WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y
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Acclimatation pénible. — Le vivre des sauvages. — Un boucan huron, — Cuisine élémentaire. — « De l’hypocras indien. » — Malpropreté révoltante. — La cabane chez les Hurons. — Un phalanstère canadien. — Antre de suie et de vermine. — Le jeu sur les bords du lac Huron. — Le palais d'écorce des missionnaires, — Une horloge qui parle. — Soirée en communauté, — Travaux de linguistique. — Premiers labeurs. — La grande fête des Morts.
Ses souffrances allaient changer de nature, mais non point cesser. Le moment était venu pour lui, suivant l'expression d’un missionnaire, « de se faire à tout et de devenir sauvage avec les sauvages ».
Il lui fallut d’abord s’habituer à la nourriture huronne. En temps d’abondance, elle se composait de quelques farines, de fruits et de racines, parfois de biscuits troqués contre des fourrures aux Trois-Rivières et à Québec. On y ajoutait, au moment de la chasse et de la pêche, le poisson, le gibier et la viande de venaison que l'on preuait; plus tard, les quartiers d’ours, d’orignac ou d’élan
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que l’on avait boucanés. sù
A la rigueur, cette nourriture aurait pu suffire, si elle tic
n'avait été d’une malpropreté repoussante. Les Relations dE
nous ont laissé à ce sujet des détails qui nous font bien 4 le
comprendre ce que devaient souffrir les missionnaires en tt
face de pareils aliments. ,
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Quand les sauvages faisaient sécher la viande qu’ils voulaient conserver, ils en prenaient un quartier, — les côtes pu d’un orignal ou d’un bison, par exemple. Ils le jetaient sur la terre, le battaient avec des pierres, puis le foulaient aux 1
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pieds. Cheveux, poils d'animaux, plumes d'oiseaux, s’il en traînait sur le sol, terre et cendre, tout cela se collait à la viande, s’y incorporait et durcissait avec elle à la fumée ; puis, lorsque l'heure du repas arrivait, « tout s’en allait de compagnie dans l’estomac ». Si l’on s’avisait de faire cuire la tranche de boucan, c'était bien pis. Alors, dit un missionnaire, qui rappelle qu’il en a goûté et vécu, et qu’il n’exagère rien par conséquent!, « le manger était
Bufñfles des prairies ou bisons.
un peu plus propre que la mangeaille que l’on donne aux animaux. Mais non pas toujours cependant... Nous avions trois malades des écrouelles daris notre cabane. Je les ai vus cent fois patrouiller dans la chaudière où était notre boisson commune, y laver leurs mains, y boire à pleine tête comme les animaux, rejeter leurs restes dedans (car c'est la coutume des sauvages), y plonger de leur vaisselle d'écorce pleine de graisse, de poil d’orignac, de cheveux, y puiser de l’eau avec des chaudrons noirs comme la cheminée ; et après cela, nous buvions tous de ce brouet noir,