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PASSAGE CHOISEUL

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Le Forestier

A Emile Toitvillon.

LE FOT{ESTIETt^

LE forestier du bois joli Pense toujours à sa mignonne.

Que le bois verdisse ou fleuronne, Il a toujours le cœur empli.

Jadis on le vovait aux fêtes, Sauvage un peu, mais si charmant!

Ses airs de jeune roi normand Ont fait travailler bien des tètes.

11 était fin comme roseau,

Frais comme l'eau qui vous caresse;

Il avait la force et l'adresse,

Il abattait toujours l'oiseau.

L'amour lui souriait dans l'ombre; Tous les rubans allaient à lui.

C'était hier. L'homme aujourd'hui Erre tout seul dans le bois sombre.

Il marche, il marche, et, le soir, las. Oh ! combien las de sa journée, 11 s'étend sous la cheminée, Mais le sommeil ne lui vient pas.

Ce n'est pas le loup qui l'afFole, Le sanglier ni le renard; Il ne se meurt que d'un regard.

D'un sourire et d'une parole.

Depuis qu'il a connu les yeux De Marion qu'on dit si blonde, 11 n'a souci de rien au monde.

Il ne peut plus être joyeux.

Or, une nuit, à sa croisée Parut la lune au cœur changeant Qui tenait en ses mains d'argent Le bouquet blanc de l'épousée.

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