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ous appelons Nouvelle-France les terres et pays de l'Amérique ou Indes occidentales qui sont à l’autre bord de l’océan de Guienne, vers le soleil couchant, opposés à nous et y correspondant directement, en même ligne, de l’orient à l'occident. On leur a imposé ce nom de Nouvelle-France pour deux raisons principales. La première, parce que, comme je l’ai dit, ces terres sont parallèles à notre France; n’y ayant rien entre la Guienne et ces dites contrées, sinon notre mer d'Occident, large, en son plus étroit, de huit cents lieues et davantage, et, en son plus large, de mille lieues ou environ. La seconde raison est que ce pays a été premièrement découvert par les Français Bretons, l’an 1504, il y a cent onze ans, et que depuis ils n'ont cessé de le fréquenter. »
Ainsi débute la plus ancienne des Relations qui nous
soient venues des rives de la Nouvelle-Francet. Elle porte
L 1. Les Relations des Jésuites de la Nouvelle-France « sont écrites simple- } mentet souvent d’un style un peu brut, dit Parkman, comme il y a lieu - de s’y attendre pour des récits hâtivement tracés dans des huttes indiennes ou de grossières constructions perdues dans les bois, au milieu de fatigues et d’embarras de tout genre... Elles méritent une place exception- } nelle parmi les documents authentiques et dignes de foi. En ce qui concerne les mœurs et la condition des premiers habitants de l'Amérique septentrionale, on ne leur accordera jamais une trop grande valeur histo- » rique.» The Jesuits in North America in the seventeenth century, 29° édi- } tion. London, Mac Millan and Co, 1802. Préface.
Les Relations constituent en effet une source particulièrement riche pour
la date de 1614. Après avoir fièrement revendiqué les droits de sa patrie sur ces vastes régions et consacré un chapitre entier (ch. xxxvi) à prouver que l'Angleterre y prétendait sans aucune justice, le P. Pierre Biard, qui en est l’auteur, conclut de la manière suivante :
« Ici, devant que de finir, je suis contraint de côter quelques raisons qui m’émeuvent l'âme, quand je considère comme nous délaissons cette pauvre Nouvelle-France en friche quant au temporel et, quant au spirituel, en barbarie et paganisme. Je sais assez que je profiterai bien plus de les alléguer aux oreilles de Notre-Seigneur par ferventes prières, que de les marquer aux yeux des hommes par écriture morte. Néanmoins, tant plus ardemment je m'écrie devant Dieu, en les pesant, tant plus je me sens pressé à les spécifier aux hommes en écrivant.
« Et premièrement, si l’on considère le temporel, c’est une autre France en influence et condition du ciel et des éléments ; en étendue de pays, elle est dix ou douze fois plus grande, si nous voulons; en qualité, elle est aussi bonne, si elle est cultivée : du moins, il n’y a pas d’apparence qu’elle doive être pire ; en situation, elle est à l’autre bord du rivage, pour nous donner la science et la seigneurie de la mer et du navigage, avec mille biens et utilités : en un mot, c’est une autre France et une autre Espagne à cultiver.
l'histoire. On y trouve les renseignements les plus variés au point de vuc de la géographie, de l’histoire naturelle, de l’ethnographie, de la langue, des coutumes des peuplades indiennes. La collection complète en est devenue très rare. Heureusement, les Relations ont été rééditées à Québec, en 1858, sous les auspices du gouvernement canadien. Elles forment trois forts volumes in-4, à deux colonnes, de goo pages environ. C’est à cette édition que nous renverrons toujours le lecteur dans le présent travail.
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« Ensuite, les tentatives que nous avons déjà faites tant de fois depuis cent et dix ans nous obligent à constance; à moins que nous ne voulions, avec la moquerie des étrangers, perdre encore le fruit de tant de temps consumé et des pertes de tant d'hommes et de biens qu’il a convenu de faire pour acquérir la connaissance de ces terres, côtes, golfes et divers endroits, laquelle, Dieu merci, nous avons acquise avec la bienveillance et famiilarité du peuple : ce peuple débonnaire nous tend les mains avec un désir incroyable et une douleur bien grande de nous y voir éprouvés. Et nous ne le sommes pas pour autres raisons, sinon que les entreprises qui ont été faites jusqu’à maintenant ayant été quasi soutenues par les particuliers, il n’est pas merveille s’ils ont succombé au faix et aux frais qu’une telle œuvre requiert.
« Que si nous nous lassons ou languissons, nous avons devant les yeux assez d’autres qui nous ont montré d’avoir courage. Considérons donc si cela nous est fort avantageux de perdre le profit que rapportent de ces contrées tous les ans plus de cinq cents de nos navires qui y vont, soit à la pêche des baleines, soit à celle des morues’et autres poissons, soit à la traite de la pelletterie des castors, élans, martres, loups-marins, loutres, etc. Car il ne faut pas attendre d’y avoir part, si d’autres saisissent le domaine,
Lainsi qu'a bien déclaré ces années la dispute arrivée à Spitzberg et autre part.
« Voilà pour le temporel. Mais, pour le spirituel, auquel l'indicible grâce de Dieu nous surhausse jusqu’au surnom let gloire de Très-Chrétien, calculons et supputons les ibénéfices qui nous accompagnent et nous obligent 'incessamment à la suite de ce premier, la vocation à l’Église
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sainte et connaissance de Notre Seigneur Jésus-Christ, tiss Lors, nous pourrons mesurer combien grande serait l'in- M
justice et combien horrible châtiment elle porterait en #8 lise croupe, si nous ne tâchions de faire priser cette grâce, la 4 faci communiquant à nos proches à la proportion de nos 0 l'au moyens... » | | 4 C | A défaut d’autres preuves, ces quelques pages feraient M jors | déjà bonne justice d’une calomnieuse imputation formulée 1 satic | contre les Jésuites de la Nouvelle-France : l'œuvre qu'ils vel | firent sur les bords du Saint-Laurent et des grands lacs MS Je m | fut exclusivement une œuvre de propagande religieuse, D des dit-on, et jamai. ils ne se soucièrent dans ces missions M au ( | naissantes des intérêts de leur pays. M créc: | 4 entre Ce Ce reproche est insoutenable et cette accusation d’une 4 une Al | évidente fausseté. vilès D 4 plain | | Sans doute, les missionnaires virent avant tout dans les ; Fran | sauvages errant à travers les forêts canadiennes des hommes 1 pouv
|] . . Q . 4 | à sauver. Qui donc aurait le droit de leur en faire un MS achet crime? Autant l’âme l'emporte sur le corps, autant les AS point
| destinées éternelles doivent prévaloir sur les passagères M Les | vicissitudes de la vie présente. Mais qui se préoccupe sur- M fut a | tout des premières n'est pas condamné par cela même à MS avide | perdre de vue le monde où se déroule notre éphémère 3 fut g ll existence. Le dévouement à l’Église n'implique pas, heu- 4 rectet reusement, l’oubli des intérêts de la patrie. On peut allier MR peine les deux services et travailler en même temps à la diffusion ; après | " de la foi qu’on professe et à la prospérité de son pays. pris,
Les Jésuites du Canada ne l’ignoraient point: En conver- "+
us-Christ, serait l'in- | prterait en e grâce, la n de nos