Relation de 1611, p
3. Relation de 1611, p. 29. Le P. Jouvency (Epit. hist. S. J., liv. IV) fait donc erreur en donnant le 22 mai comme jour de cette arrivée.
Le jeune roi Louis XIII écrivit à cette occasion la lettre suivante : « Monsieur de Poutrincourt, envoyant en la Nouvelle-France les Pères Pierre Biard et Ennemond Massé, religieux de la Société de Jésus, pour y célébrer le service divin et prêcher l'Évangile aux habitants de cette contrée, j'ai bien voulu vous les recommander par cette lettre, afin qu'en toutes les occasions vous les assistiez de votre protection et üe vntre autorité pour l'exercice de leurs bons et saints enseignements, vous assurant que je le tiendrai à service très agréable. »
De son côté, la Régente écrivait : « Monsieur de Poutrincourt, maintenant que ces bons Pères Jésuites s'en vont vous trouver pour essayer, sous
ils se heurtèrent bientôt à des prétentions absolument contraires à leur conscience. Ils essayèrent alors de faire leur œuvre à Saint-Sauveur, Le malheur voulut qu’à peine naissante cette colonie fût brutalement saccagée et incendiée par
un forban anglais nommé Argal. Biard et Massé ainsi que
le P. Quantin, qui était venu les rejoindre, furent faits prisonniers. Après bien des péripéties diverses, ils purent cependant rentrer en France; mais l’œuvre des missions sauvages demeurait entière et elle attendait encore son François-Xavier.
Il semblait donc que la Compagnie de Jésus fût toute désignée pour remettre le soc en terre, quand on prit la réso- À lution d'ouvrir le premier sillon chrétien dans ce sol en À friche. Pourtant Champlain ne songea pas à elle tout | d’abord. Sur les indications d’un de ses amis, excellent chrétien, il s’adressa aux Récollets. Ceux-ci acceptèrent et débarquèrent dans la Nouvelle-France vers la fin de mai 1615. Ils attaquèrent leur tâche avec une grande vaillance. Mais l’œuvre qu’ils entreprenaient dérangeait trop de calculs mesquins pour ne pas être sourdement contrecarrée de mille côtés à la fois. Elle le fut. En vain quelques récollets s’étaient-ils condamnés à hiverner avec les Mon- fre
tagnais, pendant que les autres s’occupaient de la poignée de catholiques qui se trouvaient à Québec. Abandonnés à eux-mêmes, dépourvus de toute ressource et privés de
tout appui, au bout de quelques années d’un labeur in-
(ul l'autorité du Roi, monsieur mon fils, d'établir, par delà, notre sainte religion, je vous écris par cette lettre de leur donner, pour le succès de ce bon œuvre, toute la faveur et l’assistance qui dépendra de vous, comme une chose que nous avons fort à cœur et que nous tiendrons à service très agréable, priant Dieu, Monsieur de Poutrincourt, qu’il vous ait en sa sainte et digne garde, »
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cessant, ces dignes religieux virent bien qu’avec leurs seules forces ils ne pourraient suffire au travail et ensemencer le vaste champ qui s’étendait devant eux. A leur tour, ils réclamèrent des aides : c'est sur les Jésuites qu’ils jetèrent les yeux. Le duc de Ventadour, qui avait acheté à Montmorency, son oncle, la vice-royauté de la Nouvelle-France, agréa leur proposition, que du reste
Fac-similé de la signature de Champlain.
Champlain appuyait. Quant à la Compagnie de Jésus, elle n’hésita pas. Toujours prompte à donner le meilleur de son sang aux missions les plus déshéritées, elle répondit généreusement à l’appel qu’on lui adressait, et désigna immédiatement six religieux pour aller au Canada: Brébeuf était parmi eux !.
\ 1. Il avait pour compagnons le P. Ch. Lalemant, supérieur, ancien recteur du collège de Clermont à Paris, le P. Ennemond Massé, dont nous avons parlé plus haut, et trois frères coadjuteurs.
Jean de Brébeuf, — Ses premières années. — Son entrée en religion. — Rouen : noviciat et collège. — Maladie, — Ordination. — Mission du Canada, — Départ pour la Nouvelle-France. — Arrivée à Québec. — Premières épreuves. — De futurs conquérants dans une hutte, — Travaux préliminaires, — Chez les Algonquins. — En chasse dans les neiges. — La cabane volante. — Architecture sommaire. — Un Louvre rudimentaire. — Le froid. — Observations astronomiques à volonté. — La chaleur. — La fumée. — À moitié aveugle. — Les chiens : ils sont de la famille. — Les vivres, — Disette. — La faim. — Morts d’épuisement, — Abandon entre les mains de Dieu. — Maladie. — Dans la forêt, — En avant pour Jésus-Christ,
C’est la belle fête de l’Annonciation de l’an de grâce 1593 (25 mars), qui avait donné à l’Église et à la France le fondateur de la mission huronne. La noble famille au foyer seigneurial de laquelle ce petit enfant naissait, avait sa résidence à Condé-sur-Vire, en Normandiet. Il est à croire que les premières et les plus fraîches années de Jean s’écoulèrent dans ce pays de prairies et de collines verdoyantes, au milieu des siens. Mais on ignore le lieu de ses études, et l’on ne sait pas davantage le genre d’occupations auxquelles il se livra jusqu’à vingt-quatre ans. Alors seulement nous retrouvons ses traces, au moment même où, conduit par son ange, il frappe à la porte du noviciat de Rouen et demande à être recu dans la: Compagnie de Jésus (8 novembre 1617) °?.
1. Condé-sur-Vire est un bourg de 1672 habitants, situé à une dizaine de kilomètres de Saint-Lô. Les armes des Brébeuf étaient « d'argent au bœuf effarouché de sable, encorné d'or ». Guillaume de Brébeuf, l’auteur de la Pharsale, était le neveu de notre héros,
2. C’est par erreur, croyons-nous, que le P. Paul Ragueneau donne comme date de l'entrée du P. Jean de Brébeuf en religion, le 5 octobre 1617 ( Relation, 1649, p. 25).—Le noviciat de Rouen avait été fondé en 1604,
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