‹ Au bord des terrasses: poésiesChapitre 17 sur 19 · REMORQUEURS · texte numérisé non relu

REMORQUEURS

Ses bateaux prisonniers lorsque les eaux sont basses,

Et la porte du parc, et l'allée au tournant

Borné de prés, et qui va rejoindre un vieux banc.

Les grands trains annoncés par la longue sirène Réveillent les échos des bois et de la plaine. Ils verront tout ce que je ne veux plus revoir, Ils entendront aussi l'écluse et le battoir, Et le cri sautillant de la bergeronnette Dans les roseaux du bord, que le fleuve reflète.

Qu'ils passent... J'ai connu le rêve qui les suit. Le sillage sans fin qui s'écarte, et conduit La vague et la pensée aux rives incertaines; Projets, illusions, ont escorté ces chaînes Remontant les chalands, aux cris des mariniers. Oserais-je encor dire en voyant les derniers : « Attendez, je reviens; je mets à votre suite Tout ce que j'attendais de l'heure avant sa fuite, Que le balancement de votre train nombreux Berce le souvenir sombré des jours heureux... »

Mais au delà du pont allégé de cordages,

Ils vont... Ils reviendront en leurs fréquents voyages,

A leur remorque moi, je ne confierai plus

Les espoirs submergés et les vœux superflus!

Table

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