle n'a pas nourris, est de tempérament essentiellement nerveux, maigre, cheveux noirs, très impressionnable. Elle demeure à Bruxelles.

En 1873, elle me fit appeler et me dit que, depuis plus d'un an, elle portait une petite tumeur, comme une noisette, à la partie externe du sein droit. Cette tumeur est dure, irrégulière, bosselée, elle y ressent de légers élancements.

Je lui conseille de la laisser détruire par les caustiques, lui prédisant que la tumeur se développerait infailliblement et que le mal se propagerait aux ganglions axillaires.

Elle voulut attendre. Entretemps elle consulta plusieurs sommités chirurgicales qui lui conseillèrent de n'y rien faire.

La tumeur se développa, en effet, mais lentement, les caractères du squirrhe s'accentuèrent, des nodosités, des cordons durs se produisirent du côté de l'aisselle, les douleurs lancinantes devinrent plus fréquentes et plus fortes, enfin un ganglion axillaire s'engorgea.

Elle a suivi différents traitements allopathiques. Elle n'en a retiré aucun bénéfice.

Enfin elle me rappela le 8 novembrn 1874 : la tumeur avait un volume double, les cordons noueux étaient assez prononcés, les douleurs lancinantes vives et fréquentes, l'engorgement axillaire n'existait que depuis quelques jours.

Je conseillai de nouveau l'opération par les caustiques, en faisant observer au mari que la situation n'était plus aussi favorable, que la maladie était arrivée à la seconde période, que les chances de succès avaient considérablement diminué et que si sa dame attendait encore quelques mois, ce serait trop tard.

Cette fois mes conseils furent écoutés et le 9 novembre 1874, j'appliquai le caustique de Vienne d'abord, puis la pâte caustique sur la tumeur et sur les nodosités, je laissai le ganglion, espérant qu'il pourrait se résoudre après la disparition de la cause.

Je fis six applications de pâte caustique de cinq heures de durée chacune.

Chute de l'eschare le 21, la plaie est très saine, réunion de ses bords, le 3o elle est entièrement cicatrisée.

Le 6 septembre 1875, la dame se représente ayant une petite tumeur comme une cerise, cette fois au sein gauche. Elle offre, comme la précédente, tous les caractères du squirrhe. Le ganglion de l'aisselle du côté droit est resté stationnaire.

Les partisans de la diathèse primitive ne manqueraient pas de l'invoquer ici. Il n'en était rien cependant, comme on le verra par la suite.

OBSERVATIONS

Le 7, emploi des caustiques, cinq applications. Le 18, chute de l'eschare, rapprochement des lèvres de la plaie, réunion immédiate.

Le 1 1 novembre 1877, il est survenu une petite tumeur comme un haricot, un peu au-dessous de la cicatrice droite; le ganglion axillaire a acquis un peu de développement.

Je cautérisai en même temps la petite tumeur et le ganglion, Tout s'est passé régulièrement, la guérison fut rapide.

^Depuis cette dernière opération, cette dame jouit d'une parfaite santé. Je l'ai vue il y a peu de temps (lin 1881) dans d'excellentes conditions. Où est la diathèse primitive?

OBSERVATION LXXXVI. — Ulcères cancéreux de la langue, six mois

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