Su bre 164 jours ay
Le F, tyrs, no mine ail
« Nou:
les rapp les consi ce que ll vrai, Je &
à voir, a
jambes,
quantité
Corps, de
du saint
pleine de brûlures J'ai vu et lait toujo les endro J'ai vu et que ces b ché toute:
ct assure, .. Franc
vous
iguait us on Quelle sur sa à plat chairs
e Pasuveur.
ats, et plaies
Ans que ciel, le des toraux inauflées passent ent en e, pour 4 mmés.
re résisse enbatiente e dépit heures boitrine es SOU
\ Ni
frances, son âme indomptable s’élance enfin glorieuse vers le ciel (16 mars 1649).
« Ainsi mourut Jean de Brébeuf, écrit Parkman; Jean de Brébeuf, le fondateur de la mission huronne, son héros le plus admirable et le plus grand de ses martyrs. Il était de noble sang, le même, dit-on, qui donna les comtes d’Arundel à l'Angleterre. Mais, de tous ses aïeux encuirassés, aucun ne regarda en face destin aussi épouvantable avec une fermeté d’âme aussi prodigieuse. Jusqu’à son dernier souffle, il resta indomptablement debout, et sa mort fit la stupeur de ses bourreaux ?. »
1. Suivant une lettre de la Vén. Marie de l’Incarnation à son fils (octobre 1649), Brébeuf aurait été averti par révélaiion de son martyre, trois jours avant les événements que nous venons de raconter.
Le F. Christophe Regnaut, coadjuteur, qui recueillit les reliques des martyrs, nous a laissé une narration intéressante de leur passion. Elle se termine ainsi :
« Nous les trouvèmes tous deux, mais un peu écartés l’un de l’autre; on les rapporta à notre cabane et on les exposa sur des écorces de bois où je les considérai à loisir pendant plus de deux ñaeures de temps, pour voir si ce que les sauvages nous avaient dit de leur martyre et de leur mort était vrai. Je considérai premièrement le corps du P. de Brébeuf, qui faisait pitié à voir, aussi bien que celui du P. Lalemant. Le P. de Brébeuf avait les jambes, les cuisses, les bras, tout décharnés jusqu'aux os. J'ai vu et touché quantité de grosses ampoules qu’il avait en plusieurs endroits de son corps, de l’eau bouiilante ‘je ces barbares lui avaient versée en dérision du saint baptèrne. Jai vu et touché la plaie d’une ccinture d’écorce toute pleine de poix et de résine qui grilla tout son corps. J'ai vu et touché les brûlures du ccliier de haches qu'on lui mit sur les épaules et sur l'estomac. J'ai vu et touche s2s ceux lèvres qu’on lui avait cou frs ‘ sause qu'il parlait toujours de Lieu, quand on le faisait souffrir. J'ai vu et touclié tous les endroits de son corps, qui avait recu plus de deux cents coups de bâton, J'ai vu et touché l: dessus de sa tête écorché. J'ai vu et touché l’ouverture que ces barbares lui firent pour lui arracher le cœur. Enfin j'ai vu et touché toutes les plaies de son corps, comme les sauvages nous l'avaient dit ct assuré, » Lett. de Jers., 1885, p. 253.
. Francis Parkman, The Jesuïts in Noïth Amer'cs, p. 380, 390.
Une sainte famille, — Gabriel Lalemant au noviciat. — Les Relations de la Nouvelle-France. — Mœurs et coutumes des sauvages, — Espérances des missionnaires. — Gabriel Lalemant s'engage par vœu à se consacrer aux missions. — Professorat. — Collège de Moulins. — Collège de Bourges. — Sacerdoce. — La jeune Église huronne. — Appel des missionnaires. — Le P. Gabriel Lalemant fait de nouvelles instances pour être envoyé au Canada.
