Relation de 1640, p
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Cependant Antoine Daniel n’entra pas au noviciat en sortant du collège. Sa famille fit-elle tout d’abord opposition à ses projets? Quelque autre obstacle lui ferma:t-il l'accès de la vie religieuse ? Les renseignements précis nous manquent à co sujet.
Ce qui est certain, c’est qu’Antoine, après avoir consacré deux années à l’étude de la philosophie, en donna une à celle du droit. Mais les Institutces et les Pandectes n'étaient point pour satisfaire ce cœur ardent. Antoine
les ferma bientôt pour toujours et il revêtit à vingt ans
(1 oct. 1621) le pauvre habit religieux dans la Compa-
gnie de Jésus.
Le jeune novice fit ses débuts sous le P. Lancelot Marin, dans la maison de probation de Rouen. Jean de Brébeuf sortait à peine de ce noviciat; Isaac Jogues allait y entrer, trois ans après. Les futurs martyrs s’y succédaient donc presque sans interruption. Ses premiers vœux prononcés, Ant. Daniel passa au coliège de Rouen, où il enseigna, de 1623 à 1627, toutes les classes de grammaire, depuis ia sixième jusqu’à la troisième inclusivement. Nous le retrouvons, l’année suivante, à Paris; il y étudie là t'aéoiogie au collège de Clermont. Ce cours dura trois ans (1627-1630), et, lorsqu'il l’eut terminé, le P. Daniel vit ses souhaits comblés par l’ordination, qui le faisait prêtre pour l'éternité! Il était prêt désormais pour l’apostolat auquel la grâce le conviait. Il demeura pourtant deux années encore en Europe, au collège d’Eu, où il fut d’abord professeur de belles-lettres, ministre ensuite, et où il vécut avec le P. de Brébeuf, qui y était procureur. Mais l’heure vint où ses prières instantes
triomphèrent des derniers obstacles, et il fut désigné pour la mission du Canada.
C'est à Dieppe, sa patrie, que l’apôtre s’embarqua. II devait passer en Amérique avec le P. Ambroise Davos, sur la flottille qui allait y ramener le lieutenant de Champlain, Duplessis-Bochard. Par une heureuse coïncidence, il fit la traversée sur le vaisseau commandé par son valeureux frère, mais il quitta ce navire à Tadoussac, où il séjourna toute une année. C’est seulement le 24 juin 1633 qu’il remonta le fleuve et qu’il put rejoindre le P. de Brébeuf à Québec.
Il savait que ce vaillant ouvrier ne désirait rien tant que de retourner chez les Hurons ; il espérait pouvoir joindre à luï et faire en sa compagnie le périlleux voya; De fait, cet espoir fut sur le point de se réaliser deux mois après. Champlain avait à cœur de s'attacher cette nation. Sa piété le poussait à lui envoyer des apôtres. Son génie colonisateur, si perspicace et si profond, se trouvait sur ce point d'accord avec elle, car il était persuadé qu’il ny a pas de lien plus indissoluble que celui de la religion. Or, « jusque-là on avait plutôt préparé les voies à l’établissement du christianisme parmi ces sauvages que réellement commencé une œuvre, qui demandait une plus grande connaissance qu'on n’en avait pu encore acquérir, de leur langue, de leurs coutumes, de leur croyance et de leur esprit. Dans le séjour que les PP. Récollets avaient fait parmi eux, ils en avaient bien gagné quelques-uns à Jésus-Christ, mais ils n’en avaient pu baptiser que très peu. Les PP. de Brébeuf et de Noïüe avaient aussi fait quelques prosélytes; mais le christianisme n'avait point
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encore pris racine parmi ce peuple, qui ne paraissait pas aisé à réduire. On se flattait néanmoins que, quand il aurait traité un peu plus longtemps avec les missionnaires, il deviendrait plus docile, »
Ancien noviciat des Jésuites de Rouen : la chapelle,
Champlain forma donc le dessein de fonder une mission sur les bords du lac Huron. Il en fit part aux sept cents sauvages qui étaient descendus de ces contrées pour l'attendre à Québec à son retour de France, en 1633. Tous y applaudirent. Mais la constance n'était pas la qualité maîtresse de ces pauvres gens. Au moment où l’on y pensait le moins,
1. Charlevoix, Hist. gén. de la Nouvelle-France, t. ler, p. 178.
ils changèrent brusquement d'avis et déclarèrent que le pro. ! Jés
jet du gouverneur était irréalisable. Champlain, qui les con- exe
naissait, ne se borna pas à leur en témoigner sa surprise & Da
et son mécontentement. Il leur parla en homme qui ne Le
se voyait plus, comme les années précédentes, dans une À prê
situation à être impunément joué. Il disposa donc toutes Un
choses pour que les missionnaires pussent faire le voyage À Ch
projeté. Les Hurons se rendirent. Mais ce ne fut pas pour 4 ex
longtemps. Au moment d’embarquer, ils refusèrent de 1 voœ
recevoir les Jésuites dans leurs canots. Le prétexte de ce la
refus était l'arrestation d’un Algonquin qui avait traîtreu- Vi
sement massacré un Français. Insister, c'était vraisembla- 4 le
blement vouer les missionnaires à la mort. Le P. Daniel, Da
qui, avec le P. Davost, devait accompagner le P. de Bré- vra
beuf, était tout prêt à affronter ce péril, car, dit le P. Le tou
Jeune!, « je ne les vis jamais aussi résolus qu’alors ». del Mais cette mort aurait dû être vengée. La guerre s’en kr toit
serait donc suivie entre les Hurons et la colonie. Cham- D dd plain ne crut pas sage de faire de nouvelles instances. On # co ne n'eut que le temps d'aller par les cabanes retirer le 1 ave Ha petit bagage des voyageurs, que l’on avait déjà remis aux À tres A sauvages, et les canots hurons s’ébranlèrent, emportant le L É ces fruit de leurs échanges, mais laissant derrière eux sur la k so! No rive la Vérité. 4 qu’ ' Te
120 Le P. Daniel resta donc à Québec, avec ses frères. Heureusement le travail y répondait à son zèle. Les Anglais, pendant leur courte occupation de la Nouvelle-France,
avaient brûlé la chapelle autrefois desservie par les Récol- { fi
lets. En attendant qu’on en pût construire une autre, les