FAR
die encore. Québec n’était donc plus l’'amas de masures comptait i in i nouve
dominées par le fortin inachevé devant lequel Jean de che
trement
les indigé
soin de « lery.
Le P.J Laussi vive de lui a réserve, c des sauva Ble bonheu huronne q de tant d’e cureur. En Québec. nement po
Brébeuf avait jeté l’ancre à sa première arrivée au Canada. Sortie de ses langes, la ville possédait un Hôtel- ? endant Dieu, desservi par les Hospitalières de Dieppe, et une Us d maison d'Ursulines dirigée par la Vén. Mère Marie de Pn Jour da l’Incarnation, cette sainte et héroïque femme si justement où des L appelée la Thérèse de la Nouvelle-France, à cause de sa embrassait foi ardente et de la magnanimité de son cœur. Quant à pu à celu la Compagnie de Jésus, elle y possédait trois établisse- peuplades, 1 ments : deux à Québec même, la résidence de Notre pes comn Dame des Anges et un collège, qui fut le premier ouvert Froces enne dans l'Amérique du Nord, et une autre maison à 4 kilo- i malheur mètres des murailles, Saint-Joseph de Sillery. Frtageait le
ee
C'est là que, pendant trois ans, l’apôtre allait entre-
s la prendre une nouvelle tâche. Comme il avait laissé le 1 meilleur de son cœur parmi ses Hurons tant aimés, il Rens comptait retourner bientôt parmi eux. Maisle P. Vimond, ° nouveau Supérieur général de la Mission, en décida aua
trement : il retint Brébeuf à Québec et lui confia, avec les indigènes convertis qui se trouvaient dans cette ville, le soin de ceux qui s'étaient groupés à Saint-Joseph de Sillery.
Le P. Jean voyait en tout la main de Dieu. Sa foi était L aussi vive que pleine de simplicité. Notre-Seigneur venait de lui assigner un nouvel emploi; il s’y dévoua sans réserve, comme toujours. N'était-ce pas du reste auprès ides sauvages qu’il continuait à travailler ? Il avait même le bonheur de pouvoir s'occuper encore de cette Mission huronne qu’il avait fondée au prix de tant de fatigues et de tant d'efforts; car le P. Vimond l’en avait nommé procureur. En cette qualité, il fit tout ce qu’il lui était humainement possible de faire pour la secourir.
au Ca- Hôtelpt une
| Pendant l’une de ses courses apostoliques à travers le territoire de la Nation Neutre, le futur martyr avait vu bn jour dans le ciel une immense croix qui, venant du pays des Iroquois, s’étendait vers celui des Hurons et lembrassait en entier. Dieu révélait mystérieusement linsi à celui dont il s'était fait un instrument parmi ces euplades, le sort qu’il leur voulait réserver. La prophétie divine commençait déjà à se réaliser. Traqués par leurs froces ennemis, surpris plusieurs fois et vaincus par eux, ks malheureux Hurons étaient aux abois. La Mission artageait leur détresse. Pour. soulager cette misère, le
rie de ement de sa uant à blisse- Notreouvert A kilo-
RE RE oc DU >
a ———————————— —"’—" —"— .—————————. " "—— —" " "Û "UT
charitable procureur organisa pendant l'automne 1643 un convoi qui remonta le fleuve sous la conduite du P. Isaac Jogues. Mais ce convoi tomba entre les mains des ennemis. D’autres canots chargés de provisions de toute sorte et de munitions de guerre partirent au mois d'avril suivant. Ils eurent le même sort, et le P. Bressani, qui les dirigeait, devint à son tour le prisonnier des Iro. quois : cachés dans les taillis ou tapis parmi les roseaux du fleuve, ces impitoyables maraudeurs fondaient à l'improviste sur leurs adversaires et ne faisaient grâce à per. sonne.
Pont de la « Chaudière »,
Le P. de Brébeuf prépara alors un troisième convoi; mais il revendiqua l’honneur de le conduire lui-même « pays des Hurons. Le P. Vimond l’y ayant autorisé, | quitta Québec, vers le milieu du mois de septembre 164, avec sa lègère flottille et une vingtaine de soldats fran çais, que lui donnait Montmagny.
Une fois de plus, l’intrépide ouvrier s’engagea don sur ce chapelet de lacs et de rivières qui formaient h route ordinaire entre la colonie naissante et ses alliés di
nord. Le Saint-Laurent roulait toujours ses flots impasst
bles dans l’immensité de la forêt vierge. Mais la solitud
des dans nait haut qui s cabar empo fois c de gu des c:
Que
dans 1 joyeus ou lel saule divers.
zon, ot aux br apprêta sur la par ava main, Q
en port:
et les b courage.
Français
les lisièr( de maïs bientôt ] transport
ns
43 un », Isaac y ennee sorte ril suini, quil des Iro:
roseaux à l'im- > à per:
convoi même al torisé, I bre 1644 dats frat
gea don maient l alliés di impass solitude
de ses bords semblait plus profonde : on aurait dit que dans ce sanctuaire plein de silence l'âme du désert planait toute désolée. De loin en loin on apercevait sur une hauteur quelques perches noirâtres, squelette carbonisé qui se profilait sur le ciel bleu : c'étaient les restes d’une cabane de pêcheurs surpris par les Iroquois, dont le vent emportait bribe après bribe les derniers débris. Que de fois ces eaux si calmes n'’avaient-elles pas entendu le cri
de guerre, puis les chants de triomphe mêlés aux plaintes des captifs !
