‹ Au berceau de l'autre FranceChapitre 72 sur 80 · Relation de 1641, p · texte numérisé non relu

Relation de 1641, p

2. Autobiographie du P. Chaumonot, t'ocuments du P. Carayoïi, Doc. M. p. 45.

jeûne plus étroit qu'au pain et à l'eau, et l'obliger plus de dix fois le jour à répondre qu'il faisait pénitence^, » car les festins , à certains moments , se succédaient dans ces cabanes depuis le matin jusqu'au soir. — Le P. Daniel, s'en étant aperçu, voulut atténuer la correction. « Mon frère, lui répondit le capitaine, tu as trop de défiance. Noii, non, ne mollis pas. Il faut que j'achève ma pénitence jusqu'au bout. Quiconque offense Dieu ne doit -il pas se trouver trop heureux d'en être quitte à si bon marché ? »

A vrai dire, en récompense de cette foi si généreuse. Dieu prenait plaisir à multiplier les merveilles au milieu de ces forêts. Ne le fait-il pas souvent du reste dans les jeunes Églises, qu'elles naissent parmi les monuments fastueux de Rome et d'Athènes, sous les chênes druidiques de la Gaule ou à l'ombre des pagodes du Japon?

Vers la fin de l'été de 1641, quelques guerriers de Samt-Michel revenaient de l'ennemi. Tout d'un coup, au milieu d'un lac de vingt lieues de large, un orage furieux éclate sur leur tête. Leur canot d'écorce étant trop faible pour résister à de pareilles tempêtes, ils se rendent compte du péril, et, désespérant d'y échapper, ils entonnent le chant lugubre que les sauvages ont l'habitude de faire entendre quand ils se voient en face de la mort. Alors, au milieu des vagues qui les fouettent : « Camarades, dit l'un d'eux, les démons que vous avez appelés ne peuvent vous entendre. Pour moi, je vais prier mon Dieu. S'il veut, il nous fera miséricorde, quoique vous l'ayez of-

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