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Dieppe, avec le P. Ennemond Massé. Il devait passer au Canada sur la flottille qui allait y ramener Champlain. Flottille minuscule en comparaison de nos formidables escadres modernes : elle ne se composait que de trois vaisseaux, et quels vaisseaux ! C’étaient, dit le Mercure
français !, l'amiral, appelé le Saint-Pierre, navire de
cent cinquante tonneaux et de douze canons, placé sous le commandement de Pierre Grégoire; le vice-amiral, le Saint-Jean, de cent soixante tonneaux et dix canons, commandant Pierre de Nesle; enfin, le Don de Dieu, de quatre-vingts tonneaux et six pièces, aux ordres de Michel Morieult. Deux mois après, une salve d'artillerie faisait retentir les échos du fleuve américain et annonçait joyeusement à Québec l’arrivée de la petite escadre française. Au bruit de ces détonations, le P. Le Jeune, supérieur de la Mission, envoya aux nouvelles le P. de Noüe, avec lequel il était venu au Canada, l’année précédente, au lendemain du traité de Saint-Germain-en-Laye, et quelques instants après il serrait dans ses bras Jean de Brébeuf.
L'apôtre retournait au combat plein d’une résolution nouvelle. Durant ces trois ans, -- qu’il avait passés, partie au collège de Rouen, partie au collège d’Eu, en qualité de procureur, — il s'était en effet lié à Jésus-Christ par de nouveaux serments : le 30 janvier 1630, il avait prononcé à Rouen, entre les mains du P. Bertrix, son recteur ?, les vœux solennels de coadjuteur spirituel. « J’ai senti, notaitil peu de jours auparavant, un vif désir de souffrir quelque