Relation de 1647, ch. 1v
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giques où les troupes rustiques de la Nouvelle-Angleterre déjouèrent plus tard l'expérience des soldats de Dieskan, où Montcalm établit ses batteries et où le pavillon à croix rouge palpita au milieu de la fumée du canon libéra-
teur!.
Débarquant près du lieu où devait s'élever le fort Wil-
liam Henry, les Iroquois y laissèrent leurs canots. De ce
point, il leur restait quatre jours de trajet par la terre ferme pour arriver à la plus proche de leurs villes. On s'y achemina à travers bois. Chacun portait sa part du butin. Tout pantelant qu’il fût, les mains lacérées, le corps meurtri, et n'ayant mangé en trois jours que quelques fruits cucillis en passant?, Jogues n'en eut pas moins à suivre ses bourreaux, en chancelant sous le fardeau qui l’écrasait. En route, on rencontra encore plusieurs bandes de guerriers : autant de rencontres, autant de haltes douloureuses pour payer le tribut du sang à ceux que l'on croisait en chemin.
Enfin, le 14 août, on arriva en vue d’Ossernenon, premier bourg iroquois de ces régions. C'était la veille de la douce et belle solennité de l’Assomption. « J'avais toujours pensé, dit le Serviteur de Dieu, que le jour de cette grande joie du ciel serait pour nous un jour de souffrances, et j'en remerciais mon Sauveur Jésus, car les joies du ciel ne s’achètent que par la participation à ses douleurs. » Nous allons voir comment ces prévisions se réalisèrent et quelle part eut l’intrépide apôtre au calice du Sauveur.
1, Parkman, The Jesuits in North America, p. 210.