I, E FORESTIER I
« Il ne faut plus rester ainsi Comme un hibou dans la camp?g;-;c.
Vive le petit roi d'Espagne I >!ieux vaut l'œillet que le souci.
« 11 faut chanter, fût-ce la brune; 11 faut sourire, être plaisant; Il faut avoir un ver luisant A son chapeau de clair de lune.
« Qu'en penses-tu, mon ami Jean?
Faisons plaisir au pauvre monde. »
— « Oui-da, ma belle, oui, ma blonde.
Tu parles d'or et moi d'argent.
« Je veux couper un jeune frêne.
L'enguirlander de rubans bleus.
En ce matin miraculeux Ce sera ton sceptre, ô ma reine.
« A mon bonnet de forestier J'arborerai la plume verte.
Comme le faon, la biche alerte.
Je bondirai par le sentier.
« Ne crains rien. Je n'ai plus envie De faire peur aux oisillons.
J'ai dans le cœur des carillons, Aux veux du soleil pour la vie.
l6 AU BOIS JOLI
« Je veux rire et je veux chanter, J'apprendrai les façons nouvelles.
Je chanterai l'amour des belles, Le bonheur de te contenter. »
Qu'a répondu la petite âme?
Un doux nenni, peut-être rien.
Et voilà tout. Mais je sais bien Ce que disaient ses yeux de flamme.
■ — « Quel trésor j'ai trouvé parmi Les cailloux de la cressonnière!
Est-il châtelaine ou meunière Qui pût montrer si doux ami ? »
Et lui sourit, l'ami fidèle.
Il a bien osé l'embrasser.
Même il a juré de danser.
L'été qui vient, pour l'amour d'elle.
Robin et Ma r ion
A Victor Jacquemart .
'R^O'BlCHi ET {MoA\IO:K
EN Avril, au joli mois, Turlurctte, L'amourette!
En Avril, au joli mois.
Robinet s'en fut au bois.
Son chien courait en avant,
Turlurctte,
L'amourette!
Son chien courait en avant Et jappait après le vent.
Le soleil, par les sentiers,
Turlurctte ,
L'amourette!
Le soleil, par les sentiers.
Dansait sur les églantiers.
Et le ciel était si bleu,
Turlurette,
L'amourette !
Et le ciel était si bleu !
Robinet tremblait un peu.
Son cœur faisait dig din don,
Turlurette,
L'amourette !
Son cœur faisait dig din don.
Il se disait : « Pourquoi donc? »
En Avril, au joli mois, Vole, vole, Mon cœur, vole!
En Avril, au joli mois, Marion s'en fut au bois.
Pour quérir le romarin.
Vole, vole, Mon cœur, vole!
Pour quérir le romarin Q^ui guérit de tout chagrin. »