‹ Au berceau de l'autre France [microforme]Chapitre 34 sur 90 · Le Niag · texte numérisé non relu

Le Niag

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y faire tout ce qu'ils voulaient, sans que personne eût le

En droit de les inquiéter à ce sujet. Ils en profitèrent largeha le ment vis-à-vis des missionnaires. Tantôt ils les couvraient em: de crachats, tantôt ils déchiraient la pauvre soutane de , plus l’un ou de l’autre. Parfois ils fouillaient dans les sacs et en ement, emportaient ce qui était à leur guise. D’autres fois, ils

enlevaient des mains mêmes de ces intrépides ouvriers les objets les plus précieux pour se les approprier, et généralement ils terminaient par les plus affreuses menaces. Mais toujours inaccessibles à la crainte, le P. de Brébeuf et son compagnon continuaient à aller de village en village, prêchant la foi aux sauvages, leur prédisant l’enfer s'ils ne se convertissaient, sans qu'aucun de ces barbares eùt le courage de leur donner le coup fatal.

} Cependant, après cinq mois d'efforts inutiles, le P. Jé-

rôme Lalemant les rappela. Durant cette expédition labo- | rieuse, ils avaient sillonné toute la langue de terre qui sépare le lac Erié du lac Ontario, et poussé jusqu’aux | chutes du Niagara, qu’ils purent contempler dans leur : éblouissante parure d’hiver, frangées d'énormes stalactites de glace qui étincelaient au soleil !. Ils avaient aussi ébauché un dictionnaire du dialecte de la contrée. Mais, sauf } sept ou huit adultes, ils ne laissaient point de chrétiens dans les dix-huit grandes bourgades évangélisées par eux,

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bnnaires.

I ils reprirent le chemin de la Mission Sainte-Marie, À de les 1. Le Niagara fut découvert dans cette circonstance. « En 1640, Brébeut irent de contemplait le saut du Niagara et parcourait le lac Érié. » Élisée Reclus, dE non | Nouv. Géogr. univ. T. XV, Amérique boréale, p. 47. La chute du Niagara

$e trouve mentionnée dans la Relation de 1648, p. 46. Les géographes qui conférait affirment qu’on en entend parler ‘pour la première fois par Hennequin, en es pour L 1078, se trompent donc.

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sans autre consolation que celle d’avoir envoyé une légion de petits anges au paradis.

Ce retour fut marqué par un triste accident. En traversant un lac, le P. de Brébeuf fit sur la glace une chute dans laquelle il se cassa la clavicule gauche. L’intensité de la douleur fut telle qu'il en perdit les sens. Néanmoins, quand il sortit de son évanouissement, il ne voulut jamais consentir, comme ses compagnons l'en suppliaient, à se laisser placer par eux sur un traîneau. Il reprit la mar. che à pied. Le reste du trajet — et il fut long — devint dès lors un douloureux martyre pour le pauvre blessé, « Dans les endroits escarpés, qu’il fallait quelquefois gravir en se traînant sur la neige, on le voyait s'appuyer péniblement sur son bras droit. Pour descendre les coteaux, il se laissait glisser sur le côté, plutôt que de s’exposer à un faux pas. » A la Mission même, on ne put rien pour guérir cette fracture. Le vaillant apôtre ne s’en émut point, et il reprit tout ce qu’il put reprendre de ses travaux, comme s’il eût joui d’une parfaite santé.

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Le P,. Jérôme Lalemant renvoie le P. de Brébeuf à Québec. — La ville en 1642. — Brébeuf à Saint-Joseph de Sillery. — Visions. — La mission huronne aux abois. — Capture de deux convois de ravitaillement par les Iroquois. — Le P. de Brébeuf prend la direction d'un troisième convoi. — Rentrée au pays des Hurons, — La résidence Sainte-Marie sur les bords de la Wye, — État de détresse de la contrée. — Vertus des néophytes. — Une forte race chrétienne. — Mortification du P. de Brébeuf, — Notre-Seigneur lui apparaît. — Le P. de Brébeuf fait vœu d’accepter le martyre. — Paix trompeuse. — Reprise des hostilités. — Audace toujours croissante des Iroquois. — Incurie des Hurons. — Les Iroquois brûlent le village de Saint-Ignace. — Devant Saint-Louis. — Branle-bas. — Les assiégeants. — Héroïque défense des Hurons, — Saint-Louis‘ en flammes. — Le P. de Brébeuf prisonnier. — En marche pour le calvaire, — Le supplice. — Magnanimité du martyr.

Cependant le Supérieur, bien que profondément édifié d'une vertu si mâle, n’attendait que la première occasion pour renvoyer le blessé au chef-lieu de la colonie, afin de l’y faire soigner. Cette occasion se fit attendre plus d'un an; ce fut seulement vers la fin de l'été de 1642 que l'on put équiper deux canots de quatre Français et de six sauvages pour descendre le Saint-Laurent. Protégés par Dieu, les frêles esquifs échappèrent aux Iroquois, dont

une bande captura, deux jours après, les cinq canots qui suivaient {.

Le P. de Brébeuf aborda donc heureusement devant les grandes roches de Québec, avec le P. Duperron, son compagnon de route. Depuis qu’il l'avait quittée, huit ans auparavant, la ville avait pris un développement relativement considérable. Champlain, qui y était mort si chré-

Relation de 1642, p. 6o.

tiennement le 25 décembre 1635, avait fortement assis la a jeune cité sur les bords verdoyants du grand fleuve, et a FF meilleu

son successeur, le chevalier de Montmagny, l'avait agran-

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