I. The Jesiiits in North America, p
CONCLUSION 36i
vaste empire qui, avec le temps, aurait embrassé le continent tout entier.
« La civilisation espagnole supprimait l'Indien, en l'écrasant ; la civilisation anglaise le dédaignait et l'oubliait; seule, la France l'accueillait et le protégeait.
« La politique et le commerce fondaient donc leurs meilleures espérances sur les missionnaires. Légitimes interprètes de la divine volonté, accrédités en quelque sorte par les puissances célestes et affiliés au Christ de Dieu sur la terre, les Jésuites auraient poussé jusqu'au bout la parabole évangélique du Pasteur et de son troupeau. Ils auraient amené l'indomptable sauvage des forêts du Saint- Laurent à une obéissance simple, passive, absolue ^ »
« Rien ne leur manquait pour assurer le succès auquel ils aspiraient : leur zèle était inouï, leur discipline incomparable, leur expérience d'une sagacité très rarement surpassée par les ambitieux eux-mêmes, quand ils poursuivent les honneurs ou les richesses. S'ils échouèrent, ce fut par suite de causes extérieures, indépendantes de leurs volontés et contre lesquelles aucun moyen en leur possession ne les pouvait sauvegarder 2. »
« Les mousquets et les tomahawks iroquois ruinèrent leurs desseins. Mais, s'ils virent s'écrouler leurs espérances, les Jésuites ne sentirent pas du moins la foi s'ébranler dans leur cœur.... Honneur donc à ces vaincus, car au milieu des poussières de l'erreur, leurs vertus brillent comme le diamant et l'or dans les graviers d'un torrent ^. »