Quand le convoi quitta le grand fleuve pour pénétrer dans l'Ottawa, la route devint plus sûre. On glissait joyeusement sous les roches qui surplombaient la rivière, ou le long des berges sur lesquelles le hêtre, l’érable, le saule et le cèdre mêlaient leurs feuillages aux tons si divers. Le soir venu, quand le soleil se couchait à l’horizon, on amarrait les canots dans quelque anse boisée, aux branches d'un vieux tronc tombé dans le courant, on apprêtait le maigre repas de l'étape, puis on se couchait sur la roche ou la terre nue pour passer une nuit dévouée par avance aux piqûres des maringouins. Mais, le lendemain, qu’il fallût se rembarquer ou contourner un rapide, en portant les canots sur les épaules à travers la prairie et les bois, l'aube retrouvait la petite troupe pleine de courage. Enfin, un jour, après avoir quitté la Rivière Française, on respira les senteurs résineuses des pins : les lisières de la forêt huronne apparurent, puis des champs de maïs qui jaunissaient sous le soleil de septembre, et bientôt les sveltes embarcations atterrirent au milieu de transports de joie universels.
Trois missionnaires s’en élancèrent, le cœur rempli d’allégresse : c’étaient, avec Brébeuf, les PP. Chabanel et Garreau, deux victimes promises, elles aussi, au martyre!. Ils se dirigèrent vers une rangée de palissades et de murs fortifiés que flanquait dans les angles une série de bastions carrés. Derrière ces abris un peu primitifs, mais solides, se groupaient quelques bâtiments. Des troncs d’arbre à peine dégrossis en formaient les parois et la toiture,
La Rivière Française { French River ).
les fenêtres y manquaient de vitres et les vastes cheminées en étaient de pierre brute sans valeur. Mais, telles quelles, ces constructions étaient des palais à côté des antres de suie et de vermine où s’entassaient les Hurons. Leur ensemble constituait la Résidence Sainte-Marie, poste central facile à défendre, et qui comprenait un hospice, le magasin général de la Mission, une église et le cimetière paisible où dormaient en terre sainte quelques chré-
1. Le P. Chabanel, compagnon de mission du P. Ch. Garnier, avait été rappelé de Saint-Jean, deux jours avant la prise de ce bourg par les Iroquois. Il fut massacré dans les bois, Le P, Léonard Garreau fut tué le 2 septembre 1656,
tiens.
de la rivièr nomb qu'ils aussi de ret
leurs fo relatif, Ce po raient er 1647. La sein de <
| vrai, sou | boulevers | et leurs « | glantes, , | cent caba
empli 1banel maret de rie de , Mais s d’aroiture,
chemis, telles ôté des
urons.
e, poste ospice, e cimces chré-
| avait été
r les Iro:
E le 2 SCP-
tiens. Les Pères l'avaient fondée en 1639, sur les bords de la Wye, à peu de distance de l’endroit où cette petite rivière se jette dans la baie de Matchedash, une des innombrables criques de la baie Géorgienne. C’est de là qu'ils rayonnaient dans toute la contrée; ils y revenaient aussi après leurs longues expéditions apostoliques, afin de retremper leur courage dans la prière et de donner à
Bords du lac Huron.
leurs forces épuisées le loisir de se refaire dans un repos relatif.
Ce poste servait également aux sauvages : ils y accouraient en foule. Trois mille y furent logés et nourris en 1647. La foi faisait en eflet des progrès incontestables au sein de ces peuplades. La contrée entière gémissait, il est
| vrai, sous une indicible impression de terreur. Tout y était : bouleversé. Les incursions des Iroquois s’y succédaient | et leurs embûches y étaient aussi nombreuses que sanglantes, Aussi, là où l’on voyait jadis de quatre-vingts à | cent cabanes, en apercevait-on à peine cinq ou six alors.
fi:
5 SAS D RÉ 0 Nr Sa dj oc SSD 2 1 ro
Les chefs qui commandaient à un millier de guerriers n’en avaient plus guère qu’une cinquantaine sous leurs ordres, et les flottilles de trois à quatre cents canots étaient ré. duites à vingt ou trente seulement. Par contre, le nombre des veuves et des orphelins était grand. C'était donc partout la désolation, partout le deuil, partout l’image de la mort’.
Mais Dieu payait largement en faveurs éternelles les épreuves passagères dans lesquelles il permettait que cette malheureuse nation fût écrasée. Il y avait des églises rustiques à Saint-Jean-Baptiste, à Saint-Joseph, à Saint-Ignace et à Saint-Michel, car chaque village avait reçu le nom d’un saint. Tous les jours, leur petite cloche, souvent suspendue à quelque branche de l'arbre le plus voisin, tintait pour appeler les fidèles à la messe. Aux premières notes qu’elle lançait à travers ia fraîcheur du matin, les néophytes sortaient de leurs huttes d'écorce et se réunissaient dans la chapelle, dont les murailles de troncs rugueux et moussus contrastaient avec les draperies voyantes et les ornements dorés de l’autel. |
Au coucher du soleil, ils revenaient encore apporter à Dieu leurs naïves et simples prières. Le dimanche, ils ne quittaient presque pas la chapelle. — Aussi, la grâce coulait à flots sur cette terre sauvage et elle y faisait fleurir les plus suaves et les plus héroïques vertus. On voyaits)} renouveler, parmi les néophytes qui se multipliaient ct tous les côtés comme les germes au printemps, les actes ies plus beaux. Sous le coup d’une violente tentation, un jeune sauvage se roule sur un étang glacé et met ainsi cn