The Jesuits in North America, p. 146 et suiv
e droit > CONSe nous lonc à ieu Îles r Ceux sa Proar leur s'apaisa
par les ser sur ppé à la s et leur ontraire, portait plus terr et de bu qu'ils ques ree périls, rteraient roquois.
de moe, exilé roc dé- » Jaissait
sur les rs l’im-
mensité de la forêt et des mers, sa pensée s’envolait-elle passionnément parfois vers la patrie. Peut-être encore, subissant une attraction plus profonde, se reprenait-elle à visiter les sanctuaires où sa foi s'était jadis affirmée... Les colonnes, les voûtes, les dômes lui apparaissaient en vision, éblouissants de lumière, vibrants sous une céleste harmonie. Il s’agenouillait encore devant l’autel qui supportait le plus suave emblème de la maternité chrétienne. Mais, alors, ce n’était plus un souvenir, ce n’était plus un songe, c'était une vision qui lui apparaissait distincte et, lumineuse dans les grands arbres des bois : la Vierge était devant lui ; il se prosternait sur la roche vive... puis, se relevant fortifié, il allait à son âpre labeur apostolique avec une flamme nouvelle dans le cœur. »
D'Ihonatiria abandonné par ses habitants, le Père fut envoyé à Teanaustayé. Il n’y passa que six mois, mais il y donna par le baptême cent vingt chrétiens à Dieu. — Il dirigea ensuite les travaux de la Résidence Sainte-Marie qu'on fondait en ce moment { 1639). C’est de cette résidence qu’il partit avec le P. Ch. Garnier pour le pays des Pétuneux, peuplade qui habitait, à cinquante kilomètres au sud-ouest des Hurons, le massif des Montagnes-Bleues (1640). — Abandonné par ses guides dès les premières heures de la route, accueilli avec défiance, bientôt poursuivi par la calomnie, finalement traqué de village en village, non pas ouvertement, mais d’une façon qui n’en était que plus -perfide, il fut contraint de rentrer à Sainte- Marie, sans avoir rien pu faire en apparence, sinon baptiser quelques mourants. En réalité, lui et son compagnon avaient jeté les germes d’une moisson qui n'allait
pas tarder à lever et qui devait à bref délai porter les plus beaux fruits.
L'automne suivant (1641), le P. Jogues se rendit, en compagnie du P. Ch. Raymbault, à l'extrémité septentrionale du lac Huron. Les deux missionnaires avaient charge de s’y aboucher avec les Ottawas, qui chaque année venaient pêcher sur ces bords le poisson blanc, Après s'être munis, comme tous les jésuites le faisaient en semblable occasion, d’une provision d’aiguilles et de flèches, d’hamecons et de haches, de fourrures et de verroteries, destinée à payer leur logement et leur nourriture, ils s’'embarquèrent dans leur petit canot d’écorce et longèrent pendant près de quatre cents kilomètres les rives de leur beau lac. L’innombrable archipel dont les îles verdoyantes émergent de ces eaux tranquilles une fois franchi, les voyageurs pénétrèrent dans la rivière Sainte- Marie. Mais ils furent bientôt arrêtés dans leur course. « Entre deux terrasses de grès peu élevées, un seuil de pierre barrait le courant, et le fleuve sorti du lac Supérieur descendait en rapides écumeux d’une hauteur totale de cinq mètres et demi : c'était le fameux sault Sainte-Marie, qui interrompit si longtemps la navigation entre les lacs d'en bas et le lac Supérieur, qu’ils venaient de découvrir!.»
Ils n'avaient pas du reste à pousser plus loin. Deux mille sauvages de diverses nations les attendaient en ces parages. L'accueil qu'ils firent aux missionnaires fut si bienveillant que Jogues et Raymbault auraient pu se fixer dès lors au milieu de ces tribus. Mais les instructions de leur Supérieur s’y opposaient. Dieu réservait d’ailleurs de
1. El, Reclus, Nouvelle Géographie universelle. XV. Amérique boréale, p. 435.
er les
it, en eptenvaient chaque blanc.
isaient et de le vernourriorce et es rives es îles ne fois Saintecourse.
euil de Supéptale de Marie, es lacs vrirl.»
Deux en ces
fut si se fixer ions de eurs de
boréale,
plus glorieux combats à notre héros, et l’heure de les entamer allait sonner.
Rentré à Sainte-Marie, Jogues était un jour prosterné devant le Très Saint Sacrement. Il y répétait avec une ferveur toute particulière sa prière habituelle : « Seigneur, à votre calice faites-moi boire largement. » — Soudain, une voix se fit entendre au fond de son cœur. Elle lui disait : « J’ai entendu ta prière, et ce que tu demandes, je te l’accorderai. Arme-toi donc de courage et de vigueur’. » Le Serviteur de Dieu se releva : sans savoir comment encore, il se sentait exaucé. Il l’était en effet.
Quelque temps après, le P. Jérôme Lalemant, alors Supérieur de la mission huronne, lui proposa d’aller chercher des secours à Québec. Le dénuement auquel les missionnaires étaient réduits faisait de ce voyage une nécessité absolue. L’offre n’en était pas moins pleine de périls. Les Iroquois se tenaient aux aguets tout le long du fleuve. Leurs villages étaient échelonnés sur la côte méridionale du lac Ontario et sur les bords de la rivière des Mohawks, depuis les chutes du Niagara jusqu’à l’'Hudson. Ils avaient donc toute facilité pour descendre par le lac Champlain et la rivière Richelieu vers le Saint-Laurent. Aussi les y rencontrait-on en permanence sur une ligne de plus de quatre cents kilomètres, embusqués aux meilleurs passages par bandes de dix à cent hommes environ, et sachant attendre avec une incroyable patience, pendant des semaines et des mois, l’occasion d’exercer leur métier de détrousseurs. Un canot paraissait-il à l'horizon, il devenait
1. « Exaudita est oratio tua. Erit tibi quod petisti... Confortare et esto robustus... » Ces paroles sont empruntées à divers livres de l'Écriture.