UAND on l’attacha au fatal poteau, le P. Ga-
briel Lalemant était depuis six mois à peine
dans le pays des Hurons. Il était né à
MA Paris, le ro octobre 1610!, d’une ancienne
famille de robe bien connue au Parlement. Dernier venu
de six enfants, il eut le malheur de perdre son père étant tout jeune encore. Mais auprès de son berceau veillait une vraie chrétienne. De la race des Monique, cette mère au cœur vaillant et doux tenait l’âme de ses enfants tournée vers iv ciel : c’est de l’éternité qu’elle se plaisait à les entretenir. Ils la comprirent. A l'exception d’un seul qui devint maître des requêtes, tous dirent successivement adieu à un monde pour lequel leur mère ne professait point d’estime. L’aîné se retira dans les solitudes de la Grande Chartreuse et mourut fils de saint Bruno; les filles s’ensevelirent au Carmel; Gabriel s’enrôla dans les rangs de la Compagnie de Jésus. Sa tâche terminée, la
1. Le 31 octobre, s'il faut en croire le P. Paul Ragueneau, supérieur de la mission des Hurons en 1649. — Relations, années 1648 et 1649, ch. 1v, P. 17.
pieuse veuve se cachera elle aussi sous le voile, et elle rendra le dernier soupir revêtue du pauvre habit de la récollette, entièrement consacrée à Jésus-Christ.
Nous sommes mal renseignés sur les premières années
de Gabriel. Les commencements de sa vie religieuse ellemême nous échappent. Nous savons seulement qu’il avait Li vingt ans quand il fut admis au noviciat (24 mars 1630) ces | et qu’il était d’une constitution fort délicate. Mais, sous dust ces frêles dehors, se cachait une âme ardente, généreuse, troût dans laquelle fermentait un insatiable désir de se sacrifier. em autre Les missions de la Nouvelle-France venaient d’être fon- aldté dées. On ne s’entretenait que des souffrances qu’on y en- glacé durait, des périls continuels qu'on y courait. Les Rela- las 4 tions des premiers missionnaires commencçaient à arriver camp en Europe. Elles parlaient des peuplades étranges que desqu les Pères avaient rencontrées sur les rives grandioses ti du Saint-Laurent. Elles les dépeignaient « allant tou- dal jours nu-tête, leurs corps seulement couverts d’une peau fon d'orignac ou d’une robe de castor cousues ensemble et vices, portées sans comparaison comme les ecclésiastiques AU portent les chappes! ». Elles les montraient le visage avec
tatoué et ressemblant, écrivait le P. Le Jeune, « à ces fous qui courent en France, à carême prenant. Il y en a, ajou- 1. Rel tait-il, qui ont le nez peint en bleu, les yeux, les sourcils, ; : les joues en noir et le reste du visage en rouge; et ces «Sitôt q couleurs sont vives et luisantes comme celles de nos du masques; d’autres ont des raies noires, rouges et bleues, dela be tirées des oreilles à la bouche; d’autres sont tout noirs, femme e procédés 1. Relation de 1626, p. 4. ces tribu
hormis le haut du front, les parties voisines des oreilles et le bout du menton. Il en est qui n’ont qu’une raie noire, large d’un ruban, tirée d’une oreille à l’autre au travers des yeux, et de très petites raies sur les joues. Leur couleur naturelle est comme celle des gueux de France qui sont demi rôtis au soleil!. »
Les Relations disaient aussi les mœurs vagabondes de ces sauvages, passant « six mois de l’année, qui sont les six mois de l'hiver, à errer çà et là selon la chasse qu’ils trouvent et ne se cabanant que deux ou trois familles ensemble en un endroit, deux ou trois dans l’autre, et les autres de même?. » Elles racontaient comment il fallait alors les suivre à travers la neige, sur les grands lacs glacés, au milieu des épaisses forêts où ils poursuivaient les élans, les orignacs et les ours, et comment on y campait misérablement sous des huttes d’écorce, à l’abri desquelles on se trouvait souvent en compagnie de la faim. Elles ne taisaient pas non plus les mœurs barbares de ces malheureux qui tuaient leurs père et mère dans la vieillesse, « pensant en cela leur rendre de bons services, car autrement, disent-ils, ils seraient contraints de mourir de faim * ». Quant à leur façon de faire la guerre avec leurs ennemis, rapportaient-elles, c’est pour l’ordi-